ACTE n, SCEUE VIL
MADAME DE MONTGLAIR.
L^ choses sont plus avancées que vous ne pouvez vous l'imaginer. .
LE GAPITAIKE^
Plait-il? -,
MADAME DE MOrNTCLAIR.
En vérité, ilfeùit que j'aie une grande confiance en vous j)Our oser. ...
LE GAV'ITAinE.
Osez*... • .
MADAME DE MOTfTGLAlR.
£h bien! donc, je suis mais je tremble, j'hésite.
LE CAPITÀIKp. •
Vous augmentez mon impatience. Vous êtes...
MADÂITE DE MONTGLAIR.
Mariée.
LE CAPITAINE
Ah ! mon Dieu !
MADAME DE MONTGLAIR.
Secrètement , et je compte sur vous pour faire connaître mon mariage à ma famille.
Sur moi ?
MADAME DE MONTG|«AIR
Oui , mon ami, et je vou» recommande le pkis pro^ fond silence, jusqu'à ce que vous soyez parvenu à ftiire entendre raison à mon oncle le président.
LE CAPITAINE
Mariée ! et à qui donc ?
MADAME DE MONTGLAIR.
A monsieur Dutilleul.
298 LE CAPITAINE «ELROIfDE.
LE CAPITAINE
Quoi ! ce monsieur qui a'est trompé de coche. .
MADAME DE MOJJTTGLAIR.
Il ne s'est pas trompé ;. c'est un conte qu'il vous a fait pour se présenter chez vous. C'était convenu avec moi.
LE gapitaine/ Ah! c'était convenu.
madame de montglair.
Je lui avais écrit de Paris .pour lui annoncer que je venais avec vous dans votre terre , près de Lyon qu'il habite en effet.
LE CAPITAINE
Vous lui aviez écrit !
nCADAME DE MOITTGLAIR.
Je fui marquais de trouver un moyen de s'introduire chez V0US4 II a imaginé celui-là. Quand il vous a dit qu'il était* marié, il n'a pas menti, puisse je suis sa femme. Quand je lui ai dit que probablem)ent il allait au-devant de sa femme , je savais bien que je devinais juste , puisqu'il venait en effet au-devant de moi. Ce qui m'a fait hâter ma confidence , c'est que, ne le connaissant pas , demain vous l'auriez forcé de reprendre la diligence quand elle passera; au lieu qu'à présent, sachant quel nœud ^ quel amour l'attache à moi , vous vous féreîe un plaisir, un dévoir d'amitié de le garder au château.
LE CAPITAINE
Se peut -il qu'une femme comme madame de Montclair , ait choisi pour son mari monsieur Dutilleul , un ' homme qui me parait sans éducation l