‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 4)Chapitre 158 sur 343 · ACTE III, SCENE I. n · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE I. n

Mais , moi , je crains les gens qui ne savent pas rire. Et puis, est-il bien franc?

DERLANGE.

Ah! point de fausseté.

TÉRIGNI.

Très-franc, mais sérieux,..

DERLATfGE.

Fi donc, de la gaîté.

Et , morbleu , quand on a votre âge , vos richesses , On rit, on joue, on boit, et l'on a des maîtresses.

TÉRIGNI.

Vous paraissez avoir du goût pour le plaisir.

DERLANGE.

La vie est courte, il faut se presser d'en jouir.

FiVEL.

Eh ! oui ; pour exiger que l'on vive en hermite , Si l'on n'est pas un sot , on est un hypocrite : Soyons toujours , sans doute , honnêtes , délicats ; Mais pour trop vertueux ne nous affichons pas : Prenons-le tel qu'il est , ce monde ; dans la vie , Aux mœurs du siècle il faut vraiment que l'on se plie ; Dans ces frivoles mœurs nous fûmes tous nourris; Pourquoi donc seriez-vous Spartiate à Paris ?

Voilà de la raison, de la philosophie.

DERLANGE.

Quand je vous dis que c'est un homme de génie. Mais pensons au dîner.

FAVEL

Si j'y menais Constant.

DERLANGE.

J'aime ses calembours.

DABLANVILLE.

Esprit, argent comptant.

DERLANGE.

D'ordonner le repas , moi je fais mon affaire. Nous irons chez Léda ; l'on y fait bonne chère : C'est là qu'avec ma femme assez souvent je vais.

TÉRIGNI.

Vous êtes marié, cher Derlange?

DERLANGE.

A peu près.

FAVEL

C'est ainsi qu'au Caveau , simple et célèbre asyle , Pour châtier les sots , armés du vaudeville , Se rassemblaient Piron , et Gallet et Collé. De nos repas je veux aussi qu'il soit parlé.

Doux espoir qui suffît pour ranimer ma verve.

DERLANGE.

Ah ! vraiment je le crois. En attendant qu'on serve , Nous pourrons faire un tour au trente-et-un.

FAVEL

Parbleu !

DERLANGE.

Le connaissez-vous?

TÉRIGNI.

Non.

DERLANGE.

C'est le plus joli jeu.

Je me fais un plaisir , mon cher , de vous l'apprendre.

FAVEL

Sous un quart d'heure , ici , nous revenons vous prendre.

( // sort avec Derlange.)

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