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PHYSIOLOGIE BU MARIAGE
f Quand une femme s'est livrée tout entière à an amsnt, elle dote ( avoir bien connu celui que l'amour li»: offrait. Le don de son estin«e « et de sa confiance a nécessairement précédé celui de son w..i . «
Brillantes de vérité, ces lignes ont kieui-être illuminé U cachot au fond duquel Mirabeau les écrivit, et h féconde observation qu'elles renferment, quoique due à la plus fougueuse de f*ç passions, n'en domine pas moins le problème social dont 1. •"•■" .iOus occupons. Eu effet, un mariage cimenté sous les auspices du religieux examen que suppose l'amour, et sous l'empire du désenchantement dont est suivie la possession, doit être la plus indissoluble de toutes les unions.
Une femme n'a plus alors à reprocher à son mari le droit légal en vertu duquel elle lui appartient. Elle ne peut plus trouver dans celte soumission forcée une raison pour se livrer à un amant, quand plus tard elle a dans son propre cœur un complice dont les sophismes la séduisent en lui demandant vingt fois par heure pourquoi, s'élant donnée contre son gré à un homme qu'elle n'aimait point, elle ne se donnerait pas de bonne volonté à un homme qu'elle aime. Une femme n'est plus alors recevable à se plaindre de ces défauts inséparables de la nature humaine, elle en a, par avance, essayé la tyrannie, épousé les caprices.
Bien des jeunes filles seront trompées dans les espérances de leur amour!... Mais n'y aurait-il pas pour elles un immense béuélice à ne
Sas être les compagnes 'hommes qu'elles auraient le droit de mépriser?
Quelques alarmistes vont s'écrier qu'un tel changement dans nos mœurs autoriserait une effroyable dissolution publique ; que les4lois ou les usages, qui dominent les lois, ne peuvent pas, après tout, consacrer le scandale el l'immoralité; et que, s'il existe des maux inévi tables, au moins la société ne doit pas les sanctifier.
Il est facile de répondre, avant tout, que le système proposé tend à prévenir ces maux, qu'on a regardés jusqu'à présent comme inévitables; mais, si peu exacts que soient les calculs de notre statistique, ils ont toujours accusé une immense plaie sociale, et nos moralistes préféreraient donc le plus grand mal au moindre, la violation du principe sur lequel repose la société, à une douteuse licence chez les • filles; la dissolution des mères de famille, qui corrompt les sources de l'éducation publique et fait le malheur d'au moins quatre personnes, à la dissolution d'une jeune fille, qui ne compromet qu'elle, et tout au plus un enfant Périsse la vertu de dix vierges, plutôt que cette sainteié de mœurs, cette couronne d'honneur de laquelle une mère de famille doit marcher revêtue ! Il y a dans le tableau que présente une jeune fille abandonnée par son séducteur je ne sais quoi d'imposant et de sacré : c'est des serments ruinés, de saintes confiances trahies, et. sur les débris des plus faciles vertus, l'innocence en pleurs doutant de tout en doutant de l'amour d'un père pour son enfant. L'infortunée est encore innocente ; elle peut devenir une épouse fidèle, une tendre mère; et, si le passé s'est chargé de nuages, l'avenir est bleu comme un ciel pur. Trouverons-nous ces douces couleurs aux sombres tableaux des amours illégitimes ? Dans l'on H femme
Une jeune fille sortira peut-être Tierce de sa pension ; clnsle. non — pacf 15,
est victime, dans les autres, criminelle. Où est l'espérance de la femme adultère? Si Dieu lui remet sa faute, la vie la plus exemplaire ne saurait en effacer ici-bas les fruits vivants. Si Jacques I" est frlg de Rizzio, le crime de Marie a duré autant que sa déplorable et royale maison, et la chute des Stuarts est justice.
Mais, de bonne foi, l'émancipation des filles renferme-t-elle donc tant de dangers?
Il est très-facile d'accuser une jeune personne de se laisser décevoir par le désir d'échapper à tout prix à l'état de fille; mais cela n'est vrai que dans la situation actuelle de nos mœurs. Aujourd'hui une jeune personne ne connaît ni la séduction ni ses pièges, elle ne s'appuie que sur sa faiblesse, et. démêlant les commodes maximes du beau monde, sa trompeuse imagination, gouvernée par des désirs que tout fortifie, est un guide d'autant plus aveugle que rarement un» jeune fille confie à autrui les secrètes pensées de son premier amour.
Si elle était libre, une éducation exempte de préjugés l'armerait contre l'amour du premier venu. Elle serait, comme tout le monde, bien plus forte contre des dangers connus que contre des périls dont l'étendue est cachée. D'ailleurs, pour être maltresse d'elle-même, une fille en sera-t-elle moins sous l'œil vigilant de sa mère ? Compterait-on aussi pour rien cette pudeur et ces craintes que la nature n'a placées si puissantes dans l'âme d'une jeune fille que pour la préterver du malheur d'elle à un homme qui ne l'aime pas? Enfin où est la fille assez peu calculatrice pour ne pas deviner que l'homme le plus immoral veut trouver des principes chez sa femme, comme les maîtres veulent que leurs domestiques soient parfaits ; et qu'alors, pour elle, la vertu est le plus riche et le plus fécond de tous les commerces?
