‹ Œuvres de jeunesse, illustrées. DessinsChapitre 18 sur 92 · D(IM <;|G.M)AS · texte numérisé non relu

D(IM <;|G.M)AS

simple préri|)italinii, entre deux éléments qui n'av:iii-iil pu èlie nié- Litij^t's (|iie par de violi'Uies !^eculls^cs, mais jamais combines. Uans la <lisp()>ilii]n (liiuliii^c tl faligut'C où se Inmvail alors II' coiiileiJe Courcliival, ce plii'iiiiiiifiK' ne pouvait manquer île le saisir cl lic lui inspirer bien (1rs l't-llcxii'ns II eimipiil que le uiuuvemcnl de la rélorme n't-lail |ilus (le uatuie ù Olre dcluurné dans le sens des passions d°nn imlividu; (jue celait eu cHel plus (pi'un parti, (|ue c elait une idée, un prineipe qui vivait de su vie propre, et, n'uyaut pas besoin de la protection de tel ou tel lioMime, ne pouvait se somnettre à les servir, il rit de sa folie d'avoir songé à diriger celte niaebine fatidique et à s'en faire un iuslrumenl. Lesaeeibes paroles du niiiiislre Sauvegrain lui (;roudaieul eucore aux oreilles et lui semblaienl comme ces loulu-rres soulerrains qui prés^geiil les trembliincuts de lein', tiMiiiiic la meiÉaee dnue puissance qui ne se révélail pas encore. l'uisciuil ro-

1 'elait el déda'guait ainsi la noblesse, il avait donc un autre appui. .(•quel? la bourgeoisie? le peuple? Mais alors la bourgeoi>ie élaii si Calme, si soumise; le peuple était si ptu de chose, si nul même, (pie René conclut (pie le mliii^ire était fou. Le sort eu était donc je(é, il fallait reiioiiccr à loule idée de vengeance; car c'était y renoncer que d'en attendre l'occas on sans pouvoir eu aucune fa(;on la préparer, tli bien I celle pensée aciievail d'accabler le conile. Sa vie ne lui apparaissait au travers que comme un débcrt. Pourquoi s'élail-il fermé la cour? pourquoi s'était-il encliainé dans le mariage? (Juellc e\isience obscure et sans intérêt allait-il mener, privé de sa liberié et de toute ocrupaiion? A vingi-deux ans, certes, celle perspective élail triste. Pnurt.int Geneviève était bien douce, bien tharmante, Lieu capable de le consoler; mais peut-on passer sa vie ù être consolé ' Eiilin René était dans cette situalion pénible et morlidante oii l'ou se trouve quand, après avoir niarcbé étoiirdiment à travers la vie, coiiime foui tous les jeunes gens, on voit, eu se retournant pour la première fois, que l'on a commis d'irréparables soitises. Ou éprouve aliH'> la même douleur d'avoir gâté sa vie, qu'un enfant d'avoir fait qncUpies taches dès le malin à son blanc fourreau des dimanches. 11 pleure, puis il se dit que les lâches ne s'effaceront pas sous des larn es, il lepieudciinrage; de nouvelles taches surviennent, il ne pleure plus, et bienlol le Inurreau est si sale que rien n'y paiail plus. (.'&» peiidaul la tliasle el paisible adolescence de René devait l'empêcher d ■ I re lire sou parti aussi vite que tout autre. Sa conscience ne selaii pas délloiée dès renfance. Il avait d'ailleurs l'orgueil de la pureté, Cl ii'( ùl pas voulu avoir à rougir devant loi même.

(!(unu)c il elait occupé le soir de ces pensées ipii l'atlristaienl et l'absoi baient au point de lui avoir fait oublier sa visite de tous les soirs à sa femnie, le marquis de Serizy vint le trouver dans sa chambre. Le vieillard avait l'air extrêmement jovial. Il séleiidit dans un fauteuil, croisa ses jambes l'une sur l'autre, appuya ses coudes sur les br.is du raiileuil. à la manière des gens qui se préparent à une conversation auiéable, el, regardant René d'un air amiioiit : — Vous ne devineriez pas, lui dit-il, ce qu'on vient de me dire? C'est ce qu'il y a au monde de plus plaisant. On dit que vous étiez amoureux de niadi'uiiiiselle de Lampeyriere, et que vous vouliez l'épouser. On ajoute que c'est là ce qui vims a fait bannir de la cour. N'adinirez-vous pas rin\enlion? .MaiJeinoi^elle de Lampeyriere ! ... la dernière personne à hKimlle vous ailliez songé! Ah\ ah! ah 1 vous pouvez vous imaginer Cuinme j'ai ri d'une semblable histoire.

Le luaripiis avait la inani(! de l'incrédulité René ne riait nullement, comme ou peut croire. — Ce qui la coiii|)lèle, continua le marquis, c'est ipie voire cousin en est l'auteur. C'est le pendant de l'histoire de sa coiiversioii. Il a vraiment une imaijinatiou bien bizarre. .Mais est-ce que vous vous fâcheriez de cela ? Allons donc ! qui voulez-vous qui le croie?

- Je ne puis, répondit René, ni m'en fâcherai en rire. C'est vrai. — Comment, vrai? Vous raillez aussi, je crois. Vous m'avez fait prMir avec l'air sérieux dont vous avez dil ce mot! — Je ne raille point. J'ai en eflet aimé mademoiselle de Lampeyriere, mais je n'ai jamais dû l'épuuser. J'ai élé en cft'et banni de la cour pour avoir en avec elle un entretien à la suite duquel elle s'est évanouie. Voilà tout. — Il n'eu faut, pardieii, pas davantage pour m'ôler l'envie de rire, dit le marquis eu se levant. Comment se fait-il alors que vous ayez épon-é m.i lille? Vous l'avez prise comme un [lis-aller. Je vous en suis obligé pour file. — J'ai épousé votre lille, monsieur, parce que c'était le vœu de mon gr.iud-père et aussi le vôtre, el parce que j'ai cru pouvoir \ivre heureux avec elle. — Vivre heureux! il me semble que vous ne vivez d'aucune façiin avec elle. Je m'explique maiuleuant votre étr.iuge humeur, mais je ne m'explique pas le m.iriage; car euQn ce n'est pas pour mon héritage. — Monsieur, dil lieremenl Uené, nous annuleri'us le coulr.Ét quand vous le désirerez. J'avais besoin de liims de famille pour me cuusoler de l'isolement où me laissaient la mort de mon seul parent et l'abandon d'uue femme que j'aimais c(jmnieoQ aime la première fois, voilà les molifs de ma conduite. (Juant au resie, lexplicatiou en est dans la jeunesse de ma fenniie el dans la froideur qu'elle ma témoignée. — Froideur! froideur! je n'ai pas vu cela, monsieur. — Moi, je l'ai sentie. Madame de Courchival se plaintelle de moi? — Non, non. pauvre enfant! — C'est ce qui me justifie. Le marquis se retira, laissant à René uu nouveau sujet d'euuuis et

de réflexions di'>agréables. M. de Quesnifts ne s'endormait pas. Reni5 avait bien réellement eu lui un ennemi. Celait une jiensée d'aulant plus ineonmiodc que le jeune comte ne pouvait se (li--imuler qu'il avait eu les premiers torts, et que mainlenanl il n'avait |ia. ravanta;.;e des armes. Puis celle découverle ne pouvait maïupier d amener entre sou beau-père el lui des altercations, dos hostilités sourdes, ipii lui rendraient le séjour de Serizy insupportable, et qui achèveraieul d exaspérer son hypocondrie. Il épn^uvail ce besoin de changer de place qui s'empare toujours des gens iik l.ineoliques, comme s'ils ne devaient pas emporter avec eux le voile liiiielire (|ui leur assombrit tons les objets; aussi se promit-il de saisir U; premier prétexte pour aller visiter ses lerresdu Languedoc cl de la Provence, afin d'éeh.ipper ainsi à son beau-père, au synode, aux projels de conspiration et niêiiie à sa femme, dont la touèhaiite séréuilé lui senibl.iit comme un reproche continuel. Que ne pouvait-il se fuir lui-même?

Une leiue de Rertrand, reçue le surlendemain, vint à propos pour motiver ce voyage et l'empêcher de ressembler en elTet à une fuite, il était qucstiou'dans cette lettre de quelques contestations qui eussent pu se régler sans sa présence; mais, comme aussi sa présence ne pouvait nuire, c'en fut assez pour le décider à partir sans délai. Lorsqu'il anuoii(;a celle résolution, Geneviève leva sur lui un regard auquel il ne put se méprendre.

— Non, lui dit-il, je ne puis vous emmener. Ce sera un voyage fort rapide et qui vous ennuierait. D'ailleurs, rien n'est préparé à Courchival pour vous recevoir, mais je vous proinels de faire arranger votre appartement, de revenir prompieiiient, et tout différent de ce que je suis. — Cela est à désirer, dil le marcpiis groiid.ml à demivoix. — Ne craignez-vous pas. dit la coiiiIcsm', que la vue de ces lieux ne réveille au contraire vos douleurs? — C'est un remède violent, mais qui peut réussir, reprit René. Si je suis incurable, eh bien! vous m'abandonnerez. — Jamais, repartit vivement Geueviève. Je ne le dois ni ne le puis.

René était trop occupé de l'idée de son départ pour être tonchiS, comme il eût dû relie, de l'expression presque passionnée que mit la jeune fille dans celte parole. 11 la serra dans ses bras, l'embras-a tiMidrcmenl sur le front, et alla tout disposer pour son départ. Une heure après il élail en nulle, plus soulagé el plus joyeux qu'il ne l'avail clé depuis uu an. Qu'y avait-il de cïiai.gé dans sa desliiiée ' liieil assurément. Mais, quand on est encore jeune, un départ égayé Ionjours. Il s'y trouve ti<uj lurs je ne sais quel espoir d aventures cl de déeouverles qui sourit à nue imagination poélique. Puis on est libre, on esi délivre de ses liabiiudes de tous les jours. Le repos fatigue à la longue. 11 faut uureher. On est content de ne pas être encore perclus ni stnpide Celle satisfaction s'émousse bien vite, mais elle n'eu a pas moins été utile. Les chagrins ne sont plus aussi cuisants après une dislraclion.

La cour était alors en Provence, coiucidence qu'il n'esl pas iniililo de noter. Depuis longtemps cette province n'était pas iraiiq-iille. Le roi voului la voir meltie à la raison. Le cardinal Mazarin trouva un moyen bien simple pour la pacilier, ce fut de gagner le président d'Oppède qui était à la tête des révoltés. Le président déclara qu'il n'a v:iil jamais voulu agir contre le roi, mais seulement conlre JI. dAngoiilême, gouverneur de la province; si le roi était résolu à punir les séditieux, il n'en élail plus, et sechargeiait même volonliers de seconder .M. de Mercuiur dans son expédition contre eux.

L'arrangement se conclut sur ce pied-là.

M. d'Oppède expia pleinement son erreur en faisant pendre cl en eiiYoy.int aux galères, sans miséricorde, les gens qui avaient éid assez criminels pour se laisser pousser par lui à la révolte. 11 ne balança pas davantage à exiler les membres de son parlement ipii avaient eu l'audace de l'aider à rendre des arrêls séditieux. Ce fut furl bien fait. 11 fallait des exemples, (lu prit les gens qui n'élaienl p:is bons à autre chose qu'à en servir. Il ne s'agissait pas de punir tous les coupables. ce qui eût élé impossible, mais de pacilier la province, chose fort importante. M. le premier président en vint à bout plus rapidement qu'on eût pu faire sans lui avec une armée deux lois |:ius considérable. On épargna, avec son aide, et des hommes el d- l'argent, Ne mérita-t-il pas bien la confiance et la faveur du roi? Aussi ne lui faillirent-elles pas. Ou le lais'^a maître de tout, et aussi de se charger seul de la haine des habitants. C'était encore très juste.

M. de Quesmes, qui avait rejoint la cour, eut de son ci'ué le plaisir de voir lier pour les galères un officier qui avait servi avec lui dans le régiment (ie Valois, et qui n'avait pas été en six mois an.<si tiirbii' lent que lui en six semaines. Le don de l'à-propos est une belle chose.

— Je commence à craindre, dil le vicomte, que M. le premier président ne finisse par se souvenir de moi. Je désirerais savoir s'il procède par ordre alphabéliqu(î ou par ordre chronologique ; car il ne paraît pas avoir commencé par les plus criminels.

Ce mol fut promplement rappinlé à M. d'Oppède, qui répondit sans s'éuKiUvuir qu'il n'avait pas droit de rappeler ce que le roi avait oublié, qu'il donnait la préférence pour les châtier à ceux qui étaient les premiers pris et aussi aux h.'ibiianls du pays Ce président était non-seulement un homme d'action, mais eucore uu homme d'esprit.

Il y avait un proverbe provençal qui disait : « Le parlement et l»

nOM GIGADAS.

Durance ruinent la Provenec. • Noie?, que l'on niellaii le parlemeni eu premier lieu. Or, celle année-là, la lUiranee é(aii plus désasirense que jamais. Le parlement ne pouvait relier en ariu're. .\MSsi. à qiuii iieusaieni ces étourdis lio Provenvaux de prendie, pour se iiuiiiiici, le temps où toutes les autres provinei's élaienl ieiuiee< dans l'olieissauee. où l'on n'avait pas non plus de nmne clianijere inii on iiiiàt les troupes, et où le roi se proimiiaii il.uis les |ii()\ino(s avuisinanles? Ils s'étaient montrés égalenienl malavisés el peu respectueux. Ils niérilaient que Dieu dech.dnàt lous ses Iléaux.

Pendant toutes les exécutions, pendant qne l'on pendait el fondlait les séditieux proprement diis, que l'on exilait el déposait lis fauteurs de la rébellion, que l'on bâtissait une ciladelle pour tenir les Marseillais en bride, le roi visiiaii les différentes villes de la Provence. M. le cardinal avait rejoint la cour a Toulouse. .\insi, il était . avec Leurs Majeslés en Provence. Le minjstre était alors à l'apogée de sa gloire el de sa grandeur.

Il avait victorieusement conclu la paix avec l'Espagne, el le mariage de Louis XIV avec rinfaulc, imn sans avoir inséré dans le traité quelques clauses captieuses qui rendaient illusoire la renonciation aux droits de succession. La France entière clianlail les louanges du Mazarin. Le roi d'.Angleterrc sollicilail la main d'une de ses nièces. En oulre, le cardinal se faisait vieux el gonllenx.

Il pouvait donc se regarder dé?oruiais comme à l'abri de toute vicissiinde, et jouir paisiblement de sa fabuleuse destinée.

La cour vi'.it à Arles vers le m'.li n du mois de janvier.

Cl y séjourna quelques jours, pendant lesquels Leurs Majestés firenl plu sieurs excursions dans les environs.

Malgré la grande dcvolion de la reine mère pour tuules les reliques , elle u'osa pas pourtant entreprendre le pèlerinage des Saintes- Maries, ni s'aventurer au iraTcrs de la

Camargue. M. de Qnesmes faisait des descriptions si effrayantes des dangers de celle île inconnue, de se» nuirais et de ses sables perfides, de ses taureaux et de ses chevaux faroucbes, que toutes les dames et même l'intréiiide mademoiselle de Monlpensier en avaient le caucbcmar, cl que la curiusilc cédail devant la peur. LaProvenceclail alnrspeu explorée : les relations du temps parlent de celle province de France comme d'un pays tout à fait étrange par son aspect cl par les mœurs de ses habitants, qui ne semblent guère moins étonner nos bons aïenx que la Chine et les Chinois ne pourraient nous étonner aujourd'hui.

Le roi, par considération pour les dames, et aussi sur ce qu'on lui rapporta que l'ile de la Camargue était alors entièrement submergée p.T la mer et par le Rhône, n'y alla point, mais il voulut visiter la petite vjUe d'A<«iie.&-Mories. k jamais célèbre pour avoir vu s'embarquer

Mademoiselle de Sen/.v. — r

le mi saint Louis et ses barons allant conquérir l'Egypte. Ce n'est pas l'unique litre de jjloire de cette petite cite. Sans remonter bien haut, le l'ail d'avoir seule de loulcs les villes de France conservé le dral>ean lilane sur ses remparls pendant le régne des cent jours devrait lui Mieriler an moins (pielque allention.

Comme le leinps des princes est précieux, le roi voulut profiler du Irajel d'Arles à Aignes-Moites pour prendre le diverlisseinenl de la chasse du héron. L arclievè(ine d'Arles, monseigneur François Adhémar de Monteil de Crignan, prince de Salon el de Montgradon, était grand amaleor de (liasse, ce qui à celle époque ne paraissait nnlleinenl ineonveiiam à un gr.iiid seigneur ecclésiaslitpie. Il avait les plus beaux équipages en chevaux, en chiens et eu oiseaux ; il se trouva

honoré qne le roi d»lp;ii;\t s'en servir.

On chevaucha quelque lemps sur le bord du Rliôue sans I rencontrer de hé- 1 rons. Le roi corn- I mençait à s'impa- ' tienicr et cûl élé fort contrarié d'être obligé, à leur défaut , de chasser d'autres oiseaux , car il aimait des lors qne ce qu'il avait projeté s'exécutât iitiéralement. Mais le hasard n'avait garde de lui jouer aucun tour.

Au briiii des coups de fusil cl de pislolel tirés parles piqucurs, on vil eniiii une troupe de lierons s'émouvoir dans •un marécage el se nicllrc sur leurs ailes an cri de ; A la voile! qui élail le cri parlicnlier à Celle chasse.

Le roi voulut avoir le plaisir de jcier Ini-Micnie lo liaiissepied. On appelait ainsi un liercelct dressé à pousser le héron en lianl, en le harcelant et sans engager le combat avec lui. Le seigneur ipii reinplaçail le grand fauconnier prit l'oiseau des mains du chef (les piqucurs, cl le mil snr le poing do Sa Majesté, qui le lança sur le héron le plus vigoureux et le plus criard. L'action s'engagea aussitôt. Le héron monta presqu'à perle de vue, sans que son habile et tenace adj versaire se laissai entamer ni duimer le change. On découvrit alors les autres oiseaux] et ie vol enlier s'élança comme une volée de flèches.

Le héron se défcndil vaillammenl; mais il avait trop à faire] Blessé cruellement, il faiblit liienlôt, descendit en ioiirnoyan| el vint s'aballre enfin sur le sec à peu de distance du lieu d'où F élail parti. On lâcha un lévrier qui lui cassa le cou, i)our l'enipèche^ de blesser les oiseaux. Un piqueur lui coupa la tôle et la donna aill seigneur qui faisait l'office de grand fauconnier, lequel, suivant l'usage, la présenta an roi. Tandis qu'on faisait la curée aux gerfauts el anx sacres qui venaient de combattre, d'aulres vols attaquaient les autres hérons qui tournoyaient stupidement en l'air au-dessus du marais. Le roi prenait un grand plaisir à la chasse cl montrait nue humeur ouverte et un air gaillard qui contraslaicnl avec sa réserve habituelle.

DOM GIGAD.VS.

La chasse nvaii lieu à peu de dislaiire du poiil de l)uti'aii\ de S;iii]t- Gilk's, précUétiit'iit en fuie du clialc^ni de Cmircliival. Lu mi riMiiai- (|iia ce beau cli-évi-re iiKiiiiiiiiciil lénd.d cl dcinaiida à cpii il .i|i|i,ii'teli.ill. Le clicvalicr de Curdes, ca|iilaiiic des gardes, (|iii était du |i:ivs, se cliaifçiM de Ij réponse, pei-oiiiie ne se Muiciaiil beaucoup d ailleurs (II' prutioticer le nom d'un liuiniue di-grarié

— Ali ; dll le rui, je m'eliiiMUTai iimiiis à présent de la ninrgue de ce jeune lioiiHue. Ou tel manoir anniince une l'aniilli; ancicnni- cl puissante. On d'iil avuir une vue inagiiilupie du haut de^ lunrs, et découvrir tout le pays à dix lieues a la rniide. Il me prend envie d'y inonler. Envoyez quelqu un s'inroiincr ti M. de (^ourcliiv.il esl clieic lui. Viuis dics son parent, je crois, Ueuouilluc, vous devez savoir ce qu'il devient. — Sire , Votre M.ijcstë

m'excusera, mais, quoique proclie parent du coniic de Courcliival , je ne l'ai jamais bnaucoupcuunu. D.'puis m.i conversion , d'uilieurs , je suis devenu i n hurreiii ù lUt's alliés prutestaiii.s. — Nous verrons à vous dédommager de ce désa- ^Téuicnt, vicomlc.

répoiiilii le rui (|iii 5e mit alors à causer eu p.irticulier avec Gi'lierl. loui (■use dirigeant vci le cliàieait.

Les courtis:iiis gard.iieullesilciiic.

liirtéloiniéMle celle liiliie lin roi, et v clierdiant une pensée .M. d' (Jui^siiies rmuiuail dans s«u esprit (pielle mechancelé il pounait adris^er à smi cousiu. car pour -Oiiiiei à lui jiiiicr liii lo'u' sous les y- iix i!ii roi , il éiiiit inip jiriideiil. Il savait que le maître pourrait voir là un niaiiipie de respect, PI il ne voulait pas comi r .mettre .-a i.ivenr naissante pour une vengeance ilo.it il avait le lois r, et dont il ne se Souciait intime <|ue par rtfl.viiMè, car ■^^'11 ain.iur prnpie éiail iilns vi.idicaul' que son coeur.

î.ecoiuie était arrivé chez lui de la veille. Il ne pouvait, dans sa posit.uu , sou5;er à se présenter devant le roi.

Sua élounemeut Tut

do::c extrême quand il vil 1 1 cavalcade prenant le chemin de son chi- Icau et i|oauil il apprit que le roi y venait, sachant bien à (pii il appartenait. Il lit baisser le pont levis et ouvrir les portes, mais il n'a la point au devant du roi et ne se nioiilra point (Jiiiind le cortt'ge entra dans la C(Uir, il ne s'y trouva que le vieux Certrand. D'ailleurs tout était ouvert, et le vieux château avait ainsi un air d'aci iicil singulier.

— Qu'est ceci? s'écria le roi. Soinines-nous donc d.uis iiu ( h.iteau enchanté? dans le p.dais de la Délie au bois donnant? Il ne pariît pas bien certain que ce vieillard ait la facnlié de parler cl de se inonvoir. — C'est peut èlre quelque Irahison, sire, dit Colhcri. — Dah! rép(uidit le roi eu jetant sur la semble fa(,ade ( t sur sou cortège un regard tirrulaire; mais je croyais que M. de Courchival clail chez lui. — Sire, d.t alora le vieil ocuycr. mon maître, ayant encouru la di-gràce de Voire Majesté, a craiiii de lui déplaire en s'exposaiit ùàss regards,

ei il est prf t à se retirer pour laisser ce chùleaii à votre disposition. — Voilà dil le roi. une délicatesse qui ne saurai' me déplaire: nais

niMis ne mmuiucs pa^ i< i d.uH notre lo-is ; nous s u, s laiis celui de

M. dei.diir.liival. ipii a toujours le droit de nous en faire les honneur-. Il peut (loue venir vers nous sans cr.iinti'.

6iH- cette parole, il y eut plus d'empressement pour chereher le coinle ipi'il n'y en avait eu pour répondre à la première i|iieslioii du roi. Ileiic se présenta dans une allilude liuiuble et avec nu air ciMi- Irit Ires convenable. Il se jeta, sans rien din;, aux genoux du roi qui parut lonclié. et. le relevant avec boulé, lui dil d'un ton demi-sévcre dcmi-palernel, (pi'il savail prendre m.ilgré sa jcnne-se :

— Ou nous assure, luuusieur, que vous couspirez contre nous.

Nous sommes venu DOiis-inéme voir ce qu'il en est.

— Sire, répondit

René , quoi ,ue la di-gràce de Votre Majesté doive proroudémciil troubler l'espiii de Ceux qu'el.e acc.d)le, je pe SUIS point encore insensé, et je n'ai pu concevoir une telle pensée.

— Iticii , monsieur. Nous savons d ailleurs que vous vous êtes occupé de soins (pu ne s'a. lient guère avec ceux d'un complot.

— Sire, j'ai eu besoin de consolalion.. le uu- suis souvenu que Voiri! Majetéavaildilà.M.de Sclioii.bcrg (pie je devrais me marie r.

Je me suis marié.

— NuusiievoMiiis .iucnn mal là dedans, inoiisieiir, tout au cocliMire.

M.iilauie (1(! Courchival esl-elle ici avec vous.'

— Non, sire, je ne suis venu ici que par nécessité; an- Irement. je n'aurais jamais osé m'approchcr du séjour de Votre .Majesté.

— Nous sommes content de votre soumi-'Sion, monsieur. Nous viiiis aulorismis donc à deiiieun r dai.s ce pavs aiitaiil que vos aflaires le demanderont. Si vous avez ensuite un pi'u de loisir, nous vous engageons à alieiidre uos ordres pciidaul quchpie lenips.

