CACHÉ
MONTRICHARD
Eh ! c'est M. de Lasaussaye ! Vous voilà donc enfin. Je vous attendais avec bien de l'impatience.
LASAUSSAYE.
Vous ne sauriez croire combien je suis sensible à la réception encourageante que j'ai l'honneur de recevoir.
MONTRICHARD
Je sortais
Que je ne vous arrête pas ; je ne venais moi-même que pour vous souhaiter le bonjour ; n'ai-je pas toutes les affaires de la succession à terminer ? Permettez-moi seulement, docteur, de vous remercier des peines que vous avez prises pour mon oncle. Ah! j'ai fait une perte !
MONTRICHARD
Que voulez- vous ? nos moments sont comptés. Parlons des affaires de la succession ; où en sont-elles ?
LASAUSSAYE.
En très-bon état; je suis arrivé hier, je vais faire Tome II. a 5
lever les scellés ce matin , je recueille tout l'héritage ce soir, j'épouse votre nièce demain , et je l'emmène aprèsdemain à Villeneuve-sur-Yonne.
MONTRICHARD
Vous êtes expéditif. Vous êtes donc absolument seul héritier ?
LASAUSSAYE.
Seul et unique. Mon oncle n'avait qu'un frère , qui était mon père ; nous étions onze enfants de notre côté , mais j'ai enterré tout cela.
MOîfTRICHARD.
Savez -vous qu'il est fort heureux pour vous que votre oncle soit resté garçon.
LASAUSSATE.
Il a fait sa fortune dans les colonies. Ce qu'il est devenu , ce qu'il a fait dans ce pays-là , Dieu le sait. pavaret, a part.
Ah! ah!
LASAUSSAYE.
Je vous avoue qu'avant son retour je ne comptais guère sur son héritage; je lui croyais des femmes, des enfants; j'avais même entendu parler d'une Espagnole à qui il avait fait la cour.
pavaret, a part.
Fort bien ! Je n'ai pas besoin d'en savoir davantage. (77 rentre dans V auberge. )
LASAUSSAYE.
Oh ! c'était un gaillard , mon oncle : dans un carton qu'on n'a pas mis sous les scellés , j'ai trouvé une correspondance tout entière en façon de mémoires. Je finirai peut-être par la faire imprimer; car en y mettant des voleurs et un vieux château, cela ferait un