Après tout , de quoi s'agii-il donc ici? Pour qui croyez - vous que nous stipulions? Tout au plus pour cinq ou six cent mille virginités armées de leurs répugnances et du haut prix auquel elles s'estimeut:
elles savent aussi bien se défendre que se vendre. Les dix -huit millions d'êlres que nous avons mis en dehors de la question se marient presque tous d'après le système que nous cherchons à faire prévaloir dans nos mœurs ; et, quant aux classes intermédiaires, par lesquelles nos pauvres bimanes sont séparés des hommes privilégiés qui marchent à la tête d'une naiion, le nombre des enfants trouvés que ces classes demi-aisées livrent au malheur irait en croissant depuis la paix, s'il faut en croire M. Iîenoiston de Chàteauneuf l'un des plus courageux savants qui se soient voués aux arides el utiles recherches de la statistique. Or. à quelle plaie profonde n'apportons-nous pas remède, si l'on songe à la multiplicité des bâtards que nous dénonce la statistique, et aux infortunes que nos calculs font soupçonner dans la haute société? Mais il est difficile de faire apercevoir ici tous les avantages qui résulteraient de l'émancipation des filles. Quand nous arriverons à observer les circonstances qui accompagnent le mariage tel ... que nos mœurs l'onl conçu, les esprits judicieux pourront apprécier toute la valeur du système d'éducation el de liberté que nous demandons pour les filles au nom de ia raison et de la nature. Le préjugé
PHYSIOLOGIE DU MARIAGR.
que nous «vous en France, sur la virginité des mariées, est le pTiis soi de ions ri'n\ cpii nous restent. Les Orientaux prennent leurs lemmes sans s'Inquiéter du passé ei les enferment pour être nias certains de l'ifVeBn*; h» Français- mettent lès tilles dans des espèces de sérails défendus par des mères, par îles préjugés, par des idées religieuses; ii ils donnent la plifè entière fiberté à leurs femmes, s'inquiétant ainsi beaucoup plus du passé que de l'avenir. Il ne s'agirait donc que de faire subir une inversion à nos mœurs. Nous finirions peut-être alors par donner à la fidélité conjugale tonte la saveur et le ragoût que les femmes trouvent aujourd'hui aux infidélités.
Mais cette discussion nous éloignerait trop de notre sujet s'il fallait examiner, dans tous ses détails, cette immense amélioration mor. le, que reVlamera sans doute la France au vingtième siècle; car les iiiieurs se réforment si lentement! Nefaut-il pas. pour obtenir leplus léi;pr changement, que l'idée la plus hardie du siècle passé soit devenue la plus triviale du siècle présent? Aussi, est-ce en quelque sorte par coquetterie que nous avons effleuré celte question; soil pour montrer qu'elle ne nous a pas échappé, soit pour léguer un ouvrage de plus à nos neveux; et. de bon compte, voici le troisième : le premier concerne les courtisanes, et le second est la Physiologie du Plaisir :
Quand nous serons à dix, nous ferons une croix.
Dans l'état actuel de nos mœurs et de notre imparfaite civilisation, il existe un problème insoluble pour le moment, et qui rend toute dissertation superlluc relativement à l'art de choisir une femme; nous le livrons, comme tous les autres, aux méditations des philosophes.
PEODLKMX.
L'on n'a pas encore pu décider si une femme est poussée à devenir Infidèle plutôt par l'impossibilité où elle serait de se livrer au changement que uar la liberté qu'on lui laisserait à cet égard.
Au surplus, comme dans cet ouvrage nous saisissons un homme au moment où il vient de se marier, s il a rencontré une femme d'un tempérament sanguin, d'une imagination vive, d'une constitution nerveuse, ou d'un caractère indolent, sa situation n'en serait que plus grave.
Un homme se trouverait dans un damier encore plus critique, si sa femme ne buvait que de l'eau (voyez la Méditation intitulée : Hygiène conjugale); mais, si elie avait quelque laionî pour le chant, ou si elle s'enrhumait trop facilement, il aurait à trembler tous les jours, car il est reconnu que les cantatrices sont pour le moins aussi passionnées que les femmes dont le système muqueux est d'une grande délicate se.
Enfin le péril empirerait bien davantage si votre femme avait moins de dix-sept ans; ou encore, si elle avait le fond du teint pâle et blafard ; car ces sortes de femmes sont presque tontes artificieuses.