Le roi se souvint alors du premier motif de sa visite au château de Courchival et voulut monter sht la plus haute tour, d'où la vue était eu clfet aduiir:ible et s'étendait depuis la mer cl les Aliiines insipi'à Beau- Caire. En parlant, il euga^-ea de nouveau le cuinle à alteiidrescs ordres en ce lieu. L'houime à qui Louis XIV avail fait l'honiieur de le disgracier élail par cela seul élevé à ses yeux. C'est ce (|ui justifie l'allention (ju'il avait accordée à René, et qui, au preiiiier abord, peut sembliT extraordinaiie.

(Jnoiipie notre héros ne fiil point entièrement à l'abri de la fascination qu'exercent l.i présence et la parole rovale, cet Incideui changea bien peu la disposiiion de son esprit, peul-éire par la raison iin'il ne devait appcnter aucun changemenl dans sa destinée. L'àme pressent presi|ue toujours l'avenir; mais ce projdiete que. uous porlous tous eu nuus-iuêmcs ti'esi pas plu;> écouiii que les autres.

L« cbcvjiier du Vallivoii — faùe 54.

DOM GICADAS.

En SP n'iroiivaiit ();>:is los lieux nù sa (tosliiicV s'ciail nonce, lu'i sa vie avait c:ô oiii|)iiiMiiinL-c comme à sii soiirci". Rimù avaii si- mi (|ii'il ui- |ioiiv:ii( cmijiinr l.i liilMllé qui |>cs;iit sur lui cpir p.ir (|ucliiuc i<:snluliou MuUiiii- fl .loscsiioice l.i ui.ilo lit liiu il.' s m |>fif qi il [lorlail ihiiis siiu soi» ronime un Iciii cuvi'uiuii' (|iil ^' m'^ii ii.iil sciu :i!U(! ne |iouv.(il pas s"v fiiduriuir : il l;ill .il ipi'e le < ii |.V .iir.ulu'O. lli'U\ iilcrs xciiaii'iil Unir à icuir je |iroM"ulir à j'i'spvii ilr II. m' (•.uiuui- hs seuls rn.xeilc'^ n sa sciilfniiire : «'"rl.iil nu t\\\ luniivi'uiriii oxirs.-ir iiii nu rc|>ii> :il>~(ilu nu \iiy;igi' on lics ré^:«us inoiuinncs. \uie do ces ovpcil. lions I II o:i ne sun^o |ia^ :ui ri'ldiir. tlc^ un r. iuiiueu-cs m par- Ciiniir. il. s «limai-- do f.ii mi ili- pliro à .ilTioalor, il, -s oniiilials. (loi teil'pôlus, Ji s piivalKiiiN, lies ilaii'jiT- (I ' loii'.o sol'to. ou liioti iiiio siilimde eiimplcio.inio ).'iiii|.' (laii^ lo (Ic^rrt; ol pas-or sa vio oalioro MU-, v.iir iiii visa;;e liiimaiu, san^ d;ru mie parulo, a regarder lo ciel Cl à bi-roor son cunir.

Arrivé à'oo l'oiiii. il n'o'l poiul oiimianl que lo jotino ronili^ sn srnlil poil êuiii do l'i^-poii ilo ropaiai n- un juin à la ciiui', ol ipi'il niill p <inl lio idi di- l'iiioiir à la pool ilii pii no qui l'.ivail d iiiIjIonioiii oiiir.isi- u.iyiioro, l.a ini-eio iii.iloiiollo r.iid liiiuiux; iiiiis los ni. Iliours lio laïuo uiououl à I iiid.doroi.co. I, aimmi ilr lloao puMr Miadonioisoll--dil,a:iipi \noioiri!la l pis oopoiidaiiloiil oioiil.iii oli ;ié; mais, s'il o>l \r.ii qu'il y ail dau> raiiiiitii' soiivoiil aulaiil do In lie q-.ie d an'i-iii.iii, il >o Iroiive au»si (laa> la iliinio do oo soiiiim;ul iiii« );ériodo ilo naiiime ol nue péiii>c!o d,- glaoo, iim; opoipio de pas i m, d'emporicmtiil ol de snum.ssiiin. ol iino époque de dcdaiii ol do -ombre siloiice iMi roii voit, sans changer de vis g ■. à ses piods, l'oliid îiimé pleurani, mais .\ i sans que le cn-nr se lorde cl soulTio lioiiiblcinenl. Alors làipidoii laisse Psyché errer ol mondier, ol la livre

sans pitié auN furonrs de sa niéro. AIkis poiirlaiii I ; iiir n'en existe

pas moins; mais il faut (pi'il ail salislacliuii de l'uulrage qui lui a éli fait Cl qu'il ne veut pas punir lui-même.

Aussitôt qno noué ont appris que la cour ciait retournée à Aiv, il se rendit à Arles pour voir le vieil apoihioaire d ml la s.ipesse élait (onjoiii-s bonne à (•eoiUor. ol aii>si celle jeune lille. seule oiéiluro au monde qui linl à lui par les liens du san,;,', ol à qui, eu celle qii ili.é, son iiilérèl ne pouvait jamais f.iillir. ipiollos que liiv~eul ses peines et fCs donlenrs. Oa oiiliHe une in.ii:iesso, un ami. in.iis jamais une sa-ur : les culiailles nul meilleure luemoire que le oueiir

L'jpoihieairc élait dans sou perchoir. Sa lille .Madi l.-inc jniinil en bas avec le petit llniii un. IN ne s'é.nnn iil id l'un ni r:,utie de I arrivée de P>eué, ol la jeune lille lui adieS'-a niêiiK! un polit salut de oomiaissaiicc. Le Comlc ironva le \ieillaid an iniliiu do son lahiiralnire, d Mit le carnage n'avait été que inéiHocremenl r.pir.'-, ol (pli avail l'aspicl d'nn teinple oii lis icduoelaslcs ont passe. Gipad.is n'avait plus ni son acliviié ni sa gaieté anciennes. I^n deux moi-, il él.iil vioi.ji (l(; di\ années; il élait conrlié. cl, chose singulière! ctigr.iis^é O.i voyait qu'il avail renniioé à sa piuulie de dossieeation, niaise étail iiioin-!, sans doute, faute don faire n»ago qu'il s'était ainsi alourdi, ipi'à cause de quelque poii-i-e accalil.uilo (pie le travail de ses m i;n> ne détournait p n> de ^o:l Iridil. (!e vioii\ trnne si sec, si vivaee, si veii encore, quoiipie défiiiillé, sélail siiliiieiuenl viriioiilu au oinur, et inoatrait une ruine iininineute. Il quitta le- l.vrosot les papier-; on il était enfoncé, pour saluer le jeune si i^ueiir avco une gr.ivité ipii lil peine à Celui-ci, par le coiitia le qu'elle oli'rail avec ses saiitillenienls d'auirefois. Us se regardèrent tous deu.v uu instaiil on silence avec uuc Juuloiircube curiosité.

— Vous me trouvez vieilli, dit le vieillard le premier. Je puis vous • I dire anianl, mon-inir le comte; mais vous eu êtes .i votre pre- 1 iere éprouve, cl moi à ma dernière. Vous vous faites liomuie, et ' :i je me fais pous^iel e. — On ne résiste pas toujours à la pnmiiére ti, reuve, je crois, répon.lil René. — Mai^ mi iniMirt toujours de la '' .nière, repartit le vieillard. — Voilà de funèbres idées, maître. ' ■'.ravci-vniis donc fait de voire vieille jnvi.diié ' — Vous ne ciovoz I as. j'espère, qno ce soit la pensée de l.i mort ipii me l'ai! ravie. N av.i:<:-je pas le moyen de prolongor ma vie'/ Mats voici te (|ui a lue à la fiis ma volonté, ma gaieté et mon corps.

Ft le vieillard montrait à Riiié une feuille de papier où était tracé le d.'s-in d une nuiu couverte de lignes et de ligures géumclriqucs et asuonomiques.

— Oll'e^l-ce que cela? demand.i le jeune liOMime. — C'est la main de nia (.Ile, répondit le vieillaiil d un air pileii'. qui eill pu para Ire ccmiqiie à des geii- ipii n'auraient point sonrCri (ce qui est à peu ji.'os dire dc^ gens ipii n'atiriieiii point eu daiiie|. mais qui ne donna iiulleniriil ciiMC do rire à Ueiié. (lui. poiiiiiiiMl r.ipnili caiio. 1 1 main de nia Idie! 1 1 iiiu> l(;.> si;iies funeste- y soit, non ctn\ ipii in liqiieiit de-, vices ou des crimes, pauvre iiinort-olo' elle no pool pas pécher, mais les signe> de vie l.rie^e, cl (eux de mort vu.lenie. Ilo^aidez pl'ilôl! — Je ne »ois, du Uoucomeui lleuc, que d;;s ligues (jui s'cutr3-croiscnl.

- A'j' c'r.rt vrai, vous n'êtes pas cliiromar.cicn. (Tesl qu'à force de regarder ces lignes, elles font devcnu-s pour moi animées et parlâmes. Mais, ïojcz, Ubguedc vie, ou cardiaca, Cai si courte, quelle ue va

pas jusqu'au milieu du mnnl de î>atnrni«. La ligne hépatique est d'iina liiiesseoNti^me ol lermîiiée par n/i X. Il n'y a rîe:i de plus fatal, l'uis des signes de inurl violente sans iioinliro. Voioi nue ligue qui coupe 1 1 ligue (h- \ie, la li^Mi • h -patiqae ol la li^iie moiMlis. Crovo/.-vons ipio d.i:i> 01 Ko m. lin si pni l'-e et si pure un" li^ne si peu oïdiii.iiro puisse oxi-ter pour rien ' N m, c'e^t iiiipos.ilile, et c'osl nu signe fiiiiele et qu'une lingue expérionix' m'a appri- a roganlor cniniiio irrél'raiialilo. Il y a |ilu's. ('..'S d.'iix riiiieinx qii s'éi hap;linit di' li ligne

iiiciisnlis \oV^ les iloigls iiilt:r il iiiediiit. aunOKn'ut cirtaiin 'Ht

(pi'i Ile iiiiiitria p.ir l"é|iée. limn lient voiilozviiiw, co iiiiiiia-l- il d'iino Voix élouliée, qu'une l'.ir.e ipie l'espoir seul tivait nourrie ju-qn'ici pui se résister à ool.i .' Vous ne piinvi z pas saiiir qui Ile toiidre^ïe' jû I orlo à cetle eiir.ml. moi (| li ai de l.i hienvoill.inee p inr tout le monde. Ilél.i>! Vous ne ennuaissoz pas ouciiro tiinle riteudiie do mm m'iilheur ,!e vois, moi, dm- nii iiiaiii Inu'.os les uianpic- de longévité. La ligue rcsiri. tu qui v viitit ipiatie luis, le en r;)!/ s, ou la viisala, indiquent ipi.' je diiis ailoiiidie ipialiv- vingts aii> ol p.ir eouséipic.'it siirvir ' a iii.i pauvre poiilo Madc-toiiii', dmit la miirl est toute proeliainft. N'istoo p.is.arii-. u\'.' Apres loul, cela vaul mieux ainsi, (lue seraitelle d.'vinine après mol .'

— N"o.i-ell.' pas ma sœur? dit René vivement ému en prenaid les nii'u- du viedl.ir.l d.iis les siennes. — Elle l'est eeilaiiienieul, (HJ'aulai-, fil d.ius Viilre volnii é de I i pr iléger. M. lis i|ui sait ipiolli; ifl'a V lire désinico à voii -iiiè.iio'.' La sso/,-iiioi reg ird r vulre main. — Knii. iioii. i|nanil je vui^ un sage toi qiio vous >e laisser ainsi iulluen- C; r par ces vaines idiios, je cr.ii is (prolle- ne s'oiii;iaretil aussi do moi. Je croyais la chiroin.mrie tiliaud innée aux diseuses de bonne aventure. — Vous avez raison, n-poiid t Iristem Mil le vieill.iid Oui, 1.1 seieneo est funoste, m.iis o le n'osi pis v.iino. L'Korilure elle-irôine nous ap|ireiiil (pu- Dun a iiisirii notre destinée dans noire main : Qui iiciiiat in iiiaiiii oniniiiiii hoiiiiiiiim til uofciiitl aiuyidi opéra sua, IV est-ce pas Job qui parle ainsi.' Clifiroiiumlicc, pcr anugraninia, sic omiiiii c.crlii. L'expérience me l'a ïï.sez deiuonlic.

Roué rciiiinça al us à combittre ces idées dont le vieillard était iirévoe.ibioiiienl blessé, cl que la discussion ne faisait «pi enfoncer plus avant d.iiis son esprit. Il lui raconta à sou lonr ses diiileiirs, les pen-ées (pii le pour .niv. lient au^si sans relàrlie. et lui d'iiiiiidi si, dans ses iré-ors de s ipiinieo, il pouvait tr.niver un calmant à CCI élut de douliiureu'.c inquiétude ou il ne piiuvail plus durer.

— C'est, répondit le vieillard, le signe d'une crise prochaine dans votre destinée; viiiis pouvez vous en tenir assuré, cl celle peuséô' dnil par avance vous sonlagiT. i

Comme ilsoii é:aieni là. l.i jeune fille se glissa d.insla chambre sur' la pointe du pied el vint muriniiror qnel<)nes mots à l'orudle du soa grand pore, iloiit les yeux se remplireiu de larmes.

— N'est ce pas encore un présage terrible.' dit-il à Rend. DcpilU quelipies j.itirs elle ne songe ipi'à aller se promener dans le grand tiniolièrt', dans les Champs-Elysées. — Je vous recuuuuis bicu, dit alors l'eufaul à Keué. Vuulez-vuus venir avec moi?

Djaoameat.

René, en qnillant le vieillard, reprit le cbeniin de son manoir avec celle baie propre .mx gens do l I esprit est malade. Le vieil éciiyUrf • vint à sa leneontre 11 avait l'.iir ircs-émn. Ilou! pensa René, il sera arrivé qnohpie chose. I! nilioiir ou mallienr, je m'en réjouis. j

— Monsieur le comlc, dit llerlriiid. il vient de venir an clilteau une jeune da ne qui ne veut p.irlor qu'à vous. Comme elle est eu deuil el qii e le a '. air fort trisio. j'ai pensé que sa vi>itc ne vous serait pis agré.ible... — L'ailrais-tn d me reiivovée'.' s'écria Ilcné. — Jo ne lai pu, moiisiiMir. odi- a voulu vous alloiidre. — Kl où ost-olle? — Dans la «aile li'iiro. C'est là (pi'elle a voulu aller. Je n'ai pas on besoin de lui nriicror le chemin. J'ai été obligé de la l.iissiT faire. Sa promenée nie troiiblail coin ne une tippaii ion de l'aiiire monde, el, en vé.ité, s(j:i air, ses manières, sa voix, sont si élraii.nes...

Sans en écouler d.ivanlage, lloné p iiissa son ( hcval. traversa au pilop l'avenue, le pont et la cour, sauta à terre sans attendre que sou v.d.-l vint lui tenir l'élrier, et monta quatre à quatre l'oscalii-r de la l.>ur cl'Eyiucri. Arrivé à la porie de Iti luucslu salle, il s'arrêta un

DOM GIGADAS.

iii&lant pour rcprciidie Icilciiie cl calmer nu pou les b:ii:i'iiinnis de "•011 cdMir i);:i nii'ii;ii;aifnt de roiiipr>- m-s :iiiarlic>; mais la p'irii? de la .'■mIIv s'uuvril ï<(iud 'in René rcxHa invnloutu'reriicirt divaiil la ll^riirc (jiil scpré-eiila alms j lui. Celait uiaili-iudi^elh; de Laiupi'viiere,m;iis (juel cliaiigeiiieiil ! l'Ile élail dune pàli-ur veidàlre ipi'.* I.i vii' n'enipruulp jaiuaiMpi'à une uiorl prochaine. Ses lèvres ci.iicnl livide-; et li'i nibl. Mlles, bes soiurils coulraclés. cl ses yeux avaient un éclat plus !^illisll■^' euciiiT que l'aballenient de ses auin-s trails. A>snicnioiil elle avail pu cire pri^e pour une créainre île r.nilre iniHide On u'eill pas pu dire (prelli- lOi ni l'Iiangéc. ni vieillie, elle élaii innile, el resseniidait à te ijuVIle avail é.ô cuuuuu un spectre peut ressembler à un vivant.

— D!cii merci! dit-elle d'une voix brève et linrribb'mcut altérée, vous arriverez encore à temps! Mais dépëclnins-nons.

i:ii pro!iuni;anl ces élrangcs par.des, el!e prit Mené par la main.

Lo jôii' e lionune ?e sciiiit placé jnsiprau < œiir di- l'imprcssiiiu de Cl lie main, ipn élail d'une froideur inuile el frissounanie, aUssi surpviiamu ipie le iisie,

— M.iclame. lui (lil-il, nu nom du ciel ! qu'avczvon';, cl que pni^-jc f.iirc |iMir v(iu~? Vous n'èles pas biiil. ce me semble'. . — J'ai un I' Il fi-oid. mnt-, (C il'esi rien, ce ^era bienlftl liiii : on ne meurt |)as lie cela. Venez. Assevez-vous là. plus prés de uiiii. D.-qnoi avi z-voiis penr? Vous voyez que je suis irai, qii lie. Je veux seiilunienl c. user avec vous.— !\Iais, iiiadanie, je iic puis coiiiprcnilre... — Jo vous cxjdiqiierai lenl. Laisfcz-voiis faire 1 1 l.iis cz moi d.ro.

lleiiécétia à la fa-cinalion stupelianle qu'exerce sur une innginntion supersiiiicu-e tout ce (|ui a'I'air vnru.iliirel. Il >'as-it -iir le sii'ge que Louise avail di>po é d'avance prés dn lanleiiil i.ù le vieux cunce élail mort, et qui depuis élail tiin^onrs resté à la mène place, tllemèmc se lai j.sa tomber dans ce raiileuil.

— René, dit-elle alors en se pentlianl vers lui, je sais que vous êtes i erdu pour moi. Je vous ai oublié un itislani, vous avez eu le droit '!e m'ouldicr tout à fait. H'avez vous en ( fiel oubliée ? — Celf; qiievlon, madame, a droit de me surprendre, et Je ne vois pas à quoi il peut âire utile d'y répondre. —Non, vous ne m'avez pas oubliée; c'était impossible. .Mais vous me liaî>siz, je le vois. i;ii bien! j'aime encore mieux cela qu'une froide indifléreuce. René, je vous ai trahi, et cependant je vons aimais. Ne dites pas non. \ou^ savez bien (pie je vous ain)ais. — Ku Provence. — P.ntoiii, loujours. Hélas! je me suistr.ihic moi-même. .Mon orgueil a clé flatlé de voir le roi et la cour à mes pieds. — Je (om.ois cela parf.iileiiiiiil, madame. Je vous astnre ipie je vons trouve maintenant trcs-exeii able. — Non. non, ne dites pas Cela. Oh '■ j'ai en tori, bien turl. J'ai élé bien coiipabe, et vous avez rai.^oii d cire dur pour moi. Mais ce n'a jaiieii^ élé ipie de la coquetterie je vous le jure. Vous savez, loii es les IViiiines sont eoquelles, surtout dans noire pays. Oh ! combien ji- déu;.>le cet eiit;agcinent d'uun)ouieiil. Oui, ce n'e^l pas trop de ma vie pour l'expier. — Vous vous jiig( z trop se cremenl, niad:iine. Vous viuis éles d'aill( iirs dcconiapée Iriqi loi. Je ne doule pas (pi'avcc toutes vos p;iac<'s el voire esprit voiisu'eussiez promplement ramené le roi et iriiiiiii hé lie vos rivales. Vous savez sans doule que le roi a pas:c ici avanthier, (détail lui pi m cire ipie vous diori liiiz à y rencontrer, el, à îon défaut, vous avez voulu exercer voire talent sur moi. J'espère que j'ai llionlrd assez de patitMice, cl que nous terininerons celle scène dont il m'est impossible de deviner le biill — Ah ' vous ne voulez pas m'écouier. Mon Dieu ! je ne |>iiis déjà plus parler. J'avais pour ant bien des elio-.es à vous dire. Mais tout s'e-l en allé. René, jo sais que vous éles marié, que vous avez une femme digne de vous cl que vous aimez; je sais, moi. que je suis nue malheureuse qui ne mérite pas d'ôlre foulée sous vo-. pieds. Je ne viens dune pas vous demander de m'aimcr encore. Je n'ai voulu que vous revoir encure une fois... — J'espère, madaiiie, vous levoir plus d'une lois. Je reiouruorai bieiiiol sans doule à la cour. — Je n y serai plus. René, grâce, grâce! je vous en conjure. Dites-moi que vous me pardonnez tout le mal que je vous ni fail. Je ne le niirile paç, je le sais ; mais j'ai tant soulTert, tant pleuré, je me rcpens si profondémeut, el... re-

fardez-moi. — Vous av< z l'air souffrant, eu efid, niadaine, et dans intérêt de voire sanlé, de voire réputation, vous devriez... — Ah ! mon Dieu ! il ne me pardonnera p.is. Pendaut qu'il en est temps, Uiné, je vous en supplie, dites-moi que vons me pardonnez, car il faut que je m'en aille. Ah I je crois que c'est fini !

A ces mots prononcés d'une voix brisée et déebiranie, René, qui ji:sque-'i avail éviléd'arrcler ses regirds sur madeiiioiselle de l.ampeyrière, lu regarda. Klle éiail renversée dans le faiileuil, les paupières closes sans mouvenieiil et sans respiration appan-iile. Il lu crut morte, la; spectacle et cette pensée bii-èrenl son inilexib.lilé.

— Onoi ! s'érria-t-il, elle aiis-i! Mais qu'y a-t-il donc en moi? Ionise, Louise ! reveiirz, revenez. Oui, je von-, pardonne; oui, je dirai tout ce ipie vons voudrez. Abl encore celte fois il e^l liop lard. El il se jila aux giiionx ilo la jiune (ille coaiiue il s'élaii jelé aux genoux de son aieol, aiiéanii, épouvanté de ce nouveau Coup de foudre qu il avait attiré sur su tcic.

— Ah! d:t Louise en revenant à elle f.iiblemenl cl agitant vers lui ses mains enuouidirs, j' ai enliiidn, mais j avais peur de ne pluspouv(drréponde. Vous m'avez par loinié. Vonb z vous me le dire encore? — Oui, oui. je vou> (lardoiine. M lis qu'avez vons. ai n du

ciel.' — Rle;i, rien! je suis eoipoi.Minaéc! — limp.ii.-onnée Malheurcn-.e enfant! vile, je vai^ chercher du secours. Je puis vous secourir moi-mèine. DilCi-moi quel poison vons avez pris'.'...

— Arrèlcz. dil l.onise en se levant el le retenant avec roree. Que voudriez-vMiis qu on dit en nie troutnat chez vcms'.' Je ne sai^ ee qi;o c'est cpie ce poisnii, mais il e^l b ):i, je le sen^. Il n'y a pas de >ecoiirs possible, ri j{' serai iiio; te avaiil qu'un iiié.leciii puisse ariivrr. — Ah ! (pie je voii Ir.ii^ m iiirir an-si ! Llpni^e. pounpioi av( z vons lail cela? iS avi z vous pas soo'^é (jne c'iuail un tnine ' — Je le sais, mais il Ici fall il Anliiiuriit von-, ne me erniiiez pis. Kl puis, de celle r.it,(ei. J8 ne |iiiiiir.ii plus vous èl;e iiiliilele. leoulez René, vous m- pardiui- 111 z de iniii voire cicnr, n'est-ce pa-.? — Ulil oui. oui l'.jinqnoi no l'ai-'e pas dil (!e siiiie? dais je reste II. Insensé 1 \'a l.- poison te dévore eepeid.iiit. I,aisse-mi)i... (Jniaiporienl à celte lienie lis coiisid(T.itiiuis du inoiidi-! — lieiinle-in li, mou René! Oh ' je pii s liie:i le noiimer ainsi, puisque je meurs. Ta fiMiiine inéine n'eu pniirr il être j.doiise. Ii(!.inli z m li. je crois que j aurai encore assez de f.iree pour allir jii qu'à l.iignv. Piii-ipie lu le veux, j'enverrai cbeicber iiT médecin, mas je sai-, moi, ipie c'est iiinlile. — lili bien! parlons de snile. p-.ir:oiis! — Un m loieiil ciicnre. O'esl ici que ton aieni l'a maili dil, u'es!-ee pas^ li'esl m li qui;ii attiré cet e loalédieiio i sur l.riél''. Eli bien! moi qui vais nioniir aussi, je te b.inis ol je piie le ciel il. î prendre ma inorl pour (rvpi.ilioi). — A voire tour, l.onise, grâce et pour moi ei iioiir vous! Venez. — N jn. pas par là, )iar l'escalier dérobé. Voici la clef, .le l'ai retrouvée où je l'avais laiisée.

