M AL IN VAL
C'est un jeune homme très-intelligent, dont je fais le plus grand cas.
DURMOIT.
Moi de même.
MALINVAL.
Oh çà! il faut venir au fait tout d'un coup; moi, je ne sais pas aller par deux chemins. Il aime mademoiselle votre fille.
DURMONT.
Je le sais.
MALINVAL.
Ah ! vous vous en êtes aperçu comme moi. Or , vous ne voulez donner votre fille qu'à un homme riche ?
DURMONT.
Qui vous a dit cela?
MALINVAL.
Est-ce que nous ne connaissons pas le train du monde ? Est-ce que nous ne savons pas qu'en fait de mariage les parents songent toujours à la fortune , et en cela ils n'ont pas tort ; parce que , comme on dit , sans argent, mauvais ménage ; mauvais ménage rend les époux malheureux; les époux malheureux élèvent mal leurs enfants ; les enfants mal élevés font damner les pères et mères ; de là tous les malheurs qui s'ensuivent , et qu'on peut voir dans les romans comme dans les philosophes.