Mais nous ne voulons pas aiuiçiper sur les terreurs que causeront aux maris tous les diagnostics de malheur qu'ils pourraient apercevoir dans le caractère de leurs femmes, ('elle digressieii nous a déjà trop éloigné des pensionnais, où s'élaborent tant d'infortunes, d'où snrlent des jeunes tilles incapables d'appréi ii i les pénibles sacrifices par lesquels l'honnête homme, qui leur fait l'houm tir de les épou r, est arrivé à l'opulence; des jeunes filles impatientes des jouissances du luxe, ignorantes de kos lois, ignorantes de nos mœurs, sai issajrt avec avidité l'empire que leur donne la beauté, cl prèles a abandonner les vrais accents de l'àme pour les bourdonnements de la flatterie.
Que celte Méditation laisse dans le souvenir de tous ceux qui l'auront lue, même en ouvrant le livre par contenance ou par distraction, une aversion proronde des demoiselles élevées en pension, et iijà de grands services auront été rendus à i çljose publique.
MÉDITATION Vil.
DI LA UI(*K ne MIRI-
Si nos premières Méditations prouvent qu'il es: presque impossible a une femme mariée de rc ter vertueuse en Prance le dénombrement des i élib itairci cl de i éd isli u* t'éd tion de 1:1;.:. et notre examen rapide de- difficulté que comporte le eboh tftme '.' m ; qu'à nu certain point cette fra- : Mile nationale. Ainsi, après nvni an n é Cranchemeni la sourde maladie par laquelle 1 1 ial esl travaillé, nous en avons i lien lie les
(-Ul-rf's dan l'impei I. • lion il- fol 'lin rifll 'Uiséquenee des inieurs,
dans l'incapacité des esprits, dans !, contradictions de nos habitudes. Un seul fait reste à observer : l'invasion du mal.
Nous arrivons à ce premier principe en abord m! les hautes questions renfermées dans la lune de miel: et, de même que nous y trouverons le point de départ de tous les phénomènes conjugaux, elle nous offrira le brillani chaînon auquel viendront se rattacher nos observations, nos axiomes, nos problèmes, anneaux semés à des eh) au travers des sages folies débitées par nos Méditations bah !! irdes. La lune de miel sera, pour ainsi dire, (apogée de l'analyse à laquelle nous devions nous livrer avant de mettre aux prises nos deux cham pions imaginaires.
Cette expression, lune de miel, est un anglicisme qui passera dans Joules les langues, tant elle dépeint avec grâce la nuptiale saison, si fugitive, pendant laquelle la vie n'est que douceur cl ravissement . elle restera comme restent les illusions ei les erreurs, car elle est le plus odieux de tous les mensonges. Si elle se présente comme une nymphe couronnée de fleurs fraîches, caressante comme une sirène, c'est qu'elle est le malheur même; elle malheur arrive, la plupart du temps, en folâtrant.
Les époux destinés à s'aimer pendant toute leur vie ne conçoivent pas la lune de miel; pour eux, elle n'existe pas, ou plutôt elle existe toujours : ils sont comme ces immortels qui ne comprenaient pas la mort. Mais ce bonheur est en dehors de notre livre; ei, pour nos lecteurs, le mariage est sous l'influence de deux lunes : la lune de miel, la lune rousse. Celle dernière est terminée par une révolution qui la change en un croissant; et, quand il luit sur un ménage, c'est pour l'éternité.
Comment la lune de miel peut- elle éclairer deux êtres qui ne doivent pas s'aimer?
Comment se couche-t-elle quand une fois elle s'est lovée '••■
Tous les ménages ont-ils leur lune de miel?
Procédons par ordre pour résoudre ces trois questions.
L'admirable éducation que nous donnons aux tilles et les prudents usages sous ia loi desquels les hommes se marient vont porter ici tous leurs fruits. Examinons les circonstances dont sont précédés et accompagnés les mariages les moins malheureux.
Nos "mœurs développent chez la jeune tille dont vous faites votre femme une curiosité naturellement excessive; mais, comme les mères se piquent en France de mettre tous les jours leurs tilles au feu sans souffrir qu'elles se brûlent, cetie curiosité n'a plus de bornes.
Une ignorance profonde des mystères du mariage dérobe ù cette créature, aussi naive que rusée, ta connaissance des périls dont il esl suivi: et, le mariage lui étant sans cesse présenté comme une époque de tyrannie et de liberté, de jouissances et de souveraineté, ses désirs s'augmentent de ions les intérêts de l'existence à satisfaire : pour elle, se marier, c'est être appelée du néant à la vie.
Si elle a, en elle, le sentiment du boubeur, la religion, la morale, les lois et sa mère lui ont mille fois répété que ce boubeur ne peut venir que de vous.
L'obéissance est toujours une nécessité chez elle, si elle n'est pas vertu; car elle attend tout de vous : d'abord les sociétés consacrent l'esclavage de la femme, mais elle ue forme même pas le souhait de s'affranchir, car elle se seul faible, timide et ignorante.
A moins d'une erreur due au hasard ou d'une répugnance que vous seri z impardonnable de n'avoir pas devinée, elle doit chercher à vous plaire; clic ne vous confiait pas.
