SCÈNE III
FABRICE, TÉRIGNI, SOPHIE, madame SAINT- ALARD, AGLAÉ.
madame saint- alard , parlant de dehors. Où sont-ils? où sont-ils, conduisez-nous , Justine.
[^ Accourant , a Fabrice.^) Cher neveu !
aglaé, de même.
Cher cousin !
madame saint-alard.
Qu'il me tardait, hélas!
De pouvoir vous serrer tous les deux dans mes bras !
( En montrant Terigni. ) C'est monsieur Térigni , l'ami de la famille , Ce jeune homme opulent?... Saluez donc, ma fille,
FABRICE
Quel gracieux accueil !
MADAME saiit-alard.
Vous connaissez mon cœur, Pouviez-vous en douter ? De ma défunte sœur Tome IL 1 I
i6a L'ENTRÉE DANS LE MONDE.
Voilà bien tous les traits : tous les jours je la pleure , N'est-ce pas , Aglaé ? Mais quoi ! dans ma demeure Amener avec vous un hôte intéressant !
Vous savez reconnaître un bienfait ; c'est charmant !
TERIGNI.
Madame, en vérité
MADAME SAIWT-ALARD , Cl Sdjîlle.
Mais , parlez donc , ma chère , Ou bien l'on va vous croire une sotte. aglaé, avec apprêt.
Ma mère....
MADAME SAIWT-ALARD , h TèHglli.
Elle est toujours timide , excusez. On m'a dit
Que vous étiez, Fabrice, un jeune homme d'esprit;
Il en avait aussi beaucoup feu votre père :
Oui , mais point de conduite et peu de caractère ;
Je lui disais : « Songez , mon frère , à vos enfants ;
« Après vous , ils seront à charge à vos parents : »
Cela n'a pas manqué; s'il eût voulu m'en croire
Fabrice , se hâtant d'interrompre sa tante. Ma tante , comme nous , respectez sa mémoire ; Ses torts à ses enfants doivent être inconnus, Et nous n'avons jamais songé qu'à ses vertus.
MADAME SAINT- AL ARD
Fort bien. Je vous marquais dans ma lettre dernière
Que le beau monde ici se rendait d'ordinaire;
Vous trouverez chez moi, messieurs, sans vanité,
Une école de goût , d'esprit , d'urbanité :
Vous entrez dans le monde ; une maison pareille
Vous doit à tous les trois convenir à merveille.
Jugez-en dès ce soir; je n'exagère pas.
C'est mon jour justement; si vous n'êtes pas las,