SCENE VI
Le capitaine, DUTILLEUL, Madame DAR- MAINYILLE, Madame de MONTCLAIR.
MADAME DE MONTCLAIR
Eh ! madame , pourquoi partir ?
MADAME DARMAIirVILLé.
J'ai mes raisons.
DUTILLEUL
Quel chagrin pour ce bon capitaine !
MADAME DARMAIirVILLE.
N'a-t«il pas de quoi se consoler ? La société de madame, celle de son intéressante pupille, la vôtre, et sur-tout celle de son cher neveu ; il nous a fait sentir assez ce matin, combien il se souciait 'peu de nous; tantôt avec madame , tantôt avec sa pupille , jamais avec moi ni avec ma fille. Vous entendez bien que ce
n'est pas ce motif qui me détermine! Mais des
affaires d'intérêt, fort importantes, m'appellent à Paris.
MADAME DE MONTCLAIR
Eh! mais, si je vous disais que monsieur Dutilleul et moi, nous avons à vous parler, au no^l du capitaine,, d'une affaire bien plus importante pour vous
MAD.AME DARMAINYILLE.
C'est impossible.
DUTILLEUL
Nous sommes chargés par lui de vous demandei- VQtre fille en mariage.
326 LE CAPiTAWE BELROTTDE,
MADAME DABMAIir VILLE.
Plaît-il? ma fille!
MADAME DE MOHTCLAIR.
Voilà précisément ce que je voulais vous dire,
MAl>A]d^£ DAtlMAINVILLE,
Le capilaiùe demande la nuân de ma fille! Vous aviez raison, ma chère, voilà une affaire très-impor-r tapte.
LE GAPiTAiiCE, s^OMonjçonty et d^un ton timide et
gcdant.
Voulez-vous encore quitter mon château?
MADAMIÇ DARMAINVILLE.
Eh ! quoi ? vous nous écoutiez !
LE CAPITAINE
ATen faites-vous un crime?
MADiME DARMAINVILLE« SOuriont^
Je reste.
LÉ CAPITAINE
Ainsi , vous ne me défendez pas d*espérer ?
MADAME DARMAtNVlLLE,
Ah! capitaine.... ma fille est à vous,
le'capitaïne.
Ah!.... mais pardon; vous ordonner J itloi, je vécût plaire.
DTJTILLEUL.
oui, nous autres vrais amans, nous voulons tout devoir à Tamour.
MADABÎE DARMAINVILLE.
Écoutez, je ne suis pas de ces parents qui disent: Il
suffit que je veuille, que je commande Ah! Dieu!
j'aime trop ma fille , je suis trop bonne mère pour vouloir forcer son inclination; mais je saurai la diriger, et j'entends qu'elle vous épouse.
ArÇTE m, S€ENfi VIL. Sa;
LE CAPlTiirirE.
Ah ! madame ! mon cher Dutilleul ! màdane dt Montclair! que d'obligations!
MADAME BS MOirTOLA.im\
> Eh ! non , c'est nous <pii toinnes vos obligés ; vous avez écrit à mon oncle le président ?
LE «APItAlNEé
Oui, oui, la lettre esl partie. Et »i }e suis assez hêMeùx pour que votre tille éaigtie -entendre ma po*
MADAME DARMAlNVILÏiÈ.
Eh 1 quoi , Victorine parlé pour vous à ftose ?
MADAME DE MOITTCLAIR.
Eh ! oui ; nous nous intéressons tous % ee cher ca» pitaine.
LE GAPITAIlfE.
Oui ; à l'exccfption de mon neveu qui changera ou qui partira , je ne âuiâ environfné que de bons amis. Fassent le ciel , mon humble mérite et ma grande for* tune , que l'aimable Rose veuille combler mon bon heur! . '
DUTILLEtTL.
Voici monsieur Olivier.