‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 2)Chapitre 232 sur 399 · ACTE m, SCENE m. 3ai · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE m. 3ai

CHARLES

Ou en étes-YOUS avec madame de Montclair?

LE CAPITAINE

Où j'en suis ? ( ^ part. ) Diable ! ne disons rien à mon neveu, il se moquerait de moi. ^'if

CHARXiES.

Votre pavillon a-t-il opéré des merveilles ?

LE CAPITAIITE.

Oui, oui, mon neveu, des merveilles.

CHARLES

Ainsi , madame de Montclair vous aime ?

LE CAPITAINE

Oui , oui , mon neveu , et ma pupille aussi , avec qui

j'ai causé ensuite Mais après avoir bien réfléchi, je

crois que ni l'une ni l'autre ne me conviennent , et je me décide pour Rose Darmainville.

CHARLES

Pour Rose?....

LE CAPITAINE

Ah! je sais que tu as une prévention contre elle et contre sa' mère ; ainsi , je ne t'écoute pas.

CHARLES

£h ! mais , mon oncle , elle ne vous convient pas : c'est celle qui vous convient le moins. Je vous aime trop pour ne pas m'y opposer : ce serait un très-mauvais mariage. Qu'est-ce qu'il vous faut à vous , qui voulez faire un emploi honorable de votre fortune? une femme qui ait Tusage du grand monde , qui puisse faire convenablement les honneurs de votre maison. C'est ce que vous ne trouverez pas dans cette jeuae fille; étourdie, babillarde, elle a une amitié enfantine

pour tout le monde, et je ne la*crois susceptible, ni Tome FIL ai

3aa LE CAPITAINE B£LR(]m>£.

de réflexion, ni d'amour. Ëlte est job'e; soit, mais un peu d'esprit né gâterait rien.

LE CAPÏTAINE.

T^is-toi; je ne te demande pas d'en dire du bien comme si toi-même en étais amoureux ; maâs du moins n'en dis pas de mal. Comment cette pauvre petite at-elle mérité ta haine ?

CHAILES.

Moi ! mon oncle , je ne la hais pas ; je la irois ti^Ue qu'elle est. Prenez -y garde, ces jeunes personnes si naïves, si crédules, ne sont pas exemptes de coquetterie; ce c[ui est d'autant plus dangereux, que leur simplicité les laisse sans défense contra ks séductions... ^ Relise;^ votre Molière.

L£ CAPITAIFE.

Allons , tu la trouves GO(($uette à préseiit ; il est a^ freux de calomnier ainsi l'innoc^ice, la candeur....

CHARLES

Vous persistez; eh! bien, mon oncle, je suis prêt à vous servir, s'il s'agit de vous faire épouser une des -deux autres ; mais , pour celle-là , ne comptez pas sur moi.

LE CAPITAINE

Mais, je n'ai p^s besoin de toi; mais je me suffirais bien à moi-même; mais j'ai d'autres amis qui travaillent en ce moment pour moi.

D'autres amis! Qui donc?

LE CAPITAI1«£.

Jpui! que t'importe? permets-moi seulement de te donner un bon conseil ; tâche de te rendre agréable i Rose; car avant peu, que cela te plaise ou non, il faudra que tu la respectes comme ta tante.

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