‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 2)Chapitre 56 sur 399 · SCÈNE i · texte numérisé non relu

SCÈNE i

LÉONARD, DORICOUR, HHÏfaETTE.

DORICOU^.

Non 9 je ne veux cien entendre ; je quitte ta néaison : tu. as beau rejeter tous les torts sur ta feuime. Tant pis pourvoi si tu te laiaaea mener par ta femme. *

Eb! mais, moiyieur, vous serez très -mal au Cheval-Noir.

H£9RisxT£, entrant en scène.

£h quoi ! mon père , il n'y en a qu'un , et c'est cet homme si peu aimable <me nous avons vu hier au soir? .

DORICOUR.

Je te réponds, ma fille , qu'il est plus aimable qu'il n^ parait au premier coup d'oeil; au moins pé cachet*il point œ qu'il est. Je serais un fou d'attendre un homme parfait. Donc , il doit me suffire que monsieur de Boulanville n'ait point les vices que ce Bertrand lui suppose. »

HENRIETTE

Ah! mon père ^' je voudrai» aunièins qu'il eût quel-^ ques-unes des vertus, que lui4rQuve* Duhpussàye.

86 M. DE POULATWILLE.

.DORICOITft. • ^

Il en a plus fTana. Il est imfibsaîbie «qii^iin homâie fasse up aussi graud éloge (fini autre hemme, sans qae cet éloge sdlt niérité diiria 'quelque partie.

henristxf:'

Il est impossible qu'un homme dise autant fif mal d'un autre homme , jans qu'il y ait quelque vérité.

* bomc^un. *

Il est évident que l'un^ des deux a menti ou s'est trompe. Pourquoi ne pas eroire que l'imposteur est celui qui en Sit du mal ? . ^

, HENRIETTE. '

Pourquoi ne pas croire' quiS celui qui en a dît du hien e3t un complaisant ët^ un flatteur ?

L^OIÏARD.

Dût votre colère contre* moî Vaugniénter encore , pionsieur, je dois vous dire ce 'que je remarque, ce que . je pense , ce que j*observ8 , puisque je fais métiter d'épier les gestes et les discours pour deviner le Ibnd des âmes. Ah! que je reconnais bien en vous, comme en Bertrand et Duhoussaye , les effets de la prévention , cette suite fetale et néces^re de toutes noi( passions , qui souvent nous met à la merci du fripop que nous croyons honnête homme, et qui, parfois, nous met en défiance contre Thonnéte homme ^ue nous croyons un fripon! Eh bien! mor, monsieur, qui suis impartial^ je vous dirai que cet homme ne mérite ni le bien ni le mal- qu'on en débite; qu'il n'est ni beau ni laid, ni sot ni spirituel , ni exôettent ni pervers ; en un mot , qu'il est de la grande famille des hommes vulgaires , si universellement répandtid sur le globe : et s'il en est ainsi pour un paiiSÔl^ petit ggntilhonine campagnard , étonnez-vous tfae ceux qui jcnient un plus grand tôle

dans le monde aient deux ^ trois , «piatre reputatioi^ , sans que4ip?entilj €0 ait U9e feuk^fui soit méritée! fitonaez^voua ^'enteodrv dioe à-la-&ia du même bo9iQ)e ; Quel a^M Qudl piaoïi ! Ç£i^t ua cœur d'or! C'est une ame de boue ! Certes , il est de beUe$ et de vilaîpes actions , de bons et de méchants ouvrages, des hommes de mériterai -des sots, sur lesquels la grande majorité s'accorde. Mais encore , le bien trouve ées j%#ndeurs , ie mal trouve des flatleurs. Après cela , fiez-vous aux ii^putationi! ^DQS'ne sommes justes <fue pour les morts, et encore.... Où vt)ulais-^je eu venir? Ty suis. 'Oui , monsieur , pour l'acquit de ma conscience, je dois vous dire que vous seriez coupable et refiiser votre fillç au jeune homme qu'eUe aime , et dont elle est aimée, pour la donner./.. Et gardez-vous d'imputer mes avis à l'intérêt personnel; si je ne songeais qu'à moi, loin de vous contrarier, j'abonderais dan« votre sens.y.Sur-tovt, monsieur, n'allez pas au Cheval-Noir ; car., j'en piik4e sans passion , mon confrère l'aubergiste est un arabe , ubl intrigant et ym mauvais CttisiDiar.

DomcoiMi.

Tu eu parles sans passion , et * tu l'accables d'injures!

HENRIBTTÇ.

Mon père, serais-jeliqureu^e avec monsieur de Boulanville?

LliqvJiltp.

Non, mademoiselle, voua ne seriez pas heureuse.

Mipnsieur Rajxnoud est-il l'ajbteiâ de la ruse? N'est-ce

pasma feanp^e ^ia v^ula vousy^çimper? ÇJDoricpur.y

N'est-ce pas vous qui xcms êtes *trpmpé vous-même?

88 M. DE BOIÎLAIÏVILLE.

' BORIGOUA.

Morblep! tu me tfnd» k toute -toa colère, eft me parlant de ta femme. Monsieur de Boukirrillb est le seul et unique neveu dç ntônramt» et cfts% à lui que je donnerai ma fille.

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