René emporta la jeune lillc ptiili'i! qu'il ne la comliiisit jusqu'à La» gny lille lui parla iluraiit le clinniii, lui repr;-seiiianl que sa luorl é.ait nécessaire pour tous doii\ ; On'elle n'avait rien à fiire d.ins 1,1 vie; (piil n'en élail pas do inéine de lui: qne, inurte. il lai scrail per- Uiis de l'aimir. in;iisq;ie, vivanle, il liele iioinr.iil tile lui lil|roniettre de se consiilrr. Reiie lui répinidat sans renieii Ire. IRe voiibrt s'asseoir au bord dn petit buis qui avait été le second lieu de leur rè:ïdizvuus. ... .

— Vous ne voulez pas me laisser mourir ici? lui dit-elle. Non. Eh bien, je vous obéirai. Ali! je suis trop heureuse ! ^ '■'" ' ""

Arrivée prcî de la porle du cbàieau, elle s'arrêta et regarda si.porsoniie ni! te trouvaii là, elle seira René dans ses Mm par un irlouvciiieui convii!.,if, cl lui dit un adieu dont rien oc pounail rendre la suprême expression.

— Il faiii nous qiii;ter, lui dit elle. Adieu pour jam lis ! Je n'ai aimé que loi. — llah z-V;iiis. lui dit René qii la re^iarda pénétrer d.ins le cbàleau d nu pas cbanccl.in'. IJuaud il ne la vil plu-, car elle n'eut pas la force de s'ariêlir pour lui dire eneoie adini, il s élança. iCiitra à lioiircliival, dein.ind.i son eli.;V:d, anacli.i la selle des mains du valet qui n'allait point assrz vile, el en une ininnîe il fut parii. F.n une demi lieiiio il él.rit à Arles, car il n'y avait puiat alors de médecin à Saint-Gilles. — Monsieur, dit-il au m'd.'ein, midemiiselle de Lainpeyiiere se menrl, il f.int que dans une dcini-lieure von , soyez aiiprcs'd'elle. — Oui, monsienr. — A Lagny. — ti'cst impossible. — Dn tout, j'en suis venu en moins de temps. Soyez Irauquilk-, je fouetterai voire cheval el ce sera moi qui vous payerai. — J'irai, monsieur.

l'ar bonheur pour le médecin, il se trouva qu'il éiait bon cavalien comme la plupart des babilants dn pays, mais il ne dut j.imaisse souvenir qu'en fTéinissaulde celle course furib nide. Il élail minuit quand ils arrivèrent à l'enirée de l'avenue de Lagny.

— Je V01IS attends ici, dit René au médecin. Vous viendrez me rendre compte de ce (pie vous aurez vu. Pas un mol de moi.

Nous n'essaverous pas de d jcrire l'angoisse de l'en j | euJant cette attenle. Le médecin revint au bout d un quart d'heure.

— Eh bien? — Il n'y a rien à faire, monsieur. Tout est (lui

— Morle?— Elle l'était quand je suis arrivé. J ai proposé de faire l'ouverture dn corps, car la in.iLidie ne me parait pa^ el.iire; mais un préire s'y esi opposé el a dit ipie la demoiselle l'avait cUc-tucme défendu. — Venez avec moi, monsieur.

Le mé lecin suivit René.

— Voici votre salaire, lui dit le comie en lui mellnnt un rouleau d'or dans l.i main. Oubliez ipie c'est moi qui sois allé von> chercher.

— Oui, monsieur le c.iinie. — Vous [louvez à votre choix passer la nuit ici on von-, en retiniruer.

Le médecin préf -ra partir. Pour René, il ne prit que le temps de chnigei de dieval. Rerliand voulait le suivre, m.iis son iu.ii:ic le iui défcudit pérciiiptuirciucut. Le Icndcniuiii uiaiiu lu Cvinu cii.vl il Ais-

DOM GIGADAS.

Suit»

Mailf'niokello de Lanipoyricrc n"o',aii pn* In promicre feinmo «nii, apros iiiie iuliilclilé lie;iiii'/nip p!u-i cmpililc cl plus (:iiiiS(Miiiin;o Mie Ccllf <|irt.-lU' ;iv;iii à se r<pri»her. se Miii niLirliiV à r;iiii;iiii ipi'cllc a ir.ilii, Cl! nproiiaiii | oiir lin un ammir iIl'mî-pciô. Omimie i lli- lie |iiiiiv;iii p liiil cpiiii-iT llfiio. il riii.ill bioii ipi'cllu uiuinûL Uii iiiuycu lerinc ii'oUiil pas dans son caraiière.

Dis sein arrivée à Ai>;, I.' emr.lf >.c nnilit au înpis ilii cardinal, qui élail à rarilicvôcliL-. (Jiioicpril lu digi'.nul malin, cm viivail de à dans la ciinr di> équipajjcs ol des iliai es (pii aiiiuini,-aiciil d .s visilcs antrcs ipic celles iieeessilces par le- all.i;res dn {joiiviTurnienl. (àmiiiin le nn, le ministre avait le priuléue de n ccMiir des daiiie> dans sa cliaiiihre, après son liVer el nié ne avant, tl !es il.niie> ne laissaient pas cln\i;"r ce privilégie. Le car. lin I élail pniir aiii>i dire as?i';;é c nitinilelL'iiie'al par elles, iinn-MMilcinenl par in éièt, mais par plai- '. 1 , iiMi-seiileiui m à cause de sa pnis-aiice, niais aii-si de set- (|i.ililés SI dni>antes. L liniiiine u'élail pas moins e.!i.i)é ipie le luinislre. Il l'aiit le soa\ciiT eu clVel (pie ce fui I liainiiic <pii lil la r.irlniie dn miiii^iic.

L'an lievcclié. >éjiiiir passager de Mazarin, élail aliirs j; aidé par sa cniiipa^iiie il<' iniiii-ipiel.iiie>. ipii le suivait paît. ail. el <pii ilevii.l, apics a nuirl, la sei ti idi' eimip i^nie des m insi) iciaires . il roi. (àlic cmiipa^nle ili.iiigea pour lors la livrée r.iii^e el urdn e.iiilai.d pour prendre riiiearual, le bien el le lit.ine. qui elaici.l les coiileiir- de la livrée rojale, mais elle pard.i sa d.visi' : nn iniiisseaii de 11 elles vivréei avec ces iiiuls : Aliciius Jûvis, aileru tcla, ce qui élail assez Ocr.

Pour nnrvcnir auprès du ministre (car c'clail là le Imt dp son voyage à Ai\), le C(niile se servit dn iiiiyen le plii~ s';in|ile. Il s'adressa an Siins-liii.adier qui coiinnaiidail les (.'ardes de la pore, et le pria de fine reiiii lire an e:irilinal nue lillie qu'il li.i donna. I.'ofliciei , qui c ail nn jriine grinillnininie do Lionne r.imille, ii'eiil iiarde d.' pieinlrc R: né |i iiir in iinporliii ordinaire, ei. avisani un pijje qui liàillait dan t.i ciinr. ii I ap|irl.i el lui leniil le message eu lui recuimua.idaul (!.' la re piuniii:enieiit.

— Sovi 7. ir..nqiiille, dilil en^iiilc à René. Fallrtl il passer par les tr iiis des serniies, avaiil ciuq iiiiujtes il aura remis votre leUic ù m.iM-cigi.ciir le card.iial.

Heiié, voiilanl alleiidie le résiilial de sa déiiiarelic. ent.Tma cniiver- Falioii avec le jeune ol'iieier, ce qui ne lin lin pas ililli île. De liiit Icnips les jeunes iiidiLiires oui é.é d'une liiiiiieiir aussi eiiiiimiinii.ilivc que Ci Ile des vieuv est reliai li.ilivi'. I.ieuinle ean-a des (éiesqiie jro aeitail le mariage du roi. avec <eue appar. iiii: T. o d nr qui cuii- »ie q e qiii foi- les élals violet. ts de l'aine. 0 lie épieine ne diir.i pas I iiig I iii|is. Un liuissicr vint liii iitô;. guidé par le page, s'inroi nier si I.' geiKilliumuie qui veuaùd°euVo}er une Icl.re au cardinal se irouvail cucore là.

— Ce t mnnsieiir, dit le jeune oriicicr. S'agii-il du ranèlcr? .Mon- UCiir, je regret. e Ijeaneoup que noire coiiiiaissaïue. .

I e p.igc poii-sa un éel.il de rire immodéié, et 1 Imissier sniiril dans f.n ',:ra i é. — Il n'y a lie n de pareil, dii relui ci. .le suis eli.iigé seulenieal de prier nioiisieiir de me suivre i In-/ inoiiseigiienr le caidiial. — Ali! c'est didéreiit. du I ol'iieiiT sans se déeiim crier. M(iii-.ieiir. je voii- r.ii- mou coinpl.ment. — il n'y a pas de quoi, iiuiisicur, je vous a.siire, d.t Pi né.

Coud il par riiiii-!.ii T. le cnmie luniila I esealier t"iit peuplé de do- 'IC tiques, fr.ivers. I aiil.i liaiiilire tiaili'plel e de Si igiiriir= de l.i e.iiir el itii pays, attend. iiil le réveil du uiinislic, qui iic devait p.isse révi i.ler p.oiir loiis ce joiirlà. et il lui iiniodiiit daiis la cliainlire à cniiiluT on M.iz.irin se Irouvail seul. Si la |ii>nipe, umi pas qii si, iii.iis loin à f.iil riivale. qui ciilonrail le cardinal iiii.iisire aiinom ail bien ce qu'il p •iKiil!. rien eu lui ne moiilrail les préixciipaliinis in épaiabli» de 1.1 cniiliiile d'un grand Elal O.i ne le lioinail pniiit Imi oiiis. coiumc le earlm.d ili- Rii-belic ii, einiionné de sccrél.iires. b.iriié de papiers, crarli.iiii ( onlii.u. Ilemeiil ces fl.io d'e.iere qui sont comme le sang (leladipli.iiiiiie.elsVs-ou.'tlaiii a pou -i ries ressorts de >a ui.icliine. R e; Càeu aimait à étaler son Irav.iil ; .M.iz .riii. au conir.iiie. si nil.lait mcllre lotis -es soin- à déndur le sien : le prunier avail besoin d effrayer Louis XIII du fracas des affiiies, 1 • second voiiLiil iKinberses «er»iei s aux ye»\ j doux des grandi -eigneiirs, et se les faire ainsi pardouuer. Il seiubUil (juc loul wî pasiài Uauo sa Ictc ; au»!>j, quoique

siiii Age ne fill point encore avanré, éiailil iléjà ii«é par ses efforts liiléiieiirs. y inique sa maigreur iill extrême, sa ligure, parlailmieiu légiil Cl"', n'eu eonservail pas iiioiiis son expression a;.'ié.ilile et l:olile : Miii liMiit élail Ion. ours ei Ini d nu lioinme de g iiir, soi) reg.iid pi'lill.iii I iiijiiiiis d'esprit, sa baiielie éiail liifjniirs giMeiense, 0.1 ili-ait de- lois qii il iiietlail ilii ronge pour ili'giiisi r la pa'eiir de ses joues. L'oliligaiimi on il élail de (iiirler tiiii|oiirs des viH. 11111113 éearl.iles lin en taisait une iiéeessilé, el il j in.iii un rôle assez pénible poar partager un privilège qu'un ne cuiitcstc puinl •d\i\. ucleurs.

11 nçiit le comte de Cmiieliival dans s~nn lit on sur son lit; car la siinarie rmiirée qui I einelopp-iil il qui se ri'paiid.iil sur le lil en l.nges plis einpéeliait di' bien di t'iigner sa silii.itioa ; cet e sliiiarre é ail ro ige eoniiiie l.i ealolle ipi'il poilail au soainiet de l,i léle. Sa levie siipé. ieiire ■;..iil ornée d'une niuii^lailie relrini sée dniil reb.'iie, peu ii'aeeiiril avee l.i leiiile gi i-iuiii iiile de ses eli -veux, n a pallileld iileriiiiiné par 1 histoire, qui ne peiil songer à tout.

— M iii-iriir le eoiiile, ilii-il an jeune se igiieiir le plus grarint'cntent du muiide. je suis lailié de vnii. voir, e.ir j aval- à \oas f.iirc tian>iiieUre un avis de .-a .M.ijesié. que \o re iiiip.iiienee va a m cl giainl r gret. me coiilr.iindie irapnirner. — Mon-iigiieiir, r.'piiiiilit René. I af aire qui m'a lail d.'inaiiiliT une au .i(?iiee à Vnlre l'.nii lence n'a rien de e.imaiiin avee celle qn'e le p.ir..it croire. — Il f.iiil do le, inausienr, ipie vous venir/, p nir i.l'/aire qui iniéreSH' li; serviie d:i )oi'( - Uni. iiinnsii nr. — Kii elf. t. voire lelire purle ci l.i ; mai- je sais iproil eiiipl.lie sonvenl ces niois coiiime uni.' l'nriunlr pniir fiiro (iivrii- le poiles. Lli bien' m m leur, parlez, je vous écoule. — \o,re Liuiiience saura d'abiinl que j'appar.ie.is à la religion léfjriiiie. — l'reieiidiie réf Jiiiiée, iiili riiiiUiiil 1.: c.irdi lal.

— IV.-leiidiie r.'f iriii.'e, npiii ISeiié ce qui lu'.i mis à iiiènc de coma le les nieni'es qiu pialiqneiil dan- soa sein de- aiiibiiieiix el des l.ii.aliqiie-. S.nis le eoiiviTl du synod:; il- liei 11 ni des i.ssi uilil e; séiliiieii es 011 il- disi iitrni des |>l.ins de lébillioii et elienlieiU des piél'Mes pour trooliler 1.1 p.iiv du l'oyaiinie. — Les iii-en-es m lii que veille. i-ils doue? ne joiii-sei.l il- pas caeiire de ton- Ps p.ivil.ges qui leur lurent enneéilés par le roi Henri le (Ir.iml'.' Ne suit-ils jiis libres el liMiiipiilles.' N oiii-ils p.is des li iiiples et des chaires à leur si.lli allie'/ — Leia lie leur sid'llt pas, iiioiiseigniiir: ils vniidraieiit avoir des giranlies iiialérii Iles el soiigenl à deiuaudcr la ivialégraliuu de leurs anciennes plaies iL- su eli'.

— Voilà ipii passe l iiile imaginai 111 ! 11 (aut vraininul que le d.'l're les ail tous s.n i,. Oui. oui. on les 1. i:r ren.lr.i leur- plaees de -ûrilé ! Von- verre/, que e'esl pour I s leur nulle qn on les leur a repri e- Le 1110, lient aiissi est adin.ralil.inenl eliiiisi ! An f.iii. ce pay--ci s'e l Lieu réc.d.e preqiie sous les yeii\ de Lnirs Ma es'é-i. C.s l'"r.ini a s

II a.lendenl li'.iec.isioii que celle d.' lei r l'.i.l.iisie: e'i si une nation lu. 'Il iioniuiee. Ll quels sonl. m insirur, les iastixateiirs de «i Li

III inaie plaisanleiie les cil. Is de celle sorle de conspir.ir.oii .' — J.: siippl e \oiir Kiiiiiie.iee dénie ili-pen eriieliii lui iiiin r iieroniie; je lui ilir.ii seidemi m que les ininisirrs, pour l.i plupart, poussent ardunime.il à l.i révolte; niais ipie lois ceux de la relii:i.in qui lieuneiit à quelque cliiise désirent l.i eonliiiiiatio.i de ce qui est préseitleiiicl — Je lie vous 1 u demaieleiai p.is iLivaiilage. ino.isieiir. Ayant l'œil évei.li- sur eux, il ne me sera pas mal.iisé de eo.iiii.ilrc les 11. IS cl h s autres. ..le vois que ci-s gens- à «eiile.il ab-.iliim ni se fiiie ch.i-ser de Kiaiiee: cir à préseiii on ne sera p is olil gé de les lil.issaerer. An suridii-. ce ne ser.i pa- lii.ii qui fei.ii celle expélilioil ; il sid'.ira, pour qii' Is se li.'iiiiiiil e.icore en repo- qii. Iqiie Irinp-, iL leur reii.iiieher leurs synoiles n.ilioiiaiix. Ali ! m.s-ienis les predicuits, Mills Miiili z enrôle nieiier dn In lil ; iioiis ne serons pas si soll q le de \o.i- l.ii..-er c.inierur. Dr (,à. m ni-ii nr le c.imie vous el avez noue éléaii-si'.' — Oui. lUni eigiiein : li eiirm-ilé el le hesui; d'ae.i.in m'onl p. nié à uii- on 1er d.eioida eesdél.lié.a imis; m.iisji ■n'eu bUis ivJie, vuy.int à qu^l poinl clks deveiiaienl Liciieu^es i folles. ^

— Vous avez trés-sageineiil agi pour votre i\ge. lit quel et le p;i que vous mêliez à votre per-pie.iciié on à Votre rcpenilr'/ — .le n'a aiiiiiue graee à drina.ider. m.iiisi'igiii nr. .M. m iiilin.inii e-1 de lu'ei aller île ce pas eu que que iiiiniaslere el de m'y eu evi lir enliere meut, de f.iv.iii que per oiiiie doré lavaiil n'ciilende parler de moi l.'iiiiiiiie je sur- miré, celle di|i.. railla si r.i | oiir iii.i feiinne 11. 1 m. il de i.iiie easser -on iiiari.ige, il'jn jiii pins que je n'ai j iiiiis eu au cime relation .ivec elle, .le -np|,l e Vo re 1 iniiienee de voalo r lii.ii li è.re fauir.ible en cet e alT.iire, si 1 l'e juge ipie l'avis ipn,- j.' lui ; apporié luerile qnelqae coii-i lératioii. — \ mis m'adiessi z l.i ui. siilli. ilat.o.i que je ne poiiv,ii- guère prévoir, nioii-ieiir, el voii plein z 1111 ér.iige par.i. sur I. qui I je ne vous bl.iin.r.ii ni ne voii I. u rai. ne eoimai s.iiit pas vos r.n mis; eepeinlanl, que devieinliin Vos b eu-, qui. dit on. sonl lorl eon-i lerables '? Les melle/voii aiis-i en riligion'; — No:i. iiio i>e g 11 lir, il. d. nu nreroiil a iii.iilain d.- lluiircliiM.l. qui 11- -e 11 m.irie ou iiuii. .le siippiie enenr.- Voir Liuinciiee de vouloir bien pièler les m.iiiis à cet arr.iii;:eiiient. l'uur lu ci.n;i, inon.ii.iir, ju uu puis lieu compreuJic u ce qui vuu

do:'; cigadas.

d;ri?o. Il iri'iipr.r'o. .r.i|;ir:ii mIhi •]:!(> vous |i' <lo>iri'n z. — .Ii' \w> c^|llil|lll^ :i V.ilrr Kiniiiruci' ce i|iii léloiiur '.i-i : .riii opoii c iii.ilc-

m .1 c !li' ilf Sni/y sais r..ilil('r cl >aiis en l'In- aiiiii;; immi> ^ nés

nslc- I Iran;;' r.-. i'iiii à I aiilii'. Nous iio |ioiii'riins jaiicais rlit; li iiii iiK riisiinlil.-. Il V a il aiilr. !. plaiis iiicnrc Mil' ma vir : j'ai ri'.ii 'l'i 'i' I

l'avriiis iMii m ili' iiMiiiif r : I iiiilc: jr vcin lui iilii';r >ali. ilùlai.

(.<-|)i il laiil Mi'.iil-il jiiNic i|iic ri-ilc ji iiiir lillir, ipii <'^l ma liiiiiiii',

rc :il lii-i- iliiiii' «liaiiir i.iilrslriiclihli; ri ll'li (,'(iiiil im lir i ; M'Ii-

lui ù cnii'lli'. |i iiri! i|ii'rllc m a l'i'icniilrc une lois Mir s: ii < Ihiiilii .' N m iiiiii ! jr Miiili liic iin'i Ile m' n-m.iric. I.c viiuniU' ilc liniiinill.ic, moi iiiii-in, avait Mil i:c avaiil iimi a la rfclirrcln T : i Ile iiavail |i s df r |iiij;ii.iii(r |iiiiir lui .1 iv| Clr ipif ic l,o un. on |i iiiira >'ai ciaii, lir av L- la lavi m de \o rc Kmiiiiiici'. — Vos ili m iiilrs. iiinilsiiiii . ^(llll a 17. siiïiil Clos cl ilc-iii:éii'»ics |hiiii' (|iic je me l.ii r-e ;JI r à y aciéiliT Je Miai» lii ii aie de ravuir l'ii i|iicl eonvi-iil vons ciiiii|il. z vous iclii- r. — .1. ri;;iiiire cm oic. iiioii^eiiiiiiiir. Je lai>-er.ii saiK doiiie au lia aid l- ^o ii d • me ^ii il r. cl Miis lé-olii à oie d.ui> le cl lire comme si j ô ai> dans le sqiulcic. — Allez doue, iiio-isitur, cl i|iie Uirii Miiis ti.iidiii>el

On a I iiè.ie éloiiiié de voir qiip l!e:i(5. mi jrim:' lioiiime el mi f;en-

lllli.i e i|'ii dev.iil. eu relie d mille i|tialiié c re |ii'Iri di' c.iiideiir

Cl d.' I.ivaii é. ir.diil ainsi el snlii ciiicnl >a rili.u'ioli el son |iai'li: mais à celle i-|>iii|iic les Ir.dii-ons |iolil!i|nrs iiVl aienl |ii.i.il i..r.i ne-- eoninic niijOieil liiii. I M. a|ire> loin, el s ii en miuI pis moins ordiii.iire'-. Al lis il c.ail ;.d ni. eoniiiie iioii> I atolls il. jà dil. de In lii'r .ni j. ii, ri la poliliipie él.iii un jeu eomnie un aiilre. (.In'o i li^e I lii~loliv de .1 rroiid -, on y Mira Ions li s acieuis, locis les In ros. se j.iiaut eoiiiiiiiell nieiil Ic^ uns les ailliez par desMius J onli.; : le caiilo..d de llclz ,i\ ni d • iioilmnes coiili renées avec l.i reine inere ci .M.ir.niu, Cl le JMiir aminliiil li li.iiii;;eui ie el l.i popiilaee . làuidc pi iL.mt paiii un jour pour le |iar!enicnl il le I. nil< ni.iiii pour 'u ei.i.r, la ' pr.iiiile Fr.inde cl l.i pi Ile l'iiinde s'aid.iiil i l m' conili.iltacl Mi.t:essivrnicut. liions les in iièls imlividneU s'em licviii.iiil ii::ii m ni, qii lia a i cine à icirouvcr dans ce I. buinilie l.i diacii'ii pioM.Iciilielle i!e la jjncrrc.

neiié. à II vénlo, avait élé lilevi' à 1" lui de la corrunîinii du nviiiile ; m. lis I epril d ini sici le est iLii- r.or, it ileMeni, pour ainsi dire, ép diMiiipie an aiit ipie conl.i^iin\; pni-, d.ins riiT'l.iiiiai où vivail Min a ne, il ni' ponvail .iHai lier ^'r.nide iiiipol lance ai>\ cn.yiiis, niiaiid une pi 11 ée le ^a sissait. Il n'en vuyail ipie l'aii iinii>lis-cnn m. Ail i, ipi ml il av. il voulu se veii.i;i r, d.i.is la picniiei'' p' ri mie ilo siinliiances, l.i culnc lui avait lait rnisser l.i parole -pi d avait iloiiiiéc à sou cousin, el vouer lire pauvre jeune lllle à i.ie iiaiiei léirs^ar meut iiiallieuriii^c. là iii.ii.ileuanl ipic I aliat:emenl lui li.ail venu. Il ne 11 eulail pas (le>an( nue d.inlil. tel nie pinii' iiininrcr sa ilc.^iiiiér el repari r le m. il ipi il s'cl..ii la.l el ipi II av.dl li t iii\ aii.'r.'S .^lalllenr a relui ipii de. sa jiiiiic.ssc, sMialmiie aii\ voies

liui u-c> iiialj:ril lui il m r.i loujniirs eoulrainl J l.i di I iv.iii li. I.e> Lire, .11-1 m i\^ io.i>piiMOiil coiiiie li.i, el il ne saura pliij voir le ii'iiil clieuiiii.

Ta; ili^ ipie Pcaû était à l'an liovèc'ié, il se pn«'-a;t dans un Ingij vosiii me M-eiic ipii se li.ii iiiliiininent avec ci lle> d iil nous venons (Iclic li'ui.iiiis. D'i'iail i In z le nniiiii. de l.ainpi yiiere. ipii. n'él.iat

loiiit I II .innée, n'.iv^il pas c;é olil ^'i; de se le. d c an lever du r.ii.

I cl. il, cniiiuie niiu> l'au) i< ilil. un desipialre | riuncis genlil Inniime- lie II , h ,inl;r,'. celte i li.iit;c u élaat pa> alor> i\iln iviiiieul r.;- 31 rvé. à d s ili.is li pairs i omnie le voiilul depui.s L.y.s Xi\'. Ke'jp r,. lever l.i d iiiios'icilc royal.'.

