‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 2)Chapitre 177 sur 399 · Tome FIL · texte numérisé non relu

Tome FIL

1^ première idée de çetle eoin^die me fut suggéréi^ f» UB pftiaage. d'une pièce allemande* Un brave miU'» taire, déjA^ur le retoor^ T«ftt>^pai»Aer une jeune persrnine: leHe lui ^jfifMpend. ingénument qu'elle est éprise d'un jeune homme ; il se console en la Aotant , et il songe à un autre mariagfi : paceille a^rentute lui arrive une seconde .fois. ■ *

Je pensai' qu'au lieu de ces oncles , de ces pères, de ces tuteurs «vares 9 jaloux , tyrans , ridicules ou méchants qu'on Yok si souvent dans nosxomédiesy il serait piquant de mettre sur là scène un homme d'un certain âge, aimable, galant, spirituel et bon, qui n'aurait d'autre ridicule que odui de vouloir épouser une jeune femme, ridicule bien excusable 4|ns un célibataire ou un homme veuf croyant pouvoir compenser la différence d'âge par une grande fortune et des soins assidus , et qui , tout en voulant se rendre heureux lui-même, se propose de rendre parCûtemen^ heureuse la femme qu'il épousera. Je pensai que pour rendre ice rôle comique il fallait le montrer perpétueQement désappointé , perpétuellement trompé dans ses espérances, et j'imaginai de le ffiire amoureux de trois jeunes femmes et indécis sur le choix à fiùre entre. les trois., Cette hésitation me parut un trait caiactérislique de mon personnage. A vingt ans , on est vraiment amoureux et l'on ne peut avoir de {passion que

pour un seul ob|î«t : à cinquante ans on peut êe croire amoureux; maïs on n*a réeliement qu'un désir vague, incertain , et Ton est tout prêt à se consoler d'échouer près d'une belle , des qu'on a l'espérance de réussir près d*une autre. Je pensai que , pour ^nprioier d'une manière comique l'amour uo pturidicute, et le -dépit, tau* jours croissant de mon 'liomm^^îi fallait *kii dfmnar une habitude de rivre, UAto pMifession qui>«épposât «r lui de la franchise^ de la vivacité, et je le fis ancien oi« pitaine de marine.

L'anecdote vraie mi &usse«l*wi isoyafeiir qui se trompe de. coche à Mâcôn et retourne à^Chlilons, croyant aller à Lyon, un jolli proverbe de CarmonteUe intitulé le Boudoir, et une bien viâHe comédie de je ne saià quel auteur, qui s'appelle^ ja crois , bBéniaisê, me>ib)irnirent

/ les incidents et les caractères secondaires de ma co> médie.

Les deux premiers act^ me semblent présenter sinon des caractères , au moins des physionomies et de^ situa* tions comices. L'arrivée successive et variée dies tfois

*^ jeunes gens, le dépit qu'ils causent au capitame, l'aisance avec laquelle ils s'installent dans son ckftteau , la confidence de DutiUeul et de sa femme , le brusque changement qui s'opère aux yeiA du spectateur dans les caractères d'CHivier et de Yictorine, me paraissent des res^ sorts de comédie bien imaginés et bien exécutés.

Au troisième acte , je suis moins heureux ; à défaut de bonnes scènes , j'ai des jeux de théâtre. Ces moyens réussissent quelquefois mieux qné les .bonnes ^cètfes ; mais ils n%les valent pas.

De même que les surprises, les mépiûes, les quipro* quo sont des sources touiours nouvelles de comique ; de même aussi, une eonyersation entendue par un per* sonna^ intéressé sei^ toijyours un bon moyen d'intrigue. Notre ffapd vakro, dans son ckef-d œuvre du Tartufe, a employé dieux $t>is<ee moyen avec toute la force dmmvm géiiieL Au tnasième aote , Damis se eache dans uj» cabinet «C Mirprend la dédaratîon de Tartufe- à Ëlmire. Au quatrième acte , il faut fiûre surprendre Tar* tufe , par Orgon ; mais , où cacher Orgon ? on ne peut plus songer au cabinet, puisque Tartufe sait que précédemment Danois s!y es\ caché. C est alors que tout naturellement arrive l'invention admirable de la table sous laquelle se tapit l'époux bbstiné : c'est alors qu'Elmire est flu&re de tromper Tarmfe; et que, pour compléter sa sécurité, elle peut lui dire :

Il n'importe : sortez , je tous prie , un monent ; Et par-tout U dehors voyez exactement.

Avant Molière , depuis MoUère, combien n'y a-t-il pas de pièces où un personnage se cache dans un cabinet, derrière un fauteuil, ou un paravent! Pour donner un peu de nouveauté à ce moyen , j'ai imaginé une grotte à deux issues^ et^une brèche tians un mur de jardin : j'ai eu beau faire ; cela sent toujours un peu la-machine , mais

enfin l'effet en était agréable à la représentation. * L'idée de marier à la fin le capitaine Behronde à la mère de lune des trois jeunes pei-sonnes qu'il courtisait m'a totgôurs paru uA heureux dénoùment»

En composant la pièce , je regardai comme^n moyen

a46 , PRÉFACE.

de suoeèft d^ fftUM pMMr chacun de me» actes dans une jolie décoration : au premier acte, un parc bien orné, deux griUaa élégantes, dont l'une domina sur la grande route, et Tantre sur le chemin de hallage de la SaAne; au deuxième acte, un jolî boudoir^ au fl^isièiMe acte, un -site agreste, d un câté un mur «vec une brèche, deTautre une grotte en coquiUaifetf #e cAtiia que lia éé corations et les jeuK'de scènes contribuèrent' au succès de l'ouvrage. , ' **

^■AaeasaaaoHsaOK^BBMi^aflBVBBiBa^BaEBa^nsaBvai

PERSONNAGES

LE CAPITAINE BELRONDE \ ancien marin.

CHARLES DE BELRONDE , son nevqu , officier de cavalerie.

Madame de MONTCLAW, jeuae veuve créole.

Madame DARMAINVILLE , veuve d\in armateur de Nantes.

ROSE DARMAINVILLE , sa ûlle.

VICTORINE DORSAY , .pupille du capitaine.

DUTILLEUL , manufacturier de Lyon.

OLIVIER FOBLIS , étudiant en droit.

THOMAS, ancien matelot, valet du c^itaine.

BERTRAND, jardinier du capitaine.

Ijè. scène se passe dans un château du capitaine , entre Ly«n et Macoiif V sur les bords de la Saône.

LE

CAPITAINE BELRONDE.

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