Eulin, pour faciliter votre beau triomphe, vous la prenez au moment où la nature sollicite souvent avec énergie les plaisirs dont vous i n - le dispensateur. Comme saint Pierre, vous tenez la clef du Paradis.
Je le demande à toute créature raisonnable, un démon rassemblerait-il autour d'un ange dont il aurait juré la perle h s éléments de son malheur avec autant de sollicitude que les bonnes mœurs eu mettent à ((inspirer le malheur d'un mari?... N'ètes-vons pas comme un roi entouré de flatteurs?
Livrée avec toutes ses ignorances et ses désirs à un homme qui, même amoureux, ne peut et ne doit pas connaître -es mœurs secrètes et délicates, cette jeune tille ne sera-t-clle pas ho iicuscmeul passive, soumise ci complaisante pendant tout le temps que sajeuuc imagination lui persuadera d'attendre le plaisir ou le bonheur jusqu'à un lendemain qui n'arrive jamais ?
Dans celte situation bizarre où les lois sociales c; celle-, de la nature sont aux prises, une jeune lille obéit, s'abandonne, souffre el se tait par intérêt pour elle-même. Son obéis amc esl une spéi u'.aliou; sa complaisance, un espoir, son dévouement, une sorte de vocation dont vous profiiez, el sou silence esl générosité. Étlc sera victime de vos caprins tant qu'elle ne les comprendra pas elle souffrira de votre carael,ère jusqu'à ce qu'elle l'ail étudié; elle se sacrifiera sattS aine i , pari c quelle croit au semblant de passion q e vous donne le premier moment de sa possossiou; elle ne se taira plus le jour où elle aura reconnu l'inutilité de ses sacrifiée-.
Mors, UB matin arrive où IQUS les COllltC-SCUS qui OUI pïdsidéi
celle union -e n ! 'venl loinnic îles lo.' . I ploya nus
un poids |i;tr degrés allégé. Vous avez pris p ■ de l'amour l'cxis-
PHYSIOLOGIE DU MARIAGE
tence négative d'une jeune fille qui attendait le bonheur, qui volait au-di vaut de vos désirs dans l'espérance que vous iriez au-devant des siens, et qui n'osait se plaindre des malheurs secrets dont elle S'accusait la première. Quel homme ne serait pas la dupe d'une déception préparée de si loin, et de laquelle une jeune femme est innocente, complice et victime? Il faudrait être un dieu pour échapper à la fascination dont vous êtes entouré par la nature et la société. Tout ne: !-il pas piège autour de vous et en vous? car, pour être heureux, ne serait-il pas nécessaire de vous défendre des impétueux désirs de vos sens? Où est, pour les contenir, cette barrière puissante qu'élevé la main Légère d'une femme à laquelle on veut plaire, parce qu'on ne la possède pas encore?... Aussi, avez-vous fait parader et défiler vos troupes quand il n'y avait personne aux fenêtres; avez-vous tiré un feu d'artifice dont la carcasse reste seule au moment où votre convive se présente pour le voir. Votre femme était devant les plaisirs du mariage comme un Mohican à l'Opéra : l'instituteur est ennuyé quand le sauvage commence à comprendre.
LVI. — En ménage, le moment où deux cœurs peuvent s'entendre est aussi rapide qu'un éclair, et ne revient plus quand il a fui.
Ce premier essai de la vie à deux, pendant lequel une femme est encouragée par l'espérance du bopheur, par le sentiment encore neuf de ses devoirs d'épouse, par le désir de plaire, par la vertu si persuasive au moment où elle montre l'amour d'accord avec le devoir, se nomme la lune de miel. Comment peut-elle durer longtemps entre deux êtres qui s'associent pour la vie entière, sans se connailre parfaitement? S'il faut s'étonner d'une chose, c'est que les déplorables absurdités accumulées par nos mœurs autour d'un lit nuptial fassent éclore si peu de haines!...
Mais que l'existence du sage soit un ruisseau paisible, et que celle du prodigue soit un torrent: que l'enfant dont les mains imprudentes ont effeuillé toutes les roses sur son chemin ne trouve plus que des épines au retour; que l'homme dont la folle jeunesse a dévoré en million ne puisse plus jouir, pendant sa vie, des quarante mille livres de rente que ce million lui eût données, c'est des vérités triviales si l'on songe à la morale, et neuves si l'on pense à la conduite de la plupart des hommes. Voyez-y les images vraies de toutes les lunes de miel ; c'est leur histoire, c'est le fait et non pas la cause.
