‹ Œuvres de l'abbé FleuryChapitre 82 sur 88 · II · texte numérisé non relu

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626 GRAND CATÉCHIfflAË HISTORIQUE.

les cérémonies de la pénitence publique >. Ceux qui ont fait des péchés publics et scandaleux doivent en faire pénitence publiquement; et s'ils ne s'y soumettent, Tévêque a droit de les retrancher de l'Église. S'ils demandent pénitence , après s'être confessés à l'évèque ou à son pénitencier, ils viennent le mercredi des cendres à l'église cathédrale, vêtus pauvrement et nu-[»eds, le visage penché vers la terre '. L'évèque étant assis au milieu de l'église , ils entrent et se prosternent contre terre avec larmes; puis il s'approche et il leur met à chacun des cendres sur la tête, disant : « Souviens-toi , homme, que tu es poudre, et que tu retourneras en poudre ; fais pénitence |)Our avoir la vie éternelle. » Il bénit des cilices , dont il leur couvre la tète, et, se mettant à genoux, tout le clergé et le peuple étant prosternSs en terre, il récite les sept Psaumes de la pénitence , avec les litanies et queU ques prières , pour demander à Dieu qu'il leur pardonne leurs péchés et leur fasse la grâce de changer de vie. Ensuite il leur fait un sermon, où il leur représente comme Adam, après son péché, fut chassé du paradis terrestre, chargé de plusieurs malédictions , et qu'à son exemple ils vont être chassés de l'Église pour un temps. En effet, il en prend un par la main , et ils. se prennent tous les uns les autres, tenant des cierges allumés; ainsi il les chasse de l'église avec larmes, et cepeodant on chante ce que Dieu dit à Adam en le chassant du paradis. Les pénitents se mettent encore à genoux à la porte de l'église, et l'évèque debout les avertit de ne point désespérer de la miséricorde de Dieu, de s'appliquer aux jeûnes, aux oraisons, aux pèlerinages, aux aumônes et aux autres bonnes œuvres, afin que Dieu leur fasse faire des frwte dignes de pénitence. Aussitét on ferme à teurs yeux la porte de l'é-

» Conc. Trid , sess. XIY, S, re/or. 8. — * Ponl. Rom. De expnlt. pull. pœn.

gKse, et l'évêque étant rentré commence la messe, qui, ce jour-là et pendant lôat le carême, convient à la pénitence. Les pénitents ne rentrent plus dans l'église jusqu'à leur absolution solennelle, et accomplissent cependant leur pé" eitence. Ils doivent s'abstenir de tout divertissement , de toute fonction publique, et éviter ta compagnie autant qu'il leur est possible. Ils jeûnent au pain et à Teau , ou avec moins de rigueur , ou tous les jours , ou certains jours de la semaine, suivant qu'il a été prescrit à chacun, à proportion de ses péchés et de sa contrition. Les œuvres pénales auxquelles les pénitents doivent s'appliquer sont d'ordinaire des jeûnes, des prières, des aumônes, et tout ce que l'on appelle œuvres de miséricorde *, tant corporelles que spirituelles. Les corporelles sont huit : donner à manger à ceux qui OKft faim , donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir les nus, loger les passants, visiter les malades , visiter les prisonniers , racheter les captifs , ensevelir les morts. Les spirituelles sont sept : enseigner les ignorants, corriger les pécheurs, donner conseil, consoler les affligés, souffrir les injures, pardonner les offenses, prier pour les vivants, pour les morts et pour ceux qui nous persécutent.

Leçon LIV. — De V absolution solennelle et des cas

• ^ réservés.

La pénitence étant siphevée, on donne l'absolution solennelle le jeudi saint ^, ou du même carême , ou d'une autre année, suivant le temps prescrit à chacun. L'évêque, accompagné de l'archidiacre et de plusieurs autres officiers, se prosterne et récite les sept Psaumes et les Litanies, pendant lesquelles il envoie deux sous^liacres , puis deux autres , pour consoler les pénitents qui sont hors la porte de l'église, puis un diacre qui allume leurs cierges. Ensuite l'évêque vient s'asseoir au milieu de l'église, avec

" Matth. XXV, 55. -* » Pont, Rom, De reame, pamit.

