‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 2)Chapitre 95 sur 399 · ACTE I, SCENE V. i4f · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V. i4f

nant des letes, faisai% des cadeaux, et vous envoyant à vous*meme des bijoux, des livres et des bourriches.

PHILIBERT aîné.

Eh bien! c'est bonté, c^est reconnaissance.

COMTOIS

Point du tout : c'est vanité , c'est folie ; moi je l'ai toujours cru un peu timbré. Deux jours après , ne le voyons-* nous pas revenir à nous à pied, se plaignant des hommes et du sort , et le porte - feuille rempli de reconnaissances du Mont-de-Piété?

PHILIBERT AINé.

Comtois , VOUS allez trop loin. . •

COMTOIS

Non, monsieur; dussiez-vous me chasser, il faut que je mé soulage. Après la mort de madame votre mère , n'est - ce pas lui qui a bouleversé et vendu à bas prix sa maison de commerce? Et toutes les places que vous lui avez obtenues par votre crédit, dans les vivres, au greffe du palais , ilans les contributions , au ministère même où vous êtes employé, et qu'il a per4Mes par sa faute , après un ou deux mois d'exercice ! Enfin , monsieur , les choses en sont venues à un tel point , que vous n'osez plus avouer aux personnes qui ne le connaissent pas que vous avez un frère , que vous n'osez plus rien solliciter pour lui, et que vous aimez mieux lui faire une pension que de vous .exposer à vous brouiller avec les gens à qui vous le recommanderiez.

PHILIB£<RT aîné. •

Oui , il est vif et fougueux dans ses passions. Par- Ions de mon amour pour Sophie. Crois - tu qu'il soit temps de me présenter de nouveau chez son père? Je

i42 Ii£S DEUX PHILIBERT.

n'ose rhésite Il est si £|pheux d'êtva.oblîgé de

s'annoncer soi-même ! ^

{Ici on entend CUurviUe chanter dans la coulisse,) -

, Mail on rcFicnt toqjour»

A ses premien amoors.

PHILIBERT aîné, regardant du cote où l'on entend

chanter. "^

Eh! mais cette voix.... Je ne me trompe pas; c'est Clairville , le maître de musique. Âurait-il des écoliers dans ce quartier?

GOMTOia,.

Vous ave^ de l'amitié pour monsieur Clairville. Je parierais que v8us n'avez pas osé lui parler de mon* sieur votre frère.

PHILIBERT aîné.

C'est vrai; laisse^moi avec lui. f^

COBLTOIS. \

Il n'y aura bientôt plus que ses créanciers qui sauront que vous êtes deux frères.

( // sort. )

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