ACTE III, SCENE I
DERLAKGE.
Couplets , bouts rimes , charades , anecdotes.
FAVEL
Que voulez-vous ? le goût se perd de plus en plus. Je cherche à le sauver. Lisez mon prospectus.
DABLAIVILLE.
Comme il poursuit partout le vice et le scandale !
FAVEL
Il faut de la décence , il faut de la morale.
DERLANGE.
A l'esprit avez-vous quelques prétentions? Lui seul fait et défait les réputations.
Mais je puis lui montrer mon plan de tragédie.
D ABLAIVILLE.
Parbleu! plus d'un auteur lui doit tout son génie.
DERLANGE.
Quelle aimable romance hier soir il nous lut !
DABLA1VVILLE.
Il ne tiendrait qu'à lui d'être de l'Institut.
FAVEL
Allons, mon jeune ami, du talent, du courage; Travaillez , publiez.
TÉRIGNI.
Si j'ai votre suffrage
FAVEL
Eh! mais, c'est mon métier de prôner mes amis. L'amitié de Derlange aussi n'est pas sans prix.
DABLANVILLE.
Homme du monde.
FAVEL
Instruit.
il 8 L'ENTRÉE DANS LE MONDE.
DABLANVILLE.
Une excellente lame.
FAVEL
Ces jours derniers il s'est battu pour une femme.
DERL ANGE.
Faux bruit. Je me suis pris de querelle fort peu , Une fois dans un bal et deux fois dans un jeu. Les vrais braves toujours sont doux par caractère. Jeune homme, si jamais vous avez quelque affaire, Prenez-moi pour témoin.
DABLANVILLE.
Il ne nous niera pas Qu'il sait, quand il le veut, bien employer ses pas.
FAVEL
Protecteur en crédit.
DABLANVILLE.
Excellent militaire.
FAVEL
Par conséquent très-bien auprès du ministère.
derlaivge, d'un ton capable.
Est-ce que vous voulez obtenir quelque emploi ?
TÉRIGNI.
Eh ! mais...
derlange.
Allons , parlez franchement avec moi :
Mais nous en causerons plus à notre aise à table ; C'est là qu'on voit vraiment de quoi l'on est capable.
térigni.
Eh bien! soit, j'y consens.
DA.BLANVILLE.
Quel aimable repas!
Mais que votre Fabrice , entre nous , n'en soit pas. Vous l'aimez, c'est fort bien, je n'en veux pas médire;