ACTE I, SCÈNE VIIL
LE CAPITAINE
Eh bien ! oui , Forlis mon ami , mon avocat, qui dans le temps m'a fait gagner plus d'un procès au conseil des prises; homme de mérite, d'esprit^ de talent.
OLIVIER
Oh, oui, mon père!... Oh! oh!
LE CAPITAINE, à /7â5r/.
Il me semble que son fils ne lui ressemble guère.
Samedi dernier, chez mon père,, on parlait beaucoup de cette terre que vous avez achetée entre Lyon et Mâcon ; on disait que ^c'était un séjour... divin! Cela , me donna l'envie d'y venir passer mes vacances. J'en fis la confidence à ma mère. Ma mère en dit^deiiK mots à mon père, et mon pèrc-qui dit que vous n'avez rien h lui refuser, me permît de me camper sur l'impériale de la diligence, parce qu'il n'y avait plus de place ailleurs , avec une lettre de recommandation que voici dans mon portefeuille. (Il lire gauchement ses gants et son portefeuHle. ) Et il m'a chargé de vous dire qu'il viendrait lui-même avec ma mère et ma petite sœur, à la fin des vacances. ^
LE CAPITAINE
Eh! mais, vraiment, mon ami Forlis est sans gêne. Et vous venez passer les ^cances chez moi?
OLIVIER
Toutes les vacances. Quel plaisir! / ^
LE CAPITAINE
Et combien durent-elles.^.
* OLIVIER
Rien que deux mois. Mais, quand on s'amuse, on les prolonge.
ÙA
270 LE CAPITAINE BELRONDE.
LE CAPITAIITE.
On les prolonge. Voyons la lettre du père. Vçus permettez, mesdames.
(// décac/ièle la lettre, ) CHARLES, à^OUs^ier.
Monsieur, mon oncle se fera un plaisir dé rendre le séjour de son château agréable du fils d'un de ses amis. '
LE CAPITAINE^ à ChwleS.
Mais, je t'admire; tu fais les honneurs.....
CHARLES
Je vous Tai dit , mon oncle ; je viens exprès pour cela.
Li%. oÀ-PiTAiNE, a part y en regardant Olivier.
Ce nest pas quun jeune homme, aussi gauche, puisse être bien dangereux. {Lisant.) « Mon cher client, <c comptant sur votre amitié,... je me permets de vous
ce adresser çion fils J'espère qu'il ne^jraus généra
« pas. »
OLIVIER
Ah ! mon Dieu ! non ; je me promenitrai , je travaillerai. J'ai apporté mes livres et mes cahiers. *
LE CAPITAINE, Usant.
ff C'est un jeune homme aimable , un peu vif. » {S' interrompant.) Ah! il est vif. {Continuant de lire.) « Plein d'esprit. » *^
OLIVIER
Par exemple, pour l'esprit...
LE CAPITAIVE, à Charles.
Hem ! Qu'en dis-tu ? lui crois-tu de l'esprit ?
CHARLES, à son oncle. Son père lui en trouve.