‹ Œuvres de Jérémie Bentham, Volume 2Chapitre 12 sur 443 · Exemplarité · texte numérisé non relu

Exemplarité

Un mode de punir est exemplaire lorsque la peine apparente est dans une grande proportion à la peine réelle. (Voyez chap. iv.) Une peine réelle qui ne serait point apparente pourrait servir

à intimider ou à réformer le délinquant, mais elle serait perdue pour le public.

Les aulo-da-fé seraient une des plus utiles inventions de la jurisprudence , si , au lieu d'être des actes de foi, ils avaient été des actes de justice. Qu'est-ce qu'une exécution publique? C'est une tragédie solennelle que le législateur présente au peuple assemblé ; tragédie vraiment importante , vraiment pathétique , par la triste réalité de sa catastrophe et par la grandeur de son objet. L'appareil , la scène , la décoration , ne sauraient être trop étudiés, puisque l'effet principal en dépend. Tribunal , échafaud , vêtements des officiers de justice , vêtements des délinquants eux-mêmes , service religieux , procession , accompagnement de tout genre , tout doit porter un caractère grave et lugubre. Pourquoi les exécuteurs eux-mêmes ne seraient-ils pas couverts d'un crêpe de deuil ? La terreur de la scène en serait augmentée , et l'on déroberait à la haine du peuple ces serviteurs utiles de l'État.

11 y a des ménagements à garder dans ce rituel pénal. Il ne faut pas que la peine devienne impopulaire et odieuse par un faux semblant de rigueur.

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