CHAPITRE XIV
rRONOTIOTf GRAD CELLE.
Promotion graduelle I Idée dominante, idée favorite de Rousseau dans son plan de gouvernement pour la Pologne ! Nulle part l’application de ce système n’est plus naturelle et plus convenable que dons l’ordre judiciaire : c’est entre les juges délégués qu’on prendra les juges permanents, et entre ceux-ci les juges d’appel. \jC pouvoir qui leur est donné se proportionne à l’avancement de leur cx;>érience, et à une augmentation progressive de la confiance publique.
A n’envisager la marche graduelle que comme lin moyen de soutenir une utile émulation parmi les concurrents, et de répandre sur les plus petites fonctions de la justice ce genre d’importance et d’intérêt qu’elles prennent naturellement quand elles sont des échelons nécessaires pour arriver à un plus haut grade , cet arrangement , sous ce seul rapport , mériterait déjà la préférence. Il est bon dans l’ordre judiciaire , par les mêmes raisons que dans l'ordre militaire; mais on a un motif de pins pour l’admettre dans un gouvernement où l’élection «les juges est confiée à une assemblée dont les membres ne sont point à portée de connaître tous les candidats et d’apprécier leurs degrés de mérite. Avec ce mode graduel, tonte grande erreur est comme impossible : on n’a |>oinl à redouter les eiïcts de l'intrigue , amie ou ennemie , quand on ne peut choisir un juge jvermanent que parmi des candidats éprouvés dans la place de délégué , ni élever au rang suprême de juge d’appel , que des hommes qui ont mis leur caractère et leur capacité en évi- (lence dans les fonctions de juges permanents. L’opinion publique sera comme un guide infaillible; et si les talents spécieux l’emportent quelquefois sur des talents plus réels , il ne faut ;»a8 oublier que les apparences mêmes sont des réalités sur ce grand théâtre de la justice.
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