IV LEXIQUE DE LA BRUYERE
concurremment avec assied, mais plus fréquemment; vale, pour vaille; aie pour ail : ces deux derniers, une seule fois ; le dernier, dans une seule édition (voyez ces trois verbes au Lexique).
Aux mots et formes simples qui ont vieilli nous pouvons joindre, comme tombés aussi en désuétude, quelques composés, quelques locutions et périphrases : prié-Dieu (II, 9), pour « prie-Dieu »; à droit (I 85-1 '258; I, 356), d'un si commun emploi au dix-septième siècle pour notre féminin « à droite jj ; voie de lait (II, 264), pour « voie lactée « : plancher de rapport (II, i4o), pour « plancher de marqueterie »• feu grégeois (I, ia5), pour « feu d'artifice »; feindre de, employé trois fois au sens d' « hésiter à, craindre de »; se passer à moins (II, 270), « se contenter de moins » ; penser a (II, 173), où nous disons plutôt penser sans à devant l'infinitif; mettre en partie (I 2 55), « mettre une taxe sur » ; souffler ou Jeter en sable un verre d'eau-de-vie (II, i44), c'est-à-dire l'avaler, l'absorber d'un trait, aussi vite que le sable absorbe l'eau, ou, comme l'explique l'Académie, aussi vite qu'opère le fondeur lorsqu'il jette en sable : elle n'admet pas encore en 1694, mais seulement en 1718, sabler, qui résume la figure en un mot ; du ])remier verbe, souffler, on peut rapprocher l'expression populaire de sens identique : siffler : voyez le Dictionnaire de M. Littré.
Notons, en outre, ici quelques termes qui s'emploient absolument, dans des significations où nous y joignons un déterminatif : V œuvre (II 1 7 '»), pour « le banc de l'œuvre »; l'enfilade (II, 140), pour « l'enfilade des salles, la longue suite de chambres sur une même ligne » ; la malle, pour la « malle de mercier, le panier de marchand ambulant »; ainsi : « Son père a pu déroger..., par la malle » (II, 164); C appartement^ dans les deux sens que nous indiquons un peu plus bas.
Une autre classe est celle des mots qui s'appliquent à des choses aujourd'hui passées d'usage, des mots qui, par suite, ont un petit air d'archaïsme, parce que l'occasion de les employer ne se présente plus guère, mais qui demeurent historiquement français. La plupart ne reviennent pas souvent dans notre auteur ni chez aucun de ceux qui ont traité des sujets marqués sans doute de l'empreinte de leur temps, mais se rapportant surtout, comme, par exemple, les traités et observations de morale, à l'humanité de tous les temps ou au moins de toutes les époques civilisées. De ces mots devenus rares soit absolument, soit dans leur acception d'autrefois, nous en pouvons citer qui rappellent ou des coutumes de l'ancienne monarchie, ou des lieux propres aux châteaux de nos rois : t appartement ^ dans ses deux sens, soit les salles où la cour s'assemblait le soir (I, 3 10), soit le cercle qui s'y tenait (II, 7) ; le balustre^ désignant les petits piliers qui formaient la clôture du lit du Roi, et, par extension, signifiant son cabinet de travail (H, 471) •! l^ f^^inc.^ en parlant de la chapelle de Versailles, de la partie que flanque et voit^ comme on dit en terme