‹ Œuvres de Jérémie Bentham, Volume 2Chapitre 23 sur 443 · TROISIÈME SOURCE D'ANALOGIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME SOURCE D'ANALOGIE

Punition affectant la partie du corps qui sert an délit.

Dans les crimes de faux , la langue et la main sont les instruments du délit. On peut tirer de cette circonstance une analogie exacte dans la peine.

Dans le cas de faux actes, de faux écrits , la main du coupable sera transpercée par un instrument de fer, en forme de plume ; et c'est dans cet état qu'il sera montré en public , avant de subir son emprisonnement pénal.

N. B.— Cette peine peut être plus grave en apparence qu'en réalité. En divisant la plume de fer en deux parties, celle qui traverse la main peut n'avoir q ue l'épaisseur d'une épingle, tandis qu'aux yeux l'instrument parait la traverser dans toute sa grosseur.

Dans la calomnie, dans les faux rapports, la langue est l'organe du délit : le calomniateur sera de même exposé en public , — la langue percée.

N. B. — Même observation : l'aiguille la plus mince, terminée par deux nœuds , suffit pour empêcher la langue de rentrer dans la bouche.

Cette peine présente quelque apparence de ridi-

DE L'ANALOGIE ENTRE LES PEINES ET LES DÉLITS

cule, mais, dans ce cas-ci, c'est un mérite de plus ; ce ridicule tournerait contre l'imposture, il la rendrait plus méprisable, il ajouterait au respect de la véracité.

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