CHAPITRE V
Pfemières vacances d* Eugène et de Guillaume*
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,^ la fia de mon anné^ de sixième; j^lai' passer me/ .imcances;<;^z mim père avec mon précepteur. Guillaume resta 9p allège. Sim père n*àvjlit pas le moyen de le £atire voyager tous les slïA; el^ d'ailleurs , d'après les coii^is.de mon: couêiii César, il ne voulait pas le distraira àe^'wm Uemih Mon pèfé^élait^h^ peu bon-», teux que je' n'eusse pas eit seulement «un accessit, tandîii que Ouillaume ayait été deux fois couronné; mak ma mère me trouvaht .grandi; embelli ^ aperce-' vaut enÀH ddsi airs et des t^anîères de qualité, ^taît
enchantée de râbl)éDQrii3li9^ et /parvint «le mamtenir, ijuns les bonnes grâces de* mon père.
A la 4&triliution des prix, je n'avais, pn me dispenser de faire v-inbn complim^t à Qoâlaume. Il ne im parlait plus clef)iiîs< làà^^^ps; mais il fut saisible à. maîdémarché; et^ackant qpieje parta^ le kndeniain pour aller eu yaoances, il saisit avid^^nenl <:etbe> <Hk;asi(m de me diarger d'amidé»^\ de compfiments, dé respects pour ma lamiUe et pour la sienne, en sorte que je ne meiitis pa9 t^iit*à-&il en assurant au pèi^e Delorme et à «a fenaone que j'étai^ Tâmide Gaillajtmle au collé|^, a>mme.jel avai»4ét^ depuis notre nai$çanee. Us me crurent ; ils me remercièrent. Guill^mè , Aoit par fierté , «oit par diserétion , n'avait jamais pi»rlé dans ses lettres de nos petits démêlés. * /
Ma cousine Laure me fit le plus aimable accueil, et me demanda avec un intérêt ilaif des nouvelles* de M. Guillaume. Elle avait appris avec grand pkiiir qu'il se distinguait dans ses études. ,
Dès le laoïdemain de mon arrivée au château , mon cousin César se fit un devoir et une fête dft m'intex*'ïoger , pour juger dje mes prci|prài» L'albbé , qui s'était atteftflu à ce redoutable examep , m'y awk préparé de'son. mieux; mais, soit défiait 'd'attention oli d'inteU ligence'dé la part cfe l'élève, soit défaut d'éloquence ou de clarféde la part du>précepteur , 1^ leçon avait si peu profitiez que )e i^pondis toUt de travers i mon côuéin. L'abbé, qui s'aperça^ du .mécontentement ^ César , se hâ^ de prendre la pai^ole; Cafte petite scène se piQssaît m présence de me» parants. L'abbé trouva le aMigren de ne donner, tort ni h lui ni à moK II tanta
7^ Eugène;''
beaucoup l^oelb^âce de sa méthode- d'enseigner; il Vdnta beaucoup Texcelleiioede ^on cœur et la vivacité ^ mon esprit; selon lui, je n'avais qu'un défaut, bien pàrdoniiablç à nfojft âge , iine grande étQurderie ; et H savait; remarqué plus d'une fois quelles enfants vif», étourdiis,' amiableâ Wniiiiè je < l'étais, iSnissaient pi^ briller dans leurs dernières classas. César ne fut pas dupe de cette belle apologie ; il attaqua mon précepteur sur sa méthode, et, comme à leur première ei^trevue , tandis que César allait droit au fait et
i fessait vivçinent l'abbé, celuini répondait par des digressions et de jolies pl^rases, qui ne laissant pas dç déduire mon père et ma mère , car il avait l'art d'y miter sans cesse l'éloge da leur fils. Malheureusement pour l'abbé ^ César le ramenait impitoyablement à la question, et 3e conciliait à son toui*.le suffrage de mes parents', en accablant l'abbé d'épigrammes ^t de coinphmenits ironiques. Ce fut cependant l'abbé qui triompha, ce Eh bien! dit ma mère, quand mcm fils ne « serait pas tout- à -fait aussi fort en grec' et en latin