son clergé debout, rangé de part et d'autre, et rarchidiacre s'avançant lui représente que le temps favorable s'approche où rËglise doit se réjouir de la conversion des baptisés et des pénitents ; que ceux-ci, prosternés devant lui après s'être long-temps affligés , demandent miséricorde et espèrent de Tobtenir. L'évoque vient à la porte et leur fait une exhortation sur la clémence de Dieu, leur faisant espérer une prompte absolution ; larcbiprètre s'avance, intercède encore pour eux, et rend témoignage qu'ils sont dignes d'absolution. Alors Tévéque, comme vaincu par les prières de toute l'Ëglise, prend un des pénitents par la main, et les fait ainsi rentrer dans l'assemblée des fidèles. Il fait encore plusieurs prières, où l'on voit que toute l'espérance des pécheurs est fondée sur les mérites de Jésus-Christ et sur le pouvoir qu'il a donné à ses ministres , quoique pécheurs eux-mêmes. Enfin il leur donne l'absolution solennelle, après laquelle ils vont quitter leurs habits de pénitents et reviennent plus propres assister à la messe et aux offices comme auparavant. C'est de celte absolution solennelle que sont venues les absoutes qui se font le jeudi saint dans toutes les églises cathédrales et paroissiales, et qui, étant reçues avec dévotion , peuvent attirer la grâce de la pénitence. Le but de ces saintes cérémonies est de nous donner une grande idée de Ténormité du péché et de la difficulté de la pénitence. Et quoique à présent la pénitence publique soit peu en usage, nous y voyons sensiblement quelle doit être la pénitence, même secrète, pour les grands péchés, c'est-^dire que la contrition doit toujours être fort grande et fort éprouvée. Il n'y a point de péché si énorme qui ne puisse être remis par le pouvoir que Jésus-Christ a donné à son Église. Mais , pour donner pluà d'horreur des grands crimes, les évêques, en communiquant aux prêtres le pouvoir d'absoudre, se réservent l'absolution de certains cas,

GRAND CATÉCHISxME HISTORIQUE. 629

pour lesquels il faut s'adresser à eux ou à leur pénitencier; et il y a môme des cas réservés au pope *. Mais toutes ces réserves cessent à l'article de la mort. Leçon LV. — De V excommunication. Des péchés véniels. Ceux qui ne demandent point la pénitence, après avoir commis des crimes dont ils sont convaincus ou par leur propre confession ou par des preuves suffisantes, ceux-là doivent être privés des sacrements; et s'ils persévèrent, après avoir été avertis plusieurs fois, l'évéque a le pouvoir de leur défendre l'entrée de Téglise , même de les excommunier, c'est-à-dire de les retrancher de la société des fidèles , comme des membres corrompus qui ne peuvent plus servir qu'à infecter le reste du corps*. L'excommunié dénoncé publiquement est regardé comme un infidèle dont les chrétiens doivent fuir le commerce, hors les cas de nécessité. Mais , s'il se convertit , il sera reçu à pénitence. Il y a des péchés pour lesquels le sacrement de pénitence n'est point nécessaire, savoir : les péchés véniels ou pardonnables, qui sont les fautes d'ignorance ou de faiblesse dans lesquelles il est difficile que les justes même ne tombent. Tels sont les petits excès de bouche ', des paroles de vanité, d'aigreur ou d'impatience , de courtes distractions dans la prière, la perte d'un peu de temps et les autres fautes semblables. 11 y a d'autres moyens de les effiicer, savoir : la prière, l'aumône et les autres bonnes œuvres ; toutefois , il est très-utile de s'en confesser pour s'humilier d'autant plus et recevoir les conseils propres à s en guérir. L'usage en est établi dans l'Église, et c'est ce qui a rendu plus fréquent le sacrement de pénitence qu'il ne l'était autrefois. Or, quoiqu'il ne soit pas nécessaire de se confesser des péchés véniels, toutefois, si l'on s'en con • fesse, on doit en être véritablement contrit et résolu de

