‹ Œuvres de Joseph DrozChapitre 50 sur 52 · DES EMOTIONS VAGUES · texte numérisé non relu

DES EMOTIONS VAGUES

Des plaisirs purs, enivrans, nous seraient inconnus, si le ciel ne nous donnait plus de force pour sentir que pour raisonner. C'est quand l'esprit cesse de s'exercer, que le cœur et l'imagination, mollement entraînés, goûtent la volupté des plus aimables rêveries. Ceux qui veulent analyser toujours ressemblent au chimiste qui , pour connaître les fleurs , en détruit l'éclat et les parfums.

Sous l'allégorie de Psyché, les anciens ont décrit quelques-uns des mystères de l'âme. Dans l'ombre des nuits , Psyché reçoit les caresses d'un époux qui jamais ne s'est offert à sa vue, et le

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boiilicur l'environne. Mais, bientôt, <'lle veut connaître l'auteur de sa félicité. Imprudente ! elle approche une lampe, son jeune époux s'éveille et s'envole.

Il est des qualités d'autant plus séduisantes que nous n'avons d'idée précise ni des effets qu'elles font éprouver, ni de la cause de ces effets enchanteurs. Qui peut définir la grâce, et la douce impression qu'elle produit sur nous? S'il est possible d'acquérir cette qualité, c'est en voyant des modèles, bien plus qu'en écoutant des préceptes. Existe-t-elle dans les formes du corps on dans ses mou vemens , dans laphysionomie ou dans les traits? Une femme sourit, et je suis ému par la grâce de son sourire: ce léger mouvement des lèvres produit donc le charme fugitif que je voudrais saisir? mais le sourire cesse, et la bouche conserve encore de la grâce. Supposons Terpsichore invitée par ses sœurs à leur révéler ce qui fait naitre ce don précieux. Combien la muse de la danse va réunir de qualités élégantes, pour former celle dont le pouvoir est toujours certain! Vénus rit d'une savante leçon , et détruit l'auto-

rite des préceptes, en imitant avec grâce la marche de Vulcain.

Les traits de poésie ou d'éloquence qui font sentir des émotions confuses, laissent une longue impression. J'aime cette comparaison d'Ossian : « La musique de Carryl était douce, mais « triste, comme le souvenir du plaisir ou du a bonheur passé. »

De toutes les descriptions de naufrages que j'ai lues, je n'en connais pas d'aussi frappante que ce court récit du voyageur Pinto. « Nous « aperçûmes, à la lueui- des éclairs, un vaisseau « qui, comme nous, luttait contre la tempête. « Tout-à-coup, dans l'obscurité, nous entente dîmes un cri épouvantable; et puis nous « n'entendîmes plus rien que le bruit des vents « et des flots. »

Chacun a retenu le morceau célèbre que termine ce vers :

Par-delà tous ces cieiix , le Dieu des cieux réside.

Le vague de cette image en fait l'immensité. La poésie a plus d'attraits que la prose, non-

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seulement parce qu'elle emploie des couleurs plus variées et plus brillantes, mais encore parce qu'il y a quelque chose d'indéterminé dans son harmonieux langage. Ses métaphores, ses inversions, ses figures ajoutent aux idées principales une multitude d'idées accessoires, qu'on ne saurait analyser, mais qui toutes agitent et flattent l'imagination.

Certes , mon dessein n'est pas d'enseigner à répandre le vague dans les compositions littéraires. L'écrivain qui prodiguerait les réticences et les images peu déterminées , s'environnerait bientôt d'une étrange et fatigante obscurité. Ses ouvrages, loin de jeter l'âme dans une agréable rêverie , ne produiraient que de l'incertitude pour l'esprit.

L'auteur du Voyage sentimental croit , avec des phrases entrecoupées et des points, donner un vif intérêt à d'insi£:nifians détails. II ne présente souvent que des énigmes inutiles à deviner, et j'entrevois plus d'affectation que de sensibilité dans ses idées confuses. En disant ce qu'il me fait éprouver, je parle sans prévention;

