DES PEINES AFFECTANT LHONNEUR
moins : la défense de sortir d'un certain district l'est moins encore. Les peines actives prises dans leur totalité sont si variées, qu'on n'en peut rien dire en général : la plupart sont très-peu infamantes ; mais elles le deviennent toujours quand on y joint quelque circonstance caractéristique, comme les fers, les travaux publics, un costume de galérien. Les déchéances de condition sont si variées dans leurs effets sur l'honneur , qu'elles n'admettent point de proposition générale 4 .
Par rapport aux peines corporelles, sauf les peines capitales, il n'en est aucune qui ne soit réputée infamante. La peine de mort ne l'est pas toujours, et l'exception est pour certains délits d'une nature politique. Dans les peines corporelles, le degré d'infamie ne se proportionne pas à leur intensité : celles qui produisent le moins de souffrances physiques sont souvent censées les plus ignominieuses ; par eximpie, le carcan, le pilori, la marque, ou des vêtements affectés à des criminels : ce sont , à proprement parler , des peines infamantes. Olezleur cet effet, vous les réduisez à rien»
Selon la nature de ces peines, l'infamie est temporaire on perpétuelle : le carcan est infamie temporaire ; la marque , infamie perpétuelle. Ce n'est pas que l'infamie , de quelque manière qu'elle soit infligée , ne puisse être perpétuelle , puisque le souvenir peut s'en conserver dans la mémoire des hommes autant que la vie du délinquant ; — mais quand la marque est indélébile, l'infamie l'est nécessairement ; aussi dans quelque lieu qu'il soit , quoi qu'il lui arrive , il porte partout le témoignage de son crime.
La mutilation et les autres peines affectives produisant quelque difformité sont très- infamantes quand il est connu qu'elles sont le résultat d'une exécution juridique ; mais plusieurs de ces peines n'ont point d'effets apparents qui les distinguent des maux accidentels du même genre : elles ne produisent donc pas l'infamie avec la même certitude : elles n'ont pas un effet aussi grand que les marques y qui, au premier coup d'oeil, révèlent à un étranger le délit de celui qui les. porte.