I.e iiiar.piis o;::il d iie il.iiis '•(in lit, sniipreanl scii\ niw nnîri's (jiil ivail riiii, 1,1 ve Ile de .sa .M.ijcsié, au Mijrt des vèli nicnls iln in.il'iaiic. M. il à ipn lipir iulri^iie aniliiiii use Ci au\ ili.i,ire> il a;jiaiiili n ir ipi'il piiinall ceorc e peicr, soit cm me à sa lille. non ipil lA iriii.iiipié le dél.dir. iiienl de -a aali'. mai. pane <pi il s'en ailait grai.d ieiiip> d ' lit lilir. Toiil à c.iiip l.i I o te d ■ sa cliamlire s'i.iivr l avie vi. lenie. et il vil cnirer i;..niier Viol. j. | .ilc, i (larj il li.i- Ic iial. I.e Idigi r ét.iil aussi liieii i II nigo ilepiii- ipiM ela l di-vciiii le iieiir de \aiij.iole-. ruii i|,-s sceré aires ou eanl iial-iiinii ire pour le. air.iires é.ia gerc>. et ic clia g iiiciil ii eiail pa- (II) uiiipicuii ni à ii:ie iiiipr. s l..ii r.-i cale, .^es leinpi s-.'rl ieni dejj.iinies. el se- cln veux noirs claie. .1 iiiclci de (il- argi nié-., .^^a poi.rine set.. il i nu ce el ses Irait., o-sil.és. Ain I l.i drraiere éjiri iive de son .'indiiiiiin. an lien de le s il fore, Tavail dceoiir.igé cl l'pni c. .Sa lalalc pc.isée, rédiiilc an dé-e^piiir. s'cla.l li.un.éc contre lui et L- liiuv.àii dans ^cs e;r, iut's ilévoraiites.

— .Ala siinir est inore, mnisiciir. ùil-il en ciilranl, avec racccul J'uiic l'iirei.r liiiigiemp.- cuneeiiliéc.

— \o;rc uiir? Oui ilunc, Gan.icr.' répoailil le iii.iri[n:s en se smilovnni viiileuiaiu..t.

— Jl.i su- r, vo;re fillo, si vous aiaiez niieii\. nimisicnr. Mais à celte II. lire il ne sagi plus de Iciiiil e ni de se taire. Je suis v.lie j'ils. yolre ha ar I, je le .-ais. Cioycz-voiis ipie je ne l'.iie pa> deviné iJc^uis l^>li,^l.llliJS? Vk)U.ï 11 avez pas le cce.ir assez boa, iimuskur.

pour m'avoir san< rai.^on proiépc el soii:cii\i comme vous l'avez fait, y l'avcz-vons Ia4 de celle I iiraiil f|i«- ; vous avais coiiliée'.' hlle MO V .us él.iil rien, elle. Vous l'avi z elia-si'e de cliez von-, cl elle csl

m irle >an> d.ai.c eoiii ma sœur. Oui, ma sanir est iiinrle. l'.lle s'est

euipi'i-oiini'c. Kl c'csl vous ipii l'avez poussée là par vuire iiiraiile et s II) ide amltilion: p ni' l.i r.iire iImcIii'SSC, on, mieii\ encore, pour l,i Cire lin. ilresse du roi; vons n avez pas voulu ipi elle époii al ili Il iiiinie ipi'i lie aimail. pane que ei l lioinme il .il dune l.miille di prieiée : car. pour de- liâmes de r.iiuill', Il n'y a pa- cln z vmi. do p Cl- à aiienn senriineni d.- ipn I pie i lévallon. Tout y est pris par I illéiél 1 1 par je ne sai- quel- lalcnls au\i|ni'l- j'ai ilil sans il iiili! li-9 m iripi'S de voue lenilnsse lîelle iindre-se, en vérie [ Voyiz m'iello ma iiiriié. \i us avez l.iip lail ou pa-assiz Oli 1 que je voudrais ipic ma iiil-ér lile u ère pill m entendre l,i maiiiliie I ,S npiiic servallle, va I M. lis vous, mécliinl viiilloil saclir? Iii nqn'je v.iiis niaiidi-, que je vois evecic. que je vous ren e an nom de iii.i sieiir il an mien. Viuu aviz é:é jitsie assi z noire p.eri' pour cil.i. Ma pauvre sainr! si lielle, si II luip', -i clianuaiie, si Incii laile pour cite Iniinns.., iiinrle aiil.i iinséi.lili'ini m ' einpiii.-onnée ' mais je l.i veii;;i'rai, je le jure. Puisque je ne pni> vons lui r. vous, ce sera l'aulre (.lii'il -oit ciuip.lile nu non. 11 l'aiil ipic qui'liprun meure. M,.i. au uioli.s. En loiil cas, vu uu laid, ta pas. Soyi z ir.nupiille!

Tainli. qii ■ (omiar fidiiiinait d-s paroles, le vipill.inl s'était laisfé Innilicr en li.is de son In et -'était tr.,iiié eu cli mise SUT SCS gCllUUX déclianiév jiiMpi'.inx pied, iln jeune lioiiime irrilé.

— Cimier, lui ili-;iil-il d'une vi;i\ éli iule et suppliante, Caiilirr, viii. iraiii z 1 rnelleineni ni v.eill ird qui ne vuui n juinai- fait que du bien, qui vous a lei.drenieiil ain ù.

— Suis-je voire lils, iiion-ieiir.'

— Ne vous ai-je pas toujours trai'c comme si vous reliez, Gauiicr? f — P.is de siiliicrfiige! snls-Je voire lils? le suis-je?

— lili bien, oui, lu l'es. C'est vrai

— Alor- 1 .issez moi. Je suis pressé.

— (lauiicr. Iii ne iii'.ib iiiiloninras pas .lin";!, Econte, dis-mot I îfo .n'a->-:u p.i.s dit que ma ni.illieiii'eiise lille, la sœur, eiiliii...

— Oui, elle est niorie. Vous pouvez la faire enlcircr. Moi, j'ai d'antres devoirs à lui rendre.

— .Morle, mon Dieu! mais on donc, et commcni?

— Kllc s'est enip.iisoiiaée. je vous l'ai dit, de désespoir d'arnir fé.lé un inst.iiil à vos siig^e-lioiis el d'avoir perdu à jamais celui qii 1 Ile aimait Je le lui rendrai, si je peux. On litl venu me clltrchcr ù .\rles. (Jii.ind je suis arrive, elle élail l'niide.

— .Mais oii donc, encore nue fois.' Je l'ai vue liicr malin.

— Fa mai liier soir, à l.agiiv, pni ipie vous voulez le savoir. An lieu

d'aller cln z sa Liiile, rlle est allée à C eliival. puis ù Ligny, «ù

elle est morte. .M. is je compreuils le uiotirde votre anxiété. Je vei oii ieinleiil vo- que-tini-. Vous èii s iijqiiiil de l'éilat que Cel i a (I fore. Vous craijSiicz d èire obligé ilr ipiillcr la eoiir. iNo.i. non, ras un'Z voii>: tint s'esl b.en pasié. H.i n en parlera pas. Ah : vieill.^ii! s II- à ne el sans e.iliailles, celle mon ne le di-tiail même pis de la iiiiscrilile ambilion; i II' ne le f.iil pas songer a la ni.irl cl .Ml juge.m ni de Dii II, qui vie.iiir.i pour loi ileiniin on a;ire •.iem.iin. JcLte le. yiii\ sur loi. v.us le- un luliics ili'jà si'inbl.ililes a cem d un squelelte, el qui se r. fiiscm à le soinenir. Taclie, si lu peux, de le repentir de la vie c. l.cic, où il n y a p.is une seule lio.iiie aelioa, et clierelie qui te frrineia l.'s yi'iiv ; e.ir, pour moi. je n'en aiir.ii pis b loi il', .\iliz, ni V z-mis. IJ.i père quel qu'il soit, ne dnU nas res. ter aux ge.ioiix de son (il-. — ILl.isl du le vieillard d'une voix souini e. je ne lo' puis tonl seul.

U.iiui'r, indgr." sou i ilinniaiiic cxa'^pér.itioii, fut touché de celle paroi- , i! icLva le marquis el le posa sur le l'aiiXiiil.

— A l'jii. In! ilii-i . IJ le le ci 1 vous pard.iane, s'il y a nn parbn pour liii en-ibdi é et la mécli.iieelé ! Je vais venger ma siui-r oU Mi.inrir. Je sois m. .ri déjà piiir vous.

— li.inlier, s'éeria le viell.ir.l avec aiitorilé, je vous ordonne d.3 d.'ui iii'i r. Vous ces mon lils. vou,s devez m'obJir. Je ne veux pas cire privé de in >n dernier oiif.iiil.

— Ali ' dit le jeune lu» n ni! en ri int amèrement, des ordres! Vous vous y (ireiicz nn peu l..r,l pour lécl.imer voire palernilé.

— Je vali vous r.ire ar.è:i r. Je ne veux pas...

— Silenic! ou voiu me f irier.z à loul dire. .S >:;gcz À ne pas Iji> ser à de. donnsliques b; soin ilu corps de voire lillo.

— Ijantier. aa minii.i dis-moi que lu reviendras.

— J.iinais.

I.e jeuiii' lionimc soiiil alnr^. Il se renronlra face h face d.ins la rue avec lleaé. fo'iis deux s'arré cr 'iil. Le dialile n'.ivait pu se r. l'iisir a iiié.iagur celle rencontre. .Si clie n'cùl m lien, il y cùl tjoji perdu.

— .Uousicnr le comte, dil Caulicr, je vous clicicliais.

DOÏÏ GIGADAS.

— Piiur moi. monsieur, je ne rluTclii^ plus personne.

— N(iti> avons qiiel()iic cliufC à iléiiiCliT ensemble cepend;mi.

— J'ai Uni avec le monde, mun&icnr. Ne m'arrôici pas. Je vous drniai.do pardon de vous avoir o.fcnïC auirolois. C'u^l (oui ce que je puis laire.

— .M.insicnr, vous vous méprenez singulièrement. Hier n'est pas asicz liiiii pour (pie vnu> pni^^il.z l'avoir oulilié.

— Mai* je vcn\ ôlrc oublié, uiui.

— Demandez celi à d'auircs, monsieur. Je suis le frère de ma. demoiselle de Lunpeyrièie. Vous me dcviz compte de sa mon, de la façon qu'on doit l'rnici dro entre geiililslionmics. Eu deux mois, Il faut qne je vous lue on ipir vuus inc (niez.

— (iniii ' monsii iir. u:i évciienient «pii brise à tons deux nr^rc \ie csl-il un inolirpour nous eulr'i'porgcr ? Allez, je mourrai blrntôt.

— On sc<;on-oli', monsieur. Vous èies l.i cause première des mal- Iicin-s de ma sœur. Si vous lui sur\ivez, je uc Neux pas avoir à me le reproi'licr.

. —.le ne puis pas pari gcr vos senîimcnls. La vie du frère de Luui e est sacrée pinu' luui.

— Celle ilii uu>nrii ior de nv> sœur m'appartient. Du moins j'ai le drqil de 1.1 jouer touire l.i mienne.

— Encore une fois, c'est impossible. Vous changerez de pensée, mousiriT.

— Changer! croyez-vous donc que j'aie longtemps à vivre, moi susH?

— J'espèxe que non pour vous.

— Aloi-s vous devez conscuiir à ma dcm.indc.

— Jamais! j.uuais!

— Jani.-ii>'. .Mai> vous ne savez donc pas, mnnsirnr. qne je m'at- U»rlii- à vii; p;is, ipn- je vous insulterai, «pie je U rai (ont.' Ali ! il y n peiilc te plus île la< lieié que de ■;cniMii»i,é d.iiis voire ii fus, plus de crainte pour volie vie qne de donlenr de eeltc horrible moi t. Je vous dis i;n'd f.iiit du satii;, le \olie (Ui le iiiieii.

— r.irlez plus bis. mnn-ieiir. dit René. Je ferai ce que vous voudrez. An fait, ajouta-t-il en se pari ut à lui-inèmc, cela vaut eucoïc luieux.

— DIcK merci ! ce sera un combat à mort, monsieur.

— C'est ain>i que je l'enlends. Qiul sera le lieu et l'Iioure?

.— !/• liiii. les i;hanip>-l.ly-.i'cs d Arles. l'ni>sions u.iiis y rester tous deux ! L'Iii lire, le h iiip> (pi il l;iui |Minr nous y rendre la décidera.

— ("est bien. Occupez vous des armes et de vos témoins.

— Nus épces sulTiroiii ù loiit.

— A mon tour je puis eviger quelque chose. Nous ne devons pas nous b.illre connue iJes bandils. Il fini des lénioins!

— Soit: j'ou iiouverai. Un seul, c'est assez. J'aurais voulu ne pas voos qiiiiicr.

— .Monsieur, vous nuliliez 5 qui votis parlez. Je serai au rendezvous, dis-je. Je vous le jure sur mou lioiineiir, s'il le faut.

— Ah! j'ai peur qu'il ue vous arrive quelque accident. Songez qne votre jouruee m'est eiig:if;éc.

— Vous vous défiez bien de lua miiinoire, monsieur. Allez, ce n'est pas pour nous que l'oubli est f.iit.

— .\ ce soir donc.

— Je vous alleu Irai. Mais faites vile.

— Oui, je me dJpêcberai; car ma sœur attend aussi.

Itpnc n'avait pas fait quelques pas seul dans l.i rue. qu'il se sentit toucher le bras. C éuiit le jeune ullicicr auquel il avait parle à l'arcbcvèihé.

— .Monsieur, lui dit rrloi-ci, je vons ai vu de loin parler à M. de Varipimlcs. Il m'a semble que votre conversation ne se passait pus toiiic en compliments et qu'elle devait èlre suivie d'une entrevue d aii;re sorie. Vous me pl.iisez autant que votre adversaire inc déplaît. Ne trouvez donc |ias indi>cret qne je vienne vous offrir iiic> services; jt nie nonnnc le chevalier de Vall.ivoir.

— Kl moi le enm:e de Coiirchival. Voire offre, monsieur, ne peut que nie n.iUir el vient à propos.

-— iili! voïiz-viiu~. je ll.iinrais un duel 5 une lieue de distance. M.^iniciiaiit i|iie l'on f.iiij.i [i.,i\, || „ y ;i [,;,s de raison pour qu'il re- TiCmii j iin.ii- di- piierre. el (pic dcvieinliiiuis-iioiis sans les alî.iires fartii "lore^. Ça! je >ois votre mcoihI. :i pied ou à eliev;d, au piMolet Coniiiie i lepce, et j'espcic ue pa^ trahir voire coiilianee. tl où est le rei;dfZ-viMis .'

— Aux Chii-^s E'ysécs d'Arles. Mus, monsieur, je ne puis user de vous qu à d.;uc coiidilions : c'c>t qne vous vous lésjiui.rez à u'ûire que spccuiieur do combat et i ne poiui eu ctiuuaîire le» motifs.

— Voilà de dures conditions, nioii>ieiir, la prcmii'-re surtout. .Mais jusqu'à Arles vous aurez le temps de réiléehir, el je v.iis toujours mo uiiiiiir de mes aunes. Vous coneevez ipie si le second de M. de V.iri- Cnoles me provoipie, je ne poiirr.ii galininicnt rçluseï' de lui le.nir lèle. Vei tiiJieu : j'ai (lu bonheur que ceci u'ail eu lieu qu'après ma garde f.iile. .. „,

(Jauîier, en quittant René, s'était rendu chez le vicomte de Ce

IlOUilllC.

— Monsieur le viromtc. lui dii-il, je sais que vons avez fort à coeur de me p.iyer du serviee que j'ai eu le bonheur de vous rendre. Je viens vous ofirir luceasion de vous acquiiier.

— Vous ne sauriez me faire plus de pliisir, mon cber Gautier. — J'ai une aff.iire pour ce soir. Vunlez-vuns me l'aire le plaisir (\c ijie, servir d'j icnioin. — De gr.ind cœur, pardien' Jlais de vous regarder battre, cela ne peut me fain- ipiiiie ilc la vie que vous m'avgz :aiivée. Si vons me demandiez d'être votre second on de me h.itlrxî m li même avec vous, ce serait dilîi'reut. — (Ju.iiid vous saurez qi|c e'ei-l à .M. (le (lonrebival que j'ai aff.iire, vous eliangerez peiit-iJtre d'avis, monsieur le comte. — illon cousin, diable! On pimrra irouvyr cela mal. lùiliii. j'ai promis; je ue me rélracteiai pas Je n'ai pas, au surplus, grand' ménagements à garder avec lui, et je dois passer p;il'desMis loiit p.iir vous obliger. Je suis à vous. Oij allons-nous? — A Arles. — A Arles! Du diable! Je ne ponrr.ii eue revenu ce soir poin* voir iiioiiHi iir h' priiieiî, ipii paraîtra en publie avec le roi pour la pii iniere foi.. Apres tout, l'aiirai le temps de le voir. Parlons. ~ .^loiisienr, ce sera moi maiiilenanl qui vous serai redevable.

Le eointe el son compagnon arrivi-rent les premiers au lien désigné. Us deseenilirent de cheval à l'enlrée du einieiierc, cl péiiélroreiit à piid dans Cille aiiiiipie el Inechre enceinte voilée d'unç double dé>olaiion, celle de la inurt et celle du temps : sous la terre deso-seinents, et des rnii.csdes?us.

— Onf, d'.t je chevalier, il f.mi convenir que vous ^les im tnde cav. li. rel nn hoinine sinsnlier, niiii.sienr le coiiile. (Jiicl voyage déior.loiiné el silencieux! Mais cela me plail. J'aime le iiiy>leie ei les aveninres : celle-ci sera complcie si je puis échanger quelques coups d'épée.

Le soleil (îiait à demi couche et ne lançait pins que des r.ivons rougi à'.res et paisibles. Les jeunes jens s'arrèiereut auprès d'.U4,cipp,e | antiipie (piombrageaii un large cyprès, le seul qu'on aperçût (iaiis Il v;iste éleiidiie des (ibaiiips-Llysées.

— Voilà une excellenie place, dit l'officier en essayant du pied l'herbe serrée et fine de la pelouse ; ni glis^aule ni rahoieuse.

Retié s'élaii mis à examiner l'inscription du tombeau : celait celui d'une jeune fille morte à dix -huit ans.

— Ç 1, lui dit son compagnon qui n'aimail pas celte tacilurnité vous connaissez l'esci iiiie, j esncre. Voulez-vous fiirc quelques passes pour vous dég.iger la in;iin V Volie C|iée est-elle bonne? D'où est la lame? — Je ne sais, répondit Uené froidement ; mais soyez tranquille. Je me cnr.duiiai bien. — J'en suis persuadé. Maisqii'e>t-ce cela.' N'avez-vous pas entendu du hiuii?E>t coque par hasard quelque rinii'uue romain se voudrait meitre de la fiiie.' — Ce sera pent-âire un hibou (pi'éveillc l'appioche de la nuit, répondit René, L's yeux fixés toujiurs sur le nniibre couvert de symboles funéraires, ou bien ce sont nos bunimes qui arrivent.

— Le diable m'einporie, s'écria le chevalier, si h vous voir on lie croirait pas qne vous êtes venu ici pour niédiicr plulôt que pour vous b .tife. Il faut que vous soyez bien sûr de votre affaire pour garder une telle froideur! — J'en suis sûr, en effet.

— Je vous en fais mon compliment. Au surplus, je ne crois pas le secrétaire bien habile sur la tierce et la qnarie ; mais il aravaiilagoj de la tiiille. Ah ! pour le coup, voiei uos adversaires. Je commençais] à craindre qu'ils ne vinssent pas avanl la nuit.

— Qu'importe qu'on y voie ou non, dit Flené sans lever la tète.

— Tiens! c'est vous. Vall.ivoir, dit Geiiouillac en arrivant. .Malheureux.enfint! Vous voulez donc vous f.iire renvoyer de voire corps. Si vous vous fourrez ainsi dans tous les duels, cela ne peut larder. On s'apercevra cerlainciuenl de votre absence.

— Vous croyez, colonel. Eh bien ! j'espère alors (jue vous ne ine refii-erez pa.s, (lar manière de consolation, de mesurer votre é[iée avec la iniennc; vous me ferez honneur cl plaisir.

— Etcs-voîis donc fou? lUibliez-vous que je suis l'ami de votre famille el liès-pariiculieremeni de votre frère?

— Aiisri ne von^ demand 'i-je cela que comme une marque d'amili(5.

— Messieurs, dit alors Oar.tier, il se fait tard; veuillez songera nous. Le comte (le Conrchival est enticreini'Ut d'accord avec moi : il lie iioiis re>ie qu'à eu venir aux mains. — Je suis à vos ordres, monsieur le secréiaire, à picsciil et plus tard si vous le desirez, dit le buuill.iiii inousipieiaire.

— Vallavoir, vonj, perdez tout à /ait la tôte, lui dit le vicomte ne pouvant s'empêcher de sourire, Nous ne sommes ici que cjinmc

DOM GIGADAS.

PS

juges d'icamp. Faisons donc notre devoir. Mon consin, roniiniin-t-il en s'ii(li'C-s;iiil au jrnne comte, je vous prie de m'cxcusrr si je ino Iroiive d'un autre côté que du vôtre; m;iis je n'ai pu refuser ce service à M. di! Vari.gi)(iles, cl j'isnorais d'ailleurs que ce fût contre TOUS .piand j"ai acerpté. — Je ne vous en veux pas mon cousin, lui lëpondii Itcué. — Je crois que v(mis auriez tort, du moins pour ceci, fes deux Icmoitis s'occupèrent alors de mesurer les cpécs; celle Jcllené >c trouva plus cuuiie.

— Il n'iiuportc, dit leconiic. j'ai le bras pins long.

— Comuii'iit reiitenilLV-vdus .' lui ilit >on second, élonni; de crtic parole que Ileué av.iit prononcée sans la coiuprcudru. ^ou^Oies, pardiiu, bi'aucoup plus petit. Mais voici la mienne; une tre~-b mue .irnic!... Je vous Jure, dil-il eu s'iulcrronipaut, que j eulcnds des frôlements par là : il fuit voir ce que ce peut être.

— L'enriiitl dit M île I1ue->mcs, il a pinrdcs revenants. — Je n'en ai pas piur (pi.iud je les vois. — Alais on ue les voit janiais. clievalier. Allons I ticluz doue d'ûire grave comme il convioiil aux l'oiiclions que vous rcnq)lissez.

Ils remirent alors les armes aux nains des cnmb:i(lant$, en croisèrent les pointes, et se reiir.Kii à diix pas en anicre: — Allez, dirent-il>; que Dieu décide du droit! Et u oubliez pas lu salut, ajouta le vicomte. .,

, Cette recommandation ctail inutile. Les deux jeunes gens étaient au f.iit du céréuiniiial n>iié dans les reiuoiilres. lU se saluèrent cl saluèrent les léuiiuns avec I épée, puis, ôianl leins cli.ipia:ix de la main (^autlic, iU s'en lirciil uu second saint, les jelerciil denicreiux par-dessus liiir le e, se taillèrent de nouveau avec rcpcir et cuiniiH'ii èrent. (;.inliir Ibnilit sur le jeune comte avic une iuipi;:iuisilé qui annonçait en lui l'intention d'eu finir du premier cmip II né p:ira en recul.inl avec une habilité qui faisait liuiiueur à la science du vieux Uerlrajid; m.iis il ue riposta pas.

— Très-bien f.iit! cria Vallavoir. A voire tour maintenant.

Mais llcné. inal^-ré cet avcriissemeni, resta sur la diTeusive; Gautier revint aiisb.i ôl à la eliarge, reeida, et. vcjy.inl S(Ui advcr-ain' <li c lUvcrt. lui pous.-a tout à ciiiii mie liot:e tenible ; finis ce ik' lui pas René qui l.i rrvut. Ui.e imiiie IJaiiibc, qui ;ivait jailli c hiiiiii' nue appariiion, s'éi.iii jetée entre 1rs dnix épées et éiait allée loiolier avec uu ^rand cri aux pieds du viconKC. Les cumballauts s'uirèierent Slupéliés.

— Qu'est-ce que c'est? demanda Henc. — Ah! ciel! s'dcria M. de Quesmes, c'est celle pauvre tiabri.

C'était elle, en <-iïit. Elle éiait étendue sans mouvement sur la tcne. I.i tèle renversée. Le vicomte es-aya de la soulever : elle retomba avec celle pesanteur obstinée qui annoiu c la morl.

— Quoi! elle est morte, dit le cointi!. — Jelecroi;, répniulit le vicomie; c'est épou\aiilalde. — Elle a eu li; cœur lr;iveisé. dit le chevalier, montrant un l.ir?e Ilot de sang qui s'échappait de la poitrine Je renfanl cl Iciijuail déj.i ses vêtement^ blancs.

Gautier regardait stupidement sa l.ime riui.ïie ju qu'à ninitié cl se tournait vers le so'eil coucbaut, comme pour voir bi ce n'était pas lui qui produisait cet elTet.

•— Mniislre! s'écria René en s'élauç.mt vers lui, c'est toi qui l'a tuée! Défentls-toi maintenant, car je vais teiifiler comme un chien.

