‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 4)Chapitre 301 sur 343 · ACTE III, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VIII

DERVILLE

Plaît-il , mon cher cousin ?

LASAUSSAYE.

Je dis que probablement vous vous trompez sur votre naissance, car mon cher oncle n'a jamais été marié.

DERVILLE

Il est trop vrai.

Non, jamais il n'a été marié.

LASAUSSAYE.

Vous voyez donc bien

PAVARET.

Mais mon ami n'en est pas moins son fils.

LASAUSSAYE.

Ah ! il est fort , celui-là , par exemple.

DERVILLE

Pourquoi me rappeler les fautes de ma mère?

PAVARET.

Pauvre femme ! elle adorait ce cher Dorval ; et lui , de son côté, comme il l'aimait! il lui avait fait une promesse de mariage ; il l'appelait sa chère Espagnole. Elle était de la partie espagnole de Saint-Domingue.

LASAUSSAYE.

Ah! ce serait cette Espagnole!....

DERVILLE

Quel fut son désespoir quand il fut obligé de repasser les mers !

PAVARET.

Elle en est morte de chagrin , la pauvre créature.

LASAUSSAYE.

Voilà ce que c'est. Je m'étais toujours bien douté que mon oncle ayant été aussi libertin dans sa jeunesse , il se présenterait quelque rejeton.... mais, Dieu merci!

4o8 LE COLLATÉRAL.

cela ne m'inquiète pas. Ainsi vous êtes son fils , mais

vous n'êtes pas son fils légitime.

DER VILLE

Hélas , non !

PAVARET.

Ah! mon Dieu, non. Les parents n'ayant pas été mariés, il est dans la classe de ceux qu'en justice nous nommons enfants naturels.

MONTRICHARD

Et que vulgairement on appelle.....

LASAUSSAYE.

Bâtards. Enchanté de vous voir , assurément ! Je vous prie de croire que nous n'aurons pas de contestation ensemble pour la pension alimentaire

DERVILLE

Qu'est-ce que vous dites donc, à votre tour?

LASAUSSAYE.

Je dis que je suis trop galant homme , trop bon parent , pour ne pas me faire un devoir de fixer la pension alimentaire.

PAVARET.

Vous oubliez apparemment que vous parlez devant un avocat?

Il n'est pas question d'avocat ici.

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