CHAPITRE XXIII
TRt8V?IACX DE FAUILLE
On a cru ces tribunaux favorables à l’honneur des individus, propres à terminer les différends qui s’élèvent entre les maris et les femmes, les pères et les enfants, sans exposer ces scènes scandaleuses à la publicité des tribunaux ordinaires.
Le but est très-bon, mais on peut y pourvoir sans créer un tribunal exceptionnel. 11 suffit de permettre pour des cas de ce genre une procédure privée, où il n'y ait que des témoins admis avec le consentement des parties.
Par rapport aux tribunaux de famille, ils sont fondés sur des erreurs. 1" C'est sup{>oser qu’on priil faire un juge de tout individu pris au hasard. Il n'y a point d’homme si incapable ou si dépravé qui ne puisse, en qualité de parent , se trouver revêtu de cet office de Juge domestique. l.es hommes les plus méchants comme les meilleurs peuvent se trouver membres de la même famille.
2** C’est oublier que les familles sont exposées à des inimitiés ou des partialités de toute espèce. Leur donner un pouvoir de cette nature , c'est y Jeter de nouveaux germes de dissension. Pour un différend que vous apaiserez par ce moyen , vous ferez naître les germes de mille querelles.
3* Si ce tribunal n’est simplement qu'arbitre et médiateur, on ne gagne rien par une institnlion de ce genre: il n’est pas besoin de faire ce qui existe déjà. Et si on leur donne un pouvoir, il f^iit bien les soumettre à la révision, à l’appel d'un juge régulier; dès lors, on ne gagne rien du tout.
4* Le tribunal domestique ne sera pas même un tribunal secret. I/C mettre sous le serment serait la précaution la plus frivole et la plus dangereuse.
‘ Voyez Traf/é des preuves eh. iii.