Autres peines infamantes. — Peines quasi-corporelles
Je trouve deux espèces de peines qui ont beaucoup d'analogie avec les peines corporelles, et qu'on pourrait appeler quasi-corporelles.
1° L'une porte, non sur la personne de i'indi-
i Le degré d'ignominie , dans tous les cas , dépend en partie de la peine, en partie du délit. Celle distinction n'a pas échappé aux juristes romains. Infamia facti, infamia juris: l'infamie naturelle résultant du délit, el l'infamie artificielle résultant de la peiue légale. Voy. Hc?n. , Elem.
vidu, mais sur quelque objet qui, par association, suggère l'idée de sa personne. C'est, pour ainsi dire, une peine symbolique ou emblématique.
Chez les anciens Perses, si un homme d'un rang distingué avait commis certaines fautes, sa personne était exempte du châtiment, mais son habit le représentait , et recevait des coups de fouet en public. C'est un exemple de ce genre de peine. On peut rapporter au même chef la pratique sur le continent (inconnue en Angleterre), d'exécuter en effigie les criminels qui se sont soustraits à la justice. — En Portugal , après l'attentat sur la vie du feu roi , plusieurs des complices furent punis de cette manière.
Un duc de Medina-Céli, en Espagne, avait commis un assassinat; comme la cour ne pouvait pas ou ne voulait pas punir de mort un noble aussi puissant, elle condamna le duc à faire porter à tous ses pages des bas noirs , et à souffrir une potence a la porte de son palais. Le dernier roi permit d'ôter la potence, mais les bas noirs restent comme une marque d'ignominie *.
2° L'autre peine est réellement appliquée au corps , mais après qu'il a perdu la faculté de souffrir, c'est-à-dire après la mort. On peut l'appeler infamie posthume.
C'est à ce chef que se rapportent les peines ordonnées par la loi anglaise , pour les suicides et pour le crime de haute trahison : la décapitation après la mort et le cadavre coupé en quartiers»
La même loi, dans le cas de meurtre, permet au juge d'ordonner que le cadavre du criminel soit livré aux chirurgiens pour être disséqué en public, ou qu'il reste pendu au gibet.