Mais, que des hommes doués d'une certaine puissance de pensée nar une éducation privilégiée, habitués à des combinaisons profondes pour briller, soit en politique.soit en littérature, dans les ans, dans le commerce ou dans la vie privée, se marient tous avec l'intention d'être heureux, de gouverner une femme par l'amour on par la force, et tombent tous d;«ns le même piège, deviennent des sots après avoir joui d'un certain bonheur pendant un certain temps, il y a certes là un problème dont la solution réside plutôt dans des profondeurs inconnues de l'àme humaine que dans les espèces de vérités physiques par lesquelles nous avons déjà taché d'expliquer quelques-uns de ces phénomènes. La périlleuse recherche des lois secrètes, que presque tous les hommes doivent violer à leur insu en cette circonstance, offre encore assez de gloire à celui qui échouerait dans cette entreprise pour que nous tentions l'aventure. Essayons donc.
Malgré tout ce que les sots ont à dire sur la difficulté qu'ils trouvent à expliquer l'amour, il a des principes aussi infaillibles que ceux de la géométrie; mais chaque caractère les modifiant à son gré, nous l'accusons des caprices créés par nos innombrables organisations. S'il nous était permis de ne voir que les effets si variés de la lumière, sans en apercevoir le principe, bien des esprits refuseraient de croire à la h, arche du soleil et à son unité. Aussi, les aveugles peuvent-ifs crier à leur aise ; je me vante, comme Socraie, sans être aussi sage que lui, de ne savoir que l'amour; et je vais essayer de déduire quelques-uns de ses préceptes, pour éviter aux gens mariés ou à marier la peine de se creuser la cervelle : ils eu ait indraient trop prompteinent le fond.
Or, toutes nos observations précédentes se résolvent à une seule proposition, qui peut être considérée comme le dernier terme ou le premier, si l'on veut, de celle secrète théorie de l'amour, qui finirait par vous ennuyer si nous ne la terminions pas promplemeut.Ce principe est contenu dans la formule suivante :
LVII. — Entre deux êtres susceptibles d'amour, la durée de la passion est en raison de la résistance primitive de la femme, ou des obstacles que les hasards sociaux mettent à votre bonheur.
Si l'on ne vous laisse désirer qu'un jour, votre amour ne durera peut-être pas trois nuits. Où faut-il chercher les causes de cette loi? Je ne sais. Si nous voulons porter nos regards autour de nous, les preuves de celte règle abondent : dans le 'système végétal, les plantes qui restent le plus de temps à croître sont celles auxquelles est promise la plus longue existence ; dans l'ordre moral, les ouvrages
faits hier meurent demain ; dans l'ordre physique, le se'iR qui enfreint les lois de la gestation livre un fruit mort. En tout, une œuvre de durée est longtemps couvée par le temps. Un long avenir demande un long passé. Si l'amour est un enfant, la passion est un homme. Cette loi générale, qui régit la nature, les êtres et les sentiments, est précisément celle que tous les mariages enfreignent, ainsi que nous l'avons démontré. Ce principe a créé les fables amoureuses de notre moyen âge : les Amadis, les Lancelot, tes Tristan des fabliaux, dont la constance en amour parait fabuleuse à juste titre, sont les allégories de cette mythologie nationale que notre imitation de la lit u rature grecque a tuée dans sa fleur. Ces figures gracieuses, dessinées par l'imagination des trouvères, consacraient celte vérité.
LV1II. — Nous ne nous attachons d'une manière durable aux choses que d'après les soins, les travaux ou les désirs qu'elles nous ont coûté.
Tout ce que nos méditations nous ont révélé sur les causes de celte loi primordiale des amours se réduit à l'axiome suivant, qui en est tout à la fois le principe et la conséquence.
donne.
- En toute chose l'on ne reçoit qu'en raison de ce que l'on
Ce dernier principe -si tellement évident par lui-même, que nous n'essayerons pas de le démontrer. Nous n'y joindrons qu'une seule observation, qui ne nous paraît pas sans importance. Celui qui a dit: Tout est vrai et tout est faux, a proclamé un fait que l'esprit humain naturellement sophistique interprète à sa manière, car il semble vraiment que les choses humaines aient autant de facettes qu'il y a d'esprits qui les considèrent. Ce fait, le voici :
H n'existe pas dans la création une loi qui ne soit balancée par une loi contraire : la vie eu tout et résolue par l'équilibre de deux forces contendantes. Ainsi, dans le sujet qui nous occupe, en amour, il est certain que si vous donnez trop, vous ne receviez pas assez. La mère qui laisse voir toute sa tendresse à ses enfants crée en eux l'ingratitude; l'ingratitude vient peut-être de l'impossibilité ou l'on est de s'acquitter. La femme qui aime plus qu'elle n'est aimée sera nécessairement tyrannisée. L'amour durable est celui qui tient toujours les forces de deux êtres en équilibre. Or, cet équilibre peut toujours s'établir : celui des deux qui aime le plus doit rester il ins la sphèr.e de celui qui aime le moins. F.t n'est-.ce pas après tout, h plus doux sacrilice que puisse làire une âme aimante, si tant est que l'amour s'ac» commode de celle inégalité?
