‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 4)Chapitre 220 sur 343 · MALIN VAL · texte numérisé non relu

MALIN VAL

Oui , sans doute , nous les reverrons ; mais c'est que la campagne a tant d'agréments ! ma foi , vive la campagne pour l'aisance , la liberté ! A Paris , on est tourmenté , harcelé par mille importuns , mille fâcheux.

LAMBERT

Oh ! l'on en trouve partout ; n'est-il pas vrai , Durmont?

MALINVAL.

Vous avez bien raison ; mais enfin quels sont les plaisirs de Paris? Dans les promenades publiques, une foule, un vacarme, des filous, des petits chiens.

LAMBERT

Ne me parlez pas des spectacles , des calembours pour de l'esprit , des madrigaux pour du sentiment , des fripons qui font les délicats , des adultères qui font de la morale , et des voleurs qui font de la sensibilité.

DUKMOKT.

Que voulez-vous, la comédie est la peinture du monde.

M ALINVAL.

Des tombeaux , des spectres , des prisons , des hommes qui se battent , des chevaux qui dansent , les petitesmaisons du Parnasse, qui nous ont été apportées avec les nouveaux romans.

DTJRMONT.

Marchandises anglaises qu'on aurait dû prohiber avec les autres.

LAMBERT

Mœurs scandaleuses , égoïsme poussé à l'excès ; chacun songe à soi , oublie l'univers ; il s'est établi un nouveau commerce de faillites, qu'on appelle des malheurs; et de malheur en malheur, on achète des terres, des maisons , et l'on marie ses enfants.

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