‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 2)Chapitre 292 sur 399 · COMÉDIE EIÏ CINQ ACTES ET EN PROSE · texte numérisé non relu

COMÉDIE EIÏ CINQ ACTES ET EN PROSE

Représentée pour la première fois le 38 août 18x7

Js ne sais si les aulres auteurs me ressemblent. Mais quand une idée que je trois bonne m'est surycuue , je ne l'abandonne pas sans l'avoir envisagée sous tous les aspects; ftiéme en voulant m'en éloigner, je suis entraîné à y revenir et je me trouve presque malgré moi, avoir composé plusieurs ouvrages sur le même sujet. G'e$t ainsi qu'ayant été frappé dans ma jeunesse de Fidée qu'il y avait plus d'une bonne comédie à Jaire sur les vers d^orace, qui peignent si bien les passions, et les babiftides de chaque &g^ de la vie , j'essayai de représenter les passions de la jeunesse dans Ventrée dans le Monde ^ celles de l'âge mûr dans le Mari Ambitieux^ et que j'ai (ait le roman X Eugène et Guillaume oh j'essaye de montrer les variations qu'éprouvent le caractère et les sentiments de deux personnages pris depuis l'en&nce jusqu'à la vieillesse. C'est ainsi que j'ai encouru le reproche d'à» voir re£dt plus d'une fois les Marionnettes; c'est ainsi que , depuis Bôulançifle , poursuivi pour ainsi dire par ridée de mettre en scène les effets produits par les ré* putations bonnes ou mauvaises, fausses ou vraies, acquises ou usurpées , je fis les deux Philibert et f^anglas. Dans Boulahçillé^ c'est un homme qui ne mérite aucune des deux réputations qu'on lui bit ;.dans les deux Phiti^ berty on attribue à l'un des deux frères la réputation méritée par l'autre frère. Dans Vangla^ , c'est un homme qui mérite à la fois deux réputations contraires.

/Joo . PRÉFACE.

Je dînaîâ chez un ancien avoué tout récemment nommé >uge de paix , et qui s^était cru obligé de celé* brer sa nomination par un repas d'étiquette où il avait invité quelques amis , les personnes qui avaient contribué à le £aiire élire , et deux ou jtrois des principaux ^nagistrats de la capitale. Je me trouvai placé près d*un honmie que je connaissais pour un grand amateur de comédie. Il me QXf sur ma comédie de Boulanville, des compliments bien inattendus; car je croyais la pièce déjà oubliée de tout le monde. Je lui racontai qu'avant de commencer la pièce y j'avais hésité sur la question àfi savoir si je présenterais un .homnoie ne méritant aucune de ses deux reputintions, ou les méritant toutes les deux. Tout en continuant à louer la physionomie que j'avais donnée à Boulanville, et qui, scdon lui, aurait pu faire 'une jolie comédie en . trois actes , il me blàn^ de n'avoir pas pris le parti de présenter un homme qui mérite à h fois ses deux réputations. Il crut voir dans cette idée le germe d'une grande et belle comédie, et, pour me prouver qu'un tel homme n'est point imaginaire ; qu il y a tel personnage qui tour-à-tour est bon et^^méchant, tour-à-. tour fier et humble, sot et spirituel , despote et servile, en un mot, rassemblant en lui seul plusieurs contrastes ^ il me raconta une .anecdote sur laquelle j'ai' composé cette comédie de Vanglas. j'en (us frappé. Elle me parut piquante, morale et dramatique, et le jour même, j^vais commencé l'ouvrage.

Plusieurs journaux parlèrent de Vanglas comme d'une de mes meilleures comédies.* Des amis en qui j'ai confiance en ont la méiue opinion ; et moi , je pense comme

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eux» Il »e manque ^ VouWkfft selon moi , qpa'iine oondîtioa qiie,$èmble eidgêe la hauteur dU sujets €*eBt d'ètte en yen*; naift^tt aurM &Uu qu'il fftt en bons retê.

La pièdî eut un ^and succès à la première r«i|^résen^ tation. Aux représentations mtvintes , ^ contiima d'être fort lipplattdi^ ; mois die ^attira pas f affluefice. .

« EHe ,a pourtant tous Jea déments àe grand intérêt, qui ont taki jadis tant de succès aux drames , et qui Mit aujjlurd'hui Verser tant de 'pleurs <mx l^ituéft àeêr mé^ lodrames l-un proscrit , la lllle du proscrit, uâe acettstftioii capitale^ le proscrit obligé de, se cacher, et toujours en danger d*ètre décoUTért. B^s la pièce est fondée sur le caractère de Vanglas bien plus que suf le AsmgeT de Saitit^ Phar. Il en* résulte qu on est plus occupé de suivre le développement du caractère de Yan^las^ qà'on n*^^ ifi^ térestfé an* danger de Saint-Phar; et le développelheMt duearactère offrant plutôt des vices que des ridicules, ht pièce qui n*a point l'intérêt du drame., ne peut avoir qtie le degré de comique qui appartient à la haute co« médie ^ laquelle n*est pas toujours là comédie' amusante.

Il y a beaucoup de personnages';'mais tcms aie paraissetit atoet bieki imaginés, aàsec bien groupés autûui' du persottMage ^liBcipal.

