FABRICE, SOPHIE, CLERMONT
CLERMONT
Les voilà ; j'étais sûr de les trouver ici.
C'est vous , Clermont. Eh bien ! nous n'avons plus d'ami. Avec ardeur il court lui-même dans le piège.
SOPHIE
Il épouse Aglaé, demain,.... ce soir,.... que sais-je?
26o L'ENTREE DANS LE MONDE.
FABRICE
Vous sentez bien qu'il faut que d'ici nous sortions.
SOPHIE
En quel endroit aller? hélas! nous l'ignorons.
FABRICE
N'importe.
CLERMONT
Sur ce point, d'abord soyez tranquille.
FABRICE
Comment ?
CLERMONT
Chez moi , mon cher , vous avez un asyle ; Ce qui vient d'arriver j'avais su le prévoir , Et ma femme est déjà prête à vous recevoir. Mais, s'il vous plaît, pourquoi plier ainsi bagage, Et laisser après vous votre ami pour otage? De la place, morbleu! ne songez à sortir Qu'en sachant avec vous le contraindre à partir.
SOPHIE
Nous, lui parler encor! avez-vous pu le croire?
A l'oublier, Clermont, il va de notre gloire.
CLERMONT
Laissez là le dépit, écoutez la raison.
Vous verriez de sang froid triompher un fripon !
Des coquettes auraient le prix de leur manège !
Morbleu! quand le jeune homme à qui l'on dresse un piège
Me serait inconnu, dans de pareils combats,
A la neutralité je ne m'en tiendrais pas :
Aux complots des méchants arracher l'innocence,
C'est un devoir; voilà du moins comme je pense.
Mais, dites-moi, pourquoi là-bas m'affirmait-on
Oue vous étiez tous deux absents de la maison?