PREFACE
mie (i835) ni M. Littrëne marquent le mot de l'e'pithète de vieilli ou d'inusité. Plus d'un lecteur aussi ne connaît guère l'onomatope'e claire comme telle, flaqiier (II, la), jeter avec force un liquide, que l'Académie dit peu Usitée. Mais, dans l'expression : « hauteur immensurahle d'une étoile 5) (II, 262 et 263), aucun, je pense, n'hésitera sur le sens du second mot et ne voudra le condamner comme un néologisme d'autrefois, devenu archaïsme, bien que l'Académie, à tort je crois, l'ait toujours omis, et qu'elle ne donne, comme terme technique de géométrie, o^ incommensurable .
Sont encore devenus plus ou moins rares, mais restent faciles à comprendre les mots : désoccupé (I, 67, note 4 ; I, 289) ; décréditement (II, 112); indévot (II, lyS). Y joindrai-je prowe-wo/r, pour lieu de promenade (I, 22), que je retrouvais, il y a peu de jours, au bas d'un journal, dans un feuilleton; pécunieux, ayant beaucoup d'argent comptant (I, 291; II, 448), crierie, « crieries des avocats 5) (I 85) deux mots que l'Académie, depuis sa quatrième édition (1762) range, non dans les inusités, mais dans les familiers ; quelques substantifs en eur : escrimeur (I, 45), épouseur (I, 290), énumérateur (II, 222), tous admis encore par l'Académie : elle dit le dernier seul peu usité; hypocondre-^ « un goût hypocondre » (I, 178) : l'Académie ne reconnaît le mot que comme terme anatomique, puis comme adjectif pris substantivement, au sens d' (homme) hypocondriaque. Elle continue d'admettre (i 835), et sans restriction, bien qu'on ne s'en serve plus guère, l'expression ^/e delà, pour« de l'autre côté de » : «Les gens de delà l'eau 35, les Anglais (II, i32); « de delà les monts y> (II 87)- et les deux verbes, de sens très-différent, meugler (II, 66), improuver (II, 38 et 197), qui pourtant, si je ne me trompe, ont à peu près cédé la place, dans le langage ordinaire, à beugler et désapprouver : de meugler^ M. Littré ne donne qu'un exemple, de Mathurin Régnier • (ïimprouver^ il n'en a pas de postérieur au dix-septième siècle : les trois qu'il cite sont de Pascal, de Mme de Sévigné, de Bossuet.
Quant aux mots dont la vétusté ne consiste que dans une différence d'orthographe modifiant la prononciation, la liste n'en est pas longue. De ce genre sont : naviger, pour naviguer (I, 81, et 82, note i); succer, pour sucer (I, 117); bien facteur (I, 256); bienfactrice (1, 180; II, 181); apprenti f {Il ^111) : l'Académie, dans sa première édition, donne les deux formes, apprenti f, ive, cX. apprenti , isse ; capriole, pour cabriole (I, 179; voyez Molière, Dépit amoureux, vers iiog); échet échet.... mat^ pour échec (1, 325) ; pratic, pour pratique (1, 114, éd. 1-8) ; luiteur, pour lutteur (I, 86, éd. i-3); feloux (II, 137), pour flou, terme de numismatique ; querelleux, revenant jusqu'à cinq fois (voyez AU Lexique)^ pour querelleur; « Sa Majesté Maroquine » j)()ur Marocaine * ; les formes verbales : assit , employé par notre auteur
I. Dans la Lettre à Poiitcharlrain : \oycz à la fin du tome III, i'^ partie.