ACTE IV, SCÈNE I. i3i
FLORIDAN
Je VOUS atteste, 6 dieux! Mais qu'est-il nécessaire De prouver par serment une flanimc si claire ? Pouvez-vous justement douter de mon amour? Ne la voyez-vous pas , si vous voyez le jour ?
FÉLICIE
Oui, quelques passions dessus ce front sont peintes: Vous soupirez parfois et vous poussez des plaintes. Si je crois vos discours vous êtes tout de feu; Enfin vous feignez bien, ou vous aimez un peu. Mais vous me repaissez d'un espoir inutile : Vous n'en aimez pas une , ou vous en aimez mille. Vous tenez à ma sœur de semblables discour» ; Je vous ai vu mol-même i?npIorer son secours.
FLORIDAN
O la faible raison ! si vous y prenez garde ,
Lui parlé-je jamais que je ne vous regarde ?
Si ma voix parle bien , mes regards parlent mieux ,
Ou vous entendez mal le langage des yeux.
Lui jurant que je sens des ardeurs si parfaites,
Mon œil vous dit-il pas que c'est vous qui les faites ?
Alors qu'on aime bien souffre-t-on des témoins ?
Craindrois-je qu'on vous vît si je vous almois moins?
Non, je ne tiendrois pas mon amour si secrète,
Et je vous traiterois ainsi que je la traite.
LYsis caché y a alidor.
Dieux! qu'est-ce que j'entends?
ALIDOR
Vos affaires vont mal.
LYSIS
Prépare-toi, mon bras, à punir ce rival.
i32 LA CÉLIMÈNE,
FÉLICIE
Les effets , Floridan , prouveront vos promesses : Faites-lui cependant un peu moins de caresses ; Si vous l'aimez si peu , ne lui parlez point tant : Elle a des qualités à faire un inconstant ; Toute froide qu'elle est, je sais qu'elle vous prise, Et ne craindroit pas fort de me ravir ma prise. Adieu.
FLORIDAN
Je vous conduis.
FÉLICIE
Non , retournez chez vous ; Ne faisons point d'ombrage à cet esprit jaloux.
FLORIDAN
Je vous obéis donc.
LYSis caché.
Dieux! qui l'eût jugé d'elle?
FÉLICIE
C'est me bien obéir que de m'être fidèle.
FLORIDAN
Je renonce , madame , au bien de la clarté , Si rien est comparable à ma fidélité.
( Félicie sort. )