ACTE II, SCENE VIIL 3oi
J'ai été fort à plaindre avec madame DutilleuL C'était une méchante femme.
MADAME DE MONTGLAIR.
J'eus le malheur de perdre mon mari.
DUTILLEUL
La mort interrompit mes (pierelles avec ma femme.
MADAME DE MOIfTCLÂlR.
Je revins en France.
DUTILLEUL
Je fis un voyage à Paris.
MADAME DE MONTGLAIR,
Tappris qu'il était veuf.
DUTILLEUL
Il me revint quelle était veuvjç.
MADAME DE MONTCLAIR
Nous nous revîmes ^.
DUTILLEUI^.
Chez un ami commun.
MADAME DE MONTCLAIR
Notre premier feu se ralluma. .
DUTILLEUL
Il ne s'était jamais éteint.
MADAME DE MONTGLAIR.
Nous nous mariâmes.
DUTILLEUL
Je retournai à Lyon.
MADAME DE MONTCLAÎR.
Je restai à Paris.
DUTILLEUL
Vous voyez bien que voilà .un sentiment respectable, intéressant
3oa LE CAPITAINE BELRONDE.
LE CAPITAINE
Oui.... je vois.... je comprends.... [A part.) Allons , il faut prendre son parti. (^ madame deMonUdair^ en soupirant.) J'écrirai à 'votre oncle le président en votre faveur. {u4 part.) if ne me reiste plus à dioisir qu'entre deux.
DUTILLEUE. %
Ah ! ma chère , que tu as bien fait de te eonfier à ce bon capitaine ! -
MADAtfE DE MONTCLAIR.
Digne ami!
LE CAPITAIITE, h pOTt.
Toutes les fois qu elle m'appelle son ami, c'est comoie si elle me donnait un coyp de poignard.
Or çà, maintenant jque vous savez qui je suis, de- ^ main, vous «ne me f&rcerez pas à partir, et si vous ^ étiez assez bon poui^ changer mon logement dans votre château. Votre femme de charge m'a relégué.... si loin de ma femme ! tout au bout du corridor , au second. •, LE cÀPiTAiiTE, en soupirant.
Je vous logerai au premier.
MADAME DE MONTCLAIR
Que je me reproche de vous avoir si long -temps occupé de moi! mon mari. n'est pas de trop. Mon ami, le capitaine attend de moi un service.
DUTILLEUL
Eh! quoi, ma femme, ^us pourriez être utile au capitaine. Ah! parlez, parlez, il n'y a rien dont nous ne soyons capables....
LE CAPITAINE
Hé bien!... c'est un conseil que je vous demande. Je vous l'ai dit. Je songe à me marier.