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je me hâterai même d'avouer que ses œuvres contiennent un petit nombre de pages qui m'enchantent : ce sont les lettres d'Yorick et d'Elisa. Le sentiment qu'elles respirent est indéfinissable. Est-ce l'amour qui les dicta? Sterne, dès long-temps, n'était plus dans l'âge des erreurs, et la jeune Elisa paraît fidèle aux lois d'un époux. Sterne lui témoigne une estime profonde, une affection paternelle ; et le langage d'Elisa est presque toujours celui de la vénération. Ces lettres seraient donc un monument de l'amitié la plus pure? Mais l'amitié n'a point des ardeurs si vives, des inquiétudes si tendres, des rêveries si mélancoliques; elle n'a point un culte si doux. La correspondance d'Yorick et d'Elisa est empreinte d'un sentiment dont je ne puis me rendre compte : c'est pour cela même qu'elle m'attache, que j'aime à la relire; et que toujours elle me plonge dans un attendrissement délicieux. Le plaisir qui naît de la peinture naïve d'un sentiment vague, je l'éprouve à la représentation d'une pièce, que je suis loin de compter parmi les chefs-d'œuvre : c'est le Philosophe

sans le savoir. On y trouve des cléclaiiialions,cles niaiseries et des invraisemblances ; mais quel naturel et quel charme dans le rôle de Victorine ! Cette jeune fille a , pour le fils de son maître, une affection qui ressemble quelquefois à celle d'une sœur; qui, d'autrefois, paraît plus tendre que l'amitié : si c'est de l'amour, que d'ignorance l'accompagne! Victorine a l'enfantillage et la gaîté de son âge : elle ne rêve point ; on rêve en la voyant.

J'ai montré les avantages que s'assure le musicien , quand il suit la pensée du poète. Applaudissons les chants expressifs, mais ne dédaignons point une vague mélodie. C'est elle qui nous fait jouir des sons les plus délicieux. Le compositeur qui cherche une déclamation très juste, est obligé quelquefois de sacrifier le plaisir de l'oreille ; tandis qu'une entière indépendance favorise celui qui s'enivre de son art, et ne veut en obtenir que des sons ravissans.

Une musique expressive inspire toujours à peu-près les mêmes sentimens. Chaque fois que, dans Félix , j'entendrai l'air du vieillard , les

mêmes idées de probité , de vertu , viendront occuper mon esprit. La musique suave , sans expression déterminée , se prête à nos diverses rêveries. C'est elle qui , s'unissant à nos affections, nourrit un jour nos songes de bonheur, le lendemain notre mélancolie; elle ne prescrit point tel genre de plaisirs , elle ajoute à celui que nous voulons goûter ; elle émeut l'imagination , et l'abandonne à ses propres chimères. Si j'étais plus épicurien , je voudrais entendre quelquefois ime mélodie vague , en respirant des parfums, dans un salon faiblement éclairé.

Les Italiens nous offrent les modèles parfaits de ce genre de mélodie. Quelle verve anime leurs ouvrages! quelle fraîcheur! quelle abondance d'idées et d'inspirations musicales! Leurs compositeurs sont nés pour faire de la musique , comme les rossignols pour chanter. Souvent , il est vrai, leurs représentations manquent d'intérêt dramatique, souvent elles dégénèrent en concerts. Qu'elles soient, cependant, l'école de tous les hommes qui veulent apprendre le secret d'en-

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chanter l'orcilk', et de plonger l'imagination dans une douce ivresse!

La peinture a moins d'enthousiastes ardens que la musique et la poésie. C'est, je crois, parce que cet art retrace matériellement les objets qu'il imite. Les impressions qu'il nous cause, ne portent pas à Tesprit autant d'effervescence que les impressions moins déterminées des autres arts.

11 est difficile de s'exprimer clairement avec le pinceau; mais l'obscurité est très différente du vague. L'obscurité nous empêche de comprendre l'idée qu'on veut énoncer ; le vague nous fait entendre plus qu'on ne songe à nous dire.

Les images ingénieuses en poésie , deviennent quelquefois absurdes sur la toile, parce que le peintre substitue des idées positives à des idées confuses. Le passage suivant prouve très bien cette vérité : « Qu'Anacréon comparant l'amour « à l'abeille , le fasse voltiger autour de la rose , « qu'il l'endorme sur son sein, mille idées char- « mantes viennent prêter leurs pinceaux , et « ajouter leurs couleurs à la métaphore du poète;

<-( car de combien de manières ne peut-on pas « voir cette image , tant qu'elle reste invisible ? « Un peintre, je crois, Ta empruntée à la poésie; « et il nous fait voir un petit enfant blotti dans « une rose. Je laisse à penser ce qu'a de puéril, « et peut-être de bizarre, cette rose servant de « couche à l'enfant. Le poète l'a fait, dira-t-on. « Sans doute; son amour peut se nicher dans le « calice d'une fleur, comme dans le sourire de « sa maîtresse. C'est que la rose d'Anacréon n'est « pas une substance, c'est que son amour n'a « point de corps. »*

On aurait tort de conclure des observations précédentes, que le peintre ne peut jamais inspirer des idées vagues. Je vis, au salon, il y a plusieurs années, un tableau dont le sujet est une femme âgée qui sommeille , et qui tient sur ses genoux un enfant endormi. Je retournai souvent le voir. En considérant ce rapprochement des âges opposés, l'insouciance, le sommeil aux deux extrémités de la vie, mille pen-

* M. Quutremère de Quincy. ( Archù'es littéraires. )

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sées confuses venaient occuper mon esprit, et pénétrer mou cœur d'un doux intérêt.

