ACTE III, SCENE VIII. 4o
docteur Montrichard , un homme dont la réputation s'étend jusque dans l'autre monde.
Oui, jusqu'à Saint-Domingue.
MONTRICHARD
Ah! vous êtes tiop bons, messieurs.
DERVILLE
Je sais également les soins, les peines, Tes embarras que mon cousin a pris pendant sa maladie et depuis sa mort ; et c'est pour vous témoigner à tous deux ma reconnaissance que j'ai précipité mon voyage.
LASAUSSAYE.
Il ne fallait pas vous donner cette peine-là.
DERVILLE
Je sais aussi qu'il n'a pas fait de testament.
LASAUSSAYE.
Non ; nous n'avons pas trouvé de testament.
DERVILLE
Mais je n'en acquitterai pas moins les dettes de son cœur ; et ni vous , ni monsieur , n'aurez à vous plaindre de moi.
PAVARET.
Non, vous n'aurez pas à vous plaindre de lui.
LASAUSSAYE.
Monsieur.... mon cher cousin, assurément je n'en doute pas. (A part.) Qu'est-ce qu'il veut donc dire?
DERVILLE
Il a dû vous parler bien souvent de moi ?
Jamais.
DERVILLE
C'est singulier.
4o6 LE COLLATERAL.
PAVARET.
Oui , c'est fort extraordinaire.
DERVILLE
Mais regardez-moi bien ; vous devez trouver quelque ressemblance entre lui et moi ?
LASAUSSAYE.
Pas du tout.
PAVARET.
Qu'en pensez-vous, docteur?
MONTRICHARD
Pardonnez-moi; il y a quelque chose.
PAVARET.
Ah ! l'on se ressemble de plus loin.
LASAUSSAYE.
Ah ! sans doute ; vous êtes peut-être cousin issu de germain... peut-être germain... peut-être neveu comme moi ?
Il est mieux que cela.
LASAUSSAYE.
Et quoi donc?
PAVARET.
Son fils.
LASAUSSAYE.
Son fils!
MONTRICHARD
Son fils!
PAVARET.
Son propre fils.
DERVILLE
Il était mon père.
LASAUSSAYE.
Ne vous l'avais-je pas bien dit ? c'est un fripon.