ACTE 1, SCÈNE
Vous voulez que j'espère , et cette âme inhumaine Me défend seulement de parler de ma pemc : L'insensible, causant ce qui me fait mourir, A peur de le savoir, de peur de le guérir.
ORANTE
Une fille, Filandre, est d'humeur plus discrète
Que de pouvoir sitôt avouer sa défaite ;
Elle cache son feu , mais le sent en effet ,
Et le confesse tard à celui qui l'a fait :
Il en a rarement la première ouverture.
La beauté que tu sers est de cette nature :
Elle te parle peu, même fuit ton abord,
Comme d'un doux meurtrier qui lui donne la mort;
Mais crois que ses dédains, sa fuite et son silence,
De son affection prennent la violence.
Elle s'est déclarée; et ne me crois jamais,
Si ton cœur n'est l'objet de ses plus doux souhaits.
Me remercîras-tu si , de sa propre bouche ,
Tu sais dans un moment que ton amour la touche?
FILA.NI)RK.
Je vous adorerois.
ORANTE, lui montrant Florante.
Adore ses appas, La voilà!.... Que fais-tu? tu ne l'abordes pas? Quelle humeur a sitôt ton âme refroidie?
90 LA CÉLIMENE,