ACTE II, SCENE VII, aoS
sincère ami comme vous, n'ai-je pa» droit d'exiger un langage plus sensé, plus convenable à deux personnes qui se trouvent liées entre elles par le sentiment,.... la raison.
LE CAPITAINE
Oui , mou aimable ef tendre amie ; ah ! que vous me charmez! Oui, revenons à la raison ,•.. au sentiment...
MADAME DE MONTCLAIR
Votre neveu in'a dit que vous désiriez avoir Un entretien avec moi.
LE^APITAIIIE.
Mon neveu vient de me dire que vous vous proposiez de me faire une confidence.
Il est vrai.
LE CAPITAINE
£h bien ! madame... parlez.
MADAME DE IfONTCLAlR.
Non, parlez le premier, mon ami.
LE CAPITAINE
Riche, n'étant pas très -âgé, doué d'une ame sensible, j'ai pensé ^u'il m'était permis encore de songer à couler doucement mes jours avec une compagne...
MADAMB DE MONTCLAIR.
Eh quoi , vous seriez amoureux ?
LE CAPITAINE
Oui ; j'aime : mon neveu , garçon sensé, mon unique héritier, m'approuve, m'encourage...
MADAME DE MONTCLAIH.
Eh! qui ne vous approuverait pas, cher capitaine? que vous méritez bien....
LE CAPITAINE
\h ! madame... (^ A pari.) Elle est à moi.
a96 LE CAPITAINE BELRONDE.
MADAME DE MONTCLAIR
Et moi aussi , j'aime.
• LE GAPITAIKE.
Vous aimez ?
Jeune , douée de quelques agréments , comme on veut bien me le dire, auraisi^je pu rester insensinle.., ?
LE CAPITAINE, à DOrf. \
Oh! quelle tournure délicate de m'avouer.,..
MA.DAME DE MONTCLAIR
. Mais ce n'est pas tout.
LE CAPITAINE
Comment.. «.
MADAME DE MONTGLAIR.
Quoique veuve, et par conséquent maîtresse de mes actions, je dois des égards à ma famille, et sur- tout à mon oncle le président, de qui dépend toute ma fortune. Vous êtes lié avecT lui ; vous avez tout pouvoir sur son esprit.
LE CAPITAINE
11 m'aime -et m'estime , j'ose le dire. .
MADAME DE MONTCLAIR
Puisque j'ai déjà été si loin avec vous, il faut que j'achève.
LE CAPITAINE. '
Oui , belle et sensible amie , achevez.
MADAME DE MONTCLAIR
Mais quoi ! j'interromps la confidence que vous-même aviez commencée.
N'est-ce pas m'occuper de mes proprjCs intérêts, que de m'occuper des vôtres?