1 Conc. Trid. sess. XV, 7. — > Mattij. XVIII, 17. — 3 Can. 114. Bccl. Afric, — Conc. Trid. sesi. YI, 11.

s'en corriger. Il est très dangereux de mépriser ces péchés, quelque petits quHIs nous paraissent, et très important de s'en purifier souvent , soit par le sacrement , soit par quelque autre sorte de p^itence. Car, encore qu'ils n'éteignent pas la charité , ils Taffaiblissent et nous mettent en danger de tomber dans de plus grands péchés. Le moindre péché est toujours un très grand mal , pire que les maladies, les pertes de biens, la douleur corporelle, l'infamie , la mort même ; en sorte qu'un chrétien doit plutôt s'exposer à tous ces toiànx temporels que de corn** mettre un péché véniel de propos délibéré. Tous les péchés, tant mortels que véniels, se rapportent à sept principales sources : la gourmandise, Timpudicité, Tavarice, la colère, l'envie, la paresse, l'orgueil. D'autres ajoute^ la vanité, et mettent le chagrin pour la paresse. Leçon LYL — Des indulgences et du purgatoire. Du temps que les pénitences canoniques, étaient en vi*gueur, il arrivait souvent que les évoques, touchés de la ferveur du pénitent , lui en remettaient quelque partie , ou pour la longueur du temps , ou pour la rigueur des peines. Depuis il fut assez ordinaire de la remettre, en considération de calques «ouvres moins pénibles, comme des aumônes, des pèlerinages, le service de la guerre contre les infidèles; tout cela s*appelle indulgence. Les évoques en donnenst encore quelquefois , comme à la consécration des églises ; mais c'est le pape qui les donne le plus ordinairement et les applique il ceux qui récitent certaines prières , qui assistent aux offices ou visitent les églises à certains jours, qui font quelques jeûnes ou quelques autres bonnes œuvres prescrites. L'indulgence la plus solennelle est celle du jubilé S ainsi nommé jubilé de l'ancienne loi, qui remettait tous les cinquante ans toutes les dettes. On en a abrégé le terme de moitié, et

« Levil. XIV, 10.

on l'a mis à vingt-cinq ans; et de plus il y a quelquefois des jubilés extraordinaires, à Toccasion, par exemple, d'une guerre des infidèles, ou de quelque autre besoin de l*Église. Ces indulgences sont un remède très utile depuis que Ton a si fort adouci les pénitences; car la justice de Dieu étant toujours la même ', nous avons sujet de craindre quil ne soit pas satisfait des pénitences légères que Ton nous impose et du peu de soin que nous avons d'y en ajouter de volontaires; ainsi nous ne devons point perdre d'occasion de profiter des indulgences; mais il faut bien se souvenir qu'elles ne suppléent qu à la satisfaction et non pas à la contrition, et qu'elles ne profitent qu'à ceux qui sont véritablement convertis, car Dieu ne se paie pas de formalités. Nous pouvons encore être aidés par les bonnes œuvres des autres , qui prient ou jeûnent pour nous, suivant l'application qu'il plaît à Dieu de nous en faire. C'est Tefiet de la communion descaints , et c'est ce qui nous doit rendre fort soigneux de prier les uns pour les autres et de nous recommander aux prières des saints qui sont sur la terre, «t encore plus des saintes âmes qui sont dans le ciel. Il ne reste que ce seul remède à ceux qui sortent de celte vie en état de grâce, mais chargés de quelques péchés véniels , ou de quelque partie des peines tempoi;ellcs qu'ils devaient à Dieu. Ils ne peuvent être aidés que par les suffrages des vivants. Ils souffrent cependant la peine que nous appelons purgatoire', parce qu'elle est nécessaire pour les purger entièrement et les rendre dignes d'entrer dans le ciel ; c'est pour cela que TËglise a prié de tout temps pour ceux qui sont morts dans sa paix et sa communion, et qu'elle offre pour eux des aumônes, des sacrifices et toutes sortes de bonnes œuvres.

" Conc. Trid. sess. XXV, in fin. — > Conc, Trid. sess. "VI, 30; «m. XXV, in princip.

Leço.n LVII. — De Vexlréme-onctton.