,--: «,que notre cousin César ^.. le grand malheur! Si l'abbé « Doriolis en fait, un homme d'esprit, i^i homme aiamàble. un homme da monde; en sera- 1- il moins (c riche?, en ferait-il moins son cheiikin? en sera-t-il «moins aimé dés femmes? en plaira -t- il *motns à sa « cousin^i* » • , , \
Depuis ce premier jour jusqu'à la Qn*des .vac^Mices,
~ , l'abbé Doriolis . ne mHn<|Uait îamais de s'^egayer aux dép^s de nôtre oousin le bossu en son ^sence: mais dès que César paraissait , c'était le tour de l'abbe jd'êâ^e plai^nté. Le bossu, lui. lançait en faj^edes railleries» si
ET GUILLAUÎVIE. 7g
bouffonnes , que toute la famille en éclatait de rire , et que M, Tabbe^J déconcerté , se trouvait obligé souvent de quitter la place. Il se coûsolart en allant , faute de mieux > Taire admirer son savoir au inagister, et ses. grâces à la fille aînée du jardinier , qui était fort jolie. H résulta de ce' petit conflit d'épigramrae&^ntre moiï* précepteur et mon cousin le bosâu, dont on^ne put pas tout - à - fait me dérpber la connaissance , que je m'habituai à me moquer de^ tous les deux. Ce ^'étàit pas tout-à-fait le compte de César, qui s'inquiétait peu qu'on se moquât de lui ^ mais qui aurait voulu que ja reçusse une aufre éducation. Celle qu'on me donhaît lui paraissait admirable pour faire de moi un fat et^ un suffisant. Il fallut bien qu'il se résignât. Mes parent» , et ma mère sùf^tout, étaient telleigent engoués de mon précepteur, que César se serait ipfailliblemelit brouillé avec toute la famille , s'il eût contmué de dire du mal du cher abbé. Il laissa donc passer ses« bévues: il se contenta de les relever quand l'abbé s'émancipait jusqu'à l'impertinence ; ce qui arrivait assez fréquemnient. Quaiid ma mère lui faisait l'éloge de M. Doriolis , mon cousin se bornaii à repondre a u^ la èorpie <i heure y » en soupirant ou en souriant y sÀon qu'il était disposé a me plaipdre de n'être pas jnieux élevé , ou à se moquer de mon bri|lant instituteur.
On songeait touj^oucs avec déHces au projet de m« marier à ma CQusihe, et l'on en 'parlait si souvent et si sérieusement', que ce ne, fut plus un mystère ni pour Laure ni pour moi. Il fut convenu entre ma mèjpe^ ma tante Emilie Ebuville e^ M. fabbé Doriplîs, que, pour doriner à Laure \in mari parfait, il fallait tn'itistruire
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dans t0U& ks.^rUd'elgreiDènt.' Ainsi, à mon retour au collège, je devait air<^r *uh m'ai trê de danse , un maître d'-annes.etnn'n^îti^''de \iç^oT\.\^Jl la bonne heure ^ <c^it César; àl'excébtioîi dès armes, que U crois un * peu étrangè#e9 à l'addbé, vôîl^ de graves Sciences sur K lesquelks il est Éorf eft ^tat 8e diriger son élève. » • '^ J'eus te cœur bien . gros qtiknd il fallut quittet* ' mes pareotr pour retourner en classe : les pïaisirs «j^pelit sf bien pris tout le temj^s de me's vacances, que j'avais oublié tout ce que j'avais appris, et que je .jreiiti^aî au collège un peu plus ignorant que je n'eii , étais sorti. '. * '
; Guillaume avait travaillé peïidant les vacances presque autant que pendaihit les classes; seulement il était ailé passée les bilit derniers jours chiez sa tante. Cette bonne tfante avait employé plusieurs nuits à l'ouvrage, et s'ëtàit pr6(iuré les moyens de se donner congé pendant le congé, de son neveu. Ils avaient fait des parties charmantes ; elle'' avait pi^oihené Ouilléume , dan^ tout Paris; elle lui en avait fait voir toutes fes curiosités. Il» avsttçnt été à Saint-Denij^, à'Soeaux, à Saint*Clôud^ à Versailles, voir le trésor ,^ les parcs, les cascades, et là cour à^ Fratee. * '