‹ Œuvres de Jérémie Bentham, jurisconsulte anglais De l'organisation judiciaire et de la codificationChapitre 252 sur 329 · DES DÉNOMINATIONS. SU · texte numérisé non relu

DES DÉNOMINATIONS. SU

excepté par leurs rapports avec celui où nous vivons.

Dans notre globe la matière est sous la forme , ou de corps entièrement privés de vie, ou de corps doués de vie mais privés de sensation , ou bien de corps doués en même temps de vie et de sensation. Toutes ces premières divisions de la branche d’art et science en question sont assex correctement désignées par les termes Minéralogie , Botanique ou Phytoiogie, et Zoologie', tous trois termes compris chacun dans l’espace d’un seul mol, et tons en usage familier.

El si on se sert du mot ür analogie ou même Astronomie pour désigner Vautre division de celle branche (dont l’objet est tous les corps modifiés dont nous pouvons avoir connaissance , et qui ne sont pas compris dans notre globe), on ne peut opposer de graves objections à la nomenclature ainsi donnée à ces premières divisions de l'Histoire naturelle ».

Mais il n’en est pas ainsi du nom donné à l’ensemble de ces divisions. A l'époque où Von forma la dénomination composée Histoire naturelle, le substantif Histoire était déjà approprié à la désignation de la branche d’enseignement dont l’objet était K les differents étals des personnes et des H choses , et les différents événements qu’on savait M ou que Von supposait avoir eu lieu dans les temps M pas^s. * Le présent en était eniièrcment exclu , ou bien ce n’était que comme un point qui terminait rhisloire. En ajoutant à cette définition l’adjectif naturelle, on a pour signification primitive de cette dénomination « la relation naturelle des N différents étals des personnes et des choses , et « des differents événements qui ont eu lieu dans « les temps passés. » Or avec quelle justesse peut-on appliquer le terme Histoire naturelle ainsi défini aux différentes divisions si bien nommées Vranologie, Minéralogie , Phytoiogie ou Zoologie?

On donne ordinairement le non de Philosophie naturelle » à la branche d’art et science dont l’objet est la matière en générai, considérée par rapport aux modifications que lui fait subir PaH humain sous ta direction de la science humaine, en y ajoutant peut-être tes propriétés qui ont été découvertes dans ces corps par le

fois ce qui reganle les caractères disUoctlfs seulement de ces corps. Ainsi , dans la Douvelle table, j'ai désigné la première branche par le mot AnorganologU, et j'ai réservé le mot Minéralogie pour la aeconde, qui lui est pins souvent attribuée.

* La branche qui est ainsi désignée eo Angleterre est plus communément appelée Pkgtiqus par les philoso- {dies français.

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3li QUALITÉS ET DÉFAUTS

moyen île» changemenl» que leur a fait subir ce uu'me art.

Prise en elle*méine« la PhRosopliie (de amoury et de sagesse ) est Vamour de la sagesse. En ajoutant à cette (iéHniiion le mot naturely 011 a l’omour naturel de la sagesse, qui devait être la signification primitive du terme i’Ârlosophie naturelle, avant que l’usage arbitraire ne lui ait attribue le sens qui s'y rattache aujourd'hui.

Je ne veux pas avancer ici ni même insinuer que l’étude de la Mécanique et de la Chimie n'offre pas des moyens de satisfaire à une affection aussi louable que l’amour de la sagesse; mais sans parler de la rhétorique, de la poésie ou des autres l>eaux-art8, l'amour de la sagesse ou la sagesse même peut tout aussi bien se manifester dans l'étude de la législation, ou dans celle de la morale privée, que dans l’étude des machines ou dans celle des differentes méthodes de composer, décomposer et recomposer les parties élémentaires des pierres , plantes ou animaux.

L'objet lie la branche d’art et Kience désignée sous le nom de Mathématiques est la quantité en général considérée isolément ou par rapport a ta forme. Parla quantitéou entend l’espace occupé par la matière , abstraction faite de ses autres qualités ou propriétés.

La signification du mot Mathématiques ( de ce qu'on peut apprendre) comprend tout ce qu’on a appris ou qu’on peut appendre. Ce terme désigne donc (dans sa signification primitive du moins ) toute autre portion d’art et science comprise dans le système le plus étendu , aussi bien que la branche particulière à laquelle un long usage l'a restreint dans ces derniers temps. 11 comprend l’art de la législation et l'artdu Jeu d'épingles, comme la Géométrie et l'Algèbre.

Toutes ces trois dénominations sont donc inexpressives ; et les deux premières [Uistoire naturelle et Philosophie nalurelle), doiinaiil comiouellement une idée fausse de leurs objets, sont, de plus, roésexpressives. Mais quoiqu'elles énoncent toutes des propositions également fausses, ce vice ne produit pas, dans chacune d'elles, le même inconvénient.

L’emploi du terme Mathématiques ne parait point entraîner d'inconvénient pratique très grave; car les jK^rsonnes qui ignorent entièrement la signification générale et primitive de ce mot n'en conçoivent pas une idée differente de celle que lui a aUi’ibuée l’usage particulier; et même, |)our ceux qui la connaissent, celte signification primitive a été tellement dénaturée par l'usage , qu'elle ne peut se présenter que fort rarement à leur esprit.

Mais l’iucouvenienl de rioexpression ainsi réunie

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