Nous avons besoin à la mort d'un secours particulier de Dieu < ; les attaques du diable sont alors plus violentes, et Faîne se ressent de la faiblesse du corps; ce secours nous est donné par un sacrement que Tapôtre saint Jacques nous explique en ces ternies * : a Quelqu'un est-il malade, qu'il appelle les prêtres de TËglise et qu'ils prient sur lui en Teignant d'huile, au nom du Seigneur; la prière de la foi sauvera le malade , le Seigneur le relèvera , et s'il a commis des péchés ils lui seront remis. » Ce sacrement a donc trois effets : premièrement il remet les péchés, c est* à-dire les péchés véniels, et les restes de toutes sortes de péchés pardonnes; secondement il fortifie le malade, le relève et lui donne du courage; en troisième lieu il lui rend môme la santé corporelle s'il est expédient pour son salut. Les ministres de ce sacrement sont les prêtres ^ et le signe sensible de la grâce est l'application de l'huile. L'huile est très propre à marquer l'effet de ce sacrement, puisque Ton s'en sert pour guérir les plaies et pour fortifier le corps; on ne le doit donner qu'aux malades qui sont en péril, sans toutefois attendre à la dernière extrémité. Autrefois les malades se faisaient souvent conduire à l'église pour le recevoir. Le prêtre étant entré dans la chambre du malade y donne sa bénédiction'et avertit le malade de recevoir le sacrement de pénitence s'il est besoin; car il faut, autant qu'il est possible, se mettre en état de grâce* pour recevoir l'exlrème-onction ; ensuite il l'instruit de l'institution de ce sacrement et des dispositions avec lesquelles on doit le recevoir, qui sont la foi, le courage , la résignation à la volonté de Dieu , le détachement de la vie présente, la componction des péchés ; il se met à genoux avec tous les assistants et récite les litanies

' C' ne. TfvUsess. XIV. — » Jac. V. 14. — 3 issoc. I, Epist. ad DciU ,8.-4 j^fi. Rom. RU. Paris.

des saints, puis il s'approche du malade et dit plusieurs oraisons sur lui; alors il fait les onctions avec l'huile qui a été consacrée pour cet usage à la messe du jeudi saint , disant à chacune ces paroles : a Par celte onction de l'huile sacrée et sa très pieuse miséricorde, Dieu veuille te pardonner tous les péchés que tu as commis par la vue ou par l'ouïe, » et ainsi à proportion ; on fait sept onctions : aux yeux, aux oreilles, aux narines, à la bouche, pour les péchés du goût et des paroles; à la poitrine, pour les péchés d'impureté ; d'autres font celte onction aux reins et ne la font point aux femmes; les deux dernières se font aux mains et aux pieds; on les essuie aussitôt avec des étoupes ou du coton que Ton brûle, afin que l'huile sainte ne soit pas profanée. Le prêtre fait encore quelques prières, où il demande à Dieu de forlifier le malade, d'adoucir ses souffrances , d'apaiser ses passions et lui pardonner ses péchés. Il l'interroge sur lesprincipaux articles de sa créance et lui fait ïSire plusieurs actes de foi , d'espérance et de charité, pour le disposer à bien mourir. Les prières qui accompagnent l'administration de ce sacrement sont différentes, selon les coutumes des Églises , et on peut les 4)mettre en cas de nécessité, se réduisant aux seules onc^ lions et anx paroles qui y sont jointes. Si le malade revient en santé, rien n'empêche de donner ce sacrement plusieurs fois.

Leçon LVIII. — Du s<icrement d'ordre.

De la tonsure.

Les cinq sacrements que nous avons expliqués regardent l'utilité de chaque chrétien en particulier, les deux autres regardent le bien de toule l'Église : l'ordre lui donne des officiers publics et des pères spirituels pour la gouverner * ; le mariage lui fournit de nouveaux sujets qui puissent devenir ses enfants par le baptême et la perpétuer jusqu'à la

I Conc. Trid. sess. XXIII.