Cautii'r loin')a presque en mèuie temps percé de part en part, et emporlaiil dans sa cliiili; 1 èiée de sou adversaiic llciie revint aussitôt auprès de la jiuiie lillc. que le vicoui:e apeuoiiillé Irnail cnire ses bras et C(uisidi:rait avec uu inelau;;e de diuilciir et di' terreur. Le chevalier de Vallavoir, debout, lair efl'.iré, tMurnaiit sa tête à droite et à gauche, ne savait plus s'il était encore de ce inonde.*

— Est-elle réellemeiii morte? demanda Ueiic en se penchant aussi sur le corps de .Madeleine. N'y a-t il plus rien à f.iire.'

— Uieu at>soliimeni. Elle n'a pas fait nu mouvement; ses mains froidisscnt déjà. Pauvre enfant 1 quelle destinée!

— Va pauvre sœur ! Ah! c'est le dernier coup. Pourquoi ne me SUis-je pas laissé tuer de suite. Oli ! imai Dieu! que va devenir son père. Il me le disait pourlanl. Ma sienrl in.i sœur! C.ibri! M.id leine!

— Sa soeur! dit une voix l.mientable qui scn-'il.iil sortir de terre, sa sœur! Oh! quelle affieiise veugraoce ! Mon Uieu ! je n'avais pas demandé cela : elle n'était pas coupable, elle.

— Misérable ! lu n'es pas mort, toi, dit René en se retournant.

— Un prôire! au nom du ciel! un prêtre, si vous êtes chrétiens! Je i:'ai p.is nue heure à vivre! je vous juri'. Ne me laissez pas iiionrir eu iepr.iiné. .'\!ousieiir le viciuiito, viuis din z à mou père que je lui ai pardonné : c'est le marquis de l.auqieyr.ero qui est mon perc.

— Tais-toi, malheureux; laisse-nous pleurer.

— Un piètre, je vous en conjure. Ils ne m écoulent pas! Oh ! mon Dieu! 6eul just^uàla luurl! AU! pourquoi ai-ju cic iuipitu)';d)lu ?

nélas! ma sœur au^si est éicndie sans vie. El moi aussi je pleure, avec mon sang et non avec des larmes.

— Monsieur le Comte, je crois qu'il y a de la barbarie à refuser à cet bouillie les secours de la relinion. je v;iis envuyer uu di-s v;ilcls

cheicher un prêtre à Anes, dit \allav(iir reveiiauta lui. Faiiesce

que vous voudre?.. — (Ju'alhuis-uons faire du corps de cette malheureuse eiiLiiii ? (Iciuanda M. de (.luesmes. Il est impossible delà porter à son père : Il le faut cependant.

— A II même heure! dit Ileué. Oui, il a raison : c'est une vcipeaiice! I'. est ainsi «pie les innocents meurent toujours, et que Us coupables restent. Il est lieuieux, lui; il vu mourir aussi, absous du mal qu il a lait.

L;i nuit êiait ciiticrenienl tombée; clic avait enveloppe cette scène de mon d nu Miili; soiulue et brillant à l.i fois qui in bannissait l'Iuirreiir, et smi haleine l'rnide et sileneieuse avait coiuiiie eii^'oiirili peu- (lai!l une miniile les acteurs encoie vivants de ce drame Tout à emip ils furent éveilles par h s accents chevrotants d'une voix (pie l'ieac reconnut en fiéuiissaiit. Le vimuite se leva et jeta ra|iidcmeiil sun llianlean sur le cadavre de .M.idelci;ie.

— bien merci! voici du inoinle, dirait l'apothicaire, car c'était lui. Messieurs et mesdames, je vmis sonli.iilc le bonsoir. Je ue viitns pas vous déranger. Non, il n'y a pas de d.iiiies, c'est é^al : quoi que vous lassiez ici. ce n'i'st pas mon alï.iire d'y reg.inler. Diles-in.d seulement. . Mais en vérité c'est, je crois, nuiiisieur le comte, ajouta-t-il eu décmivraiit la l.uilerne qu il piut.iit à la ni.iiii, et iniinsieiir le vicomie au^si. Eh! messieurs, comiiient êtes-vous encore, ici à cette heure.' — iS'uns nous promenons, m litre, répmuLt Ileué.

— La nnil est très belle, mais teiribleuieiit froide, et on schenrto ciuitiuuelleuicni. Eli bien! dites-uioi. n'avcz-vuus pas rencouiré ma fdle par là? - l'ieneontré vcilie lille .' Non.

— Elle doit être pourtant ici: ce malin el!c m'avait demandé do l'y liisser aller. Vous savez, elle n'avait que cette pronieii.nle eu tête. Je l'ai rebi-ée : cl!e n'a rien dit: mais tantôi. l:iiidls que j'étais alié visiter une voisine, elle s'est ('cliappée. et vnilà deux lieu;c^ que

je la chcii:l:c Elle ri a s'il Lnil qu'elle p;isse la nuit dehors. A

pr ip;is. monsieur le coaile. i';ii iléeniiveit d.ius sa main un signe ipii m,' paKiit ciinlre-bal.oieer ceiK que je vous avais iniiniré~. Uli : j'ai C é si lieiiiiux de celle iléecnverle. que j'ai d irmi l:i nuit d r.iiere, ce qui ne lu'él.iil p.is iiriiié dipuis uu iiinis. M li^ ijuc f.i:t-i l!e, eetie millieineu>e ei fuit ' P.o' oii peu!-o le é:re passée.' .Madeleine! Madeleine! Elle ne me ré|ioiidra pas, l.i iiiéelciiile'

— E'e-t Mue sans diiite c lie ue vous enleiul pas; elle est priil-ôlra rentrée tandis cpie vous l.i chercliez. — l!iovezvi)iis? Mai^ n m: etio ne saurait p.is retrouver son cheiuiu. Elle m'a déjà juué ce tour une fo s; m. lis il ne faisait pas si froid.

— Est-ce li; piêlre? deni;iiida Gantier. Oh! mon P'cn ! ilcpèchezvoas ! — Noii.dii le vieill..id, c'est uu nuiileeiii. .M. lis ipii est-ie dune (pii parle ainsi? Loiniuenl 1 nu liMiiiuie p:ii lene, avec une e lée ail t avers ilii corps et imyé dan- sou s:io;4. Et vous ne iiie ili^ie/. rien, niessieurs! Ali! vous vous prumeiiez, dites-vous. E'est lionilile. s:ivezvoiis; il f.iiit que viins snyez ileveaiis fnii^. Viiviiiis, éclaiiez-llioi, monsieur, que j'examine ce in;illieiireux jeune liouiiiie.

— Mon père, iTHiiil Gantier, l'ab-oln iun ! Je me repens de inon orgueil, de in.i dureté, de tmit ! L'absolution! Je meurs!

— l'iuir rame, je n'y pcu\ rien, dit lapoibiciirc; et pour le corps, pis d;iv;iut.ige : c'est un coup mortel. Ah' niessieurs, diiis nu Leu c iiisaeré. vnu;', [iiMter à de teU .ictes, c'est liii^i md! ou diiit r.> p et à la pai\ des m iit~, s;nis pail. r de celle de Dieu et du roi. .Maia que f.iitcs vous ainsi iniuioliili s .' Est-ce ilonc pi^ qu un coinb.it?

— Aiit"i:ie. dit Ileué à voix basse à son cousin, je vous assure qu'il y aurait de l'lmui;iuité à massacrer ce vieiilard.

— Maître, dit le vicomte, nous attendons uns chevaux. Sachant que tout secours él.iit inutile, nous u'avous pas voulu vous affliger d'un pareil S)>cctaele.

— En effel, dit le vieillard, j'ai souvent été appelii à voir de ic'lcs scènes, imiis aneiiiK- ne in'.i ciuiséiine si violente impression. \iiyi)iis d me si tout est bien désespéré. Dli ! mou Uieu ! que devient ma pauvre enfant peiid.mt ce lemps-IA.'

— Voiei comme j'ai arraugii les choses, dit le cliev.alier en revenant et d'une voix qui avait repris tmite son assurance. J'ai envoyé quatre cliev;iiix à Ailes poiii quérir nu prêtre cl uu médecin. J'en amène nn pour l:i jeune lille, et un autre...

— Ah! s'éciia !'apolliic;iire en se relevant tout à coup, il y a une jeune lille; et où est-elle? — Tiens : ipi est ce ipie ce i euciu-e que cette apparition ? da Vall.ivoir. — Silence, lui dit i\l. de (Jiiesiiies.

— Oli ! j'ai culciidii, monsieur le vicomte. Je me d.uitais qu'il y avait encore aune chose. Oui, oui. un eidevcnient. Et ce mallienr.'iix est m ut peut èlri; en la deiejid.int. Mais me vuil.'i, moi. vous aller me la reudre. Alliyus, rendez iaiiini. Où est-elle?— Elle s'est échajipée maitrc, du le vicomte il ue s'agit pas de voUrc Cile, lui dit o

DOM GIGADAS.

même lonips René. EsIk-c ciiie ie ne siii< pisli? Croyez-vous que je Die prèliTiis à ee <in'mi eiili-vil m;i tpur?

— E(:li;i|ipce! Pas nm fille! Voici qui u"esl pns clair, messieurs. Proji'liuil rapitli'ineul aiilour île lui la luuiii'ie île si lauliTue, il

aperçul alors le niauieaii sous leipii 1 se de^siiiail va^ue rut nue fiiruu- liuui iue. que fcs yeu\ peiç.uiH el eviTcé-. retounureul >ur- !<• cli.iniii. Il >'y cl iiiça êl l.i iléiouvril avaul ipi'iMM'ili pu i'-oièlrr. Ri-iié ui' pul que lui enlever sa lauurue. Le vieillard jcla uu éelal de rire railleur cl irlnuipliaiil.

— Ali! ah: il t'il. le tour est pl.iisani; l'enfanl $'aniiisait <lc cn'enlemlrc la rlienluT: mais le vmla prise, ma petite. Allons! viens, Madi leine. Monsieur le vii (un e ne len empêc liera pa- \\.\\>. c"e>l vrai, elle d.nl avoir in bien peur. Il n'y a plus rien, tedi--je. relèvetoi Tu sais bien que je ne Mii> pas a^s. 7. fort pour le purler, piii-qiie c'est loi qui me suulirns. — l,iu'e>l-ee que c'est.' hnila-l-il Mindùa qi anil, se li.ii^saiil pe-auuuenl vers elle, il seulit sa main froide et r 'id.'. — F.lli' est morte Oii! c e-l dn >aiig. Cli' qii. Ile plaie: Juste au coeur. .Mc-sieiirs, voii> allez nie dire liuii de Miile qui l'a tuée.

— C'est, dit Iteué, riiiininie q'ii e^t là par terre.

— Coiilez-uioi eonimeut cela s'e>l fait.

Le vieillard écouta saus l'iulerroiiipre lo bref récit que lui fit M. de (lil.'siiies.

— Eh bien' dil-il ù René quand ce fut fini, qu'est-ce que je vous disais avant hier.'

R-'ué ne répondit pas. Ce calme étaii plus eiïrayani qu'une donlenr qui s'.irr elie le^ cheveux Le vieillard s'.igeniiuilla, découvrit sa léle chenue et blaiirhe. el, levanlvcrs le ciel sCs iiiaius tremblantes el ses ycu\ qui ne pLnraieni pas :

— linuid Dieu I dit-il, vous avez jugé qu'elle avait as<ez sonfTerl. vous l'avez retirée de cette terre d'épreuve. Soyez béni! (.'c sera uu bel ange pour nue >pliere plus brillante et plii> pure que Ui nôtre. Ne inuiiblez |ias trop loiiglenips, ô grau I Dieu! et faites que mou àine soil digue d'èire réunie à la sienne et à celle de sa mère :

— Uu préire" l'ab ointinii! dit Cauiier se réveillant encore d'un de ces Sommeils qui préeedeul le somtneil éternel.

Le vieill.ird alla à lui. lui prit la lèle et lui dit :

— Abfolco le in nomine l'iilns. el niii, et Spiritiis snnrti. Vade in pacem, iniiina iiifeluc, smiguiiie Chrisli el lui qiioqiie redempta.

Comme >i sou àuie ei1t eu besoin en i ffet de ces calludi.pies iiaroles pour achever de se dégager des liens du corps, le moribiiud, aus-ilo quelles eurent été prononcées, se souleva conviilsivenieiil, étendil 1 > bras eu avant et retomba en poussant un prul'und et dernier soupir.

L'apiiihicaire lui ferma les yeux et la bouche, lui étendit les bras le long du COI ps, et retira do sa poitrine l'épée qui y était restée.

— Ce n'a p;is été sa faute, dit-il. Le moment était venu, il u'a pas été plus coupable qae son épée. Comnieiii se nonimaii-il?

— Gantier Violais, sieur de Varignides, dit le chevalier qui soufflait dans SCS doigts, cl s'ennuyait fort du silence el de I inaction qu'il lui fallait garder.

— G.iiitier Violais! F.sl-il possible que je ne l'a'e pas reconnu? Dix

années, el la rt par-d ssiis, cbangeiil bien un visage Celait un

l'eau cl lorl jeune liomnie, ni.iis il avait quelque chose au front qui ''liSeigiiail nue vie stéiile. Il n'a pas trouvé sa place dans le inonile. '.]<irl en duel n m non, il est iiinrl parce ipi'il n'avait pin, ri nà l.iire ici-b.is. Oh il a dû bien souffrir eu voyant ma lille ni uir r de sa inaiu. C;ir il avait é é ~o\\ ami el son père, l'iiis iU ne se sont rencoiiiié-que pour nioinir l'un par l'autre. El poiirlaot je ne crierai paà la fjlalitc mais je m'inclinerai devant la Providence. Elle a réuni d ii\ 'lelles àîiies. el qui s'éiaienl purement aiini'es. Que Dieu soit béni! "lur ange, conliiuia-t-il en reveu iiit auprès de sa fille et en versant hur son visage toiiie la Iniuicre de sa l.iiiipc, que sa déiioiii.le est encore bille! Oi dirait qii'el.e dort. Elle na pas beaucoup soiilfeii, n'est-ce pas; Ses yeux et ses lèvres se sont fermés tout seuls. Vous (AiS cloiiiiés. messieurs, de me voir si tranqinl e. Je ne létais pas avant Mais à présent que c'est fini, que f.iire. Il faut que vous vous en alliiï. messieurs, que vous fuyiez. Il y a bien a-sez de moi pour farder Ces deux corps. Ils ue s'en iront pas. Mai-, vous, il r.iiit que vous paniez proni|ilenieut. lamlis que vous le pouvez. — Ponrquni noiiN eu aller .' dit lleiié. — Parce que vous seriez mis en prisi.ii.

ncud.is pciit-é.re. Que sais-je.' — Eh bien! qu'iiii le? — Vous

Liv»cz vous ainsi abatire.' Regardez moi et riMi}:issez. Messieurs,

«' eucz le. Laissez-moi seul, meut uu cheval, si vous eu avez uu

qui ue vous soit pas uéeessaire.

Le vieillard s'assit alors sur le cippe qui avait servi à marquer le lieu du I Oiiibal.

— .\li di;-il, je le reconnais, c'est le tombeau de Tiillie. Que de fois je nie SUIS aitri^lé sur le sort de celte jeune Romaine dont le marbre nous a liausiiiis le souvenir â iravei» tant de jéiiéraiions. (i\ic: de

t'ois je me suis écrié ici : — Pelle et aimée ! el morte à dix-huit ans ! El 'C souïiais ii l.i ilunlenr de ses parenls. morts au -si depuis des siècles Ce tombeau d une jeune lille inconnue m'inspirait un nivsicrieux inlérél que ne m'ont jjinais fait éprouver les tombes des r.iis et des héros. 1! éuiit saii- diiiile un pressentimenl de celte nuit uii je m'écrie eiuore : — Belle et bieii-aiinée, el niorle à dix huit ans! Mais, hélas! c'est sur ma lille (pie je crie ainsi. Le lualheiireux père que je plains, c'est iiioi-iiiéme, hélas ! et je ne suis pas mon !

Pcnd.inl ces l.nnenlations. le clicvalier de Vallavoir avait ramasse son cpée, M. de IJiie mes avait pri> son manteau, et tous deux se dispiisaieni à cinniener René. Celui-ci se dégagea, vint an vieillard lui prit les mains, et lui dit :

— Mon .leriiie' lien est rompu. Je vais faire comme vous. .le val .illendre. — Dieu vous a éprouvé. Vous fournirez miel inguecarr'ère. Eiirani, pour èire vieux de buiiue heure, cela u'einpâchc pas deléire longiemps. Adieu.

Les trois jeunes gens partirent alors, laissant le vieillard cl les deux morts ensemble.

— 11 me semble, disait le chevalier, que je vais voir sortir une ombre de ch.icnne de ces pierres Je puis, peiisait-il en lui-même, dire que j'ai en là iiin; journée comme il est donné à peu de gens d'en avoir tjuelle histoire à raconter! (.est d.inimage que le colonel n'.iil pas é:é d humeur à éelianger quelques coups d'épee ! La peste! de l.i ra(,'o.i djut cela s'arrangeait aujourd'hui, je ne sais pas trop où j'en serais.

Ils arrivèrent bientôt à leurs chevaux. René agissait comme on agit da;is l'ivresse, sans que la volonté s'en mêle, par b.ibiludc.

— Mou cousin, lui dit le vicomte, devant de pareils événements, mus devons oublier toutes nos disM-n-ions et nos «Miiiôl s précédents. Celte afraire est très-grave. Elle fera beaucoup de liriiil. — beaucoup, dit le chevalier II n'y a pas de doute. — Et il n'y aura pas besoin (pie vous vous en mêliez', chevalier. Il faudra donc, mou cousia, que vous sortiez de l'rauee, car le roi parail avoir hérité de la sévéïité de son père coiiire les duellistes. Vousn'ivez pas le temps de reloiimer chez vous Nous irons seulenienl à Arles. Là nous trouverons les premiers secours. Il est urgeni de gagner de l'avance. — Je viin~ jure, mou cousin, qu'il m'est indilféreiitd être prison de ne p;-» l'être. J'irai tant que mon cheval voudra aller, et ensuite... — Ehb.eu! je voii, aecompagnerai inoi-inêuie jusqu'à la frontière. Je vous Irouv.T.ii des chevaux et de l'argent. Pour moi, j'en serai quitte pour un e\d de quelques mois à ma garnison. Allons! eu selle. Vallavoir, je von- en;jage à regagner Aix, el à ne pas dire un miil à qui que ce soil du iiio:if de volfi.' ab-ciiee — Soyez Iranqnilli', répondit le jeune lioamie. Monsieur le ccunle. je suis à vous à la vie, à la mort. Je vous aceomp.iguerais. s'il n'é ait plus mile pour vous que je rclouriij de suite à Aix. .'e vous conjure de ne pasni'oublicr, si vous avez besoin de qnelipie chose en France. J'espère que nous vous reverrons bientôt — Je ne crois pas monsieur, dit René. — Allons, quelques années de voyage en Italie ne suui |ias la mort d'un hoiniiie. — Vous avez des termes bien heureux, Vallavoir.

Le jeune lioinme part t alors pour Aix, suivi de son domns'.ique, tandis que les deux (;on-iiis se d rigeaienl vers Arles. Ils rencontrèrent en route le prêtre et le médecin.

— Messieurs, leur dit .M. de Quesmes, nous avions pris l'alarme trop vi;e. L'Iiuimue pour lequel iiniis vous avions envoyé chercher est en route pour Aix. Soyez assez bons pour retourner.

Arrivé à Ar es. le vicomte fit repartir sou domestique pour chercher le vieill.ird, el quitta liii-méine la vi.le avec des chevaux f.'ais ipi'il s'élaii ricileiiieiit procuré-. I^e fui fort bien fait, car, des le leii- (ieiii.iin. (elle ir.i^iipie histoire fut r.ipporlée au roi cl au cardinal, i|ni ordoniiei'eiit ineoniiuent de poursuivre ceux ipii y avaient figuré. et lirciit rédiger un édil où lesaucieiiucs peiaes contre le dJcl étaient rem ses en vigueur.

Le vieom c tint parole à son consio. Il le conduisit jusqu'à la frontière, cl sut lui trouver pour sa fuite dus faciliiés que René n'eùl jamais imaginées lo il seul, làdui ci ne sortit de sa stupeur que pour fain? pari à sou eou-.iu de ses projets de retraite, où les derniers événements n'avaient pu (pie le coiilirnuTeirinsiriiisit aussi des mesures qu'il avait prise» relativiinent à sa femme et à lui-mêuie. M. de Quesmes ne lir lit aucune représentation, de quoi René ne lui sut pas mauvais gré; tar il nélail pas en étal de concevoir des pensées de des- S'uis. Le com:e persista aussi dans sa volonté de ue lieu dire du lieu où il voulait se retirer.

Ce fut auprès d.- Mce qu'ils se quittèrent. Ils s'embrassèrent élroitemeni, d'une façon (|ui n'eût pu, certes, être conjecturée 'rois mois

plus !(') .

— Vous ne roulez donc pas me dire où vous allez, mon cousin, dit le vi -ointe, ni nie promettre de m'écrire .' — Je ne le puis; mais je n'eu c 111 erverai pas moins le souvenir du service (|ue vous venez de me rendre. Adieu.

Et il pariit sans retourner la tête. M. de Quesmes le suivit des yeux laiil qii il put le voir.

DOM CIHATIAS.

Trois longues années s'élaicni dcniildos df-puis 1 cpnfjne nii «c p.nssèrciil les cvùnciiieuls que iimis voiioiis ili' riippur or. I.i- (■.inliiial lîo Mj7..iriiii'hiil iiioil qiiel(|ii('s niai^ ;ipirs le ici nuili'S.i iii-.lc.iii ili--l,iiz, et Liiiiis XIV iivalt pruiioiicé col ri tiiuiqui, pniii' ii Cm'>: pas cliaiuc eu aussi liaiile giinine qui; Vego siiin jmpa diipapeSixIe (Jiiiiit.

n'en pruilnisil pas moins il'cl)aliisscmi'iil cl ii'ciii'iit pus niidiis lie rl•lelllis^cniiMil. La ri-iiic iiiere n'avail (îiièie survécu à sou favuri.

Elle élail inorlo eu priam le prélre (pii I ad'iiiiiislrail de pieudrc ganle à salir ses coilfes avec les saillies I niles, ce qui prouve, dit niadi-iiii)isellc i.'e Mo;llpell^ie^, que nous eoiiscrvo.is nos lionnes et nos niéchanies liahiuidi;s jii qu'il la innrl.

Le roi Philippe IV, liean-pere de Louis XIV, élail mort aussi vers ce Icnqis, et la paix avec l'Espagne avait éié de nouveau irouhlée.

La niori de la reine nicre avait com- |)l«lé rérnaiitipallon du roi, qui, jusque là, avait gardé quelques seciit-.

sur SCS amours illégiiinie-i, cl u'avaii poinidéclarédeinaitresse. Mademoiselle de la Val.icre lut.

comme on sait, la pieinière qui porla ce tiire uni à celui dediicliesse.

Ou a bianconp parle de la timidiié de celle beauté, et des scnliiiieiils de houle cl de repenlir qu'elle auTail loiigiciiipsciiioiilcsavec ceuK de l'amour avanl de leur donner le dessus. La longne et austère péuiiencc qu'elle accomplit a droit assurément

de toucher, mais non de l'aire rejeter lesrf^lniionsdn tonip; qui nous montrent mademoiselle de la Vallière gardant en présence de la reine une assurance et un aplomli qui iiid gua cul jii qu'à madame de Moiilespan, et allant même jusqu'à fane pas-cr son cairo si' à trawrs champs, en présence de Imite la ciiiir, afin d'arriver pin-- u'it auprès du roi. Et voilà justement coamic oa éciil llii^tnire. Eiiliii, il ne faut pas oublier qu'elle ne se <léiida à se ri-iirer dans un cluitre que lorsque le cœur du roi lui fut enlevé sau.i erpoir de retour.

Trois ans après la trip'e caïasiropho qui a ensanglanté cl assomliri le précédent chapitre, un moine eiiirail vers six lieiiies du soir à Arles, par la porte du Pont ou de Trinqueiaille. L'éiu.l le jour du

\a cii'iiii.il M.iziriii. — :

jeudi '•aiiit. Snixaut une couinme qttc nos provinces du Vidi ont empiii liée à I K pigiii- cl à l'Il.d e, les conrréries de pénitent- jiareour.iieiii le- rues de li ville avec une ipianlilé de llaiiibeaiix. Tons ce» lui o-ii sbl lies, il lir-. Iib il-, violet- cl gris, oflraienl sons ces liieuTs

m m ailles pect ac le b z irre cl lugubre La population aflliiailau-

liHii d - é-l ses 11 des cil. ipi l'es, pour assisicr au saint l'Iiis d'nne jeiiae lille. pins d un jeune i oiiime s'y rend. lient aiis-i, dans nue ioleMtiiiii de }:.ilaiili'r e. l'I pins d'un bomiiie couvait sons h- voile de pc'iiilriil i| ii'lipie ptMi-ée de >ciigiMiice, le tout Sans pn'jiidiee à Is dévo i m II est liii\ que I on »•■ puise f.iire deux clio-e- à la l'ois. On peiil liKi lée I. en leiiaiil se- Viiix lise- sur un livre de prières, .i, nu, r OU recL'Xon' un billet avec la main. On peut (loiler n II. nid) an d(- l.i

mail g.iiiclie et UO conte.iu dans sa <• niaindroiie.elchan-

ler encore des psaumesipii couvrent un cri d agonie.