Quel sentiment d admiration ne s'élève-l-il pas dans l'âme du philosophe, en découvrant qu'il n'y a peut-être qu'un seul principe dans le monde connue il n'y a qu'un Dieu, et que nos idées et nos affections sou! soumises aux mêmes lois qui font mouvoir le soleil, éclore les fleurs et vivre l'univers !...
l'eut-èlre faut-il chercher dans cette métaphysique de l'amour les raisons de la proposition suivante, qui jette les plus vives lumières sur la question des lunes de miel et des lunes rousses.
TI1ÉORKMS.
L'homme va de l'aversion à l'amour; mais, quand il a commencé par aimer et qu'il arrive à l'aversion, il ne revient jamais à l'amour.
Dans certaines organisations humaines, les sentiments sont incomplets comme la pensée peut l'être dans quelques imaginations stériles. Ainsi, de même que les esprits sont doués de la facilité de ^aisir les rapports existants entre les choses sans en tirer de conclusion ; de la faculté de saisir chaque rapport séparément sans les réunir, de la force de voir, de comparer el d'exprimer; de même les âmes peuvent concevoir les sentiments d'une manière imparfaite. Le talent, en pmour comme en loul autre art, consiste dans la réunion de la puissance de concevoir et de celle d'exécuter. Le monde est plein de gens qui chantent des airs saus ritournelle, qui ont des'quarl* d'idée comme des quarts de sentiment, et qui ne coordonnent pas plus le^ mouvements de leurs affections que leurs pensées. C'est, en un mol, des êtres incomplets. Unissez une belle intelligence à une intelligence manqnée, vous préparez un malheur; car il faut que l'équilibre se retrouve en tout.
Nous laissons aux philosophes de boudoir et aux sages d arrière boutique le plaisir de chercher les mille manières par lesquelles les tempéraments, les esprits, les situations sociales et la fortune rompent les équilibres, et nous allons examiner la dernière cause qui influe ur lé cogeher des lunrs de miel et le lever des lunes rousses.
Il y a dans la vie v.w principe plus puissant que la vie elle-même. C'est un mouverrîenl dont la rapidité procède d'une impulsion incon-
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nue. L'homme n'est pas plus dans le secret de ce tournoiement que la terre n'est initiée aux causes de sa rotation. Ce je ne sais quoi, que j'appellerais volontiers le courant de la vie, emporte nos pensées les plus chères, use la volonté du plus grand nombre, et nous entraîne tous maigre nous. Ainsi, un homme plein de bon sens, qui ne manquera même pas à payer ses billets, s'il est négociant, ayant pu éviter la mort, ou, chose plus, cruelle peut-être ! une maladie, par l'observation d'une pratique facile, mais quotidienne, est bien et dûment cloué entre quatre planches, après s'être dit tous les soirs : — « Oh ! demain, je n'oublierai pas mes pastilles! » Gomment expliquer cette étrange fas< ination qui domine toutes les choses de la vie? est-ce défaut d énergie? les hommes les plus puissants de volonté y sont soumis ; est-ce défaut de mémoin '.' les gens qui possèdent celte faculté au plus haut degré y sont sujets.
Ce fait que chacun a pu reconnaître en son voisin est une des causes qui excluent la plupart des maris de la lune de miel. L'homme le plus sage, celui qui aurait échappé à tous les écueils que nous avons déjà1 signalés, n'évite quelquefois pas les pièges qu'il s'est ainsi tendus à lui-même.
Je me suis aperçu que l'homme en agissait avec le mariage et ses dangers à peu prés comme avec les perruques; et peut-être est-ce une formule pour la vie humaine que les phases suivantes de la pensée à l'endroit de la perruque.
PnEBiÈRï Epoque. — Est-ce que j'aurai jamais les cheveux blancs?
Deuxième Epoque. — En tout cas, si j'ai des cheveux blancs, je ne porterai jamais de perruque : Dieu ! que c'est laid une perruque!
Un matin, vous entendez une jeune voix que l'amour a fait vibrer plus de fois qu'il ne l'a éteinte, s'écriant : — Comment, tu as un cheveu blanc !...
Troisième Epoque. — Pourquoi ne pas avoir une perruque bien faite qui tromperait complètement les gens? 11 y a je ne sais quel mérite à duper tout le monde; puis, une perruque tient chaud, elle empêche les rhumes, etc.
Quatrième Epoque. — La perruque est si adroitement mise, que vous attrapez tous ceux qui ne vous connaissent pas.
La perruque vous préoccupe, et l'amour-propre vous rend tous les matins le rival des plus habiles coiffeurs.
Cinquième Epoque. — La perruque négligée. — Dieu ! que c'est ennuyeux d'avoir à se découvrir la tête tous les soirs, à la bichonner tous les matins!
Sixième Epoque. — La perruque laisse passer quelques cheveux blancs; elle vacille, et l'observateur aperçoit sur votre nuque une ligne blanche qui forme un contraste avec les nuances plus foncées de la perruque circulairement retroussée par le col de votre habit.