634 GRAUD CAtÉGHBOfB HISTOBIQUE.

fin deft siècles. Jésus-Christ institua le sacrement d'ordre quand i( appela ses apôtres*, et quand à diverses fois il leur donna le pouvoir de prêcher, de bapdser, de remettre les péchés, de consacrer et distribuer Teucharistie; en un mot, d'administrer tous les sacrements. La grâce de ce sacrement ne se termine donc pas à la seule sanctification de cdui qui le reçoit, elle lui donne le pouvoir de sanctifier les autres en leur conférant tous les sacrements. Il n'y a que les évéques qui aient reçu la grâce de ce sacrement dans toute sa plénitude, puisqu'il n'y- a qu'eux qui puissent conférer tous les sacrements , même le sacerdoce ; mais comme on ne peut monter à l'épiscopat que par les degrés de tous les ordres, il faut les parcourir tous ici, pour con- Battre entièrement la nature de ce sacrement. L'entrée à tous les ordres est la tonsure, qui n'est point un sacrement ni un ordre, mais seulement une sainte cérémonie qui prépare aux ordres, faisant paraître un laïque au nombre des clercs. On peut faire clercs de jeunes enfants dès l'âge de douze ou quatorze ans, pour les élever, autant qu'il se peut, dans des séminaires , et les dresser à la vie ecclésiastique ' ; mais à quelque âge (pM ce soit, ils doivent avoir reçu la confirmation, être bien instruits du catéchisme et savoir lire et écrire; l'évêquedoit^ ou les choisir lui-même, ou du moins avoir grand sujet de croire qu'ils embrassent ce genre de vie pour servir Dieu fidèlement, non par aucun intérêt temporel, comme de posséder des bénéfices ou de jouir des privilèges des clercs »; car pour entrer dignement dans cet état il est nécessaire d'y être appelé de Dieu , de quelque manière que sa vocation se fasse connaître. La tonsure est la prise d'habit et l'entrée au noviciat de la vie ecclésiastique; Tévêque fait d'abord une

' Marc, IV. la. X, 7. XVIII . 18. VI , 13. XVI. 15. — Luc, IX , 2. X, 1. XXII, 19. — I Cor, XI, 14. — JovN. XXI, 16. — Conc. Trid^ *ess. XXIII, 2. — a Conc. Trid. ib. rtf. 8. C. J. — » jieb, V, 4.

prière , afin que ceux à qui il va la donner soient autant changés au dedans ^ qu*en la figure extérieure ; et pendant que l'on cbante un psaume qui marque rattachement au service de Dieu% il leur coupe un peu de cheveux; oa chante un autre psaume qui montre la pureté que doivent avoir ceux qui entrent dans la maison de Dieu ' ; puis il leur met un surplis, priant Dieu de les revêtir du nouvd homme. Enfin il les avertit qu'ils viennent de passer sous la juridiction de l'Église , et qu'ils doivent s'appliquer à. plaire à Dieu par la modestie de l'habit, les bonnes mœurs et les bonnes œuvres; de ce jour ils ne doivent plus paraître qu'avec l'habit et la tonsure ecclésiastiques. Leçon UX. — Des ordres nutjeurs et mineurs. De Tétai de simple derc, où Ton est entré par la ton"sure , on passe premièremeni aux quatre ordres moindres, puis aux trois ordres sacrés* Les quatre moindres sont ceux de portier, de leeteur, d*exordste et d'acolyte , institués pour sanctifier jusqu'aux moindres des fonctions publiques de l'Église. Les acolytes doivent suivre partout l'évèque, et à l'église porter les chandeliers, allumer les cierges, préparer le vin et l'eau pour le sacrifice ; les fonC" ticunsdesautresse connaissent par leurs noms. Or, quoique, par le relâchement des derniers temps, les fonctions de tous ces ordres se fassieot le plus souvent, ou par des laïques * , ou par des prêtres , riatention de l'Église est de les rétablir, autant qu'il eat possible, et d'y admettre plutôt des clercs mariés. Les ordres sacrés sont ceux de sous-dia(^e^ de diacre et de prêtre. Ils engagent au service de l'Église , en aorte qu'il n'est pas permis de le quitter ni de se marier, et l'on ne reçoit à l'ordre de sous-diacre que ceux qui font vœu de continence K Aussi y a-tril plus de cérémonie à leur ordination ; on dit sur eux les litanies,

' Pont. Rom. — » Ps. XV. — 3 P«. XIV. — • Orne. Trid. sess, XXIII, réf. 11. ^ ^ Pani. iîoui.

