‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 58 sur 442 · ACTE 1, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE

Vous voulez que j'espère , et cette âme inhumaine Me défend seulement de parler de ma pemc : L'insensible, causant ce qui me fait mourir, A peur de le savoir, de peur de le guérir.

ORANTE

Une fille, Filandre, est d'humeur plus discrète

Que de pouvoir sitôt avouer sa défaite ;

Elle cache son feu , mais le sent en effet ,

Et le confesse tard à celui qui l'a fait :

Il en a rarement la première ouverture.

La beauté que tu sers est de cette nature :

Elle te parle peu, même fuit ton abord,

Comme d'un doux meurtrier qui lui donne la mort;

Mais crois que ses dédains, sa fuite et son silence,

De son affection prennent la violence.

Elle s'est déclarée; et ne me crois jamais,

Si ton cœur n'est l'objet de ses plus doux souhaits.

Me remercîras-tu si , de sa propre bouche ,

Tu sais dans un moment que ton amour la touche?

FILA.NI)RK.

Je vous adorerois.

ORANTE, lui montrant Florante.

Adore ses appas, La voilà!.... Que fais-tu? tu ne l'abordes pas? Quelle humeur a sitôt ton âme refroidie?

90 LA CÉLIMENE,

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