‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 408 sur 442 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

THIMANTE, FILANDRE.

Quel accident, Thimante, altère ainsi tes sens?

THIMANTE.

L'insupportable excès des ennuis que je sens.

Ton cœur est-il sensible aux traits qu'Amour te tire? Un homme comme toi préside en son empire; Les plus rares beautés t'importunent de vœux.

THIMANTE.

Ajoute à mes malheurs encor ta raillerie,

Il ne m'importe; adieu, laisse-moi, je t'en prie.

4 (Il sort.)

FILANDRE Seul.

Théane a rebuté ce malheureux amant :

Céphise en ma faveur a feint subtilement. Poursuivons désormais cette orgueilleuse amante , Tirons notre bonheur du malheur de Thimante , Etablissons l'amour où règne le mépris : Par droit ou par esprit nos vœux auront leur prix. Je vois ce beau sujet du feu qui me dévore. Et je tremble à l'aspect de ces yeux que j'adore.

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