on les revêt des ornements sacrés , et on fait plusieurs prières. Tous les ordres précédents se rapportent au diaconat et ne sont établis que pour soulager les diacres. L'ordination du diacre ressemble en plusieurs cérémonies à celle du prêtre. L'un et Tautrc est présenté au nom de toute rÊglise par l'archidiacre, qui témoigne qu'il est digne, et l'évoque demande encore le témoignage du peuple, outre les publications qui ont été faites auparavant en sa paroisse, comme pour un mariage. L*un et l'autre reçoivent le Saint* Esprit par l'imposition des mains : le diacre, pour avoir la force de résister aux tentations du diable; le prêtre, pour avoir la puissance de remettre les péchés K Les diacres>t tous les ministres inférieurs tiennent le rang des lévites, destinés sous l'ancienne loi à porter le tabernacle, et ensuite à garder et servir le temple. Ainsi ils doivent avoir soin de tout le culte extérieur, et encore plus de TËglise vivante, c'est-à-dire de l'assemblée des fidèles ; ils doivent la conserver et l'orner par leurs instructions et leurs exemples '. Les prêtres étaient représentés par les sacrificateurs de la race d' Aaron , occupés à séparer les lépreux et les immondes, et à purifier le peuple par diverses cérémonies. L'évêque qui est unique en chaque église était figuré par le souverain pontife. Outre l'imposition des mains, le prêtre et l'évêque sont encore consacrés par l'onction. On oint les mains du prêtre avec l'huile des catéchumènes, et les mains et la tète de l'évêque avec le saint chrême. On donne au diacre, pour marque de sa principale fonction , le livre des Évangiles, qu'il a droit de lire ; au prêtre le calice et l'hostie, qu'il doit consacrer ; à l'évêque la crosse ou bâton pastoral , pour marquer l'autorité déjuger et de corriger; l'anneau, par lequel il épouse l'Église, et le livre de l'Évangile qu'il doit prêcher. Le sacrement d'ordre ne se réitère point, et il imprime un

» J^onl. Rom. in ord. diac. elpresbyl, — » Par, lee, XLVI.

GRAND CATÉCHCSME HISTORIQUE. C37

caractère qui ne se perd jamais, quoiqu'on puisse être privé des fonctions pour quelque crime.

Leçon LX. — Du sacrement de mariage.

Le mariage a été institué dès le commencement du monde ' , lorsque Dieu donna à l'homme pour compagne la femme qu'il avait tirée de son côté, en disant qu'ils seraient deux en une chair, et leur donnant la fécondité par sa bénédiction , qui n'a été eftacée ni par le péché originel , ni par le déluge. Mais les hommes s'étaient fort éloignés de la sainte institution du mariage. Outre qu'ils avaient profané leurs corps par uno infinité de péchés infâmes, ils avaient introduit la pluralité des femmes, la liberté de se quitter, et Dieu même tolérait cet usage sous l'ancienne loi. Jésus-Christ* a réduit le mariage à sa première institution, en sorte qu'il doit être l'union parfaite d'un seul homme avec une seule femme , union qui fait que deux âmes semblent n'avoir qu'un corps , union que la mort seule peut rompre. Pour la rendre plus sainte, Jésus-Christ a élevé le mariage à la dignité de sacrement ^, y attachant des grâces singulières, pour faire que l'amour conjugal soit une vraie charité et que les mariés accomplissent facilement tous leurs devoirs , tant à l'égard l'un de l'autre que de leurs enfants. Les signes de cette grâce sont les paroles qui témoignent le consentement des parties et les autres cérémonies qui l'accompagnent , et le mariage même est un signe et une image de l'union parfaite de Jésus-Christ avec son Église. Le mariage a trois fins * : premièrement la production des enfants , afin qu'ils deviennent enfants de l'Église par le baptême , et qu'étant élevés dans la crainte de Dieu , ils arrivent à la vie éter- ' nelle; la seconde ^, le secours mutuel de l'homme et de la

» Conc. Trid. sess. XXIV. — Gen. I, 28. II, 18. — » Matth. XIX, 4,5, etc. — 3 Eph,\y 3. — * ToB. VIII, 9. — » Conc. II , 18. — 1 Cor. VII, 9.

CONTENUES DANS LE SECOND VOLl'ME.

A M. de Lamoignon de Basville. Pages 1

Ou comparaison d'un philosophe et d'un homme du monde, tirée du Théétète de Platon. 32

DISCOURS SUR l'histoire ECCLESIASTIQUE.

Plan de l'histoire ecdësiastique. — Doctrine. — Discipline. — Mœurs. -II

Sur l'histoire des six premiers siècles de l'Église.

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