‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 2)Chapitre 297 sur 399 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

SAINT-PHAR, MONTGRAVIER.

SAXVT'VRJL'R y regardanl sortir sa fille ^ et à part.

, Pauvre Clémence! si elle savait...;... Interrogeons Montgravier. (^Haut, a Mok^nnnen) Ce souper est une grande af&ire pbur tafenuçe?

ilONTGRAVIElL

Oui sans doute , et pour nK)î et pour tous nos amis : aussi ont - ils tous Regardé mon invitation comme un bienfait; Villeneuve lui-même qui, comme tu sais, vit dans la retraite, sans^ état, sans ambitioA, à ce quil dit^ et que nous appelons encore leljnisantlirope, parce qu'il est toujours goguenard quand il n'est pa^ de

mauvaise humeur.

Cohnais mieux Villeneuve. Ne voulant rien pour lui, prêt à tout faire pour lès autres, je l'ai vu rechercher, courtiser mén)e les grands et Tes gens en place dès qu'il s^agissait d'obtenir justice ou faveur [)our un honnête homme.

JkloiïTSRAVIEH*

Aussi quelques gens prétendent-ils que , sous ce manteau philosophique , il est passablement intrigant.

SAINT-PHAR

Puisse tout le monde intriguer de la sorte! Revencms à Vanglas. Il était dévot du tempg du feû roi.

MOITTGRAVIER.

Tl ne Test plus.

4r4 LES ANCIENS AMIS.

SAIlfT-PHAH.

Ah ! oiû , sous la régence.

MONTGRAVIEà»

Écoute. Tu ne l'as jamais vu ni intolérant ni $\|perstitieux. Eh bien ! aujourd'hui îl n'«èt ni liberltn ni impie; il a le& moAirs du jour, avec mesure, avec décence. Il est rempli d'égards pour sa femme. C'est un homme à talent, un homme d^'esprit; tranchons le mot, un homme de génie. ï'en souvieiis-tu? quand je, le voyais rêveur et pensif a)i milieu de nos réunions , je ' vous disais : Le bon Vanglàs ira plus loin que nous ; cela n'a pas^manqué. Jamais dur, jamais fier, toujours obligeant, il a cherché et il e^t parvenu à faire une grande fortune, parce qu'il aime à jouir, pairce qu'il tient un* rang qui demande de l'éclat, de la représentation : ^cette fortune! il la doit à ses travaux, à son intelligence , à d'honnêtes spéculations pour lesquelles il s'est servi de tûon ministère. Moi qui fais toutes ses afiaires, je sais, combien elle est acquise loyalement. Jamais il n'a songé à faire trafic de son crédit; ah! Dieu ! il a sur cet article une délicatesse qui va jusqU^au scrupule : et il ne faut pas croire qii'il adopte aveuglément .et en serviteur soumis tout ce que lui propose le ministre; il sait lui résister avec respect, mais avec Termeté, en homme, d'honneur. Mais ce que j'aime siurtout en ce bon Vanglâs, c'est sa constance pour ses anciens amis. Il les sert avec un zèle, il les défend avec

un courage, une opiniâtreté L'amitié est' un senti-

meitt qu'il pousse jusqu'au fanatisme. Un ancien ami est pour lui un être sacré qu'il se plait à couvrir de sa protection. Laborieux et homme de plaisir, auksi aimable dans le monde que profond dans le cabinet, charmant auprès des dames, affable et bon pour les

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