‹ Œuvres de Jérémie Bentham, Volume 2Chapitre 386 sur 443 · CONSÉQUENCES DE CE QUI PRÉCÈDE · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES DE CE QUI PRÉCÈDE

mêmes pommes, auxquelles, en les prenant ensemble, j'applique le mot numérique quatre, si je les considère comme divisées en deux parcelles égales en nombre , je leur applique respectivement les mois numériques deux et deux : ce n'est qu'une dénomination différente, également conforme à l'usage de la langue ; ce n'est pas l'énoncé d'un fait.

Mais si c'était l'énoncé d'un fait, et d'un fait amenable dans une controverse judiciaire , il n'y a pas de raison d'affirmer que tous les hommes fussent d'accord à le regarder comme certain.

La volonté, dit Pascal , est un des principaux organes de la croyance. Mettez enjeu l'espérance et la crainte, donnez aux hommes un intérêt réel ou imaginaire à croire ou à ne pas croire , et il n'y a aucune proposition , si contraire qu'elle paraisse à la raison commune , qui ne puisse être soutenue; je ne dis pas seulement soutenue par un témoignage extérieur, mais avec une persuasion aussi sincère qu'il soit possible de la donner à ce que l'on ne comprend pas.

Par rapport à la proposition en question , deux et deux sont quatre, il n'y point eu d'intérêt mis en œuvre pour porter les hommes à la nier, pour produire dans le langage de la versatilité et de la contradiction : mais dans l'exemple le plus proche de celui-là on trouverait une preuve frappante du contraire. J'écarte cette considération parce qu'elle me conduirait à un sujet dont je ne dois pas m'occuper. Il me suffit d'avoir cité cet exemple pour prouver qu'il n'y a point de fait réel ou nominal qui soit absolument à l'abri de toute controverse : proposition qui est de la plus grande importance pratique.

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