‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 4)Chapitre 193 sur 343 · FABRICE, SOPHIE, CLERMONT · texte numérisé non relu

FABRICE, SOPHIE, CLERMONT

CLERMONT

Les voilà ; j'étais sûr de les trouver ici.

C'est vous , Clermont. Eh bien ! nous n'avons plus d'ami. Avec ardeur il court lui-même dans le piège.

SOPHIE

Il épouse Aglaé, demain,.... ce soir,.... que sais-je?

26o L'ENTREE DANS LE MONDE.

FABRICE

Vous sentez bien qu'il faut que d'ici nous sortions.

SOPHIE

En quel endroit aller? hélas! nous l'ignorons.

FABRICE

N'importe.

CLERMONT

Sur ce point, d'abord soyez tranquille.

FABRICE

Comment ?

CLERMONT

Chez moi , mon cher , vous avez un asyle ; Ce qui vient d'arriver j'avais su le prévoir , Et ma femme est déjà prête à vous recevoir. Mais, s'il vous plaît, pourquoi plier ainsi bagage, Et laisser après vous votre ami pour otage? De la place, morbleu! ne songez à sortir Qu'en sachant avec vous le contraindre à partir.

SOPHIE

Nous, lui parler encor! avez-vous pu le croire?

A l'oublier, Clermont, il va de notre gloire.

CLERMONT

Laissez là le dépit, écoutez la raison.

Vous verriez de sang froid triompher un fripon !

Des coquettes auraient le prix de leur manège !

Morbleu! quand le jeune homme à qui l'on dresse un piège

Me serait inconnu, dans de pareils combats,

A la neutralité je ne m'en tiendrais pas :

Aux complots des méchants arracher l'innocence,

C'est un devoir; voilà du moins comme je pense.

Mais, dites-moi, pourquoi là-bas m'affirmait-on

Oue vous étiez tous deux absents de la maison?

Page 1