Septième Epoque. — La perruque ressemble à du chiendent, et (passez-moi l'expression) vous vous moquez de votre perruque !...
— Monsieur, me dit une des puissantes intelligences féminines qui ont daigné m'éclairer sur quelques-uns des passages les plus obscurs de mon livre, qu'enlendez-vous par cette perruque?...
— Madame, répondis-je, quand un homme tombe dans l'indifférence à l'endroit de la perruque, il est... il est... ce que votre mari n'est probablement pas.
— Mais, mon mari n'est pas... (Elle chercha.) 11 n'est pas... aimable: il n'est pas... très-bien portant: il n'est pas... d'une humeur égale; il n'est pas...
— Alors, madame, il serait donc indifférent à la perruque.
Nous nous regardâmes, elle avec une dignité assez bien jouée, moi avec un imperceptible sourire. — Je vois, dis-je, qu'il faut singulièrement respecter les oreilles du petit sexe, car c'est la seule chose qu'il ail de chaste. Je pris l'altitude d'un homme quia quelque chose d'important à révéler, et la belle dame baissa les yeux comme si elle se doutait d'avoir à rougir pendant ce discours.
— Madame, aujourd'hui l'on ne pendrait pas un ministre, comme jadis, pour un oui ou un non; un Chateaubriand ne torturerait guère Françoise de Foix, et nous ne portons plus au côté une longue épéeprête à venger l'injure. Or, dans un siècle où la civilisation a fait des progrès si rapides, où l'on nous apprend la moindre science en vingtquatre leçons, tout a dû suivre cet élan vers la perfection. Nous ne pouvons donc plus parler la langue mâle, rude et grossière de nos ancêtres. L'âge dans lequel on fabrique des tissus si lins, si brillants, des meubles si élégants, des porcelaines si riches, devait èire l'âge des périphrases el des circonlocutions. Il faut donc essayer de forger quelque mot nouveau pour remplacer la comique expression dont s'est servi Molière; puisque, comme a d'il un auteur contemporain, le langage de ce grand homme est trop libre pour les dames qui trouvent la gar.e trop épaisse pour leurs vêtements. Maintenant les gens du monde n'ignorent pas plus que les savants le goût inné des Grecs pour le, mystères. Cette poétique nation avait su empreindre de teintes fabulcu i les antiques traditions de son histoire. A la voix de
WS rapsodes, tout ensemble poètes et romanciers, les rois devenaient
des dieux, cl leurs aventures galantes se transformaicnl en d'immortelles allégories. Selon M. Cl ipré, licencié en droit, auteur clas-
nnaire de Mythologie, le labyrinthe était a un enclos planté de bois el orne de bâtiments disposés de telle façon que quand
un jeune homme y était entré une fois, il ne pouvait plus en trouver la sortie. » Çà et là quelques bocages fleuris s'offraient à sa vue, mais au milieu d'une multitude d'allées qui se croisaient dans tous les sens et présentaient toujours à l'œil une roule uniforme , parmi les ronces, les rochers et les épines, le patient avait à combattre un animal nommé le Minotaure. Or, madame, si vous voulez me faire l'honneur de vous souvenir que le Minotaure était, de tontes les bêles cornues, celle (pie la mythologie nous signale comme la plus dangereuse; que, pour se soustraire aux ravages qu'il faisait, les Athéniens s'étaient abonnés à lui livrer, bon an, mal an, cinquante vierges ; vous ne partagerez pas l'erreur de ce bon M.Chompré, qui ne voit là qu'un jardin anglais; et vous reconnaîtrez dans cette fable ingénieuse une allégorie délicate, ou, disons mieux, une image fidèle et terrible des dangers du mariage. Les peintures récemment découvertes à llereiilanum ont achevé de prouver celte opinion. En effet, les savants avaient cru longtemps, d'après quelques auteurs, que le Minotaure était un animal moitié homme, moitié taureau ; mais la cinquième planche des anciennes peintures d'Herculanum nous représente ce monstre allégorique avec le corps entier d'un homme, à la réserve d'une têle de taureau ; et, pour enlever toute espèce de doute, il est abattu aux pieds de Thésée. Eh bien! madame, pourquoi ne demanderions-nous pas à la mythologie de venir au secours de l'hypocrisie qui nous gagne et nous empêche de rire comme riaient nos pères? Ainsi, lorsque dans le monde une jeune dame n'a pas trèsbien su étendre le voile sous lequel une femme honnête couvre sa conduite, là où nos aïeux auraient rudement tout expliqué par un seul mot, vous, comme une foule de belles dames à rélicences, vous vous contentez de dire : — « Ah ! oui, elle est fort aimable, mais... — Mais quoi?... — Mais elle est souvent bien inconséquente... » J'ai longtemps cherché, madame, le sens de ce dernier mot et surtout la figure de rhétorique par laquelle vous lui faisiez exprimer le contraire de ce qu'il signifie; mes méditations ont été vaines. Vert-Vert a donc, le dernier, prononcé le mot de nos ancêtres, et encore s'estil adressé, par malheur, à d'innocentes religieuses, dont les infidélités n'atteignaient en rien l'honneur des hommes. Quand une femme est inconséquente, le mari serait, selon moi, minotaurtié. Si leminotaurisé est un galant homme, s'il jouit d'une certaine estime, et beaucoup de maris méritent réellement d'être plaints, alors, en parlant de lui, vous dites encore d'une petite voix flûtée : « M. A.... est un homme bien estimable, sa femme est fort jolie, mais on prétend qu'il n'est pas heureux dans son intérieur. » Ainsi, madame, l'homme estimable malheureux dans son intérieur, l'homme qui a une femme inconséquente, ou le mari minotaurisé, sont tout bonnement des maris à la façon de Molière. Eh bien! déesse du goûl moderne, ces expiessions vous semblent-elles d'une transparence assez chaste?
