‹ Œuvres de Jérémie Bentham, Volume 2Chapitre 354 sur 443 · CAUSES QUI RENDENT L'EXCLUSION CONVENABLE · texte numérisé non relu

CAUSES QUI RENDENT L'EXCLUSION CONVENABLE

leur application , peuvent être rappelées ici pour nous servir de guide dans la pratique :

1° Ne pas produire un mal plus grand que celui qu'on veut prévenir ;

2° Ne pas exclure un plus grand bien pour un bien inférieur ;

5° Ne pas produire un mal prépondérant en voulant procurer un bien quelconque ;

4* Ne pas exclure un bien prépondérant en cfaercbant à exclure un mal.

Nous avons donc ici une balance à faire entre les inconvénients et les avantages.

Par rapport aux maux à prévenir par l'exclusion, c'est-à-dire erreurs de décision d'une part ; délais , vexations , frais , de l'autre part ; il ? a une grande différence à observer dans l'effet.

Si les délais , les vexations , les frais , sont les maux qu'on veut prévenir, l'exclusion agit comme un remède infaillible.

Mais par rapport aux erreurs dans la décision , l'exclusion produit toujours une certaine probabilité au préjudice de l'une des parties.

Cette distinction est d'une grande importance relativement à la pratique anglaise. L'exclusion , en tant qu'appliquée à prévenir les erreurs de la justice , c'est-à-dire à écarter des témoignages qu'on préjugeait déceptifs , a été admise avec une prodigalité remarquable. L'exclusion , en tant qu'appliquée à sauver les délais , les vexations et les frais , a été admise avec la plus grande réserve , et même presque jamais dans ce but. Ainsi dans les cas où cette médecine est d'une efficacité certaine , on en a fait un usage très-rare ; dans ceux où elle ne peut produire que des effets tout au moins dangereux , on en a fait un usage très-fréquent.

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