DES PENSIONNATS
Si von avez épousé nue demoiselle donl l'éducation s>s| faite dans un peusio: ;al il y a li aie • h ■ - re votre ho. du ur de plus
que toutes celle doit rémunération précède, et vous res.-enihlcz exactement à tui homme qui a fourré s* m jn dans ;\u guêpier.
Alors, immédiatement après la bénédiction nuptiale, ci sans vous laisser prendre à l'innocente- ignorance, aux grâces naïves, à fi pndi boude coulenance de votre femme, vous devez méditer et suivre les axiomes et les préceptes «pie nous développerons dans la seconde parlie de ce livre. Vous mettrez même à exécution les rigueurs de la troisième partie, en exerçant sur-le-champ une active surveillance, en déployant une paternelle sollicitude à toute heure, (- f le lendemain même de voire mariage, la veille peut-être, il y avait ;<criJ en la demeure. >
En effet, souvenez-vous un peu de l'instruction secrète et approfondie que les écoliers acquièrent de natiirà rernm, de la nature des choses. Lapevronse, Cook, eu le capitaine Parry, ont-ils jamais eu autant d'ardeur à naviguer vers les pôles que les lycéens vers les parages défendus de l'océan des plaisirs.'
Les lilles étant plus rusées, plus spirituelles et plus curieuses que les garçons, leurs retidez-vous clandestins, leurs conversations, que tout l'art des matrones ne saurait empêcher, doivent être dirigés par un génie mille l'ois plus infernal que celui des co'légiens. Quel homme a jamais entendu les réflexions morale;, el les aperçus malins de ces jeunes lilles? Elles seules connaissent ces jeux où 1 honneur se perd par ;^ance, ces essais de plaisir, ces tâtonnements de volupté, ces simulacres de bonheur, qu'où peut comparer aux vols faits par les enfants trop gourmands à un dessert mis sous clef. Une tille sortira peut-élre vierge de sa pension; chaste, non. Elle aura plus d'une fois discuté, en de secrets couvenlicules, la question importante des amants, el la corruption aura nécessairement entamé le lumr ou l'esprit, soit dit sans antithèse.
Aihne'tons cependant que voire femme n'aura pas participé à ces friandises virginales, à ces lulineries prématurée-. De ce qu'elle u ait point en voix délihéralive aux conseils secrets des grandes en serat-elle meilleure? Non. Là, elle aura contracté amitié avec l',c ires jeunes demoiselles, et nous serons modeste eu ne lui acc< h que deux ou (rois amies intimes. Etes-vous certains que, voire femme sortie de pension, ses jeunes amies n'auront pas élé adores ;, ces conciliabules où l'on cherchait à connaître d'avance, au iqoins par analogie, les jeux des colombes? Enfin, ses amies se marieront ; vous aurez alors quatre femmes à surveiller au lieu d'une, quatre caractères à deviner, el vous serez à la merci de quatre maris cl d'une douzaine de célibataires de qui vous ignorez, entièrement ia vie, les principes, leshaliitudes, quand uns Méditations vous auront l'ail apercevoir la nécessité OÙ vous devez, être un jour de vous occuper des gens que vous avez épousés avec votre femme -ans vous eu douter. Satan seul a pu imaginer une pension de demoiselles au milieu d'une grande ville!... An moins madame Campan avait-elle logé sa fameuse institution à Ecniicn. Cette sage précaution prouve qu'elle n'était pas une femme ordinaire. Là, ses demoiselles ne voyaient pas le musée des rues, composé d'immenses et grotesques images el de mois obscènes dus aux crayons du malin esprit. Elles n'avaient pas iuces mmenl sous les yeux le spectacle des infirmités humaines étalé par chaque horue en France, et de perfides o.ihiuels iitier ires ne leur vomissaient pas en secret le poison des livres instructeurs et incendiaires. Aussi, celte savante institutrice ne pouvaii-elle guère qu'4
PHYSIOLOGIE DU MARIAGE
Ecoucn vous conserver une demoiselle intacte et pure, si cela est possible. Vous espéreriez peut-être empêcher facilement voire femme Je voir ses amies de pension? folie! elle les rencontrera au bal, au spectacle, à la promenade, dans le monde; et combien de services deux femmes ne peuvent-elles pas se rendre!... Mais nous méditerons ce nouveau sujet de terreur en son lieu et place.
Ce n'est pas tout encore : si voire belle-mère a mis sa fille en pension, crovez-vous (pie ce soit par intérêt pour sa Mlle ? Une demoiselle de douze à quinze ans est un terrible argus; et, si la bellemère ne voulait pas d'argus chez elle, je commence à soupçonner que madame voire belle-mère appartient inévitablement à la partie la plus douteuse de nos femmes honnêtes. Houe, en toute occasion, elle sera poHr sa fille ou ui\ fatal exemple ou un dangereux conseiller.
Arrêtons-nous... la belle-mère exige toute une Méditation.
Ainsi, de quelque côté que vous vous tourniez, le lit conjugal est, dans cette occurrence, également épineux.
