ftestUulioni imprudemment faites par la famille de C
Hanoeurres odieuses drs dénonciateurs.
Le sieur de C... , qu'on dit aroir prêté de l'argent non-seulement à des négociants, mais à différents particuliers, à un taux véritabk'ment excessif, a été Intimidé et s’est caché. Sa famille , alarmée, et craignant que le sénéchal ne prononç.ll contre lui des condamnations flétrissantes, a voulu apaiser les dénonciateurs et les témoins en offrant de restituer l’argent qu'il avait touché au delà du taux fixé par les lois. Celte facilité n'a pas manqué d’encourager la cabale et de multiplier des demandes à l’infini. On dit, mais je n'ai sur cela aucun détail précis, que ceux qui prétendaient avoir quelque témoignage à porter contre le sieur C... se présentaient sans preuve, sans registres qui constatassent ni les négociations dont ils se plaignaient, ni le montant des intérêts exigés; ils fixaient arbitrairement ce qu'ils voulaient , et la menace de déposer faisait leur titre. Le procureur T... les accompagnait, et l’on ne manquait pas de stipuler sa part du butin. On assure que la famille du sieur de C... a déboursé plus de soixante mille livres pour satisfaire ravidité de ces exacleiirs, et que cette somme a absorbé la plus grande partie de la fortune de ce particulier, qui se trouve enlièrement ruiné; mais cette malheureuse famille n’a rien gagné à celte extravagante prodigalité, et l’on m’a mandé d’Angoulèmc que ceux dont elle avait payé si chèrement le silence ii'en avaient pas moins fait les dépositions les plus fortes lorsqu’ils avaient été assignés comme témoins.