N.iire liioine ne porl.iit pas de flaiii.

beau, mais un bâton qui lui avait été plus utile poiirvovager. Sa lobe él.iit bj.inclii'. Sou capucIhiii, (pii se (lessiiiail par derrière en pointe , encailruit son visage saii< le caelii'r, et l..issait voir des Irait- réguliers cl gr.ives. nue barbe bniiie et épais-e, des joues pâles, mais pleines, (l'élail lin homine à la lleiir de l'âge, cl fa ligiiri- élaitdei elles qui, fcHiiices de bonne liciire, ri'Sleni loiigteiii|is iinniiibiles. Iniarcliait à pas lenis, regard 'lit antoiir de lui d'niip fiçon qui aiinone.iilnciias li curiiisilé que le souvenir. Aiiusavoirsiiivi 1.1 gr.iiid,! rue, il prit à g.iiK lie , ei entra dans la place de la ca;!iéilr,i!e au milieu de laqnflle s'elove lin obéli.-qii»; liiul uni. i|iie ilepiiis Ion a dédié un roi i.ouis X.V. .Arrivé di'vaiit l'é.îiis.r, ij s'arréla , considéru quelques iiisl.iiils I ; 6yinbiilii|iie po."laii oinniarlili' du ireilieiiie siècle a sculpté dans le in.iibre une lignralioii ds»

iugeiiieiit dernier, puis il ii.oata le peFroii , s'agenouilla sur le pavé sacré, et y demeura longtein))salitmédan- la niédilano'i, sans èlre distrail perles regards curieux et le- remarques qu'il exe. t. lit parjiii la foule reinnante des Ailésieiis. Avant clé lnurli; p.ir nu pé.iitent violcl, qii'ofiensail prob.il leiiieal l.i lilaaclieiir de sa lob.-, il ne releva pas même la lêle, et se coiitenl.i d se recul r un ; eu.

— Il f.iiii, dii eue vieille fi i , que Cet homme soit nn bien grand

saint. — Ou un bien grand pérlieiir. leparlil le pénileiit.

— licliiiqiii pense d'aliiiid le ni.il le porte souvent en lui même, dit al.irs 11' m e en se rele\anl.

— Sii-neiir ! s'écria iiiiej une f.niine qui accompagnai', la vieille,

— (Jii ave/-voii- d.iiic, lu lie ,M.irie Miii dit à l'oreille le pénitent. Esl-c que ce ser.iit par eiai.ile pour moi que vous vous éeriel ainsi.' Je scr.iis trop heureux de le croire, quoique je vous puisse as.uref qui: gu inuiuu u'e.-l pas capable de nie mauger.

DOM GU'.ADAS.

Li IkiuIc laille du |it'ni"ciit devaii f.iiro aisément ajotucv lui à celle Jcniicre a-si rlion; mais il m- pariii |ia< f]ii(- sa vnix ilmuiàl ilii pi'iv aiiv paroles qui Tavaieiil prèri'tli'e, car la ji'niie femme n'y av.iil fait atti iiiiiin, cl. pènctratil rapiili mont il lis l'cjîlisc. cllr surlil au^^ilol par une porie latérale. Le imiiiu' avali. sur so:i c\cl nialion. Iiai^-'é bru ipiciiienl snn capnclion. et, ritsccinla il le pcrrnn. avait tniirné vers la place &iint-Julien, rne l'on appi Ile aussi place des lldniines, parce «pie c'est là que s-e ras^'nilileict, le ilimaiiclie malin, li's (invriersqnise I ment ponr leslnvanv de l,i cainp.içiie. Le milieu de la place ist (li'fendii des vnilmes paru i plil iiinr de pieric, el on a pl,lI^éde^arl)res sur un des en es, punr f irmernn aliii pei.d.ml l'éié. Arrivé là, le moine parut lié-iler ^^^ la direclion ipi il pr.iidi:iii. lorsiee la jeune T nime qui se nomni,iit Marie pa-sa auprès de Ini en l'efllenraul, ctiiiime pour attirer son altenlinn. Si c'él,iii là son liiii, elle ne le manqua pis, car le voxapenr s'airèla et se mil à la suivre

desyeii'i. Klle entra dans nue aidieige qui e\i>ie encori! de nos j •>

au fmid de la place On a seiileineiil reinplacé I iina(!e peinte d(! saint Jnl en qui lui >ervail d'enseigne par une inseriplioii en letires d un pied, portant : Ihlicl de Fraiire el de t'Eiiropc. Le nioiiu! se decid.i à suivre la jeune femme, et à pénéirer aussi dans ranbergc. Son apparitioii dan~ la cuisine, qui servait, bien ciilcudu, de s.dun d'entrée, p.irut donner de I Immciir à l'anheigistc.

— \'ous deinand(Z qu'im vous indique noire couvent, mnn père? lui d t-il dnn ton bourru De quel ont e étes-vons'.' Cai me dédiaussé OU cil ms é, capucin, beinarilin, angnslin ? — Je -ni-i trop Litignô pour inarelicr d.ivaiiiage. ié|io.:dil c. Iiii-ci, je vondraii cnneli r ici. — Babl Mjus n'auriez pas grand clieinin à faire. — N inipoile ! je n'irai pas plu^loin. — Ksi il tclii, ce moine! Kli bien! mon père, pni-({iie Tous le voulez, je vais vous faire monlrer le grenier. Je vous prierai SCiileuiciit de ne pas trop ali mer l.i pai'li'. Une lio'.le vous snllira Lieu. —C'est une cliambreque je veii\, repaitil le nn'iiie tr.in.piilltliient, Que ma robe ne vims effraye pas; je sni,en éialdu pa\er. — Oui, oui, avec des indnlgem-es. Lolin, il f.int bien ••u résoudre à souffrir cela ' — IJu'csl ce cpi'il y a donc ' d. rnand.i al.ii> l.i j. une feni:iit; en entrant avec un eiiLoit sur le bras. Esi-ce que par liaard voiis rcfu.-cz de léger le révérend père? — Du tout, i,enlemeni il vi:nl une Clianibrc. — Eli b eu ' voulez-vous donc qu'il conclic à l'écurie ? Venez, mon père, je vais moi même viais conilnire. — Du loul, vons avez é!e a-sez loiigunqis à l'église anjinird'lini, pour n'avoir pas h:'soïn de vous conli'sser ce soir. Ucciip' z-vons de la maison. — .\li ! c'est d*ue là ce qui vous donne de l'IniuK nr I Vous devez cependant savoir à -(nellescond liimsje vtuis:.i épou^'^ Von^è.'cs bien beuicnx ijueje soi> bonne cailiolique. Sans moi, il y a loi^g'.emps que p( rsoiine ne voudrait plus melire le pied (liez vous. N av. z-vons pa i!ij honte de rcHi r béiéiique, quand ions les sciginnrs se converliss' ni, el qu'il u'y aura plus que vous b en 6t daIr^ le pays ' — Les seigneurs sont les seigneurs, et moi je suis un siinple bôlelicr. Nous av():iSi,^^;x et moi, des raisons différentes. — N'ous n'avez de raison d'aucune espèce. N êtes- vous pas bon'ciix de ne quereller ain i devant monsieur... devant ce révérend pcre, vcu\-je dire .' — Lli bien! je vais lui donner une cbambre, à votre révérend. Laquelle? La plus belle, sansduiiie.' — Slais ceriaincinenl!

La dispute allait recoinniencersur de nouveaux frais, si le nioiae, qni d'aliurd avait paru s'y iiitére>ser assez, jugeant que tout doil avoir des bornes, n'avait subiiciiieni arrêté les p.iroles au gosier du mccréaiilct di-gracieux aubergiste, en lui faisant sonner aux oreilles une h-^arse ou uumônière dont les mailles en fd de fer l.iissaienl percer l'éelal du c<uitt-nu. Cet argninenl imprévu conv;iiiiipiil l'Iièle, qui conduisit alors le voyageur d.ins la cli.nnbre la plus belle de sa maison, qu'il eijl pu niodeslcnn lit appeler la moins laide, el poU:>sa la politesse jusqu'à lui demander s'il voulait souper.

— Je ne pense pas, lui dii-il, qu'avec des niuyCDS tels que les vôtres, vous soyez cbaigé d'un bissae ?

Mais le moine, qui avait conservé son capuchon rabattu, lui répondit que le repos seul lui était nécessaire.

— Pourvu, dii l'aubergiste en reniranl dans son laboraloiie, que ce oc soient pas des ngiius Dci et des médailles de enivre qni remplissenl sa bourse ! — Ali ! si vous avez besoin de tant regarder pour di>liuguer I or du cuivre, lui ré|iondil sa renniie, je ne m'élonne pas... —-De quoi ! — De tout ' de ce que vous ne puissiez voir que Li religion caibolique vaut mieux que la votre, par e\cin|ile. — Marie, lu vois b.ea que c'est loi qni me tourinenlcs à présent l

Ce ton suppliant que prenait le mari n'annonçait pas que la paix dôt se rélablir sur-lu-< banip, car les feiimics ne sont pas des vainqueurs généreux. nciireu-CinCnt les soins de leur eoiiimerce vinrent occuper les éiioiix el les séparer, de sorte que le (lux île l.i discorde conjugale uc sc mauifesla daus b soirée que par quelques fusées épar;cs.

Peu à peu la mouTanie illuminaiinn des mes s'était cffacdc. Cliacoii éuiil feutre cbcz soi. cl |ié ii;cnis de toutes «onleurs se trouvaient uaifurniiscj sous le véiemeiil nocturue vulgaireiucut appelé 1

chemise, ne différant seuUnieni que par son degré de finesse et de propreté. Le guet avait lini de presser les dévolions tardives, et le silence le plnsc(ini|ilet. l'olisenrilé la plus parfaite, régnaient sur la vieille ville de l^on-tanlin. L'aiibeilgo de Sainl-Julien était fermi'e depuis loiiglemps Les époux avaient eu le temps de se réconcilier ou lont an moins de s'endormir. Tous leurs b6les avaient cesso de faire cnlendre d'anirc bruit que celui des ronnemcuts. Le moine seul, malgré le bexiin de siinimeil qu'il avait annoncé, ne s'était pas couché. 11 étail nsié assis occupé à lédécbir, ou bien attendant rjuelquc clio'C avec celle patience ipie donne l'iiabiliide d'une vie régulière et sileiicieiise. IU'| iiis qu'il avait enlendu sonner minuit aux liorlo^ÇS iioiiibrenses de l.i ville, il avait cepeiid.inl nionlié un peu d'iiiqnielinle. Il s'i'lail levé, avait fail qnehpies pas, puis, prenant la ebandélie, il était allé se regarder dans le miroir suspendu à la muraille.

— Je me serai irompé. disailil. elle n'a pu me reciuinatire. Je suis entièrement méconnaissable, beuieuscine.il ! Cependant il est IrislO de penser que si peu de temps sul'lise pour nous déligurcr.

Kn ce niomeni la porte de sa chambre s'ouvritsans f.iirc le moindre bruit, et la femme de l'aubergiste entra sur la pointe des pieds, referma doueenieni la porte el vint vers le moitié, qui s'était lui-niêmc avancé vers elle.

— Tu m'as donc reconnu, petite? dit le révcrcud père. Mais j'oublie que lu es devenue une respect.ible matrone.

Et la |ir("nanl par le meniou, il lui d(mna sur les joues dcuit baisers que 1.1 jeune femme lui rendit avec une vivacité toute méridionale.

— Oli 1 je n'ai pas eu besoin de vous regarder ryr de vous écouler pour vous reconnaitre. Je vous ai vu et je vous ;>i enteudu; c'élail bien assez l'ien sur ! je n'espérais pas vous rencontrer ce soir. Ponr^ tant j'avais lonjonis idée ipie vous reviendriez dans Arles, Cl je UC suis pas la seule. .Mais quelle surprise! cl (pielle joie!

El elle se jeta de nouveau au cou du moine, et l'embrassa anPSi vivcineiil (pie l.i première lois. L'élianger était visiblenieni ému. Ou voyait qu'il n'était jias blasé sur les téuioignagesd'afiècliun.

, ,n- Tu as donc é|ioiij(i ton Pa»ilil|. toi? lui dil-il. — Ahl mnn Dii'ii, oui, nioijsicnr le comte. — On(lir;,-ilqiie tu n'en es pas bien sali l'aile?

T-Ohlfii.si. Ce n'eu pas lui qu'il faiitbLiiner, mai . Ions les himnies. Il va.il aulaiil (|n'nii autre; tni ne pi ut pas deniaiid r dav.iulage. Il csi sournois, opiniàlre. ennuyeux, jaloux^ qneiclleur et protealani ; mais il est liiil l.cte, et cela soKil pour réparer b en des choses. — Je vois, peliie, (pie tuas conservé ton heureux earaclèrc. Ainsi lu es tO'ileute, do ton sort? — Oh! mon Die u, oui. Maiiiieuant je n'aurai rien (jui iirnii;iiièie. — Tu me croyais donc morl? car je ne vois pusi.d'.iillre chaiigi'nient. - Coiimieiil, est-ce (pie vous n'êtes pas rcveiiii.pour toujours .' Ah! j'oubliais! Est-ce que par hasard vous scrii ziiioine lonlde bon?

, Belle renversa son capuchon «u arrière pour loule réponse, et monira une foiél de cheveux blonds «pie, comme ceux de Sainson, le fer uavait jamais toocliés, el ipio la Douleur, de ces ciseaux ébrécbés qui. déracinent plus qu'ils ne coupent, n'avait pas sensiblement éclaircis.

— A la bonne heiire! s'écrie Marie avec des yeux où pétillait la satisfaction el en frappant ses iiijdns riiiie contre l'autre. Oh! maintenant je vous retrouve toui cyliiT, Savezvous que j'ai eu bien peur que vous ne fussiez reconnu pap. ce vilain capilaiiie liorel? —Je ne me Souviens pas d'avoir rien connu de ce nom, dit Hcné. — M.iis lui vous a connu. C'était un ami de Gautier Violais, mais (pii ne lui re.ssemble guère. Uaiiiier était bon, quoiqu'il ait causé bien des malheurs. Celui ci est un méehani homme. Cela ne l'a pas empêché do pio pérer. Il est a présent Cii|>ilaine du guet. Il est toujours fourré ici. et veut lonjnnri inc parier, mais il m'a toujours déplu. C'élail lui qui avait acheté l ilc des Passereaux, et qui y faisait le pijcheur. Je no sais si vous vous le rappeU^z.

— Oui, oui ; tout est encore là, et là aussi, dit René en montrant son front el sa poitrine. — Oh 1 mon Dieu, que je suis sotte ! s'écria la jeune femme.

Et elle prit la main du jeune homme qui sourit el chassa, en sc« couaiit sa tète, le sombre nuage (pi'avaieut jeté ces paroles sur ta physionomie amortie.

— Ce n'est pas la rmle, ma petite, lui dit-il avec douceur, si tu iis peux nie loucher sans incilrc le doigt sur une cicatrice douloureiiso. Parle-nioi tout de même. Ta voix inc fait plaisir. Il y a si lunglcmpi que je n'ai causé avec une feiinne.

Riais la pauvre Marie n'osait plus dire un mot, ne trouvant riçn dan» sa pensée qui n'cùl trait au [lassé.

— (.iii'csi devenu le pauvre apothicaire? lui demanda René après tiu niiiincnt de silence. . ^

— Ou l'a enterré Li semaine dt^ruiôre, répondit Marie.

DOM GIGADAS.

— Quoi ! il a vécu jusque-là ! Je regrelle bien de ne pas l'avoir revu.

— Ali! c'eût c'é >nn5(li)utc une grande rnnsolation pour lui, quoiqu'il ue |i;irlal jamais de vous ni do ri 'U. Du rcsle, il ùiait coruiue à 'OU (udiiiairi- iiiiijoiirs prCi à iiiaicli< r |ioiir Uiui le uioiide. à diinriir di'S cciuscils el à prcpaitT les uiétlicauiuiils qu'eu lui (Icuiandall. li a conservé ju>(|nau (leruicr jour li.ules ses faeullés. Clij(|ur soir. il alla l s'aS:<'oir peudaul une licure tur la pierre de sa (iile, qu'il nvail f.iil enferrer à l'cndinil où elle éiail luiirle. Une foi^ il ue revint pas Ou alla voir ec (pi'il é'ail devenu. On le trouva assis, la (èledans ^ts ni.iius. Ou le l(uiclia, il élail niorl.

— Qli ! je rçgreiiei'ai toujours deiu'avoir pas liilé mon voyage d'une niaine. £( cet eulaiil qu'il aimait tant, qui s'en est chargé?

— Tout le monde se l'est disputé; mais, comme madame la comtesse n'a pas d'enfants, c'est à elle qu'il est étliu.

— Quelle comtesse, petite?

— Eh! votre femme, .le vous doiuandcpnrdnn. du manque de respect, mais e est vous qui me forcez à parler ainsi.

— Je vdoiliMis l'iiiierroger cl je n'ose, dii le comte en se Içvatil et faisant le tour de la cli.imbre. Cuiiinieiit se f.iit il que tu aies celle aulierge?

— Parce que nous l'avons achetée. Paulin avait un peu d'argcii'. Madunie la vicomtesse nous a aidés, et....

— Quelle est cette vicomtesse, ma cliL're?

— C'est la femme do votre cousin. Pardon encore une fois...

— .\h r.à! ma femme, sa femme, la comtesse, la vicomtesse! Je liu comprends rien à ce (|ue lu me dis.

— .Mdi. nvuisieiir le comie, je comprends encore moins à ce que vous VI. niez dire cl que vous ue dites pas.

— f^'est vrai. Voyons, ccoute-moi. C'est ma femme, n'est-ce pas, que mm cousin a épou-ce?

— Celle qui devait rétrc.

— Ilcinl

— Oh ! mais vous ne savez donc rien de ce qui s'est passé? Alor.s. préparrz-vous à des étoniicincnts. Ah! mou Dieu! par où vais-jo coinnieneer? Quoi I vous n'avez entendu parler de rien.' Vous avez donc élé bien loin?

— Oui. assez loin, et j'ai vécu trois ans sans voir personne. Depuis que je suis rcniré eu Fiance, j'ai ilrt minteidirc les questions pour ne pas cire reconnu, car on m'aurait arrêté. Je suis louji'Ur^ banni.

La porte de la chambre s'ouvrit ici brusquement, et raiihersi^le parut eu léger costume, un f1amlii-au à la ivain, iirité, terrible, in,;is surtout fort comique. Kené s'était sur-le-champ recouvert le visagi-.

— Ah' madame la coquine ! s'écria l'époux abandonne, voilà don;: de vos dévolions I Vous «piiltez riiitivemenl le lit conjugal au milieu de la nuit pour aller coiiirr vos vieux pi.xln.'s à un vil.iin moine, et surtout, je croi->, en faire de nouve.iux. Il e^l heureux que je me sois aperçu sur-le-champ de voire absenec, auirement j'aurais ..

• — Sur-lc-ch:imp! s'écria Marie, joliment sur-le-champ. Il y a plus d\ine heure (|ue je suis sortie. Vous n'avez pas le sommeil si léger!

' — Comment, ioipudeiiic, tu oses me parler de la sorte ! Tu es biiii lieuriuse qu'il n'y ail pasde mal de fait, va! Et ils restent là toui les deux sans s'émouvoir! Vit-on jamais effronterie pareille?

— Et vit-on jamais sottise semblable à la vôtre? Venir crier comme cela au milieu de la nuit et dans ce costume, cncorç! Allez vous. recoucher J'ai à causer avec ce père de choses qui ue vous rcgardeiil pas.

— Ah ! tu veux me pousser à bout, ma mie ! Allons ! vite, remonte !i ta chimlire où je causerai avec tout à Iheiire. Et vous, mou beau confesseur uocturiie, sus 1 qu'on déeanille ! Si la porte ne vous souril pas, je vais vous aider à passer par la finiôirc.

— Je crois, dit René en se découvrant de uou.veau et se levant, que vous aurez pliitùl envie de vous y jeter que de m'y jeter, niailre Paulin, quand vous m'aurez regardé avec plus d'alleuliou.

— Ahl (pinil monsieur le comie! uh ! c'ust différent. Ma femme peut rester tant qu'elle voudra. ïn peux rester, Marie. Je conçois, je conçois; oui, oui, vous devez avoir beaucoup de iHioses à dire. Mou- Sieur le eonile, je vous demande pardon... Jlais, diable! il l'ail licsfroid. il faut que j'aille me recoucher. D'aiîieurs, je ne suis pas eu cquip;igc.

— y>>n^ avez plus d'un p.-ird-'n à me demander, Paulin, dit René, i'ospei'C que vous n'allez pas utc duuoucer.

— Oh ! inoQsieurlc comte, je n'ai pas besoin de cela à présent.

— Eh bien! s'écria Marie, qu'est-ce que cela veut dire.' Voilà la joie que V(nis munirez du retour de moi^ienr le coinie. vo re ii.al re, voire bieuf.nteuri Lourdaud! allez vous recoucher. E\cu-cz-l«, nioasieur le conne, Maii;li n.int que la jalousie ne le lient plus, il dort deb:iul. La nuit, il ii'ot ah^ulunient bon à rien! Allons, tenez, je vais vous recoiiduireà votre clianibre.

Paulin, qui n'' deinanil.iit p,is mieux que de s'en aller, fit tout co que voulut sa femnic, qui redescendit bientôt.

— Pour sa peine, dit-pllc je l'ai enfcrméà clef. Ainsi nous n'avons plus rien à craindre de lui. Ce m'cA pas qu'il soit capable de tr.nner rien de mal eonire vous, mais il e^l l)av;ird. et si on venait le deni.iuder de lunue heure, il pourrait dire quelque chose, tioiuiiic nous avons beaucoup à dire, il l'aîit que noussoyicis iranquiUes. Je nesais en vérité par où commeneer, car j'ai peur de vous a!lligcr.

— Eh bien! je t'aiderai. .Ma femme, qu'cstelle devenue?

— Elle n'a voulu ciinseiitir à ce qu'on cassai son mariage, comme on dis.iii ipie wim le désiriez.

— Cel.i d abord n a rien d'af.ligeant pnnr m li. .Mais no m'astu pas dit que le virouile est marié. Qui a-l-il d.iac épousée?

— Il a épousé m.iilemoisclle de Lainpeyricre.

— Une parente de...

— Non. elli>-inùine. Que voulez-vous? Vous élicz marié. Vous no reveniez pas. S i!i père élail iiiirt. Ce n était pas s.i f.inio si elle était encore eu vie. Il a bieiiliillu (lu'elle fit nue fia. Et la religion ..

— Ah çà! de qui me paiL'Stu? Uèvé je,? L)uise de Lampeyrière n'est pas moite ! Elle ne s'est pas ein;io sinuée! E't ce une plaisaul.rie?.M.i chert! Marie, je t'en prie, ép.irgne-aioi. Soage...