Combien de jeunes néophytes exaltèrent leur imagination à l'aspect des scènes retracées par Lesueur , dans sa mélancolique histoire de saint Bruno? Quelle foule de sentimens s'élevaient dans leur âme, lorsqu'ils parcouraient ces tableaux , pour arriver à celui où des couleurs monotones forment une sombre harmonie avec la scène de mort qu'il représente! Des hommes vieillis au pied des autels , attachaient aussi leurs regards sur ce dernier tableau , piès d'en renouveler eux-mêmes le pathétique et lugubre sujet. On n'observe plus d'un œil religieux ces chefs-d'œuvre; et toutefois, je m'abuse étrangement s'ils ne doivent encore une partie de l'impression qu'ils produisent, aux vagues souvenirs qu'ils réveillent.

J'ai fait sentir le vice des allégories; mais , lorsqu'elles sont ingénieuses et claires, elles peuvent occuper agréablement l'imagination ; ce ne sont plus de pénibles énigmes, ce sont de spirituels apologues. Une des compositions du Poussin les

plus admirées , est cette danse où le temps , sous la figure d'un vieillard , joue de la lyre , tandis qu'un enfant regarde une horloge de sable, et qu'un autre souffle des bulles, images légères de l'éclat et de la rapidité du plaisir. Deux morceaux de sculpture charmans sont les centaures trouvés dans la maison de campagne d'Adrien. L'artiste a voulu montrer les effets de l'amour sur différens âges. Un des centaures est jeune, l'autre est vieux; chacun d'eux est monté par un enfant ailé. Le jeune centaure est fier, heureux, il obéit avec ardeur au maître qui le guide; l'autre est honteux de lui-même, il s'attriste et s'étonne du joug qu'il subit.

Je ne m'arrête point à prouver que le plaisir causé par les allégories ingénieuses, résulte en partie d'idées vagues.

Le geste, la physionomie, le silence mélne, ont une éloquence énergique. Ils offrent des idées indéterminées, saisies par l'imagination et par le cœur, plus que par la raison. Qu'un personnage tragique exprime le désespoir et les remords, en vers pleins de chaleur, les sensa-

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tions qu'il causera seront faibles, comparées au saisissement qu'on éjDrouve en voyant lady Macbeth endormie, se lever, marcher, prononcer des mots entrecoupés; et, l'œil fixe, frotter ses mains pour effacer le sang dont elle croit les voir couvertes. Cette étonnante scène est interrompue par un mot sublime , où se trouve aussi du vague. Une femme de lady Macbeth amène, avec mystère, un médecin pour qu'il juge de l'étrange état de sa maîtresse. Cet homme comprend bientôt la cause d'une agitation si terrible ; effrayé du secret dont il se trouve dépositaire , il prend la main de son introductrice, et lui dit: Sortons , j7ion art ne peut rien à cette maladie.

C'est par des sensations confuses, que le langage des cérémonies et des fêtes émeut profondément les hommes. Il frappe des êtres grossiers; et l'exercice de la raison ne rend point supérieur au trouble qu'il fait naître. L'esprit analyse un raisonnement, le détruit, ou du moins y répond; il est sans force contre des impressions entraînantes, qu'il ne peut expliquer. L'incré^dule Diderot s'attendrissait à des céré-

monies pieuses : « Je n'ai jamais vu, dit-il, cette « longue file de prêtres en habits sacerdotaux , « ces jeunes acolytes vêtus de leurs aubes blan- « ches , ceints de leurs larges ceintures bleues , « et jetant des fleurs devant le saint Sacrement; « cette foule qui les précède et qui les suit, dans « un silence religieux; tant d'hommes le front « prosterné contre la terre; je n'ai jamais ence tendu ce chant grave et pathétique , donné a par les prêtres, et répondu affectueusement « par une infinité de voix d'hommes, de femmes « et d'enfans, sans que mes entrailles ne s'en « soient émues, n'en aient tressailli, et que les « larmes ne m'en soient venues aux yeux. Il y a « là dedans je ne sais quoi de grand, de som- « bre, de solennel, de mélancolique. »*

I^es émotions vagues sont la source des plaisirs les plus purs. Le bonheur du sage serait-il très différent de celui des intelligences célestes , lorsque ses méditations se changent en rêveries , lorsque , s' abandonnant au repos avec délices ,

* Salon de 1765.

il cesse de penser, et trouve, dans le seul senti' nient de l'existence, une ineffable volupté? Oh! c'est surtout en revenant à lui qu'il juge que les chimères de l'ambition, de la cupidité, de l'orgueil, sont des ombres de plaisirs, incapables de donner jamais une idée du bonheur que l'homme pourrait goûter sur la terre !

