CHAPITRE X
DE LA PEfJR, INDIQUÉE PAR L'ÉTAT PASSIF.
Nous avons fait mention de certains cas où le fait principal, le délit, ne peut être probabilisé que par l'intervention de plusieurs faits qui constituent tous ensemble une chaîne testimoniale.
Cette expression , aussi juste qu'une métaphore peut l'être, nous conduit à considérer les faits en tant que dépendant les uns des autres comme des anneaux qui doivent tous s'unir pour que la chaîne subsiste; si un seul vient à manquer, tout le reste tombe.
La peur, dans le cas d'un délinquant supposé , n'est pas un fait simple, c'est un ensemble dont il faut décomposer les parties ; elle se manifeste dans le comportement actif ou passif de l'individu ; elle se manifeste activement lorsqu'elle porte l'individu à prendre des précautions pour se cacher ou pour détruire les preuves de son délit; elle se manifeste dans son état passif lorsqu'elle agit sur lui contre sa volonté même, et produit des effets qui annoncent malgré lui les sentiments dont il est agité.
La tranquillité est le partage de l'innocence , la peur est , par conséquent , l'indice du crime ; voilà une probabilité fondée sur l'expérience et sur la nature du cœur humain; mais ce n'est qu'une probabilité, et pour l'apprécier à sa juste valeur, il faut connaître tous les faits infirmatifs qui s'y attachent. Cette analyse n'a jamais été faite.
Pour tirer de la peur une conséquence criminative, il faut, avant tout, considérer la nature de