CHAPITRE IX
CAUSES PSYCHOLOGIQUES DE LA VÉRITÉ OU DE LA FAUS- SETÉ DANS LE TÉMOIGNAGE. EXAMEN DES FACULTÉS INTELLECTUELLES ET DES DISPOSITIONS MORALES, DANS LEUR RAPPORT AU TÉMOIGNAGE.
Un traité des preuves serait incomplet s'il ne présentait une vue, pour ainsi dire anatomique, de
1 On dira encore qu'on ne pent pat appliquer l'épilhèle impossible à aucun acte moral, à cause du libre arbitre. Affirmer l'impossibilité d'un acte dooné, c'est affirmer la nécessité de Pacte contraire ; affirmer la nécessité de tel ou tel acte de la part d'un être humain , ce serait nier sa liberté.
En dernière analyse , '.eue conscience de notre liberté
l'esprit humain : il faut considérer séparément chacune de ses facultés , pour voir dans quel état elle doit être pour bien réfléchir la vérité» et à quel point chaque défaut dans l'intellectuel ou le moral peut affecter le témoignage. Ceci pourrait nous engager dans des questions d'une métaphysique abstruse ; mais nous n'en avons pas besoin. Quelles qu'aient été les circonstances de notre vie, nous avons toujours eu un grand intérêt à- connaître la valeur du témoignage humain , puisqu'il se mêle sans cesse à tout ce que nous faisons, à tout ce que nous pensons ; et , par conséquent, nous avons cherché plus ou moins à démêler les caractères du vrai et du faux , et les degrés de vraisemblance. On est donc, en ceci, métaphysicien sans le savoir, et cette partie de la science est fondée sur des observations familières.
La fidélité du témoignage, c'est-à-dire son exactitude et son complet, dépend de deux choses : l'état des facultés intellectuelles du témoin et sa disposition morale, son entendement et sa volonté. Les facultés intellectuelles sont ordinairement comprises sous quatre chefs : la perception , le jugement, la mémoire, l'imagination ; pour le sujet que nous traitons il faut en ajouter une cinquième, V expression, par où j'entends la faculté de représenter par le discours ce qui se passe dans l'esprit.