‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 2)Chapitre 94 sur 399 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

de son frè»e , il fera fort bien ; mais après avoir acquitté le petit souper d'hier. Cest une bagatelle. Encore celle-là , mçnsieur. Voua êtes trop juste, trop bon

frère D'ailleurs, je ne connais que monsieur; c'est

l'adresse de monsieur qu'on a donnée à ma femme; monsieur se nomme Philibert. C'est donc monsieur que j'attaque, en lui laissant, bien entendu, son recours conère son frère.

COMTOIS

Nous ne vous craignons pas , et nous ne vous paierons pas.

LE TRA.ITEUR.

C'est ce qu'il faudra voir.

PHILIBERT AINi.

Allons, pour mon entrée dans mon nouveau logement , du bruit , un scandale. Finissons. C'est cinquante-trois francs qui vous sont dus.

COMTOIS

Eh quoi! vous voudriez encore?....

PHILIBET AIirÉ.

Paix. En voilà cinquante-cinq.

comtois;

Cest bien dur. Payer un souper qu'on n'a pas mangé !

LE traiteur.

Monsieur laisse, sans doute, h reste pour les garçons?

PHILIBERT AI5É

Soit.

COMTOIS

Et les garçons encore !

LE TRAITEUR

Mille pardons , monsieur , de ma vivacité ; mais il y

i4o LES DEUX PHILIBERT.

a tant de pertes dans notre état. Nous agmmes des jeunes gens qui commençons.

COMTOIS

Il suffit ; vous êtes payé.

LE TRAITEUR

Cest vrai ; mais convenez que ma femme n'en a pas moins fait une sottise, parce que n ayant pas Thonnear de connaître monsieur votre frère.... Mon dieu! qu'on est heureux de rencontrer de temps en temps des honnêtes gens comme monsieur!

^ (// sort.)

" SCÈNE V

PHILIBERT AiirÉ, COMTOIS.

COMTOIS

Courage, monsieur; donnez -vous de la peine pour faire fortune. Il n'y a pas de raison pour que jamais vous soyezf^iche , puisqu à mesure que vous gagnez de l'argent, monsieur votre frère le dépense.

PHILIBERT AINE

Ne me gronde pas ; c'est mon frère ; il a eu des malheurs : et c'eût été bien m'annoncer dans ce quartier que de passer pour ne pas payer mes dettes.

COMTOIS

Je cofnçois; faiblesse pour lui ;' considération pour vous-même. Ah! monsieur, vous êtes trop boù, et monsieur votre frère en .abuse. Lui malheureux! je ne vois pas cela. Il ne sait que rire ,' boire et se divertir. Dès qu'il a un peu d'argent, il brûle le pavé de Paris en cabriolet élégant, recherché dans sa parure, don-

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