ACTE II, SCÈNE XL
trouve à Montargis chez ma belle-mère , auprès de ma prétendue ? ( Bas a Dorlis. ) Déclare ton amour. (Haut.) C'est qu'il y a près d'un siècle , en vérité , que je ne t'ai vu; j'ai demandé de tes nouvelles de tous les cotés : j'ai même écrit à Paris à ton oncle le banquier.
MADAME DERCOUR.
Comment! vous avez un oncle?....
FLORIMON.
Jouissant d'une fortune considérable , dont le cher Dorlis doit avoir un jour sa part. La renommée m'a appris que tu t'étais distingué au dernier salon.
MADAME DERCOUR.
Comment ?
DORLIS.
Une bagatelle.
FLORIMON.
Une bagatelle ! une marine , un clair de lune , une vue de Montargis ! ( Bas à Dorlis. ) Parle donc , ne crains rien. ( Haut. ) Eh bien ! mon cher , tu te tais ?
DORLIS.
( A part. ) Allons , il faut faire ce qu'il dit.
FLORIMOW.
( Bas a Dorlis. ) Du sentiment , de l'expression.
( Haut. ) Si je me tais , ce n'est pas sans raison.
FLORIMOTf.
( Bas a Dorlis. ) Bien , continue sur ce ton - là. ( Haut. ) Eh ! quelle est donc cette raison ? En est-il qu'on doive cacher à son ami ? En vérité , madame , son silence et l'altération de sa voix ont porté le trouble dans mon ame.
MADAME DERCOUR.
Mais en effet il paraît profondément affecté ; il commence à m'inquiéter.
DORLIS.
Ah! madame, et toi, mon cher Florimon car je
ne puis encore m'accoutumer à te donner ce nom fatal de La Mortillière : qu'allez-vous penser du malheureux Dorlis quand vous apprendrez son secret?
MADAME DERCOUR.
Eh! peut-il jamais rien changer à mes sentiments pour un homme qui, sans me connaître, m'a rendu si généreusement service?
FLORIMON.
Eh ! moi, puis-je oublier que je te dois la vie? Ah ! tu ne conçois pas encore jusqu'à quel point je suis capable de pousser la reconnaissance : parle clone , mon cher Dorlis, épanche tes secrets dans le sein d'un ami.
DORLIS.
Non , cessez de me presser ; vous vous repentiriez bientôt De grâce , laissez-moi m'éloigner.
MADAME DERCOUR.
Vous ne sortirez pas ; La Mortillière et moi nous avons des droits à votre confiance , nous les réclamons : ah ! parlez , je vous en supplie.
DORLIS.
Eh bien ! puisqu'il le faut , sachez que vous voyez en moi
FLORIMON.
Eh bien ! que voyons-nous en toi ? ( Bas a Dorlis. ) Courage !
MADAME DERCOUR.
Achevez donc.