— Ah! mon Dieu, dit-elle en souriant si la chose reste, qu'impo'-le qu'elle soit exprimée en deux syllabes Ou en cent?
Elle me salua par uue petite révérence ironique et disparut, allant sans doute rejoindre ces comtesses de préface et toutes ces créatures métaphoriques si souvent employées par les romanciers à retrouver ou à composer des manuscrits anciens.
Quant à vous, êtres moins nombreux et plus réels qui me lisez, si, parmi vous, il est quelques gens qui fassent cause commune avec mon champion conjugal, je vous avertis que vous ne deviendrez pas tout d'un coup malheureux dans votre intérieur. Un homme arrive à cette température conjugale par degrés et insensiblement. Beaucoup de maris sont même restés malheureux dans leur intérieur, toute leur vie, sans le savoir. Celle révolution domestique s'opère toujours d'après des règles certaines; car les révolutions de la lune de miel sont aussi sûres que les phases de la lune du eiel et s'appliqucnl à tous les ménages! N'avons-nous pas prouvé que la nature morale a ses lois, comme la nature physique?
Votre jeune femme ne prendra jamais, comme nous l'avons dit ailleurs, un amant sans faire de sérieuses réflexions. Au moment où la lune de miel décroît, vous avez plutôt développé chez elle le sentiment du plaisir que vous ne l'avez satisfait; vous lui avez ouvert le livre de vie, elle conçoit admirablement par le prosaïsme de votre facile amour la poésie qui doit résulter de l'accord des âmes et des voluptés. Comme un oiseau timide, épouvanté encore par le bruit d'une mousqueterie qui a cessé, elle avance la tête hors du nid, regarde autour d'elle, voit le monde; et, tenant le mol de la charade que vous avez jouée, elle sent instinctivement le vide de votre passion languissante. I.lle devine que ce n'est plus qu'avec un amant qu'elle pourra reconquérir le délicieux usage de son libre arbitre en amour.
Vous avei Bêché du bois vert pour un feu à venir.
Dans la situation où vous vous trouvez l'un el l'autre, il n'existe pas de femme, même la plus vertueuse, qui ne se suit trouvée digne d'une grande passion, qui ne l'ait rêvée, el qui ne ci oie être lrc--m-
flammable; car il y a toujours de l'amour-propre à augmenter les
forces d'un ennemi vaincu.
— Si le métier d'honilêtC femme n'était que périlleux, pisse encore... me disait une vieille dame; mai- il ennuie, et je n'ai jamais rencontré de femme vertueuse qui ne pensai jouer en ùipe.
PHYSIOLOGIE DU MAK1AGK
Alors, et avant même qu'aucun amant ne se présente, une femme en discute pour ainsi dire la légalité; elle subit un combat que se livrent en illo les devoirs, les lois, la religion et les désirs secrets d'une nature qui ne reçoit de frein que celui qu'elle s'impose. Là Commence pour vous un ordre de i luises tout nouveau; là, se trouve le premier avertissement que la nature, cette indulgente et bonne nure, donne à toutes les créatures qui ont à courir quelque danger. La nature a mis au cou du Minoiaure une sonnette, comme à la queue de cet épouvantable serpent, l'effroi du voyageur. Alors se déclarent, dans votre femme, ce que nous appellerons le* premiers symptômes, et malheur à qui n'a pas su les combattre! ceux qui en nous lisant se souviendront de les avoir vus se manifestant jadis dans leur intérieur, peuvent passer à la conclusion de cet ouvrage, ils y trouveront des consolations.
Cette situation, dans laquelle un ménage reste plus ou moins longtemps, sera le point de départ de notre ouvrage, comme elle est le terme de nos observations générales. Un homme d'esprit doit savoir reconnaître les mystérieux indices, les signes imperceptibles, et les révélations involontaires qu'une femme laisse échapper alors; car la Méditation suivante pourra tout au plus accuser les gros traits aux néophytes de la science sublime du mariage.