SCENE PREMIERE
FÉLICIE; FLORA]VTE,jo«j le nom de Floridan; LYSIS e^ ALIDOR, cachés.
FÉLICIE
i^UE Floridan sait bien feindre les passions!
O dieux ! comme il contraint toutes ses actions !
Avec combien d'adresse et combien d'artifice
Il promet à mes vœux un fidèle service !
Le plus judicieux, à le voir si transi,
Croiroit que mon sujet lui cause un vrai souci.
Que la franohise est rare en ce siècle oii nous sommes !
La feinte seulement est la vertu des hommes.
L'Amour étoit jadis le roi des immortels ;
Au ciel comme en la terre il avoit des autels :
On révéroit ses lois , on craignoit sa puissance ,
Et ses pires sujets vivoient dans l'innocence.
Mais ce dieu désormais est un nom seulement ;
Et nous voyons à peine un véritable amant.
L'un pour passer le temps se fait une maîtresse,
L'autre pour signaler sa grâce et son adresse ;
L'un par civilité , l'autre par intérêt ;
Enfin tous sont amans, et si pas un ne l'est.