^ J'aime le courageux et timide BÉ!bntgravi^r , l'envieux Dervière, quoiqu'il ne soît qu*épiso'4ique , le brave et honnête Villeneuve^ <i»dame Vanglas à- la «^fMs bonne; étourdie et tout naïvement enchantée de la fortune de son mari. Le secrétaire et les valets de Vanglas , sont bien ce qu'ils doivent être; Sain^Bhar et sa fille ont une physionomie trop commune au tliéâtre. Madame Montgtavier 7ime m. a6

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(le ne fa4re, pour ain» dire, qu'un long monologue d» Ja fin fie MDAn troisième acte. »

Le dcNiUe caractère de Vanglas «e isoulient au ipiatrième acte. Il e$t dan« la crise. Ses ctenbats.- seg angoîsses me aemjblent biep esiprimas. Le lupment^ù^ d'une nD^aûàjîl femçt JLe ;néinoire eontreSaint-Phar, tandis que de l'autre il 4ono» la clef de l'iyparteme&t qui va servir lijl^jle à ^n ufdj «st^ ce ,qui a été le plus goûté dans la pifi^ : «'«st bien; nais ce n'est, qu'un jeu de thé^re, UJçie situation.de drame. La fia du troisièpm apte me paraît une saènê de bonne comédie.

An. pînquîferae acte, il: 7 a plutôt la résultat que Je déyeLq^I^ment dji caractère. D en doit être ainsi* Vanglas y,ftufaît la pciue.de sa mauvaise action^ et y r^eçcit^e pm de ce qu'il a fiât de bieQ.

«Vanglas 9 cherobant à se jusdâeir à ses jeujk^ est^ncore un hpmme qui capitule avec sa conscience j maûi U ne s'agit pa$ ici de s'approprier de l'argent trouvii : 3 parait moins v;l, et çq>endant quoi de pluji mousicu^trx ,que d'appeler la peine capitale sur la t^ d'nn a^ni ! ,

Je cru^ de^^r placer faction ain temps«4le la régence popir dépaji^er le pubUc sur l'aueiçdQtev Je ne m'atttf ndais pas que la censurci étsibUe prè^ de nps tbéAtt^s, mereirancherait tous les traits qfà peignâtes t cetflje époque; que par exemple il me serait interdit de parler du- régem Qu ei^ bien, ou en mal; et que pes retnmcbementa me vaudraient le proche de n'avoir pas été un peintre J9ss^ fidèkiou assez piquant des mœurs de la régence^. . Ia régence n'est dans ma pièce»; qu une ^que dioi-

* Tai «m étroit )réfcâMir plusieurs mots, el une stène du second acte, qui éuit supprimés à 1a représentation.

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sie. Je n*ai pas voulu en tare le'tableau, 11 a pu se ren*' contrer, il s^est rencontré sans doute j[>endant b régence des hommes comme Vanglas; mais il me semble que te personnage a une physionomie plus moderne. €*est de notre temps que les modèles s'en sont multipliés'; c'est de notre temps sur*tout qu'on à. tu des hommes doués d*un vrai talent , a une grande facilité de travail , d'un bon cœur, a excellentes intentons, mais dévOTés d'ambition, gonflés de vanité, aimant avec fureur le faste et les plaisirs, fort avides non pour ama8^.,«.maii pour briUer et dépenser, devant leur état et leur édat à nos troubles politique», et se dbunaBt inabdroitemen*t* les ridipules de nos grands seigneur» d'autrefbia. ^La veille de la première représentation , un dç 'meê amis qui était enthousias^lé de Fouvrage, me dit en se frottant les mains: « Q me semble lire après -^demain, « dans les journaux : Ij'auteur vient de metp:e le sceau à « sa réputation.,. — Quelle erreur »! lui répondis -je, en rinterrom{)ant, «{)our ehcoùragier un jeune homme, on « lui prodigue des Ipuanges souvent exagérées ; on se ré* « signe à consacr^f les anciens succès d'un vieillard : rasHs « un homme dans là tprce de l'âge ! il poiura^bien encore « arracher qudques mccès ; mais par combien de criti* « ques amères , et même injurieuses^ ne les loi fefa*t*on « pas payer. » C'est ce qui 'm'est arrivé, e'est ce qui ne pouvait manquer de m'afriver , à' moi sur -tout, pm&vre directeur de comédie , obligé pdr métier tfêtre en perpétuel contact avec les intérêts et les vanités les phis irritables. Pour être loué d'abondance de cœur , il faut être jeune homine, bu septuagénaire. J'ai joui delà pre-

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mière époque ; j^attends la seconde, avec quelqu'espoir et beaucoup de crainte.

PERSONNAGES

VJlNGLAS y hcmune en place «ous le cardind Dubois.

Madam^ VANGLAS. ' -,

VttLENEUVE,

S AINT-PHAR ,

MONTGRAVIER , } amis de Vanglas.

DERVIÈRE,

MILCOUR,

Mai>axe MOMTGRAVIER.

CLÊMENCEr fiUe de Saipt-Phar.

DURAND , secrétaire de Yanglas.

FRANCOKUR, vieuxr domestique de Saint^Phan

LEBRUN, valet-de-H^hambre de Ys^iglas.

iSAINT-GERMAIN , valet de Vanglas.

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