Avant la Révolution, quelques familles aristocratiques envoyaient les filles au couvent. Cet exemple était suivi par nombre de gens qui s'imaginaient qu'en mettant leurs filles là où se trouvaient celles d'un grand seigneur, elles en prendraient le ton e1, les manières. Cette erreur de l'orgueil étaitd abord fatale au bonheur domestique; puis les couvents avaient tous les inconvénients des pensionnats. L'oisiveté y règne plus terrible. Les grilles claustrales' enflamment l'imagination.
La solitude est une des provinces les plus chéries du diable; et l'on ne saurait croire quel ravage les phénomènes îes plus ordinaires de la vie peuvent produire dans l'àme de ces jeunes filles rêveuses, ignorantes et inoccupées.
Les unes, à force d'avoir caressé des chimères, donnent lieu à des quiproquo pinson moins bizarres. D'autres, s'éiaut exagéré le bonheur conjugal, se disent en elles-mêmes : (juoi ! ce n'est que cela!... quand elles appartiennent à un mari. De toute manière, l'instruction incomplète que peuvent acquérir les filles élevées en commun a tous les dangers de l'ignorance et *ous les malheurs de la science.
Une jeune fille élevée au logis par une mère ou une vieille tante
vertueuses, bigotes, aimables ou acariâtres; une jeune fille dont les pas n'ont jamais franchi le seuil domestique sans être environnée de chaperons, dont l'enfance laborieuse a été fatiguée par des travaux même inutiles, à laquelle enfin tout et inconnu, même le spectacle de Séraphin, est un de ces trésors que l'on rencontre, çà cl là, dans le inonde, comme ces fleurs de bois environnées de tant de broussailles que les yeux mortels n'ont pu les atteindre. Celui qui, maître d'une (leur si suave, si pure, la laisse cultiver par d'autres, a mérité mille fois son malheur. C'est ou un monstre ou un sol.
Ce serait bien ici le moment d'examiner s'il existe un mode quelconque de se bien marier, cl de reculer ainsi indéfiniment les précautions dont l'ensemble sera présenté' dans la seconde et la troisième parlie; mais n'est-il pas bien prouvé qu'il est plus aisé de lire l'école des femme» dans un four exactement fermé que de pouvoir connaître le caractère, les habitudes et l'esprit d'une demoiselle a
Tous ces gens-là sont les prédestiné» par eicellence I — page 12.
marier? La plupart des hommes ne se marient-ils pas absolument comme s'ils achetaient une parlie de rentes à la Bourse?
Et si, dans la Méditation précédente, nous avons réussi à vous démontrer que le plus grand nombre des hommes reste dans la plus profonde incurie de son propre bonheur en fait de mariage, est-il raisonnable de croire qu'il se rencontrera beaucoup de gens assez riches, assez spirituels, assez observateurs, pour perdre, comme le Burchell du Vicaire de Wakcfield, une ou deux années de leur temps à deviner, à épier les filles dont ils feront leurs femmes, quand ils s'ni i npent si peu d'elles après les avoir conjugalement possédées pendant ce laps de temps que les Anglais nomment la Lune de miel, et de laquelle nous ne larderons pas à discuter l'influence?
Cependant, comme nous avons longtemps réfléchi sur celte matière importante, nous ferons observer qu'il existe quelques moyens de choisir plus ou moins bien, même en choisissant promplement.
Il est, par exemple, hors de doute que les probabilités seront en votre faveur.
i° Si vous avez pris une demoiselle dont le tempérament ressemble à celui des femmes de la Louisiane ou de la Caroline.
Pour obtenir des renseignementscertainssur le tempérament d'une jeune personne, il faut mettre en vigueur auprès des femmes de chambre le système dont parle Gil Blas, et employé par un homme d'Etat pour connaître les conspirations ou savoir comment les ministres avaient passé la nuit.
■J Si vous choisissez une demoiselle qui, sans être laide, ne soit pas dois la classe des jolies femmes.
Nous regardons comme un principe certain que, pour être le moins ma! heureux possible en ménage , une grande doiieeurd'àmeuniechez une femme à une laickiir supportable sont deux éléments infailliblés de succès.
Mais, voulez-vous savoir la vérité? ouvrez Rousseau , car il ne s'agiiera pas une question île morale publique Je laquelle il n'ait d'avance indiqué la portée. Lisez :
s Chez les peuples « qui ont des moeurs, \ les filles sont faciles, « cl les femmes sévè- " res. C'est le contraire « chez ceux qui n'en « ont pas. »
Il résulterait de l'adoption du principe que consacre cette remarque profonde et vraie qu'il n'y aurait pas tant de mariages malheureux si les hommes épousaient leurs maitresses. L'éducation des filles devrait alors subir d'importantes modifications en France. Jusqu'ici les lois et les mœurs françaises, placées entre un délit et un crime à prévenir, oui favorisé le crime. En effet, la faute d'une fille est à peine un délit, si vous la comparez à celle commise par la femme mariée. N'y a-l-il doue pas incomparablement moins de danger à donner la liberté aux tilles qu'à la laisser aux femmes? L'idée de prendre une fille à l'essai fera penser plus d'hommes graves qu'elle ne fera rire d'étourdis. Les moeurs de l'Allemagne, de la Suisse, de l'Angleterre et des Etat-Unis donnent aux demoiselles des droits qui sembleraient en France le renversement de toute morale; cl néanmoins il est certain que dans ces trois pays les mariages sont moins malheureux qu'en