Une émotion vive doit toujours une partie de sa puissance à des sentimens vagues, dont elle est accompagnée, et qui la rendent plus profonde, alors même qu'ils sont à peine aperçus. Pour éclaircir ce fait, me sera-t-il permis d'emprunter une comparaison à la musique? Le son donné par la vibration d'un instrument n'est jamais simple; il est accompagné d'autres sons peu distincts, qui viennent ajouter à sa force. De même, qu'une émotion très sensible pénètre l'âme, il s'y joint des émotions confuses qui la rendent plus douce ou plus affreuse.

Une impression que l'esprit juge en entier est certainement légère; plus, au contraire, elle apporte d'idées indéterminées, plus on sent croître le trouble du cœur. Ainsi s'alimente la flamme

des passions. Otez à l'ambition, à la cupidité, à la haine , ce que les sentimens qu'elles éveillent ont d'incertain et d'obscur, vous les aurez privées de leur empire. C'est à des sentimens d'une espèce très différente, et cependant du même genre , que l'amom' doit ses plaisirs mélancoliques et ses douces rêveries. En bannissant les émotions vagues, on nous affranchirait sans doute de beaucoup d'alarmes et de regrets ; mais on ferait aussi disparaître nos songes les plus heureux.*

* L'homme est un être si faible que son cœur est rempli d'émotions vagues , et son esprit d'idées confuses. Les métaphysiciens voient , avec raison , une grande source d'erreurs dans l'indétermination des signes représentatifs de nos idées. Mais le vague des mots, qui se fait si péniblement sentir dans toutes les discussions importantes , n'est-il pas un effet inévitable de notre organisation ?

Ayons une langue bien faite , disent les métaphysiciens , et nous serons conduits, sans effort, à raisonner avec justesse.

La langue d'une science étant, pour ainsi dire, une langue sacrée , qu'un petit nombi'e de ministres révèlent à quelques adeptes , de faciles conventions la modifient ou la

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changent; mais cornment un peuple renoncerait-il à sa langue usuelle, pour adopter celle qu'inventeraient les philosophes?

Je suppose qu'on découvre ce peuple neuf et docile. Les métaphysiciens , en suivant leurs principes , seraient loin , je pense , de créer une langue parfaite. Un idiome scrupuleusement analytique , d'où les métaphores même seraient bannies , ne pourrait nous suffire. L'homme , Considéré comme un être moral , se compose de sensibilité , de raison et d'imagination. Une langue qui n'obéirait qu'à la raison , serait une langue mutilée. Les passions l'agrandiraient bientôt; ou, détruisant la sensibilité, étouffant l'imagination, bientôt elle aurait dénaturé l'homme.

Je suppose encore que cette langue analytique soit parfaite. A peine conserverait-elle un jour sa rigoureuse exactitude. En voulant nous donner pour modèle la langue des mathématiques , les métaphysiciens oublient , ou n'aperçoivent pas que les idées de nombre offrent un phénomène qui leur est particulier. Ces idées ne sont pas susceptibles de modification. Le mot cinq , par exemple , réveille toujours la même idée ; l'esprit n'y peut rien ajouter , et ne peut en rien retrancher. Lorsque je dis cinq arbres , cinq édifices^ le mot cinq n'éprouve pas la plus légère modification pour chacun de ceux qui m'écoutent. C'est avec une multitude de nuances , au contraire , que se présentent aux divers esprits ïes idées d'arbres et d'édifices. Il est question, cependant, d^objets physiques : les modifications se multiplieraient mille fois da-

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vanta ge , si les mots , choisis pour exemple, réveillaient des images fugitives dont les objets , purement intellectuels, ne sont jamais tombés sous nos sens.

Une langue parfaite ne se conserverait que parmi des êtres parfaits. Admettons des degrés dans leurs perfections, il existera des nuances dans la valeur qu'ils attacheront à leurs mots. Les remèdes que les métaphysiciens proposent pour l'esprit, ressemblent à ceux que les médecins conseillent pour le corps ; annoncés avec pompe , souvent ils sont de peu de secours. Ceux des moralistes , quoique plus simples , offriraient plus d'avantages. Le moraliste dit aux hommes : votre organisation s'oppose à ce que vous donniez un sens toujours exact aux mots que vous employez. A cette cause d'erreurs, n'ajoutez pas du moins les autres causes plus funestes qui naissent des passions et des préjugés. Ecoutez et parlez de bonne foi ; et, puisque les erreurs sont inévitables, ayez pour elles de l'indulgence.

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