S 6. D»>ACTS DANS LA PRÉOCENCB DES RÉPÉTITIONS
D'Alembert présente quatre fois de suite , comme dépendant de la mémoire , les différentes classes de corps qui composent la surface de la terre : 1* sous le nom de Météores; 2® sous ceux de Terre et de Mer; 3* sous leurs noms respectifs , savoir , Minéraux y Végétaux et Animaux; et 4* sous le nom A'Édéments.
Ces mêmes objets se trouvent bientôt répétés encore quatre fois, c’est-à-dirc en tant qu'ils présentent l'idée de quelque chose d'extraordinaire. Il ne voit pas que les mots ordinaire et extraordinaire ne sont que des termes relatifs, n'ayant aucun rapport aux objets mêmes, mais seulement à la position où ils SC trouvent dans l’esprit du lecteur. Un objet, d’ailleurs, qui serait extraordinaire pour un siècle pourrait bien devenir tout à fait ordinaire pour le skcle suivant. Voici comme ces objets sont désignés cette fois : Météores prodigieux , Prodiges sur la terre et sur la mer y Animaux prodigieux. Végétaux prodigieux, Minératix prodigieux y cl Prodiges des éléments.
Non content de les avoir ainsi présentés huit fois de suite comme objets ou sujets delà Mémoire, on nous fait retrouver encore quatre fois ces mêmes êtres , placés comme objets ou sujets de la Raison; car ce sont toujours les mêmes, malgré les noms grecs qui leur sont donnés maintenant avec l’addition de la terminaison logie. Ainsi nous voyons les météores désignés par le terme Météorologie , et bientôt encore par c.e\w\i\' Aréologie ; les minéraux
SYSTÈME DK D’ALEMBERT.
«rabonl par celui de Géologie, ensuite par celui de Minéralogie ; l’eau sous le titre ii' Hydrologie; les végétaux sous celui de Botanique ; les animaux sous celui (le Zoologie.
Que sont les météores ou corps météoriques ( ce qui ne signifie ni plus ni moins qu'élevé) , si ce n’est quel(|ties iins des corps duiil se compose la surface de la terre? Seulement ils sont mêlés avec cette partie qui est principalement en étal gazeux, et puis détachés à une distance plus ou moins con> sidérable de la masse principale solide ou liquide. Les substances élémentaires de ces masses appartiennent par conséquent, dans des proportions dilfércntcs et variant sans cesse, aux trois classes animale , végétale , et minérale , que l'on appelle les trois règnes.
Nous voyons pourtant que d'Alembert met les météores au rang des sujets distincts (niisloire naturelle , et leur assigne une place antérieure à celle qu’il accorde aux minéraux . aux végétaux et aux animaux. Il y ajoute ensuite \ti éléments comme classe distincte. Bien que l’on se serre encore de ce mot dans le langage vulgaire, ou avait déjà depuis longtemps reconnu la fausseté des idées qui Taraient fait naître. On sait que ces éléments étaient au nombre de quatre : la terre, l'eau, l'air, et te feu. La terre désignait toute masse de matière solide;Teau, toulcmassede matière liquide, quoiqu’elle soit toujours la même que dans le premier cas ; Tair désigne encore cette même masse toutes les fois qu'on la considère en état de gaz ; quant au feu , c'est un mot auquel on n'a jamais allribué d’idée déterminée , mais dont on est dans Tusage de se servir toutes 1rs fois qu'on voit sortir du même endroit et en même temps une quantité extraordinaire de liimièreet de calorique ou chaleur.
Qurlc]uc$ [iersonn(*s ont divisé en ciel et en terre le monde ou Tunivers, c'est-à-dire tout cc«M*nt nous pouvons avoir la moindre connaissance. La terre est le globe que nous habitons , et sous le nom de ciel on comprend tous b;s autres globes ou corps quels qu’ils soient. Telle parait avoir été ridée du philosofihe pendant que la Mémoire présidait à son travail , car il place d’abord THistoire celcstc sans aucune division ; vient ensuite THistoire elle-même avec toutes ses dilTéretites branches . celle des Météores , de la Terre et de la Mer , et ainsi de suite.
Il aurait donc dd suivre le même plan lorsque, sous la présidence de la Raison, il re|»èle ces mêmes objets habillés à lu grecque avec l'addition de la
* De Tbistoire, pHtc par le» sens, de* astres, de lenrs roouvemenls, apparences scnsibl(rs. etc... la réflexion a past(‘ b la recherche de leur origine, des causes de leurs phénomènes, etc..., cl a produit la
terminaison logie. L'Histoire naturelle n’étant point considérée comme science, mais seulement comme une espèce d'étude préparatoire à la science, c'est maintenant celte Science de la Plalure, avec son synonyme Physique particulière, i\\i'x\ s’agit de diviser. En suivant donc le système qu’il s’était formé, il aurait dfi la partager d'abord en Cosmologie et en Géologie, et sous ce dernier chef il aurait dfi ranger la Météorologie, l'Hydrologie, la Minéralogie, et puis toutes les autres logies de sa méthode. .Mais au lieu de cela, ces objets se suivent Tun Tautre dans un ordre non-seulement tout à fait hors de propos, mais encore si complètement désordonné , ()ue s’il me fallait exprimer combien les quarante mots qui entrent dans celte partie de son système sont Impropres cl déplacés, un nombre pareil de pages ne me suffirait pas.
Il donne sept branches à la Science de la Nature ou Physique particulière, savoir : 1* Zoologie, â** Aslronomie physique (comme s'il y avait une Astronomie qui ne le f(H |»as), S* Météorologie, 4** Cosmologie, B* Botanique, 6° Minéralogie, 7*Chimie. Ainsi, avant de trouver un monde pour les placer, on présente d'abord les animaux de toute espèce, puis les étoiles, et puis les météores quels qu’ils ^ient; et c’est la Raison qui fait faire tout cela! Et lorsqu'eufin on trouve ce monde, on le place entre les animaux et les végétaux dont ils se nourrissent, sans compter que ces deux classes, si rapprochées par leur nature, sont encore séparées par toutes les étoiles et par tous les météores.
Frap|>é de cet arrangement si bizarre, j’ai cherché dans Texplicallon qui accom|vagne le système figuré ({uel(]ue justification de celle espèce d'ordre; le résultat de celte recherche a été de me faire voir que Tordre suivi dans cette partie de Texplicalion est tout différent de celui qu’on donne aux articles qu'elle prétend expliquer, quoique l'auteur ait (lit, p. 233 : M La Physique particulière doit suivre U la même distribution que THistoire naturelle. »
Celte explication fournit une autre Idée fort extraordinaire , sur laquelle on appiiié beaucoup, puisqu'on la répète à chaque instant dans plusieurs pages : c’est que tant qu'on étudie THistoire naturelle (y compris tous les arts, excepté les beaux -arts) sous la présidence de la Mémoire, on ne doit faire usage que des sens seulement; mais lorsqu'on vient a étudier ces mêmes objets sous la présidence de la Raison, c'est alors que, pour la première fois, il faut faire usage de la faculté de la réflexion, rt que tant que celle-ci travaille on n'a pas besoin des sens *.
science qa'on appelle Àtlronomie physique. De Thistoirc, prise par les sens, des vents, des pluies, etc... la réflexion a passé b Tétude de leur origine, etc..»
sr..>iH(«. — roue ni.