Peines inefficaces
J'appelle inefficaces les peines qui , ne pouvant produire aucun effet sur la volonté , ne serviraient point à prévenir des actes semblables.
Les peines sont inefficaces lorsqu'elles s'appliquent à des individus qui n'ont pas pu connaître la loi , qui ont agi sans intention , qui ont fait le mal innocemment, dans une supposition erronée, ou par une contrainte irrésistible. Des enfants, des imbéciles , des fous , quoiqu'on puisse les mener jusqu'à un certain point par des récompenses et des menaces , n'ont pas assez d'idée de l'avenir pour être retenus par des peines futures. La loi serait sans efficace a leur égard.
Si un homme était déterminé par une crainte supérieure à la plus grande peine légale , ou par
de violence à son lecteur. Mais quand ou a fait sa preuve, quand on a pesé le pour et le contre dans la balance de l'utilité, il ne me parait ni possible ni convenable de s'abstenir de caractériser le bien et le mal par les épithètes qui leur sont appliquées dans le langage ordinaire. Cette note e«t peut-être une apologie que le rédacteur de ces manuscrits
l'espoir d'un bien prépondérant , il est clair que la loi aurait peu d'efficace. On a vu les lois contre le duel méprisées , parce que l'iiomme d'honneur craignait la honte plus que le supplice. Les peines décernées contre tel ou tel culte manquent généralement leur effet , parce que l'idée d'une récompense éternelle l'emporte sur la crainte des échafauds. Mais comme ces opinions ont plus ou moins d'influence , la peine est aussi plus ou moins efficace.
S. Peines superflues.
Les peines seraient superflues dans les cas où l'on pourrait atteindre le même but par des moyens plus doux, l'instruction, l'exemple, les invitations, les délais , les récompenses. Un homme a répandu des opinions pernicieuses : le magistrat s'arme-t-il du glaive pour le punir ? Non : s'il est de l'intérêt d'un individu de répandre de mauvaises maximes , il sera de l'intérêt de mille autres de les réfuter.