‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 4)Chapitre 164 sur 343 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

TÉRIGNI, FABRICE, SOPHIE.

fabrice, après s'être assuré que madame Saint-

Alard et Dablanville sont partis.

Sommes-nous seuls enfin? C'est trop long- temps me taire. Je blâme de ma sœur la trop vive colère : Elle est juste pourtant. Comment te conduis-tu? Comment ce bon Clermont par toi fut-il reçu? Pour ces nouveaux amis, soins, accueil, prévenance; Et pour nous, abandon, mépris, indifférence: En un jour, jusques-là si l'on t'a fait venir, Que ne devons-nous pas craindre de l'avenir ?

TÉRIGNI.

Il est fort singulier qu'un homme de mon âge

aa8 L'ENTRÉE DANS LE MONDE.

D'un mentor avec moi prenne ainsi le langage. Tu crois apparemment valoir bien mieux que moi*

Point du tout, Térigni. Mon amitié pour toi Me dicte des avis dont j'ai besoin moi-même. Si je te parle ainsi , c'est parce que je t'aime.

TÉRIGNI.

Oh ! de tant d'amitié je vous suis obligé.

SOPHIE

Ah ! Térigni , combien un jour vous a changé !

TÉRIGNI.

Quoi!

SOPHIE

Je sens au dépit succéder la tristesse.

TÉRIGNI.

Vous pleurez?

SOPHIE

Votre amour devait durer sans cesse ; Cet amour dans lequel je plaçais mon bonheur , Ingrat , il est déjà bien loin de votre cœur.

TÉRIGNI.

Qui ? moi ? grand Dieu ! cesser de vous aimer , Sophie !

SOPHIE

Comment de Térigni me croire encor chérie , Quand son ami , mon frère , est par lui maltraité ?

TÉRIGNI.

Maltraité ! mais lui-même aussi s'est emporté.

L'amitié seule....

TÉRIGNI.

Eh bien! je sens mon injustice ; Oui j'ai tort avec toi ; pardonne-moi , Fabrice.

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