— Comni'ut! comm;n!! vous ignorez aii^-i cela? M.iis oui, vous êtes parti II veille du j mr... Ce|ieiid.inl celle lii~tiiire e-t si evlranrdinaire... N. m. elle n'est pas merle 1 .. Elle n'était qu'en léili.irgie. Voici coinnient cela s'est passé : M. Gigadas viininl einbaiiiner sa lille. Le médeein qu'il a envoyé cherelnr pour l'aiiler se iroiiva préei énienl celui qui élait allé à Lagiiy pour iuailenioi>elIe Louise. Soit qu'il n'y eoniiùi rien, soit qn il lill ir.mlilé par la course r.ipide qu'il venait (le fiire, il ne l'examina pas bien et il (L'cl.ira (pielle était morte, ciunnie vous savez. Il dit quelques innis de celle mort devant l'apiith c.iire, qui, l'ay.iut inlcrrogé, all.i prcndie quelques dingues, iniint.i à eliival, el sans riini dire à perMinne, courut sur-le-champ à Lagny. La pauvre deinnisrlle était sur son lii, garilée par deux vieilles f milles dont c'C't le métier. El le cercueil éiail iléji prèl. En arrivant, le d icleur cria aux vieille^ de s'mi aller. — Vil.iines harpies, leur disai!-il. celle proie n'est pas encore pour vous, elle n'est pas inorie. Comme elles se rcbilTaienl, il les jeta à la poite, et cnmmençaà donner ses secours à la chère personne, si bien qu'au haut d'une heure elle oinril les yeux et revint à la vie La prenicre parole qu'elle prononia fui votre nom. Pois, voyant où elle él.iit, elle ne dit plus rien. Le liocleiir [lassti la unit auprès d'elle, à la soigner, à lui parler, à l'encour ger et à lui f.iire des représenlalions qu'un prêtre ir(fùi pa- mii'ux diles. Songez qu'il venait de perdic sa fille, et de quelle manière encore; que son corps tout sanglant n'élait pas encore d.iiis l.i terre, et ililes s'il y a beaueoiip d'bonimes qui aient é:é aus-i forts et aussi bons. U expliqua comnienl il se fiis.iit que inadem li.^elle. en croyant s'cnipoi-onner, ne fil (|ne s'endormir d un profoud et immobile soinineil. Elle ét.dt allée lui d mm 1er du poison secrètement, en lui oflrant une somme eon^dérable. Cuinnie cil 1 élail masquée, il ne la reeoanut pas, mais il ne la refusa pas. Elle aurait |)u, en effet, aller ailleurs. Il lui donna doao une prépar ilion qui produisait l'effet que vous savez. Quand le vieux manpiis arriva le matin, qu'on lui dit que sa lille était vivante et que Gaulicr élail mort, il tmnba sans mouvement à terre, et, deux jours après il m lurut sans avo.r repris coanaissanec. Vous savez comme il aimait Cantier. On a dit qu'il était son père, mais je tic le crois pas. car le vieux marquis ne m'a jamais eu l'air bien g.ilant. De sorte que ma-, demoiselle Loui^ean lieu de nietire les antres en deuil, le prit ellemônie. Peu de temps après, madame la coniies^e vint dan5 le pays, et elle a toujours habile lionrcliival depni-, M. de Quisiiies, (pii venait de passer qnelipies mois au (li.iteau d II pour votre afiare. all.i pour la voir. On disait (pi'ils s'étaient aimés aiilrefois, et qu'il lép'Mner.iit, mais m.idame l.i comtesse ne voulut pas le recevoir, cl (Lpuis trois aiH elle a vécu d ms une relraile ab^oble. Elle a fiit li.ul au ino:ide pour savoir ce que vous éiiez ilevimi. elle a envoyé des gens en Lalie, partout. Tous ceux ipii anivenl de ce pay^^-là, lions avo.is ordre de les lui envoyer. Elle ne vient que très-rarement à la ville, scnlemiil aux grandes fêles de rannée. pour f dic ses dévolions, car eLo s'est faii iiisirijire d lus la leligipu ç.itiioliiiuc. ain-i que sou père, et ton? les deux oui abjuré dovaul monseig..our l'arehevéquo.

— Vraimcnl ! dit René.

co

DOM Gir.ADAS.

— Oui Cl cVsl paiTp iin'clli- a su qiio rnii-;i\iiz lo d •s^ciii de vim; roiiveilir <|ii rlli! :i |UM d ;i cil.i. 0 1 i-llf vuu^ ai.iio bioii a. si. c^lU'li : S. vcms savii'i ciiiiiino elL- c.-l IrisU- !

— Buiiiie el cliért Geneviève !

— Oh ! nui. bien bonne' Qir>;c|'r>)n n"nirii(^ pns les diranprrs ici en pcnoral. il n'y a |>iT>oiitic ipii ne l'.iin ■. Je .-ni-» bie>i Ciia.eule dis Tuir i|ne vuu» iiu ladcteslo/. |ia< lu.it a Tiii.

— Moi. la déle-iler! P.iuvre a-igc ! C. esl c'ic nni de» rail me haïr ! Uai^ iiiiii, il faiidrail que je fuse un ull)n^llv !

— Je puis d.inc von- parler du mari ige ili madcm'iisellc Loni-ie?

— Oui. nui. coMle-nmi tonl. Celle pauvre l.oiu'se 1 ali ' je sni- hien hcnreex an»i ipielle snii vivanle ! (Jaaud je pu.i,-e n.i'ou elll pu I ensevelir aiu>i ! (À-la lait fiéiuir!

— .\li ' reries, elle I a éi h ippé hclle I Tli hien l'nnc. nn an après. M. le vietiinle revint à .Arles pmir le.s ;lî,iris li.i r li. i.ii il >'clail mis de snile en r.ivenr. >l li. il un pen pareiii d t l.i tanle lii; lUadcmniMlIr'. de mailaïue de Fiiiliiu. dinil \iin- iiiiiis avi z penl l'Ire enlrniln- piilrr II ail i la Miir. Je «iMi> ipi'il y avall bien aii-~i il. mis Sun lai I lin l'en lie niriii iié île vnir inaileiii lisrlle. Il p.ii. i. ipi'il avait fait be..iiei iip ilf f.iles avre li> aiili» ji'iinrs M!};iiriiiMle l.i emir el que son bien élaii pb^s ipreiiiainé. I.e> ili ttrs le niiigeairiil. .M.iib'- 1110 se!le l'Iail e\ee<sivi'ineiii lirlii'. Il p:is>a par la lèlr île v. te c insiii de 1 ép msi T. Ce qu'un avall ilil délie n'avail jaiiiai- élé à.iUaipn r Siili liiiniii iir, el piii» je ne iioi- pa- qu'il suit ir 's-siiiipiileii\. .'^i liiiMi qn il lui lit la c>>nr. Voiis savrz c nnini' il e-l aiin.ible el ei jnl.nr II est be.iti g.irtmi; ali! b en viiilli. par eveniple. d.pnis ir.iis aii>. Madeln^li^c^e s"e.inn>ail bi-anecinp de sa siiblihlc. I,e repns ne pnl pu lui cun\e.iir. EAe s'éUiii bien jelée d.ins la iléviiliun, a la véri.i;. inais elle était emurc trop jeune pour qu'elle | rtl se c.ii enler de cela. Eiilin. je ne sais p.i» si elle devint ainuiiriii e de vulre «iiiisin, mai; tuujiur.s e-t il quelb- lépunsa. il y aura ilen\ an^ à la rrinilé. Ain i cil- e>l reii iiniée à la cunr. ni M. b' vniimle est sur i ii liesbe.ai I ied. Ils virnneiit pasxr le piinlenips à Laj;njf. et mai tenait ils y M rui t davaut.ipe. parce i|:ie M. le vieoaile a étti unnimé piiiir Outre ^(■nécll.ll. Maduine lu vicuiutessu a dojà eu nu enfj.il, et elle est ciiciire gnisse.

—Tuez vous dune aprèsccla! dit René. .Mnsi clic est hcurcu:c dans ce mariage .'

— Dame! henren=c! Rico ne lui manque assurément; mii> c'est nne pi r-unne qui ne saura jamais se liver. (.liiaii I c.le est ici. elbr ne SOI ?e qu'à retiiiiiiier à Paris, el, à P.iris, smi iii.iri ilii qii'e le siinpiie tni'j 'lus aprrs le vuyaue de Pmveui-e. tlle e.-l ri'deveiine iiaie cèpe .ilaiil; mais sa reinnie de eliainbie iii'.i dit qu'i Ile a (Ic^à d S ilie- Vru\ bl.inis. Il e-t vr.ii que le- rli veux noirs blanuliiss 'lit 1 1 is ,6t que les aiilres; cepend.iiil les nie.is, qui Miat bien i ci S an s', ne fiiiil pa-. mine d ; cli.iu.'er. .le ne ernis p is n ij pin- q i*. Ile vous al tiiu' j r.iit n iblic. Sa f.'iniue de eli.iinlire m'a ibl ans-i q i il y ava t en nu pr.ind é'I.it enire elle et sun mari p niriine bmirb' d.' eii 'venx Mund-qni pmiv.iii bien venir de vous, et qnilie n'a ja n es vaiiln I i 'binner. An l'.iil. il avait ton. C iniaien: p -ni il innre qn eile pn s e viais iiiib ier? iCt coimiieiit pi-iii-l I e\i er: Il lui fiii bien d aniiei inliilé ités, lui ! Il n'y a pas de jilie lille dm- la vi le à ipii d n'en Cuiile. Et. Hieu merci, il y en a a-sez. .Moi inùmu, qno.q le mariée, si j'avai- voulu...

— Pauvre Louise! Elle n'a pas clé créée pnnrie hnnheiir, pas plus que mni : AU', lu avais bien raison. Marie, de me dire de me pié,iar r à la siirpri-e (À-rles, j'élais loin il inn^iner q le les ebnsi'S pus. sriil liiiiriii r de la Mine. I,uni-e i e.-sii-e tt^J qui ép l'isc tnoii cunsiii I qui rrloiirne a la eiiiir! (Juelle étrange vieij&iludo! Mou Dieu, Oni.uc viju- V'iii» j.iin z de nos vobiUtés !

— El »on-d:iiie, monsieur le comte, vorssnns nne le!lc mhe! Qui aiiraii jaiiiai- pensé cela au-si, quand voui vous m.iquiez des pèlerins de» SainiCvMaries?

— .^'oi an-si. lu as r.ii'^nn, Marie! Et ?e dessons est eneere p'ns charpé qnrlede-sus Elquid'.inlri'- él"n 'îiiiCiits!.. M ifeinaie. d'Ile enfant qui ne puyvait me voir, 1 1 qui avail si bien le dioil île 'é 2:vT ta rjisiiiiée de l.i inieuue ci ipii. lur qm- je siii- paru, nie pb nre. me cheiclie. inc reibniande, se fait caibnliqne pour avoir au iii'iinsc'la deconiiiiiiii avi'C ni'ii.el repous-r rbuiiiiiir qui lui avail pin aiit ' ! is. El le marquis, ei- fanatiqui- prolc-lant, qui s'.- euiiveriit à l.i vr.ief i, taiidi- qoe ce ni.ir.md de P.uiliii reste ob lim'inenl alla'lié à l.i lelif i >n où i! a é;é ele»é. Il a rai-on âpre- bail, sans l>' savoir. Et le ri' uv Gipadas, qui suivit à sa fille, el relninve, aptes Cet liutrblc coup, tiiulcs sisfaeul.és q i s'él.i eut triiiib!é''s devant de vains piésaçes de eliirunimiii': Pas si vains eepeiidaiil. C.ir ils se miiiI aeeonipli-: mai- la l'ruvid'iiec nnii- d unie d- re- Irçoii- imiir iioii- liuiiiil;fr dan- nuire sciet ce et daii- mure ineréd li é. El le m. >r pus de î.ainpi'yr'eri-.ceniauvai-elsird inii;u<!vieitl.iid. ce père si fro dénient dur p •iir sa lille, qui tombe niurt eu ajqireuaul lu trépas de sou Gl.s!

E l-ec :issiz iaerin aille? Odesin.'e! euinnie tu cmro'id; la p-J. viiy met! In. m linel 0 l'ioviilenec 1 il faut liinjuiirs liiiir par rienn ailro que In sai- ini 'n\ que lions ee qui imns e-l bni I Dune (oniviévc, qui m'a aiieiid i. qui ne s'est pui.il l.is-ée de sun espur siiliiaire.i|iii savaii. car les belles el |niies àincs reçuiveiii des révélaiiun- du l'iel, qui -av.iil que le pauvre pèlerin revifiidiail ci aura l besuin de ses ani^éliq les cunsula.i.ins! I.lle .i ilviiié que c'iMait rlle qii il me f.illait in.iinlenanl. qiir je saurais enlin la euinpiemlre, l'aimer et me l'.iii'o aimer d elle. Aiip.', soi- béni Uni, je v,n\ dé urin.ii- te eim.aerer lonte ma vie. n'av.iir pas une pen<i''e, pas nn repaid pas un -oiilfl : qui lie so t pour toi. ne pas f.iirc nu pis qui n •tende ver- lui Ali l c'est là qn e-t le b nilniir, c'est d.ias eelle iiiiiu i inliine el eal.ne de di'iiv a:n s qn il iloil se Inniver. s'il existe sur l.i terri', et iiuii dans uii!' pas>iun iiii;ié iieiiie, dans une inquiétude insensée on d.iiH iiiio orgik'illeiise sulituile!

M. nie rrgarilait le jeune Immme avecailmiratinn. René était en crfel r.irt beau en ee manient, avee ce simple el noble custuiuu et l'iu» spiralitin qui reniplissiiil sun visage.

rommc voire feiniiie va cire lieiirensc I dit-elle.

— Di -moi. .M rie, elle est triste, m'as-lu dit ? Celle trislcssc a-t-clle pris Mir sa san.é .'

— N m, pas irnp, di moin? en apparence. Elle est bien p^ln à la véri é, mais elle est toujours belle ; elle a l'air si grande dame cl panrt.iul si dniix ' Elle est toujours très grasse.

— Uras c! Elle était si miuee el si délii-ale aulr-foi-;. Il n'y a d me que lui, inun ear.inl, qui ne suis pas changée. Tn es luujuurs jolie, vive, b.mne et juyeiisc.

— MoM'ienr le eoin'e est hien hm. Mais, n'est-ce pas q'ic nidn mari ne mériie pas une l'emnie eu. aine mui /

— Assnn'inent non ! El il n'a pas le druil de se plain.lre si lu écotitcsceux qui le le di.senl.

— Oli I par exemple! je me penlrais plnlol que de lui joivr le miiindre tour, quoiqu'il le ineriie souvent bien. Il y en a bcncoup à inapl.ice...

Le oiir était prue'ic lorsque la gen'.ille Arlé-ienne alla retrouver Sun éjHinx cl lui T' n Ire sa blierlé. lii lui ci il.irinail tro-pruriildénieiit, San- se -oacier de sou empriso ineineiit, el ne eliieana sa feiiiini' que de le réveiller si inaliii. Pourtanl e'é.ail un ni.iri de- plus jal.inx.

M.iric amena Paulin pour qu'il trinoig'iât à René ?a joie de le vnir Clili I d- relunr el bien puriaat. L aiib rjiste bilbali.i p inehi'in.vii quel ines muis où l'on entendait seiilemenl : Mjusieur le tonne, y suis bien heureux, et pardunnez-inui.

— L'imbécile ! il n'esi pas encore réveillé, dit M.iric.

— Tu sais hien que si, ma mie, rJpoadil le malenronlreîix dponx.

— M li! je ne sais rien du tout, repartit vivement la jeune feniini" en rougissant.

— P.iulin, dit ahirs le cnmle. je comprends que le plaisir de mo revoir t'empéi'lic de l'expriin r ; lu.iis je sais que lu n'es pa- loaj nirs ail-si peiclus de l.iagiie. Taelie punnaat di; n- pis p irler de m li. el celle II. mise, qui a produit sur lui nu tel uiïel, hi,.'r soir, l'a|>parlicuiJra.

— Il ne la pren Ira pas. nmnsicur le comte, s'écria Maiie. Je l'caipôihi rai bien de ri.'ii d.re, moi

— Ce sera do ic à toi qu'elle revie;ulra. M.irlc.

— Encore iiiuins. Alluns d.me. lnun^iell^!

René vo iliit se rendre à Cuiinliiv.il sans autre aide que son h;^fon. Il avait à ni"ir d'arcumpl.r eiilieieiiienl S"n peleiiiia'pC expi.iloire. l'C quel- re.iliiiirnls sun aaie ne lui i llr p is a,.ilée quand il l'i vil de l.iin les tours ilii m iiiuii paleniel. d'uii il avail élé b.inn par Irois arrêts acenmiil.'-, celui du d sli i, eebii de l.i vulmiié e' • i lui ilr la lui. Le '■eiiiiiil de ce- allé. s élail révuipii!. li: Iruisicnie | oina t l'èlr.; racjlrmenl : m.iis le premier, le plu- rimesle de lun-, ci lui qui ^<vait ciiLinlé lis deux autres, serait il eiilin adoiie ï Uein; l'espi-r.iii ; les coiisolaules n iivell-s qui av.iii'iil salué -on reloiir à \rles avaiinit réveillé dan- s iii sein I es-ai >i vague el suniianl de- illn-ions, raj- itnies pal lia long sonimi'il. Il nipiiivail croire ipie le son lui > l'it, pi'iiil.itil trois au-, gardé prérieu-i'ineul nu lié-ur p nir le lui ravir à roii arrivé''; quesa ile-tinée seule luiiiial une e\rep ion an niilirn de luii.rs ers d stiilées l'unlempor.iini's qui s'élaienl ap'anie- el (-..lluées, elipie ladinéi' ib' se-reiiiuid. di'il enrure pr ilnig'r -un r-pn-nve. l.'eMe aille l'iire el ebarman'e. qui s'elail ainsi a l.icliei' a lin d.' luin. il o it le hniiîienr et b' m.illienr éler.n I ilépenilaii ni di' lui, avail sa.is li. Il e

fléchi le ciel eu sa faveiir. Saiisdinle. celait celle mysiciieiist ii

qui l'avait empêché de s'eiig.igcr daus d'autres lieus iucuinp»lihles.

DOM GIGADAS.

C'(;l lil la s"(Tnlo :illMctin:i (Je eel aiiii:\!it r|iii. par iiiic ciiiirlu' iiiseu» rililc, I avail riiMii laiiieiié an piirl Cniimu! lo pa-sagcr iauoiaiil, il u'uvul pu ciiiiiprciidrcia iiavi^alijii iiu'eu ubi)i'Jaul.

Oa cmiccvra sans pciae- niio l(>iUi;s eus \dic< ne devaiciil pas se

coiiiil er liii'ii iiiéllioiliipu'iunil Jalls^Oll e>piil, mais souli-iiiei'l y

Iravi'i- cr, cormiie lies ctlairs. ks vapeur» qui m nilaieiii tliii-. sou ta-ar piiKOi;. Ili lU- avail pu n-viiir i-il passant lile ilrs l'a>seri-aii\, saii-< ipi iiik; oiiibrc liviile vint si; ilrc-siT dcvaiil lui cl (■|miivaiilci- m-s piMisio< (iiiiMiiaiili's. LnliiiC 11 ulail plus dans >a vie c|ii un i;|iisodi! ciiiiiMi'iui'Ul diiuone. IJIe ne piinvail plus avoir d inItuLMce >nrsori avenir Kl coniniinl n'i û.-il pas liien anoure du sou avenir, quand le j)as.c niènic, boulu'ur inespéré 1 s eelaircissall derrière lui.'

En approrlianl lin cliàlean, le romle avait ralenti son pa^. par une raison atialn^ue à celle qui uiins l'ail ouvr.r lr.iiiipiilleiue.il une l 'lire oà mil- all.ins lire noue \ie ou noire iiMrl N nu tr.ii.noii> loujniis, si carelieiis que nous soyoïis, (jue la laiali.é iir: sirrile d ; noire einpn s eiiieiii, et ik; se plaise, pour nous f.i re pieee. à lu.l.iin >iplio-.er sous nos d )ii;ls Ks (leurs en épines, (àinime René allait qiittler le (Il iiiiii. Il api ri,ul venir nni; truipe à eliuval, il sanèla I..1 caval- C.ide passa devant lui : eélaii ni Sun roii>iii et sa Cousine, M. de (Juesi;iis et Louise, suivis de leurs domestiques.

— .Ml ' riii lu vicomte en l'apercevant, voici encore un moine que ro;i envoie à la châtelaine poui- ne lui rien apineiidre. Peu à peu son < II. l'eau va devenir une auberge puur les religieu.x errants. Uo.i ai>pé* lil. mon père!

— Poiivczvdus rai'ler ainsi hors dt? sai-o;i, moisieur' dit Louise Ci) sal laiil le religieux qui ne pensa guère à lui rendre San salut.

— II irsde saison, fi vous voulez, mai.; non hors de ra son, repartit ^o:l iiiaii. Je ne puis penser Ir.inqiilleineiit a la vie que me le eelU; pauvre conies^e. Ou son mari l'a oiililiée, ou il est mort et al ir^..,

— Nous lie savons jamais ce qui peut être arrivé, monsieur.

— Voilà qui esIpaifaitiMiiiMil vrai, se dit René en lui-même, Lori>e de Laiiipeyriere ne m'a pa- reeon 111. CiHimie elle est changée I Pour iiio I eou.-.iii, il nie semble toujours le même, et uèlre guère co.ivcrli

..e dj nom.

Le comli: entra dansia cour (le?on ehàicaii Ua eri de jiie s'i'lova ù : „i il p -et. i; était I petit Itoai li 1 qui aeeoui ni i'i lui, a elieval -ur un l.jiig liulDii ipi'il faisait \)hi(^v tl ear.ieuler aveu une rare babilelé.

— Voilà 11:1 capelaii. voili'i unrapolan' criait-il. Niu^ ail uis le condairede.-iiileà niaJaaiu lu coiulesse, Ve.iez, Ueitraiid. iuiviz-nioi, mon père.

— .le eroi- que tu iras bien tiinl seul, répoirlil le vieil iruyer, qui, p"saiiimei:t ii>?i-. sur un b.ini- de pierre, ( b.iiif.ait ^u oleil ses ineiniiies r.iidis parlage, et qui n'arrét.i pas sur le surve.ianl ses regards leruis.

— Oui, rcrlainenienl, j"irai tout seul, ne le dérange pas, num sicux Da'trand, ré,iondii'renr.inl avec nue cuinii|:iu d g.iiié.

— (i'esl plus fort que moi, grommelait l'éciiyer. tand s que reiif.nit t;ilid lit Mené >ers la conile-se .le m; peii\ pa- voir -ai.s depl.iisir niic il.' i.es r. bes eu nr ici. malgré l'ateneil que leur lait 11 ,lri; m i r.s e. On ind je pense que mou jeuie m.ii re e.-t |ienl-é re eumnie cela. ,l!,iis e usl impossible! (J.ie dirait le vieux com.e, sM revenait au ino.idu .'

L'eiifanI roiidiii-it le rnmte dans la salle noire qui a dé à jniié un ?i gian I lui,' d.iii^ celle bistuire. ti'ét.iil celle p.irlie du eliaie.in que Il c iinles-e av.iil vo du b.ib ter. préi irénienl a e.inse des vie. II. s lépeiiiles el des iioiiveanv é\é..eiiieiils qui s'y étaient aeeo iiplis. D.nis l.i silii itioii étrange i.ù eile >e tronvail, elle .ivail trouvé ilii cli.iriiie à ' tiloiTrr de ces soineuir.. cl de ces iuipri'S-ions luél.ine.il.ques. '■avail l'.iii qii''ques ih.nigiineuls d.ins les app:irleiuriil., m. us is :i--ez I eiir leur ùler leur pliysiouumie Iritciiieiil allrav.iiile. L anlicbi'i bre el la salle élaieiit lemlusde gris, comme pour leiLuil (les veuves: Ueuevieve ét.iit elle-même vêiiie de lil. me. eoniuie une Lancée, Ain i naliirellemenl, parante de cet ha:ino nciiv in-linci <pii piii lu toujours les poétique- orgaui-alions, toul, aulour d elle, é. ail d accord av e elle, ul devenait l'i niblcnie cl de sou soi t el de ses sentimenis. Llle était a-si-e :nipréi de la eluiniiiée sombre el va-le qui avait vu mourir laïeul (lelieué, qui avail eiitemlu les adieux préiiian;é-'li; Loui.-e. Un large feu n.imbuyait dans 1 aire noirci. L'.e 1 iHipc allouée se trouvait sur une tabli", pour^uppleer aux riiyoïHdii Jour, < UJ les vitraux ob-ciireis des feoéires ne l.iiisaieiit piMiélier qu'à pi i.ic dans la salle. La comtesse travaill.iilsiliMieiensemeut avec .?eslennne-à une grande tapisserie. On lùl dil Pénélope atteiid.iul le rtluur dlly-se; mais ij; ur.ieve, plus lienien-e il.ins son m 'llieur que laicije d'Ithaque, uéluil piiscuuiraiuteàdulairu la uuij.ieli'uvuil

du jour pour déjoii. r des poursuites auxipielle- elle avail su ne pas laisser de prélexte.

L'enfanl, qui n'avait pas abandonné sou coursier aeoommiulant. et que trois années avaient rendu au-si biiiyaiil qu'il était jadis laeilurne, sc précipil.i tout à couit au travers de ce silenee, et vint à la comtesse en lui ciianl qii il lui amenail nu capelan. Geneviève inibras-a le pelil -ur b' l'ronl. et, le reiiMiyanl d'un signe de sa bl niche m.iiii. se leva et alla vi r- Uené qui s'étail arrêté vers la porte, les mains dans ses manches et lu visagu caché dans son capuchon.

— Vous venez dTialie, mon père? lui dit-elle avec une voix cl uue fi«.nre doucement anxieuses.

— Oui, madame, lui répondit Hcniî.

11 n'eut pas plutôt prononré ces deux mots, que la jeune daine, se tournanl bru-quinieiit vers -es fennue-, leur d Ide la lais-cr si'ule. Peiiilaul les lieux uiinnles de ^lél.ii (jue ib-in.ind.i rexéeiitiuii de cet ordre, elle fui ubiigée de s'appuyer ,à une coii-ole, et de se tour.ier VI r.. Il fenêtre pour cach..r le irenibleiiienl de sou corps et l.i rougeur de sou visage.

