‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 89 sur 442 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LYSIS, ALIDOR; FLORANTE, jowj le nom

^eFLORIDAN.

LYSIS tirant son épée.

Faut en voir un effet : traître, tu délibères.

FLORIDAN

Que voulez-vous?

LYSIS

Finir ta vie et nos misères.

Lâche et vil suborneur des esprits de ces lieux.

FLORIDAIf.

Qui vous fait ces rapports?

LYSIS

Mon oreille et mes yeux.

Tu consultes encore?

FLORIDAN, tirant Vépée.

Arrête ; cette épée Ne fut jamais en vain par ce bras occupée; Votre témérité s'apprête un châtiment; On ne me la fait point tirer impunément.

LYSIS

O le vaillant guerrier!

FLORIDAN

Oui , vaillant , mais modeste.

LYSIS

Défends-toi seulement sans t'informer du reste ; Ne crois pas m'apaiser par ce lâche entretien, Et ne redoute pas mon malheur , mais le tien. Nous verrons les effets que le ciel nous destine.

i34 LA CÉLIMÈNE,

FLORiDAN, à Alidor.

Remontrez-lui, monsieur, qu'il cherche sa ruine.

ALIDOR

Dieux ! le plaisant combat !

LYSIS

Il ne m'étonne pas.

FLORIDAN

J'ai coutume de rire alors que je me bats.

LYSIS

C'est trop délibérer, lâche objet de ma haine.

FLORIDAW.

Et moi , c'est trop gausser et vous laisser en peine ;

Je sais quelle raison excite ce courroux ;

C'est un effet, monsieur, de vos soupçons jaloux.

Vous aimez Félicie , et sachant qu'elle m'aime ,

Croyez que je réponds à son amour extrême ;

Mais qu'appréhendez-vous ? mettez les armes bas :

Vous dussiez souhaiter de la voir dans mes bras;

Et vous qui n'aspirez qu'à fléchir Célimène ,

IVe suis-je point aussi l'objet de votre haine?

De ce mal apparent l'effet vous sera doux :

En travaillant pour moi , je travaille pour vous.

ALIDOR

Comment ! toutes les deux reçoivent ton hommage?

FLORIDAW.

Que je sois dispensé d'en dire davantage : Si vous les possédez , serez-vous satisfaits ? Rien ne peut divertir le dessein que j'en fais. Vous serez obligés à ces heureuses feintes,

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