— Henc. s'écria-l-cllc, diis que la porte se fut rcfenncc, Pieiié! c'est vous, c'est toi, n'est-ce pas'/

Et sans attendre sa réponse elle se jeta dans ses bras. Elle tiail bien sù.e de ne pas se Irouiper lleiii; la serra conire sa poitrine, puis, 1.1 voyant pencher l.i lêx- l'I clore ses paitpien'S, il seiilaiil qii ille fléchis ;iil, il l.i jiril sur ses bris connue nu eiir.int, el 1 1 porta d.ins un fauteuil oii il l'assit. Lui inèine s'a^euoiiill.i devant elle, el, lui preii.iul les inaiis, bs loMvrit de li,iisers, attenilanl ainsi ipéelle l'evi.it à elle. De li Is i'Vaniini--eineiiis lie soûl jamais inquiétants, IJuaail elle rouvrit les veux, clli' le leg iril.i un inslaul sans mot diru, |iui~, lui teuuul la léte entre les deux iiiaius :

— Muu René, lui dit-elle, relevez-vous. Vous ne devez pas rester ainsi.

— Geneviève, lui répondit le jeune homme, vous m'avez doQC pardonné .'

— N'ètes-vous pas revenu?

— Et vous m'avez aleudu! Vous m'avez aimé, parée que j'dlais mallieuruux eipiostrii: Ou; coiinueui ai-je pu mériter tant de bonheur?

— Mais vous, vous mVimcz donc aussi?

— .Me croirez vous si je vous le dis?

— Oui, si vous le répétez bien souvent.

— Eh tleu! toute ma vie!

Telle fut In recnnnais<;nncc des deux époux, bien éloignée de la friileur de leurs adieux, C est ipie, puilaiil trois ans, iis iivi l'nl eu le temps de vnir clair d.iii- b'iir cœ ir el «rmiblier les li.iliiliiilis dire erve qu'il- avaient piises Inu à l'egari de l'aiilre. En se revoyant apte- nue >i luigiie se|iar.itioii. I.i sin prise avail (ait déliorder des ^enlimcnls ipi'il ne sav ie.it pin- coaipiimer. Nous disons ceci siir-

loiit pom 1; nevieve. Lé lion de la jeune femiiie avait fuit aidé

Celle lie lleiié qui avait pin- de bonne volo:i:é qie d'aiiiiiiir réel te (pie l'on coiiccMM sans peine. Si.ii .lue avait surloiit be-oin d'.ifl'eclioii. Apres avoir vécu Irois iin- rcpl.ée siir elle-uiêine. et s'é.re retrempée dois les eaux pures du dé ert, elle se relevait au gr.iuil air, iifiamée d'enlaeeiiienis cl de leiidie-se. Aii-si sa plus grande raison pour aimer sa fiimne e>l qu'il en était aimé.

— rfaut, dit Cenevicve. q'iaml les exclamations furent un peu é|mi-éts, il faut (pie v.ms é'iiviezà voire cousin, pour qu'il Vous oblienue prouipleuieul voire absoluliou .le ne pense pas (jue Cela pui,se offrir biu.i des ilfieiilé-; mais on pourrait vous multrc un piisim pendant quelque leinps, si vous vous monliiez du suite, 11 est encore préférable peul-èue de rester caché ici.

Arle

Je viens, dil René, de voir passer mou cousin se rendant

— Avec sa femme ?

— .\vec sa femme!

— Celle vue a dû vous causer bien de l'émoiiou ? — iïa.i> douUj,

DOM GIGADAS.

mais moins encore qiio l:i v6ire, chère Ccnevièvo! — Eh hicii! ilil la jemie r-ninie en ne rôiv.nnlaiil «jne par un s-ourire île plaisir à ci tic fl.iiliii-e paioh-, je mon vais faire ciinrir apics hii. Il ne penl O'ire enciire bu ncloigué,cl j'ospcrc (|u'il pourra cl voudra bicu rcluuruer sur bcs pas.

Elle sonil un instant pour donner les ordres nécessaires.

— pli vcrilc' pcns;iit Rfnc, il fallait que je fusse aveugle pour ne pas m'épreudre do Crllc divine ciéaMire! — Pen.laul ce louips, dit ta c.iinlosse en reniraut, vou'» me direz loiit ce qui vous est arrivé p< ndanl ces imis loi'.gues aiiuoes. Mon cliéri! uii duuc CtieZ-voiis allé Poi'Souiic ne vous avait jamais rencontré.

— Ce n'est pas ciounaui, car je n'ai pas mis le pied sur une route pcn-t-m! tout ce lemp>-là. Mon lii>loire u'e>t pas bien loiijjnc à raeonitr : ces Imi^ années ont é;é pour moi aussi iinnioliiles (|iic

I an.iéf qui les avait yrvr d.'cs avait éié agi é' ; iiiniinliilr, du moins à 1.1 Mirfacr, Car il m'ar.illu liiru dn lc-iii|is pour ariiviT à ri ronquciir du calme, et mou .-Ime a oiiriin\é eiuoir bien des |ioiipolic>cl des rt M liili.ius cil elle même. LoiMpic mon con>in m'rnl quille, jc co:iliim. i a riiivre la roii c qui oiall devant inni. et de laquelle on apercrvaii sniiv. lit la mer. J ét.iis |ire que privo de senliiiioiil ; lepcnd ml j'éj>iouv.ii> emore le lie-oiii de cumpo ir mon maintien, cl je d.v.ijs uv.iir à peu |ire> l'air d'un lioinim' qui voyage |iour son plaisir. Je ni°ara'-t..i^ quand mon clirval semblait f.iligiiu ou I irquc je me s<'Ulais moi-mému déf.iillir; du reste jc n'aurais |ias idée des lieux pir <:i'i ,e passai, si je ne les avais revus à iiion retour. Jaunis pu aili-r toute iii.i vie ainsi, si un jour l'aspect d'un roiivoni ne m'eût rappili; le piojd que j avais foriiié de me nuilie eu religio:). C.c piojel ne ni'av.iii |ij> ub.iud mué: m.iis il f.d ait que le hasard m'en f.icllilal l'i véi'iiii <u. Je ne pouvais pa« eluTclu r un ciiiim'oI. il (allait qii il viu à u.oi ; il y vint ou elTel. m. os pour m'eiiqèclie: de me faire moine au lieu de m'v engager Les voies de la l'rovideiiee soûl nupéuéiraliles. li'élail un beau coiivi ni. assis, connue à l'ordinaire, au oeiichaiil d'une culline, et regardant la mer par-dessus les grands arbres qui reuvirounaieiil.il était tard; je n'avais pas trouvé de gile on b ou j'av.iis p.issc sans les voir : mon clioal prit de lui-même le clicniin du couvent, et je le laissai faire. Je ne m'aperçus où j'allais qu'en y arrivant. Jc me ligurai, cuiiimc on se ligure toujours dans le- niomi lits d'iuerlic morale, non peut-être sans raison, que c'était la main de Dicu qui m'avait guidé en ce lieu, et je résolus de n'en plus sOilir. Jc me lis siir-le-cbauip conduire auprès de l'abbé, anqnel je demandai de ni'adiueltre parmi les novices : c'était un vieillard sase et fin. et qui avait connu le monde II vil tout de suite ce qui ni'a\ait |>u amener à ce parti; en me parlant avec douceur el me questionnant adroilcmeiit, il parvint à me faire répandre devant lui tous mes chagrins et à souder toute mou ànie. 0"and celle sorte d'examen fui achevé, il me dit que je pouvais demeurer dans le monastère Cl prendre pari à tons les exercices des religieux; mais qu'a\ani irois aus il lui serait impossible de recevoir mes vœux. — « Si Dieu a décidé que vous devez vous retirer du monde, .ijouta til, trois aus ne changeront pas sa décision; mais si vous avez encore quel. pie diosc à y faire, ci tic épreuve vous aura été buune pour ^llé^ir les blessures qui vous épuisent et vous rendent incapable de bien juger de votre « lat. De toute lavon vous n'aurez pas à vous rcpeniir de ce délai. Mais, voyez, vous voulez vous consacrer à une religion que vous n; connaissez même pas. Avant de vous faire ii-li- ^':eox, il fjulsohger à vous faire catholique. • On ne pouvait parler |.!u- duuc ment cl plus si'gemenl. Je n'avais pas d'ubjecliuu à f.iire, • I je iii'..l.;iiidonnai entierLmenl à la direction de cet excellent préire. D abord il lâcha de me réconcilier avec moi-même; il nionlra

II folie et la monsiruosilé de l'idée de f.ilalité dont j'étais poursuivi; il me cou-ola avant de m'iiistruirc. Il se lil en quelque sorte médiateur cuire mou cspril cl mon àme : il nie lit sentir que l'une était moins malade encore que l'antre; que celle-ci était moins coupable qi e celui-là u'était insensé. Il siiiiplilia mes crimes el mes fautes sans les excuser, et m'apprit que le dé-^espoir n'était pas nue expiation, et qi^il y avait beaucoup d'c^oisme dans celte fuite du monde que je ""J ■is tout eu D en Quand il me vil calmé et capable uon-senlenieul d« l'écouler, mais de l'eiilenilre, il cuimiicnça à m'iiiitipr à la pure el spleutlide docirioe de la rcligioo catholique. Je gi ù'.ai avidement ces preo pu-s si divius el ce culte si bien aiproprié à lame humaine, si tendre, si prévoyant de uns faiblesses el de nos douleurs, <pii sans cesse nous snoiienl, el, nous doutant, nous aide a prier et à pleurer, noos apprend a nous élever vi rs Hieu, ou même f.iil descendre Dieu Ters nous. Je trouvai tout de suiie niui-seulemenl une Cuusolalion, naît no vér.uLle boobeur dans tous ces pieux exercices, dans ces nysiiques e:i .ei|ncmeDls La religioa piolestaiite csl si froide, si sèche, sipâ!c nou- inet -i peu eu conuei avec Dieu, que c'était pour Boi comiiie DUC découverte des rapports de rbomuie avec la Divinité. ■on âin.- s epaiioiii-sail aux chants sjicrés, cuiinne s'ils lui eilssciil p rie il.reeUinent.iouTeiil il m'arri-ait de nie relever le visage baigné 4t lannc» aj/rc» lo être (irosierué à terre pendanl l'élévation de U

sainte hostie, Non-seulement j'étais exact à tons les oflices, à toutes lés prières, mais il m'arrivaii de me relever pendanl la iiuii pour venir me proslcrner devant l'autel éclairé d'une seule etl.inguissanio lampe. Oli ! oui, m'écriai-je. Seigneur, gardez-moi d.iiis voire s.iuc- Inaire. par pitié, no me renvoyez pas! I.e monde a é:é si mauvais

fioiir moi el votre temple m'est si doux I Hélas ! il y avait enciire de a l'aiblesse dans celle ferveur, de l'égoïsme d.iiis celle vocation. Je n'osais pas encore laisser mon àme à elle-méiiie, el je voulais m'ôlourdir aussi sur tout ce que je laissais derrière moi. V'nlre image, chcre Geneviève, était celle qui me tronblail le plus souvent ; tantôt elle m'apparaissail avec uii air de re|)roelie, tantôt elle m'apportait de jaloux frissons. Alors j'aurais voulu être lié irrévocablement, on bien jc ne me croyais pas encore assez loin : je dé-irais être envoyé à quelque mission lointaine, eu li.irbario ou en Palestine. Je suppliais l'abbé d'abréger l'épreuve. C'ctaii pour lui une r.iison de la nialiiteiiir il .savait que, si je me cramponnais ait) i au cloître, c'était parce que la teiilaliou nrenlrain.iil dehors. Il voyait d.iiis mou oKiir coiiiiik; dans un livre; quelquefois aussi il me passait dans la léte des idées l'aulasques, coiuiiie de me l'aire pirate on bandit, el de venir rav.nger ce niuiiaslcic hospitalier qui ne vonl.iil pas de moi pour toujours. C'était le sang que j'avais respiré ipii nie troublait sans doute ainsi l.i cervelle; car ces rêves horribles s'cniparaieiil de moi snrloiil depuis que ce malheureux Gautier el ma pauvre sœur lu'élaieiit appai'Us : le meiirire amené avec lui le vertige. I.boniiiic teint de sang cpiouve le besoin de s'élever contre Dieu el de blasphémer ce vengeur suprême, ilti ne fut que la troisième année que la résigiiaiion me vint avec le véritable repentir. Je pleurai mes fau'es avec mon àme cl non plus avec mes yeux. Mes prières, moins fébriles, moins exaltées, furent plus profondes. Je sentis que je n'avais pas le droit de m'ensevelir dans un cluiire sans èlre revenu prendre congé de ce mo'.ide que j'avais quille coiinne nu lâche fugitif: que jc devais aller voir si persontie n'y avail plus bi'>oiii de moi. Une voix secrète m'avertissait tpie vous étiez toujonis là, ma douce et bonne Geneviève, el que mes remords recevraient quelque adoucissement nouveau. ÉuGu, sur lu conseil de l'abbé, je suis revenu. Voilà tout.

— Certes, c'est bien assez, dit Geneviève. Ce bon abbé I je l'aime.

— Je ne crois pas qu'il ait existé d'homme plus vénérable, plus sage el meilleur, si ce n'esl peut-être ce pauvre :ipoiliicairel Quand je partis, il m'embrassa en me disant : Si les (lois refnseui de reconnaître votre navire depuis si longtemps échoué, revenez alors . au purl pour u en plus sorlir.

— Eh bien ! vous avez trouve un autre port.

— Où, si j'eusse été sage, je serais depuis longiemp».

— Oh I ne pensons pas au passé.

M. de Ccuouillac avait été fort surpris du message de la comtesse. 11 s'y rendit néanmoins snr-lc-champ.

— Que se passe t-il donc, madame ma cousine, lui denianda-lil en entrant, pour que vous me procuriez si inopinément le boiilicnr de vous voir (|ni m'est si rarement donné '.' Faul il aller en Turquie, en lispagiie ou même à Paris'.' Je suis pict à faire tout ce qu'il vous plaira, mais j'aimerais encore mieux rester ici.

— Monsieur le vicomte, je vous suis obligi; de voire galant dévouement, désormais ce ne sera plus à moi que vous pourrez vous plaindre de ma solitude, mais à ce révérend père.

— Comment'? madame, dit le vicomle en jetant sur le moine un regard de travers. Oh ! mais, par le diable, jc crois fine c'est vous, mon cousin. Oui, oui, il fallait cela iioiir que votre lemuie fil ainsi courir après moi. Je regrette de n'avoir pas amené la mienne. Eli bieni soyez le bienvenu.

Les deux cousins s'embrassèrent assez cordialement.

— J'espère que ce froc n'est qu'un déguisement, dit le vicomte.

— Pas autre chose. C'e-t assez, je crois, d'une robe dans un ménage. ■— Et puis, s'il y a quelque chose de pire qu'un moine, c'est un moine défroqué. Ah ! que voulez-vous, je n'aime pas les moines. Vous eu êtes bien un peu la cause, ma belle cousine; j'ai enragébicn des lois de voir ces maudites robes traverser librement cette porte qui m'était fennée impitoyablement. J'ai été sur le point d'injurier mou cousin. Qui diable vous aurait reconnu aussi, mon cher?

— Moi, monsieur, je n'ai pas eu besoin pour le Tecounallre, d'on grand examen, dit la cumiesse. ^''

— Aussi, madame, élcs-vous ua aoge, voui.

DOM GIGADAS.

On paila ;il()r> d'affairis. Le virniiai; ;issiir.) que l.i g''àcrt ilft ii;)iivail èlrc rc'iiscc, cl ipiL- diiiis (iiiiu/c jours le cdiiile aurait loule liLcrlé lie résider duiis ses lernis et luèiiie en Proveiiec.

— Qiiaiil -it la cour, il faudra un pou plus de Icuips pour y revenir. \ — Je ne demande rien de cùlé-là, dit René.

— El que eompioz-vous donc devenir, mon cher cousin? Songoz que nous avons de nouveau la guerre.

— J'avoue que je serais en effet Itii'-n aise de voir le feu; cela est indispensable a nu iienlillioninu', mais les carroiiM-'s di.' la conr uc me paraissent pas nécessaire:! pour établir sa noblesse et la reli.H:s er.

— Vous serez loule voire vie un liomine singulier. Quoi, comptezvous vous cn>evelir à jamais dan> votre château.' Mais, mon cher, vous y mourrez d'ennui avant un an.

— Cependant, madame de Courchival y est bien restée depuis trois aos sans quasi en sortir.

— Oh ! quand on est seul, on peut faire de ces clioses-là; on peut SO nourrir de douleur, mais non d eimui, je vous lu répcie.

— Vous vous ennuyez donc bien la Lagny, mon cousin ?

— Pas trop, mais mon secret pour cela est de n'y rester jamais.

— Monsieur le vicomte, vous donnez là à mon mari des leçons bien audacieuses et bien prématurées, iutcrronipil alors la comtesse.

— Ce sont p1ut(it des plaintes que des leçons, madame.

— Eh bien ! mon cousin, j'espère, moi, n'avoir besoin de ne me plaindre que du passé, et de ne preudre des leçons que de mon tœur.

— k merveille ! Vous êtes en bonnes disposilinns, je souhaite qu'elles durent. Je m'en vais, car on a affaire à moi là-lias. Je m'ocenpirai de suite de votre affaire. El sans doute il uc faut pas revenir vous vo.r qu'elle ne soit leriinnée.

— Peui-être, dit la comtesse, vos visites seraieut-eUes remarquées «l feraient soupçonner quelque chose.

— Oui, von,'; avez raison, madame. D'ailleurs vous devez avoir bien des cnoses à vous dire. 0 trop heureux époux ! non, je ne troublerai pas vos charmants entretiens. Comptez uéainnuins sur moi.

11 fallut donc que René se résignât à demeurer quelque temps comme un ciranger dans la demeure de ses pères, et à consciver son vé!eiiieiil monacal, (pioi(|u'il eût tout à fait renoncé à toutes les résolutions qui le lui avaient fait prendre. Uertiand et la femme de chambre di- la comtesse furent seuls mis dans le secret. Comuje nous avons déjà décrit beaucoup de reconnaissances, nous pensons que le lecteur nous dispcnvera de celle du vieux écuyer. Tout te que nous ei\ dirons, c'est qu'elle fui aussi pathétique que 1 on pouvait l'alienilie. Dès le soir même de sua arrivée, le comte voulut aller au toiubLan de son aïeul.

— 0 mon pcrci lui dit-il, êtes-vous apaisé, et le courroux du ciel est-il eniiu satisfait?

— Oui, dit une voix derrière lui. Nous serons heureux maintenant. Celait Geneviève, qui lavait suivi.

— Ah I dit René, vous avez le droit de répondre pour lui, puisque vous êtes sa Clle selon sou choix, et à i^éseut aussi suivant le mien.

La réclusion de René fut. comme on pense, bien adoucie par Ceneviève. I.e mysiére que les deux époux étaient obligés de mettre d.ins leurs entrevues vint encore resserrer et ennnieller leur union. C'élail l'amour avec tous ses charmes et ses grâces, mais sans le trouble empoisonné qu'il mêle à ses faveurs.

Le marquis était alors absent de Conrchival. H n'y revint que diMix jours après que René eut repris oslcnilileniint pusse sioii de son nom et de SCS droils. l'omme l'accord enlre les deux époux l'iait désormais au^si paif.iil que possible, il oublia tous ses aucieus griefs couiie son gendre, pour s'unir au bonheur de sa GUe.

Le comte ae revit pas de près sans émotion madame de Gcnouil-

lar, iijaii tous de ix surent se contenir et s'interdirent lonlçidjusion an |)assç Le vicomte s'atiiiia sonvcni à le leur rappeler, mais leur sil.-nce et Iciir coiilcuance loajinrs convenables v.iinquircnt cnlin Cette o!)-lination singulière à railler sur uu sujet qu'où eut pu croire peu agré.ible pour lui.

— An m')inî. disait-il un jiuir, vous pourrez vous donner l.i cnnFOlalion de marier nos enfants. Ma cjusinu ni moi n'y mettrons d'opposition.

— Mon cousin, j'^ ne lai-^serai pas toinhcr celte parole, ré|ionilit René. Vous avez un gaiçon et une lille. (Jnel ipie so.t doue le sexe de reniant qui va biin'.ôt me naître, je le marierai dans votre famille.

— J'.".CCi'pte, mon cousin, quand ce ne serait que pour donner à nos enf..nis le (ilaisir de nous désobéir.

Ce fut une fille qu'eut madame de Conrchival. Louise en fut la marr.iinc. Le mène jour, mailaine P.inlin élail accoiieliée di; deux juriicanx, d'un ^aiç.in bliiiiil et ro e, cl d ii ic lill ■ des plus liriiiics, ce qui il(/iiiiaà l'aiib rf;i-le l'occa'-iiin rie se n'criir et de l'.iire ircrier les antres siir 1 1 variété de la naliire qui f.iisail lia tic ciHcinlile d, s cnf !iits si cl;ll'ércnls, et l'un d'i n\ si dilïéicnt aussi de son peie et de sa niere, tous deux entièrement bruns.

— Ouais, dit le vicnnile, il faudra que je m'occupe d'une femme pour ce pelit lilomli i-là. I.e nluiir de mon cousin vous a poi t.; bonii.;ur, ma chère Marie. Il faudra que j'envie son sort jusciu'an bout.

Paulin se confondit en rcmorciments envers le vicomte, et ce fut Iji celle fois qui eut à blâmer sa femme de son silence.

Malgré le bonheur toujours nouveau qu'il trouvait dan"! l'amour de sa f-inine, c; le gnut qu'il prenait à la vie de r.nnille, le eomie voulut aller servir en Flandre coiinne volontaire, ce dont soi coii-,in lui obtint 1,1 pcrini^sioii. Son histoire avait été répandue à l'ariiiéc par qiic'ipirs of.ieiers qui l'avaienl vu en Provence. On se préparait donc à le r.iiller qnilqiie peu; mai, le cli valii r de Vallavoir. qui était devenu un diallisle tOiiMiininé, et pour lor, brigaJ er des nriusqiietaiics. déclara qu'il ét..it l'ami iiiliine du Comte de Courchival, et qu'en mal palier ce serait l'insulier lui-inéme.

— Au surplus, ajouta-t-il, il est fort capable de mettre tout scnl le» rieurs de son eoié; car je l'ai vu d.ms une affaire percer de part en part un hoiniue de cinq pieds huit pouces, et c'est un coup que je n'ai jamais pu reproduire.

René ne donna pas occasion au chevalier de mieux éludlercc fameux C'inpqni lui troublait la télé; mais il uionlra qu'il n'avait pasbi?soiii d eue animé par la passion pour èlre brave, et se condoisil devant l'eiineini de la manière la pins cnnvenable. Un reste, il l'ut bientôt aimé des gens avec lesipicls il se trouva en contact durant la cainpigne. Il était devenu aussi doux, aussi sociable, aussi aeeoinmodaiil, qu'il était autrefois intraitable et réservé. Siui affibililé n'était cependant qu'à la surface ; pour peu qu'on voulût pénétrer plus avant et arriver avec lui à l'intimité, on était arrêté par une !;lace iin|io,sible à rompre. Il avait pris son parti sur les hommes : il vonl lil bien vivre avec eux. mais nmi pas eu eux II souffrait leur coiiipasnie et làcliait de leur être agréable, mais il n'avait pas besoin de leur amitié René fit decette façon plusieurs campagnes; mais il ne voulut jamais prendre aucun (Uiploi. En Fiauebe-Comté, s'élaot disiiniiué par une acticm d'uni- rare iuu-épidilé, presque sous les yeux du roi, Louis XIV voulut le voT et lui donner lui-même la permission t\c se re|Mé-enter à la cour. d(ml h; coiiUe ne profila ipie deux on trois f .is. Son bonheur ne fnl troublé que par le cli.igrin de ne point avoir d enfant mâle qui pûl conliniier son nom. Sa lille aînée épousa en effet dans la siiile le lils de son cousin, et confondit eiifi.i les familles longtemps divisées de Coureliivalct de LaiiipeMiere. Le cianle ne voulut pas de suh,liiiiliou, et la suite a imniiré cpi il avait raison, poiscpie la fa. mille de Lanipeyricre s'éteignit ebe-uiéme à lagéiiéraiiuu suivauie-

Uainicnant, lecteur, que nous vous avons scrupuleusement insirait

DOJI CIGADâS.

du <orl de tous les pei>oiiiiagc» qui mil li^iiic ilaiis oiw liisluin'. cl même de Iciir de>cou(laiiet' , si voiis;iinuz lis iiii'i;iliios. m- |iiniir.iiion feruici ce livre par celle ci, savoir : (.lu. . sM y a (iiieliiiie tlll)^o vie plus Vttiu (lue la JLSliuce liuiuaiiie, c c^t la voloulé l.iuiuii.c, et

(|u>' l'Imiiiiiio l^t■^l jamais ni toiil bon ni loiil mauvais, qu'il y a de vilaiui's ei iii.iiiva ses cliiiscs dans les meilleures, el du bon el du biaii (liez le> I ire>, eu qui duit faire prcudre à la fois l'huiuaullé eu pillé el eu suti.tVauec.

fiù bjk iliUl <;)i>AUAi.

^J>.ue£T

MâdezooiMUe de la Valicro. ^ r&fiK 51.

titl-él. — T1P* »0«MX7,

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